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samedi 11 mars 2023

Il pleut. Rembourse-t-on?

Ne pas rembourser si la pièce de théâtre ou le concert s’interrompt après s’être déroulé à moitié?
Cette règle absurde qui consiste pour le public de ne pas avoir droit à découvrir, d’une façon ou d’une autre, l’entièreté d’un spectacle existe, parfois bien installée dans la mentalité de certains organisateurs.

Quand l’activité se déroule à l’extérieur, c’est bien plus fréquent. Dans La Libre du 8 août 2002, AdH note, à propos du Théâtre des Galeries de Bruxelles : « Ceux qui n’ont pas vu 50% du spectacle peuvent assister à la séance de rattrapage. Mais un spectacle vu à 55% est considéré comme vu, et on n’a pas droit au jour de relâche ».

Heureusement, certains responsables de spectacles de théâtre de plein air se sont organisés face à la pluie. Ils prévoient en général, chaque semaine, un ou deux jours de relâche qui peuvent être transformés en journées de remplacement et les spectateurs qui ne seraient pas libres ces jours-là pourront se faire rembourser.

Clarifier ce qui peut prêter à confusion

Mais tout le monde n’agit pas avec autant de mansuétude. Voici une des « Conditions générales de vente » du Théâtre National Wallonie-Bruxelles, à respecter lorsque la météo est à la pluie lors d’un spectacle en plein air : « En cas d’interruption d’une représentation après la première moitié d’un spectacle, les billets ne peuvent être ni repris, ni échangés pour une autre date, ni remboursés ».

Au spectateur qui marque son étonnement car il comprend, à la lecture de ce texte des conditions générales, que cette règle pourrait s’appliquer aussi pour des interruptions de spectacles donnés dans ses salles, la directrice des relations avec les publics explique par courriel, le 28 janvier 2020, qu’il n’en est rien. Puisque cette interpellation de ce spectateur laisse penser que le texte de la règlementation peut donner lieu à confusion, elle veillera « à apporter de la clarté à ces stipulations dans un proche avenir ». Elle indique également: « Sachez qu‘en cas de difficulté éventuelle, nous agissons toujours afin de tenter en priorité de satisfaire la demande des spectateurs, nous avons bien sûr à cœur d’avoir les meilleures relations possibles avec nos publics ».
Il a fallu envoyer plusieurs rappels durant la pandémie de la Covid pour que l’évolution des textes soit effective. Il est vrai qu’il y a eu aussi des changements de personnes au sein du personnel de cette institution et, finalement, un nouveau directeur mis au courant de ce contentieux « textuel » chargea une de ses collaboratrices de prendre à bras le corps le dossier. Le 22 septembre 2022, une solution est trouvée pour que la distinction dans le texte entre spectacles en plein air ou en salle ne supporte plus aucune ambiguïté.

« La formulation nous semblait claire »

Cependant, une nouvelle phrase semble à nouveau imprécise. Il s’agit de : « Dans une telle hypothèse (interruption après la moitié de leur déroulement pour les spectacles donnés en salle), le Théâtre National proposerait une autre date de représentation ou à défaut le remboursement du billet ».
La direction du Théâtre est alors à nouveau questionnée : « Que ce passe-t-il, dans ce cas de figure, si votre théâtre propose effectivement une autre date de représentation et que celle-ci n’agrée pas le spectateur? Par exemple, il a déjà prévu une autre activité à cette date. Ou, touriste, il est reparti entretemps sur ses terres, etc. Cette situation n’est pas prévue dans votre texte. Dans ce cas-là, le spectateur, vous le remboursez ou vous ne le remboursez pas? Nous vous remercions beaucoup pour cette clarification ».

Dès le lendemain, vient la réponse: « Dans une telle hypothèse le Théâtre National Wallonie-Bruxelles proposerait, selon la préférence du spectateur, une autre date de représentation ou le remboursement du billet ». Notre interlocutrice tire ainsi enseignement de ces différents échanges: « Je vous avoue que la formulation me semblait claire et précise (…) Il est toujours intéressant de mettre en contraste ce que nous pensons être évident et la perception qu’en a une personne extérieure à notre maison. C’est de cette manière que nous pouvons évoluer. Je vous souhaite une belle journée ».

D’autres règlements de salles de spectacles ou de musées peuvent poser également question aux usagers.
D’où cette proposition : que tous les organismes culturels qui rédigent pareilles directives qui définissent leurs liens avec leur public (dont bien souvent de nombreuses interdictions ou restrictions) fassent donc vérifier leur copie par des experts des usagers culturels afin de découvrir leurs remarques, pour éventuellement en tenir compte, avant de donner leur feu vert pour publication et mise en application.


jeudi 11 août 2022

Réductions seniors: à 60, 65 ou 67 ans ?

Pour BOZAR: être senior, c’est avoir 60 ans, puis 67 ans, puis 65 ans.
 

Pendant de très nombreuses années, des réductions « seniors » étaient accordées aux plus de 60 ans.
C’est le ministre lui-même (et non les directions des institutions culturelles) qui décide  du montant des tarifications pour les musées fédéraux en Belgique. Et donc le ministre Paul Magnette opta pour que les musées fédéraux n’accordent plus à partir du 1er janvier 2013 leur réduction senior qu’aux plus de 65 ans.

L’excès de BOZAR

Deux ans plus tard, BOZAR (le Palais des Beaux-Arts de Bruxelles) osa franchir un cap supplémentaire et passe d’un coup de 60 à 67 ans, pour l’octroi de cet avantage.
Il pratiqua ainsi pendant de nombreuses années avant de choisir le cap des 65 ans.
Difficile de donner une date plus précise de ce petit retour en arrière car le monde culturel publie rarement des communiqués de presse pour annoncer ce type d’infos, et même si elles sont utiles au public concerné. Ils préfèrent si souvent faire de la com plutôt que de l’info.

Une sorte de désordre

En Fédération Wallonie-Bruxelles, il n’y a pas eu une ruée vers les  « senior = + de 65 ans ». Actuellement, en 2022, beaucoup d’acteurs culturels respectent le « + de 60 ans » naguère considéré comme la règle : le Théâtre de Poche de Bruxelles ou les Halles de Schaerbeek, par exemple.

Par contre, bien discrètement, toujours à Bruxelles, le Théâtre National de Bruxelles et le Théâtre des Tanneurs passent du « + de 60 » au « + de 65 » pour leur saison 2022-2023.

Il y a bien entendu des arguments en faveur des changements de cette réduction senior, et d’autres contre. Et il est difficile de les départager. Mais tout le monde peut se mettre d’accord sur l’évolution suivante qui n’est pas anodine.
On est ainsi passé d’une période où il y avait une pratique généralisée (partout, c’était le + de 60 ans) à cette sorte de désordre où chacun fait ce qu’il veut, et en informe souvent mal le public.
Cette nouvelle habitude peut permettre plus facilement ce que l’on pourrait sans doute nommer des abus (comme on l’a lu plus haut avec BOZAR).
Par rapport à cette évolution qui ne doit pas réjouir le public, on ne voit pas le secteur de la culture subsidiée de type « service public » se positionner, voire se différencier du secteur culturel privé. C’est un sujet dont on traite peu en public, bien peu.
On ne voit pas non plus le monde syndical prendre la défense de leurs travailleurs dont, hélas, beaucoup auront de petites pensions. Certaines évolutions économiques (c’en est une) de notre industrie culturelle passent, disons, inaperçues. Sauf chez les moins nantis de nos citoyens qui ont entre 60 ans et… 64 ans et 364 jours.

Saison 2022-2023 au Théâtre National: la réduction senior passe de « + de 60 ans » à « + de 65 ans ». Et le Théâtre des Tanneurs l’imite.

 À La Louvière et à Mons

Alors, puisqu’actuellement, coexistent en Belgique cet avantage pour « les + de 60 ans » et pour « les + de 65 ans », il est impératif que les tarifications affichées par tous les organismes culturels le précisent. C’est une info précise que tout usager est censé connaître avant de décider de se déplacer pour aller découvrir une activité culturelle et avant d’acheter son ticket.
On limite drastiquement son avantage financier, on ne va pas en même temps, en plus, mal l’en informer!

Or, tous les acteurs culturels n’ont pas mieux précisé cette information dans leur tarification.
En 2015, nous avions adressé la plainte suivante au Musée Keramis de La Louvière: «Votre tarification indique une réduction pour senior mais ne précise pas à partir de quel âge celle-ci se pratique. Lors de notre visite, nous avons demandé aux deux personnes qui assuraient l’accueil des précisions. En vain».
Ce musée qui pratique le « + de 65 ans » a suivi notre demande. Voici comment s’affiche actuellement sa tarification:
https://www.keramis.be/tarifs-horaires

L’imprécision reste monnaie courante, même en 2022. Parfois, il suffit de le faire remarquer pour qu’une évolution se mette en place, donc n’hésitons pas.

Ainsi, la Ligue des Usagers Culturels a constaté, début juillet 2022, que le cinéma d’art et essai « Plaza Arthouse Cinema » de Mons (12, rue de Nimy) omettait dans son programme mensuel d’indiquer l’âge à partir duquel il octroyait sa réduction de 2 euros aux seniors (prix plein : 8 euros).
Nous avons contacté sa direction par courriel et nous nous sommes réjoui de découvrir, dans son programme suivant, celui d’août 2022 (voir photos), qu’elle proposait cet avantage aux plus de 60 ans.


À Mons, le cinéma Plaza respecte son public !

Relisez le point 2 du Code !

Informer le public avant l’achat de son ticket. Le monde culturel peut vraiment mieux faire.
Pour les activités subsidiées par la Fédération Wallonie Bruxelles, il existe depuis avril 2006 un Code bien précis sur ce sujet (Code des usagers Culturels), et toujours en vigueur.
(Re)lisez donc son point 2 :
https://www.culture.be/index.php?eID=tx_nawsecuredl&u=0&g=0&hash=098da72b12d4c32661de7b1a43adf980e223e601&file=fileadmin/sites/culture/upload/culture_super_editor/culture_editor/documents/Documents_utiles/Droits_des_usagers_et_publics_de_la_Culture/code_usagers.pdf

Avant l’achat du ticket

Notre Ligue des Usagers Culturels est très attentive à ce point 2.
Petit à petit, nous montrons comment souvent il n’est pas respecté.
Ainsi, grâce à des plaintes ciblées, nous avons réussi à ce que, avant achat de votre ticket, certains musées annoncent les titres des œuvres de leur fond qui ne sont pas momentanément exposées, que les activités culturelles indiquent si la prise de photo est permise ou pas, etc.
Ou, aujourd’hui, que la mention de l’âge des personnes qui ont droit à un avantage économique (réduction, gratuité) soit toujours clairement mentionné.