Le 13 décembre 2021, Thomas
Dermine, le Secrétaire d’État socialiste chargé notamment des musées fédéraux,
répond à la longue lettre du président de « La Ligue des Usagers
Culturels » qui lui a été adressée le 10 novembre 2021, puis en premier
rappel le 10 décembre 2021.
Les deux premiers tiers de cette
réponse font le point sur l’ensemble de ses actions entreprises dans le secteur
qui nous concerne depuis sa nomination.
Le dernier tiers s’attache plus
précisément nos demandes et réflexions:
- élaborer une charte des usagers culturels au
fédéral (il réitère son avis positif concernant les 15 premiers points du « Code de Respect des Usagers Culturels » qui
s’applique déjà depuis 2006 en Fédération Wallonie-Bruxelles);
- création d’un site internet qui regrouperait
les livres d’or avec les avis des visiteurs des différents musées;
- avancer (peut-être) dans le dossier d’une
gratuité mensuelle pour tous.
Nous publions ci-dessous dans
leur intégralité d’abord la lettre de la L.U.C. et ensuite la réponse du
Secrétaire d’État.
LA LETTRE DE « LA LIGUE DES
USAGERS CULTURELS »
Monsieur le Secrétaire d’État,
1 : C’était le 10 novembre 2020. Il y a juste un
an, vous nous écriviez : « Les usagers doivent pour nous être au centre
des préoccupations des acteurs culturels ».
Nous pensons qu’au cours de l’année qui vient de
s’écouler, il existe une série de thématiques où les droits et les intérêts des
visiteurs ont été négligé, et parfois sous le prétexte fallacieux qu’il
s’agirait d’un effet de la pandémie qui a parfois bon dos.
Nous vous remercions d’avoir récemment annoncé
l’octroi de 2,9 millions d’euros complémentaires pour nos musées fédéraux afin
de contrebalancer les effets négatifs de cette période Covid en terme de
rentrées financières liées aux baisses de fréquentation des divers
établissements.
Nous espérons qu’ensuite, bien rapidement, vous
pourrez davantage porter votre attention sur les thématiques suivantes que vous
aviez évoquées dans votre précédent courrier:
http://la-luc.blogspot.com/2020/11/le-secretaire-detat-des-musees-nous.html
Nous avons attendu une année avant de reprendre
contact avec vous.
Voilà, selon nous, le temps venu pour un premier
« état des lieux », dans l’espoir qu’il vous permettra de construire
d’ici la fin de la présente législature avec les musées une série d’évolutions
concrètes utiles aux usagers.
2 : Vous nous indiquiez : « Je fais miens à la
fois les objectifs et les 15 premiers engagements du Code du respect des
usagers culturels (les 3 derniers engagements étant, dans leur formulation,
spécifiques à la Communauté française) ».
Michel Draguet (MRBAB) s’est positionné exactement
de la même façon que vous, par rapport à ces 15 premiers points de ce Code.
Voici la copie de sa lettre signée.
Pourtant sous sa direction, le musée Magritte n’a
pas respecté le point 2 de ce Code :
http://www.culture.be/index.php?eID=tx_nawsecuredl&u=0&g=0&hash=098da72b12d4c32661de7b1a43adf980e223e601&file=fileadmin/sites/culture/upload/culture_super_editor/culture_editor/documents/Documents_utiles/Droits_des_usagers_et_publics_de_la_Culture/code_usagers.pdf
À ce sujet, la L.U.C. a soutenu et accompagné un
visiteur dans son dépôt d’une plainte au musée Magritte et sa demande du
remboursement d’un ticket. Celle-ci a été envoyée le 18 juillet 2018.
Il a fallu attendre le 14 avril 2021, soit plus de
2 ans 1/2 et un long travail déterminé du Médiateur Fédéral pour que le musée
Magritte accepte de rembourser ce ticket et surtout qu’il accepte et mette en
place une évolution concrète structurelle pour mettre fin, à l’avenir, à cette
« pratique » qui ne respectait par ce point 2 du Code.
Pour mieux et rapidement (en trois minutes)
comprendre les enjeux de cette plainte que nous considérons comme emblématique,
nous vous conseillons de découvrir le reportage que RTL TVI y a consacré, ce 25
juin 2021.
Il a été tourné en deux phases : quand le musée
Magritte refusait de rembourser, et plus récemment, lorsque le musée évolué
:
https://www.facebook.com/imagesalappui/videos/287572189455953
Voilà d’ailleurs un exemple concret qui devrait
vous inciter encore davantage à la création d’un Code fédéral des visiteurs car
il arrive que d’autres institutions fédérales ne respectent pas d’une manière
analogue ce point 2 du Code.
Notre travail bénévole n’est pas fort utile si nous
devons consacrer tant de temps à la longue gestion de pareille plainte sans que
la leçon ne soit tirée par la suite pour l’ensemble des institutions
fédérales.
Alors, existe-t-il bien au moins un autre exemple
concret du même type?
Le Musée d’Art et d’Histoire oublia d’indiquer à
ses visiteurs du fond permanent qu’ils ne pourraient pas admirer l’un de ses
must, une gigantesque statue de l’île de Pâques, car elle ne fut visible,
pendant plusieurs mois, uniquement sur présentation du ticket de l’exposition
temporaire.
NOS QUESTIONS :
2 - A :
Pourriez-vous nous indiquer votre positionnement par rapport à cette plainte
concrète et son aboutissement?
2 - B : En une
année, vos services ont-ils évolué dans la préparation d’un Code de respect des
usagers culturels?
2 - C : Notre asbl
(il y en a peu dont l’objectif unique est le respect des droits et des devoirs
des usagers culturels, nous semble-t-il) sera-t-elle conviée à participer aux
travaux de son élaboration? De quelle manière?
3 : Vous nous indiquiez : « Il serait
intéressant que les musées organisent des rencontres sur les droits des usagers
et permettent à ceux-ci de laisser une appréciation, positive ou négative, sur
un livre d’or en ligne, cela même si des sites proposent déjà ce genre de
services ».
Nous n’allons pas reprendre ici notre argumentaire
puisqu’il vous a intéressé au point que vous nous indiquiez ce point de vue
concordant.
NOS QUESTIONS :
3 - A :
Concernant ces rencontres annuelles sur les droits de leurs visiteurs que
devrait organiser chaque musée fédéral, pourriez-vous nous indiquer si elles
sont prévues pour l’année prochaine, en 2022, et de quelle manière elles vont
se dérouler?
Comment et auprès de qui seront-elles promues?
Enfin, comment leur contenu sera-t-il par la suite
diffusé sur le court et le long terme, et auprès de qui?
3 - B : Comment
évolue ce projet de livre d’or en ligne?
Vous affirmez que des sites proposent déjà ce type de
service : pourriez-vous nous en dire davantage car nous n’en avons pas
connaissance?
L’originalité et surtout l’utilité de notre
proposition consiste justement à proposer sur un seul site les divers
« livres d’or » afin que celui-ci rassemble l’ensemble des visiteurs
pour une réflexion globale sur leurs droits et devoirs.
Le but est aussi de permettre à des visiteurs d’un
musée de découvrir le fonctionnement et l’attrait d’autres institutions qu’ils
n’ont pas encore fréquenté et ainsi, peut-être, leur donner aussi l’envie de
s’y rendre.
4 : Vous nous indiquiez : « Je soutiens (…)
les musées qui pratiquent la gratuité pour tous un mercredi par mois ».
NOS QUESTIONS :
4- A : Sur ce
sujet précis, plus d’un an après le début de votre mandat, la situation est
malheureusement catastrophique : ce mercredi 3 novembre 2021, il n’y a eu
qu’une minorité (deux institutions fédérales) qui pratique cette gratuité: le
musée Magritte et le musée Fin de Siècle (qui sera bientôt remplacé par le
musée d’Art Ancien).
Comment envisagez-vous de remédier à cette
situation qui a commencé bien avant le début de la pandémie (celle-ci n’en est
donc pas la cause unique)?
Comptez-vous tout particulièrement la restaurer à
l’Africa Museum et l’introduire au nouveau musée de la KBR?
À quelle(s) date(s)?
Nous nous permettons de vous rappeler le contenu de
notre carte blanche sur ce sujet. Elle est parue alors qu’aucun média ne
s’était préoccupé jusqu’alors de cette progressive élimination de ce qui est
considéré comme un droit minimum des usagers faisant suite à la suppression en
1997 de la gratuité QUOTIDIENNE des musées fédéraux par l’un de vos
prédécesseur, le ministre Yvan Ylieff (PS).
Ce texte est paru dans La Libre du 14 septembre
2020 :
https://www.lalibre.be/debats/opinions/2020/09/14/musees-federaux-vers-la-fin-de-la-gratuite-mensuelle-JOU3BZWXYJARHB3N6VETHGT4FU/
4 - B :
Concernant cette gratuité, n’a jamais existé, au minimum, un feuillet
photocopié (les MRBAB ont utilisé ce moyen récemment pour communiquer sur la
gratuité quotidienne pour les jeunes) mentionnant les noms, coordonnées et
horaires de l’ensemble des musées qui la pratiquent.
Rien donc en ce sens qui serait destiné à être
distribué au public qui utilise déjà cette gratuité pour au moins un musée,
afin de lui faire découvrir ces autres occasions de visites pour les mois
suivants. Un des buts de la gratuité mensuelle, moins souvent mentionné et
pourtant important, étant de donner envie à des visiteurs « une fois par
an » de devenir des passionnés qui fréquentent régulièrement musées et
expositions.
L’objectif majeur de cette gratuité, selon la
majorité des musées eux-même et , en gros, le pouvoir politique, consiste à
attirer de nouveaux publics.
Pour l’atteindre, il faut que ces futurs publics
soient informés de l’existence de cet avantage pour tous. Ce qui n’est que bien
peu le cas actuellement.
Comptez-vous y remédier? Comment et quand? Le vaste
public a droit à ce type d’informations, nous semble-t-il.
Vous savez sans doute que l’asbl « Arts &
Publics » vient de publier pour la huitième fois une brochure annuelle de
48 pages présentant les 150 musées belges qui pratiquent la gratuité du premier
dimanche du mois.
Comme chaque année, elle est insérée dans LE SOIR
(ce 29 octobre 2021). Elle annonce aussi toutes les autres journées de gratuité
« pour tous » belges dont celles des musées fédéraux.
Outre cette insertion dans le quotidien
francophone, la brochure est diffusée dans divers lieux culturels comme les
bibliothèques et même dans les salles d’attente des médecins.
Comment comptez-vous médiatiser la gratuité
fédérale d’une demi-journée du premier mercredi du mois, lorsqu’elle sera très
bientôt, du moins nous le supposons, à nouveau d’application?
Cette question nous semble correspondre à ces deux
autres déclarations que vous nous avez faite :
- « J’accorde aussi une importance toute
particulière aux efforts fournis pour élargir les publics »,
- « L’accès (entendu au sens large) pour
tous à ces collections est donc non seulement une dimension essentielle,
mais il constitue un véritable droit ».
4 - C : Puisque
cette gratuité d’une demi journée du premier mercredi du mois est réduite à
peau de chagrin, ne serait-il pas logique de remettre sur le tapis derechef les
acquis des travaux de la précédente législature qui s’interrogea sur
l’opportunité de transformer la gratuité du premier dimanche du mois en une
gratuité du premier dimanche du mois?
C’est le moment idéal puisque désormais l’habitude
de réserver sa venue au musée est, et restera sans doute, bien davantage ancrée
au sein du public. L’argument bien réel du « il y aurait ce jour-là
beaucoup trop de monde aux musées fédéraux, et donc des files
interminables » devient donc ainsi caduc.
Pour rappel, hélas, la gratuité du premier mercredi
du mois n’est pas du tout une gratuité mensuelle « pour tous »
puisqu’elle discrimine la population active (travailleurs, étudiants), soit
près ou même plus de 50% du public potentiel auquel elle devrait être destinée.
Nous avons utilisé une partie du temps du premier
confinement pour mettre par écrit une réflexion sur l’utilité de la gratuité du
premier dimanche du mois.
Nous y tentons même d’y prouver qu’elle peut
rapporter davantage économiquement que le manque à gagner financier qu’elle
occasionne.
Ce texte n’est pas encore rendu public mais nous
pouvons vous le transmettre à titre confidentiel, si vous le souhaitez.
Il nous semble qu’il serait intéressant que le
fédéral puisse se lancer, encore au cours de l’actuelle législature, de façon
expérimentale dans l’aventure de la gratuité mensuelle du premier dimanche en
la mettant en place de façon prioritaire dans trois de ses musées : un grand,
deux plus petits.
Cette option pourrait devenir une des missions
« citoyennes » novatrices « grand public » pour le musée
d’Art et d’Histoire auquel vous portez particulièrement attention en vue des
célébrations du deuxième centenaire de notre pays. Un projet avec une mise en
exergue, mois après mois, chaque premier dimanche, d’une des nombreuses
sections de cette institution, pourrait être particulièrement attractif.
Quant en ce qui concerne les deux institutions de
tailles plus réduites, Il serait intéressant de choisir les musées Constantin
Meunier et Antoine Wiertz.
Car pareille décision répondrait favorablement à la
pétition signée par plus de 3.000 signataires (ce qui est très important, vu
qu’il s’agit d’une revendication très spécifique, et pour des musées qui font
rarement la « une » des médias) et qui est restée lettre morte
jusqu’à présent de la part des MRBAB.
La voici : https://www.change.org/p/michel-draguet-stop-à-l-asphyxie-de-musées-constantin-meunier-et-antoine-wiertz
Si vous n’optez pas pour cette solution, avez-vous
l’intention, pour ces deux musées, de faire évoluer leurs horaires afin que
ceux-ci ne discriminent plus la population active?
Ce serait un moyen très utile pour faire augmenter
leur fréquentation qui, depuis des années, est tellement peu élevée que les
responsables de ces institutions méritent un bonnet d’âne, surtout lorsqu’on
les compare aux succès d’autres musées « maisons ou ateliers
d’artistes » que l’on peut, par exemple, visiter à Paris (notamment le
musée de la Vie Romantique ou la maison de Victor Hugo).
5 : Vous nous indiquiez : « Je
vous remercie pour les efforts que vous déployez afin de faire valoir les
droits des usagers ».
Puisque nos efforts pour faire valoir
les droits des usagers vous agréent et que nous avons patienté une année avant
de vous recontacter, il nous semble nécessaire de vous demander de réagir
aux trois points suivants.
NOS QUESTIONS :
5 - A : Sur leurs sites, les musées fédéraux indiquent à
propos de l’envoi de plaintes : « Vous recevez d’abord un accusé de
réception avec un numéro d’enregistrement unique et, dans les 30 jours, nous
vous faisons parvenir : une réponse motivée, une rectification, une
solution ».
https://www.fine-arts-museum.be/uploads/pages/files/folder_klachtenprocedure_fr.pdf
Il se fait que récemment tant le
musée d’Art et d’Histoire que les MRBAB n’ont pas concrétisé ce qui est annoncé
dans cet avis.
Voilà donc un nouvel exemple de non
respect des visiteurs qui devrait être pris en compte pour créer un « Code de
Respect des Usagers Culturels ».
En Fédération Wallonie-Bruxelles, ce
cas de figure est répréhensible puisque l’un des quinze points du Code prévoit
le droit à une réponse aux plaintes des usagers dans le mois et de manière
détaillée.
Cette création d’un Code au niveau
fédéral constitue la première de nos quatre revendications présentées ici à la
fin de notre carte blanche publiée par Le Vif :
https://www.levif.be/actualite/belgique/quatre-propositions-pour-mieux-respecter-les-visiteurs-des-musees-federaux/article-opinion-1343325.html?fbclid=IwAR2WU6CxtHGtCWvQdmUC-ogKUv1YQkiU830TyD41S4DcNHoAkfSm7PXQ3dc
Tout d’abord, voici notre plainte au
musée d’Art et d’Histoire où vous découvrirez sans doute qu’il y a un refus
évident de répondre de façon détaillée à l’argumentaire proposé :
http://la-luc.blogspot.com/2021/02/son-poids-en-fait-que-six-estampes.html
Il nous a fallu déposer plainte pour
non réponse du musée d’Art et d’Histoire au Médiateur fédéral qui, dans ce cas
précis, a réussi à faire entendre raison à l’institution.
Finalement, peut-être aussi parce
qu’il y a eu changement de direction entretemps, une réponse positive et
constructive nous est ainsi parvenue, ce qui permet sans doute de conclure que
notre critique était utile et justifiée :
http://la-luc.blogspot.com/2021/03/reaction-positive-et-instructive-du.html
D’autre part, une autre plainte a été
envoyée le 29 avril 2021 aux MRBAB. Ce 5 novembre 2021, pour la seconde fois,
nous avons dû alerter le Médiateur fédéral concernant ce cas précis.
En effet, les MRBAB se refusent
jusqu’à présent de répondre sérieusement sur le fond de la problématique que
nous lui avons soumise, tant à nous qu’au Médiateur fédéral.
Sur le contenu de cette plainte, nous
revenons dans le point suivant (5-B)
Ces deux exemples récents tendent à
démontrer qu’il n’est pas rare que certains musées fédéraux refusent de
pratiquer l’honnêteté dans leurs réponses aux plaintes d’usagers.
Sans doute tous les visiteurs déçus
n’ont-ils pas notre obstination et notre flegme (ne jamais s’énerver, rester
poli, respecter et être solidaire du personnel), et donc risquent d’être déçus,
voire fatalistes, d’avoir entamé une telle démarche bénévole qui pourrait
améliorer le fonctionnement de ces institutions à l’égard de leurs
visiteurs.
Contacté, le Médiateur fédéral a donc
mené à bien sa mission en ce qui concerne la plainte adressée au musée d’Art et
d’Histoire. Il n’est est pas de même, du moins jusqu’à présent, dans l’autre
cas qui concerne les MRBAB.
Que peut envisager le Secrétaire
d’État pour garantir un meilleur traitement à l’avenir de certaines plaintes
que les musées ont … plus difficile à gérer?
Vous semble-t-il utile que nous vous
contactions dans le cas où même le Médiateur fédéral n’arriverait pas à
résoudre un dossier de non réponse détaillé à des plaintes de visiteurs?
Dans ces cas-là, quel autre recours
possible (et si possible, efficace) existe-t-il pour le public? Il faut tenir
compte que le recours à un avocat est chose quasi impossible dans le domaine
muséal où le prix relativement limité du ticket rend totalement illusoire
économiquement pareille pareille démarche.
5 - B : Avant la pandémie, les MRBAB avaient mis fin à la
possibilité d’acheter un ticket pour visiter le musée d’Art Ancien ou le musée
Fin de Siècle séparément et ils avaient opté pour la «vente couplée», que
certains appellent «vente forcée»: le visiteur est obligé d’acheter donc un
même ticket 10 € (+ diverses réductions) pour les deux sections.
Depuis quelques mois, les MRBAB
ferment en alternance pendant plusieurs mois ces musées (x mois l’un, puis x
mois l’autre), ce que nous nous comprenons bien sûr.
Par contre, alors qu’on ne peut plus
visiter qu’un des deux musées, les MRBAB maintiennent le prix
« couplé » , soit 10 euros.
Il ne s’agit pas d’une nécessité liée
à la pandémie comme ils veulent le faire croire. En effet, les MRBAB
poursuivent cette stratégie tarifaire depuis bien longtemps. En 2011, nous
avions déjà publié dans La Libre Belgique une carte blanche pour la dénoncer: https://www.lalibre.be/debats/opinions/un-musee-pour-le-prix-de-deux-51b8cf53e4b0de6db9c04e10
En effet, en février 2011, le musée
d’Art Moderne des MRBAB fut fermé pendant plus d’un an.
Pendant ce temps-là, situé à la même
adresse (au 3, rue de la Régence), le musée d’Art Ancien resta accessible aux
visiteurs. À l’époque, un seul ticket au prix de 8 € permettait de visiter ces
deux entités muséales. Alors que la moitié de l’offre est supprimée, le prix de
l’entrée du musée n’est pas passé de 8 à 4€.
Aucune explication sur ce qui
s’apparente à une hausse tarifaire indirecte de 100% ne fut proposée aux
visiteurs, dont les plus avisés furent plus que surpris.
Dans des cas analogues, d’autres institutions
agissent bien différemment.
En Bretagne, le musée des Beaux-Arts de Rennes fut
en travaux de mars 2008 à février 2010. La fermeture a porté sur la totalité du
1er étage qui accueillait l’ensemble de la collection permanente des peintures
(Georges de La Tour, Jordaens, Rubens, Gauguin, etc.). En période normale, le
ticket aurait coûté 4,45 €. Durant les travaux, il fut ramené à 1,05 €.
N’est-il pas temps de prendre exemple à Bruxelles,
dans nos musées fédéraux, sur pareille pratique plus démocratique?
Un autre exemple, celui-ci se déroulant pendant le
présente pandémie : un habitué de notre page « Ligue des Usagers
Culturels » sur facebook publie ce qui suit, le 31 juillet 2021 : « À
noter : à Venise Ca d'Oro. Suite à la crise sanitaire, le 2e étage est fermé.
C'est indiqué sur le site. On nous le signale à l'entrée et le prix du billet
est réduit d'un tiers. Plus précisément, parcours temporairement restreint
(cour monumentale, jardin, itinéraire parmi les chefs-d’œuvre du premier étage
et loggia sur le Grand Canal): billet à prix réduit pour tous à €
6,00 ».
En d’autre mots, si une situation analogue à celle
de 2011 et de 2021 devait se reproduire ultérieurement, les MRBAB peuvent-ils
s’engager dès à présent à ne plus avoir la même attitude qui consiste à faire
payer au visiteur « un musée pour le prix de deux »?
Puisqu’il s’agit d’une habitude bien ancrée des
MRBAB, sans doute même une façon de penser et de gérer sans aucun esprit de
« démocratisation culturelle », nous vous demandons de décider que
pareille « pratique » commerciale soit à l’avenir proscrite aux
musées fédéraux.
Ce point mériterait d’ailleurs de figure dans un
futur Code en faveur des visiteurs.
5 - C : Pour l’usager, il n’est pas évident de découvrir
où il peut déposer plainte.
Il nous semble que la case concernant
cette thématique devrait figurer à plusieurs endroits sur le site des MRBAB, là
où c’est le plus logique pour les visiteurs qui la recherchent.
Nous proposons les deux lieux
suivants:
- Près du règlement du visiteur
:
https://www.fine-arts-museum.be/fr/contact
- Dans le rubrique « Votre
visite » :
https://www.fine-arts-museum.be/fr/votre-visite/mesures-de-prevention-covid-19
Cela compléterait harmonieusement le
lieu où cette case se situe actuellement et qui ne nous semble pas le plus
facile à pister pour le visiteur : tout au bout de la rubrique
« Contact »:
https://www.fine-arts-museum.be/fr/contact
6 : Vous nous indiquiez : « Les associations
qui se font l’intermédiaire entre le public (et le « non-public ») et
les pouvoirs publics jouent un rôle fondamental et j’entends bien prendre en
compte leurs recommandations dans la définition des politiques que je mènerai
tout au long de cette législature ».
Nous espérons que notre veille et que nos
réflexions permettront une série d’avancées en faveur des visiteurs, en général
peu coûteuses dans leur mise en place.
Nos musées fédéraux vivent sans doute, et pour
longtemps encore, une nouvelle ère où l’attention à l’égard des habitants de
notre pays doit être encore davantage prise en compte.
Puisse une concrétisation de nos propositions
contribuer à un accueil encore meilleur.
Dans l’attente de vous lire, nous vous prions de
croire en l’expression de nos sentiments les plus cordiaux.
Bernard Hennebert, Président de La Ligue des
Usagers Culturels »
LA RÉPONSE DU SECRÉTAIRE D’ÉTAT
Cher Monsieur Hennebert, la
première année de cette législature a été très chargée. Nous avons remis le
Département de la Politique scientifique fédérale en ordre de marche en donnant
des cadres linguistiques à tous les Etablissements scientifiques fédéraux, en
complétant tous les organes de gestion, en arrivant au bout de la procédure de
désignation du Président du Comité de direction, en réformant les règles de
délégation de signatures, en réalisant une réforme nécessaire de divers textes
juridiques, … Nous avons entamé une montée en puissance de la Politique
scientifique fédérale en augmentant les moyens liés aux programmes de
recherche, aux infrastructures fédérales de recherche, aux partenariats
européens et nous allons pouvoir lancer, grâce aux fonds européens, un appel à
projets dans les domaines aéronautique et spatial. Nous avons également lancé
des projets importants comme le Centre climat, le redéploiement du site du
Cinquantenaire, la nouvelle approche sur la restitution
(reconstitution),S’agissant plus spécifiquement des musées, nous les avons
soutenus financièrement pour compenser la diminution considérable de recettes
propres consécutive à la pandémie. Nous continuerons évidemment à les aider à
faire face aux conséquences de cette crise. Nous avons également soutenu
spécifiquement les Musées royaux des Beaux-Arts, tant de façon pérenne que pour
l’organisation de l’exposition Tracks to modernity dans le cadre du festival
Europalia. D’autre part, les Old masters et le Musée Fin de Siècle sont
désormais tous les deux accessibles et de nombreuses expositions temporaires ont
eu lieu dans tous nos musées. Si les collections d’art moderne et contemporain
ont fait l’objet de telles expositions temporaires, nous avançons également sur
une piste permettant de les présenter de façon plus pérenne.
Par ailleurs, des crédits
importants sont prévus par la Régie des Bâtiments pour opérer les rénovations
prioritaires de nos Etablissements scientifiques fédéraux et notamment des
Musées royaux des Beaux-Arts et des Musées Royaux d’Art et d’Histoire. Certaines
de ces rénovations ont d’ailleurs débuté. Par ailleurs, les procédures de
désignation des DG de 7 des 10 ESF, parmi lesquels les Musées royaux d’Art et
d’Histoire, l’Institut royal des Sciences naturelles et le Musée royal de
l’Afrique centrale, vont être lancées.
Nous avons également élaboré, à
l’issue d’un processus participatif avec toutes les entités de BELSPO, un
projet de Contrat d’administration. Ce contrat prévoit, parmi un grand nombre
de réformes visant une meilleure efficience du Département dans son ensemble,
le développement d’une fonction de soutien à la politique des publics et des
collections de nos musées. Il s’agit donc d’offrir, au niveau de
l’administration centrale, un appui aux Directeurs généraux à la tête des
musées, pour améliorer la gestion de leurs publics et celle de leurs
collections. Le plan de personnel du SPP Politique scientifique prévoit déjà le
recrutement de personnel pour remplir cette fonction. Une fois ces personnes
recrutées, nous les chargerons de travailler, en réseau avec les musées, aux
différents chantiers que vous citez et qui, en effet, me paraissent
importants : charte des usagers, livre d’or, … Les conseils des
associations d’usagers comme la vôtre seront bien entendu très précieux.
Quant à la gratuité le premier
mercredi du mois, je soutiens les musées qui la pratiquent mais n’entends pas
l’imposer aux autres. En effet, il me semble nécessaire de laisser une
autonomie sur ce point aux Directions. Les tarifs sont les seules marges de
manœuvre dont elles disposent budgétairement dès lors que le niveau des
dotations leur est imposé. Je suis, cela dit, plutôt favorable à des tarifs
différenciés permettant à chacun d’aller au musée qu’à des mesures générales de
gratuité qui profitent également aux visiteurs les plus aisés et qui augmentent
le besoin de fonds publics nécessaires pour assurer le fonctionnement des
Institutions. Je suis toutefois évidemment intéressé par votre projet de texte
et le lirai avec beaucoup d’intérêt. C’est un débat difficile mais je partage
évidemment l’idée que le prix est un des leviers permettant d’élargir le public
des musées.
S’agissant des points que vous
citez, et qui sont spécifiques à l’un ou l’autre musée, je me permets de vous
renvoyer vers leur Directeur général. Vous pouvez déduire mon point de vue sur
ces questions de mon adhésion aux 15 premiers engagements du Code des usagers
culturels.
Je vous remercie à nouveau pour
le travail que vous réalisez dans l’intérêt des publics des musées et vous prie
d’agréer, cher Monsieur Hennebert, l’assurance de toute ma considération.
Thomas Dermine