vendredi 11 septembre 2026

Est-ce la faute au Chat de Geluck ?


Est-ce la faute au Chat de Geluck ?


Philippe Geluck et Bernard Hennebert en 2023 (photo Benoit Goossens)


Voici la trentaine de pages… celles qui ont été remises au cabinet de notre ministre de la Culture de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

2026 est l’année où se célèbre les 20 ans du « Code des usagers culturels » que doivent appliquer plus de 4.000 organisateurs culturels aidés par la Fédération Wallonie Bruxelles : festivals, salles de spectacles, bibliothèques, musées, mais de la culture, cinémas, etc.

C’est l’occasion de faire enfin évoluer le contenu de ce Code.

Voici le texte du Code des Usagers Culturels tel qu’il a été conçu en 2006 et qui n’a quasi jamais évolué jusqu’à aujourd’hui :

https://www.culture.be/index.php?eID=tx_nawsecuredl&u=0&g=0&hash=2572079553b7042061108dc113245b057db3f07c&file=fileadmin/sites/culture/upload/culture_super_editor/culture_editor/documents/Documents_utiles/Droits_des_usagers_et_publics_de_la_Culture/2025-06-codeusagers-FR.pdf   

Notre photo a été prise le 12 mars 2023 dans le Parc de Bruxelles où vient de démarrer l’expo des statues des chats de Philippe Geluck.

Bernard Hennebert, président de la L.U.C., explique au célèbre cartoonist que c’est une de ses activités qui a été, il y a bien longtemps, le déclencheur de la préparation du Code des Usagers Culturels. 

L’objet du crime (qui fait sourire aujourd’hui) : une plainte envoyée au ministère de la Culture par Bernard contre un élément de l’affiche qui annonçait l’exposition du Chat de Philippe à l’Autoworld de Bruxelles en 2004 ! Cette affiche mentionnait un 0900 sans en indiquer la tarification, ce qui était illégal. 

Dans le Parc Royal, Philippe découvre un peu penaud avec tant d’années de retard l’existence de ce Code et, en plus, qu’il en est un peu malgré lui un peu amorceur de son existence !

Quant à Bernard, il sourit en rêvant que Philippe pourrait peut-être imaginer l’affiche qui célébrerait les 20 ans du Code en 2026 ! (photo Benoit Goossens).

Aujourd’hui, en 2026, il s’agit non pas de changer le contenu de Code, mais plutôt de « l’améliorer » tout en l’actualisant.

Le 23 juillet 2026, sous le titre « Propositions pour améliorer le Code des usagers culturels », le texte suivant est adressé par Bernard Hennebert, Président de l’asbl « la Ligue des Usagers Culturels », au cabinet de Madame Élisabeth Degryse, Ministre de la Culture de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Le voici dans son intégralité. Il s’articule autour des 3 points suivants.

S O M M A I R E :

 

A.      Améliorations des 15 droits existants
(cliquez ici pour voir le début de cette partie)

B.      Ajout de nouveaux droits répondant à des enjeux émergents
(cliquez ici pour voir le début de cette partie)

C.      Mesures pour rendre le Code réellement opérationnel
(cliquez ici pour voir le début de cette partie)

 

Enfin, voici le texte du Code des Usagers Culturels à améliorer :

https://www.culture.be/index.php?eID=tx_nawsecuredl&u=0&g=0&hash=2572079553b7042061108dc113245b057db3f07c&file=fileadmin/sites/culture/upload/culture_super_editor/culture_editor/documents/Documents_utiles/Droits_des_usagers_et_publics_de_la_Culture/2025-06-codeusagers-FR.pdf  

 

A : Améliorations des 15 droits existants

 

Voici mes réflexions pour chacun des points 1 à 15. Pour vous faciliter la lecture, chaque point commence par le rappel du texte à examiner.

A1

 

1.       Texte du point 1 : AFFICHER LE PRÉSENT CODE EN ÉVIDENCE, à l’entrée et à la sortie de tous les lieux où il accueille les usagers et sur son site Internet. Celui-ci doit être lisible et accessible par tous les usagers (conseil : format A3 minimum).

Ma réaction :

À cet égard, l’Administration générale de la Culture (AGC) assure, tous les deux ans, la conception, l’impression et l’envoi d’affiches actualisées à l’ensemble des opérateurs culturels subsidiés par la Fédération Wallonie-Bruxelles, afin de garantir une information visible, uniforme et durable sur les droits des usagers. Le verso de ces affiches devrait également être utilisé pour présenter, sous forme pédagogique et anonymisée, les principaux enseignements et améliorations issus des plaintes traitées au cours des deux années précédentes, afin de renforcer la connaissance du Code, d’encourager son utilisation et de valoriser les progrès réalisés par le secteur culturel.

 

A2

2.       Texte du point 2 : FOURNIR AUX USAGERS – avant le déroulement de l’activité culturelle envisagée et si l’accès est payant, avant le paiement du billet d’accès – UNE INFORMATION LA PLUS COMPLÈTE qui ne comporte pas d’indications ou de représentations susceptibles de les induire en erreur, notamment sur la nature, l’éventuel prix d’accès, la durée et la date de l’activité.

Ma réaction:

Ce point 2 est essentiel et bien écrit.

Selon mes informations, tel qu’il a été formulé, il a été la cause de nombreuses plaintes. Il devrait donc absolument être maintenu, et tel qu’il est rédigé actuellement.

Quand je parle de plaintes, il faut nuancer. Il y en a bien davantage que celles qu’évoque si régulièrement l’AGC, et ceci n’est pas un détail.

L’un des arguments principaux utilisés par certains pour remettre en question l’utilité du Code consiste à signaler que l’AGC reçoit relativement peu de plaintes. Ce « relativement peu de plaintes » reçu par l’AGC n’est pas faux mais ne constitue en aucun cas une critique négative pour le Code. Au contraire, c’est l’un de ses atouts.

Je m’explique. En fait, l’AGC ne comptabilise que les plaintes qu’elle reçoit elle-même.

Beaucoup semblent omettre que l’usager doit d’abord déposer plainte à l’organisateur et s’il est insatisfait de la réponse reçue, ou s’il ne reçoit pas de réponse, ce n’est qu’alors qu’il peut, dans un deuxième temps, transmettre cette plainte à l’AGC.

Comme beaucoup d’organisateurs respectent leur public, ils trouvent une solution au problème posé et communiquent celle-ci au plaignant. Pour ces nombreux cas, l’AGC n’est donc pas contactée et ces plaintes n’entrent hélas pas dans sa comptabilité.

En vingt ans, dans sa réflexion, l’AGC ne parle en général que des plaintes qu’elle reçoit, ce qui peut troubler pour beaucoup la perception de la réalité.

D’autre part, on peut constater pendant ces vingt ans un manque de proactivité de l’AGC. En effet, elle n’a pas cherché ou trouvé le moyen d’être informée par au moins une partie des organisateurs concernant le contenu des plaintes qu’ils avaient réussi à résoudre.

Simplement, personnellement, en citoyen actif, grâce à mes newsletters, au fil des années, ou mes nombreux échanges sur les réseaux sociaux, j’ai, à titre individuel, réussi à découvrir un certain nombre d’entre-elles, ce qui me permet de diffuser le contenu de celles qui m’apparaissent les plus instructives (et généralement de façon anonyme). C’est à partir de ce matériel concret que je base mes analyses et mes propositions.

Il est donc impératif qu’à l’avenir l’AGC mette fin à sa diffusion d’un préjugé (peu de plaintes) et surtout qu’elle s’invente une façon de collecter le plus possible les contenus de plaintes résolues directement par les organisateurs afin de partager, de façon anonyme, ces contenus souvent passionnants avec le reste du métier et les usagers culturels pour alimenter avec du concret le débat sur les droits du public et tenter de rendre plus performants ceux-ci.

C’est de cette façon qu’on avancera dans le développement du respect à l’égard des usagers culturels. Et que l’on créera peut-être progressivement davantage de vocations notamment auprès des nouvelles générations car, jusqu’à présent, il existe bien peu d’experts spécialisés dans les droits économiques du public culturel.

Ce point 2 doit permettre au public de ne pas acheter un chat dans un sac. Les minorités de publics exigeants doivent être respectées lorsqu’elles ne demandent qu’un simple respect des droits définis dans le Code.

Ainsi, pour ne détailler qu’un seul exemple, les festivals d’été en Fédération WB ont pris, pour la plupart, l’habitude de ne pas respecter ce que le point 2 appelle « fournir aux usagers avant le paiement du billet d’accès une information la plus complète sur la nature de l’activité».

Ce n’est pas respecter l’esprit du Code que d’enfreindre ce point en tentant d’expliquer que le public ne vient plus vraiment pour voir un artiste précis mais pour l’ambiance.

Comment se débrouille alors le jeune qui ne peut financièrement ne s’acheter qu’un ticket d’un jour lorsque l’activité se déroule sur plusieurs jours? Comment choisit-il son jour préféré s’il n’a pas connaissance d’une affiche détaillée ?

Il me semble clair que les réservations ne peuvent pas démarrer avant que tous les noms des artistes qui participent à un festival ne soient mentionnés.

Ce n’est plus du tout le cas. Mais pire, l’usager qui veut voir respecter ce droit à son information complète devra attendre parfois plusieurs semaines ou mois pour pouvoir acheter son ticket et, dans certains cas, celui-ci lui coûtera alors plus cher que s’il l’avait acheté dès l’ouverture de la location en connaissant toute l’affiche. Donc, faire respecter son droit lui coûtera plus cher !

Ces festivals annoncent ainsi progressivement en plusieurs étapes (quatre, par exemple) les différents points forts de leur affiche. Ce qui leur permet, car ils sont souvent assez influents, d’avoir dans la partie rédactionnelle des journaux, au fil des mois, non pas une (comme c’était le cas lorsqu’ils annonçaient autrefois d’un coup leur programmation au cours d’une conférence de presse) mais à plusieurs reprises des textes détaillants les nouveaux noms d’artistes enfin révélés. Comme la partie rédactionnelle des journaux réservée à la culture n’est pas extensible, cette façon de faire peut prendre la place habituellement réservée à d’autres initiatives culturelles bien moins spectaculaires. Mette fin donc à cette façon d’agir serait sans doute aussi une façon de mieux respecter de plus petits organisateurs.

Le chercheur Roland de Bodt a rédigé trois numéros (8, 9 et 10) titrées « Droits culturels: Libertés culturelles & droits des usagers » pour la revue « Repères » publiée en 2019 par l’Observatoire des politiques culturelles. Ceux-ci, suite à sa recherche, précisent le sens à donner aux 15 droits du Code.

Dans le numéro 10, page 32, les points 14 et 15 confirment cette obligation d’annoncer au public avant l’achat du ticket la programmation détaillée des festivals d’été par leurs initiateurs.

Voici deux extraits.

14. Une information exacte et actualisée
Toute personne a droit à ce que cette information préalable et complète soit aussi exacte, fiable et actualisée, pour toute activité proposée ou action programmée par un opérateur culturel et pour toutes les conditions d’accès et garanties de droit.

15. Une information non ambigüe et non mensongère
A. Toute personne a droit à ce que l’information rendue publique relativement à une activité programmée par un opérateur culturel soit rédigée de telle sorte à éviter toute difficulté de compréhension, toute confusion dans l’interprétation et toute ambiguïté susceptible d’induire les futurs usagers en erreur.
B. L’information relative à l’activité culturelle proposée ne peut ni explicitement ni implicitement être mensongère ; elle ne peut donc pas non plus être mensongère par omission ou par défaut d’actualisation.
Voir : https://opc.cfwb.be/fileadmin/sites/opc/uploads/documents/Publications_OPC/Reperes/Reperes_N__10_BAT_BD.pdf

Bien sûr, à titre personnel, je ne peux pas avoir de revendication sur le fait que les réservations, dans le secteur des concerts notamment, commencent de plus en plus tôt. C’est un droit commercial des organisateurs qu’il faut accepter.

Cependant, il est utile de constater qu’il existe bien là une évolution problématique, et surtout pour les populations les plus fragiles. C’est la double peine : payer de plus en plus cher… et de plus en plus tôt. En termes de démocratisation culturelle, cela doit  questionner l’AGC et notre ministre de la Culture, et de façon très concrète.

Beaucoup s’émeuvent sur la hausse des tarifications et cherchent comment atténuer ses effets par des réductions ou des gratuités ciblées. C’est heureux. Mais bien moins de monde ou d’associations ne soulèvent le problème des achats de tickets de plus en plus tôt.

Donc, dans le point 2 du Code, cette obligation de détailler entièrement le contenu d’une activité devrait être mieux formulée puisque cet exemple concret de certains festivals d’été montre que l’obligation n’est pas appliquée telle qu’énoncée actuellement. Bien sûr, il faudrait aussi une proposition émise par l’autorité politique en ce sens pour que se crée à un niveau européen une réglementation analogue.

Faisons un peu d’Histoire utile. Il faut se rappeler que la prévente commençait 24 mois avant l’activité pour une des étapes de la dernière tournée de Stromae (d’ailleurs en partie interrompue).

Alors qu’on pouvait lire cet avis critique « On s’y prend de plus en plus tôt (et qui empoche les intérêts) » dans un article du Soir du 20 mai 1988 qui annonçait l’ouverture de la réservation pour quatre concerts de Pierre Rapsat se déroulant fin septembre et début octobre 1988 au Cirque Royal de Bruxelles. Ainsi on passe de 4 mois ainsi critiqué… à, aujourd’hui, 24 mois qu’on semble beaucoup moins critiquer chez ceux qui animent le métier culturel.

Bien entendu, si les organisateurs des festivals d’été attendaient que leur affiche soit complète pour commencer leurs réservations, peut-être que le démarrage de celles-ci serait moins hâtif, ce qui serait un plus pour le public. Ainsi, exiger tous les noms des artistes participants au moment où démarre la réservation peut avoir un double avantage pour le public.

En annexe 1, sur cette thématique je vous détaille deux exemples.


Annexe concernant ce point 2 du Code :

Pour les festivals d’été, c’est devenu une habitude que de démarrer la prévente sans que le programme complet ne soit annoncé. Et au « Festival des Solidarités », il y a même un «plus».

Le 27 janvier 2022, l’organisation de celui-ci dévoile douze noms d’artistes (sur trente-cinq… comme on le découvrira bien plus tard) qui participent à son activité se déroulant du 26 au 28 août 2022 à la Citadelle de Namur : Grand Corps Malade, Clara Luciani, Bernard Lavilliers, etc.

Et les autres têtes d’affiches ? Et les autres groupes moins connus ? En fonction de la programmation, vaut-il mieux ne venir qu’un, deux ou les trois jours ? Comment faire son choix avec cette annonce partielle, surtout si on s’intéresse aux artistes de notoriété moindre et qu’on ne roule pas sur l’or ?

Dès cette première annonce, la prévente est ouverte pour ce festival avec notamment un pass pour les trois jours à 59 € (donc un coût d’un peu moins de 20 € par journée). Mais attention : à partir du 22 mars, le prix de celui-ci passera à 75 €. Donc, pour disposer du prix le moins onéreux, il faut prendre le risque de ne pas connaître l’ensemble de la programmation. Passez-vous donc de votre droit élémentaire à une information exhaustive du consommateur avant tout achat, ce que nous garantissent les législations économiques dans différents pays.

Environ quatre mois avant le déroulement du festival, le pass de trois jours augmente donc arbitrairement de 16 €, et l’hebdomadaire Moustique nous dévoile, le 20 avril, une première suite de la programmation : des 12 noms initiaux, on passe à 27 (sur 35).

Fin mai, les pass pour trois jours sont épuisés. Finalement, le programme de 35 prestations est enfin accessible sur le site du festival mais… il ne reste plus à vendre que des tickets journaliers à 42 €.

Donc, le droit à la découverte détaillée du contenu de l’activité a un coût pour le public. Si vous voulez faire vos choix en connaissance de cause, vous devrez attendre longtemps la présentation complète du programme et les tarifications les moins chères se seront évaporées. Le pass « trois jours » aura d’abord augmenté de prix, et puis il sera épuisé (avec une question complémentaire à ne pas négliger: s’agirait-il de l’organisation d’une pénurie?) et vous devrez vous rabattre sur des entrées journalières comparativement bien plus onéreuses.

J’ai alerté sur ce dossier le député fédéral Albert Vicaire (Ecolo) qui a jugé utile de questionner Eva De Bleeker, la secrétaire d'État en charge de la protection des consommateurs (Open VLD, parti libéral flamand).

Je trouve intéressant de vous proposer ici l’intégrale de leur échange qui s’est déroulé au Parlement. Voici comment il a été mis par écrit et imprimé en date du 5 octobre 2022 sous le titre « L’évolution du prix des tickets d’événements culturels en fonction du développement de leur contenu ».

- Question d’Albert Vicaire : Madame la secrétaire d’État, pour le festival des Solidarités, le 27 janvier, le festival ne renseignait que 12 noms d’artistes sur 35 et le prix était de 59€. Le 20 avril, 27 artistes sur 35 étaient connus et le prix était de 75€.

Lorsque plus d’artistes étaient connus, le prix était de 40€ par jour, donc 120€ pour les trois jours. Les prix varient en fonction de la description du festival.

Madame la secrétaire d’État, n’y a-t-il pas là un problème d’information des consommateurs? Est-il normal qu’ils doivent acheter ces produits à l’aveugle, sans être en parfaite information du contenu, faute d’avoir encore des places en vente une fois le contenu entièrement dévoilé?

Est-ce conforme au droit que de faire augmenter le prix des places au fur et à mesure que l’affiche est révélée?

Dans quelle mesure ce genre de pratiques respectent-elles notre Code civil et le devoir du vendeur d’expliquer clairement ce à quoi il s’engage et d’informer le consommateur sur son produit?
Ne faudrait-il pas légiférer de façon à mieux protéger les consommateurs?

Est-ce normal qu’à un certain moment, il ne soit plus possible d’acheter des pass 3 jours alors qu’il est encore possible d’acheter séparément des pass journaliers? Les festivals ne créent-ils pas ainsi une forme de rareté artificielle ?


- Réponse d’Eva De Bleeker : Monsieur Vicaire, les mécanismes des préventes est une technique de marketing fréquente. Les entreprises ont l’obligation d’indiquer le prix total à payer au consommateur avant l’achat par écrit, de manière non équivoque, lisible et apparente.

Le fait de pouvoir bénéficier d’un prix plus intéressant parce que l’affiche de l’événement n’est pas partiellement connue n’est pas interdit pour autant que le consommateur soit bien informé de la situation. Par contre, l’entreprise, par cette pratique commerciale, ne peut pas induire le consommateur en erreur en diffusant des informations fausses ou trompeuses quant aux caractéristiques du produit, comme le contenu de l’affiche ou la disponibilité des places.
Si c’est le cas, ce comportement sera une violation de l’interdiction des pratiques commerciales trompeuses.

En principe, les entreprises sont libres de décider elles-mêmes des prix qu’elles appliquent aux produits qu’elles mettent en vente et de les adapter lorsqu’elles l’estiment nécessaire. Ainsi, les entreprises ont la possibilité de développer leur stratégie commerciale et peuvent faire jouer la loi de l’offre et de la demande à condition que cette technique de vente ne constitue pas une pratique déloyale trompeuse.

L’interdiction des pratiques commerciales déloyales est déjà réglementée au niveau européen. Les États membres ne sont pas autorisés à introduire des règles supplémentaires pour réglementer les pratiques de vente uniquement pour des raisons de protection des consommateurs.


- Rétorque finale d’Albert Vicaire: Madame la secrétaire d’État, je vous remercie pour votre réponse. Je suis surpris que l’on ne puisse améliorer les choses, mais vous me dites que c’est bloqué par l’Europe.


Mon avis : En cas de vente, le Code civil belge prévoit, y compris pour la culture, que : « Le vendeur est tenu d'expliquer clairement ce à quoi il s'oblige. Tout pacte obscur ou ambigu s'interprète contre le vendeur ».
La réponse d’Eva De Bleeker ne le mentionne pas et c’est pourtant essentiel.

En fait, elle développe très fort sa réflexion sur les prix, ce qui lui permet de faire passer au second plan le droit du public à découvrir avant tout achat la mention détaillée du contenu du bien ou du service qui l’intéresse. Aurions-nous affaire à une Secrétaire d'État chargée de la déconstruction de la protection des consommateurs ?

Il existe une solution évidente que certains semblent ignorer et qui mettrait fin à ces diverses dérégulations : que les organisateurs retardent le début de leurs réservations pour ouvrir celles-ci qu’au moment où ils peuvent rendre publique l’entièreté du contenu de leur affiche. Quoi de plus logique !

Lorsqu’une prévente s’entame, on reste vague sur le contenu de l’activité et vous payez moins cher. Vers sa fin, on vous dit tout, mais il faut débourser davantage. Cette façon de ne pas respecter le droit du public à être informé complètement du contenu s’est déroulé dans d’autres disciplines artistiques avec notamment la réservation des billets sur internet pour l’exposition «Van Eyck» prévue du 1er février au 30 avril 2020 au Musée des Beaux-Arts de Gand (MSK). J’ai un dossier détaillé sur ce sujet précis. Je vous l’enverrai sur simple demande.

Le 6 juillet 2023, ma carte blanche « Événements culturels: pour une réglementation européenne en matière de préventes » a été diffusée le même jour par deux journaux quotidiens belges différents (ce qui est assez exceptionnel) : Le Soir et La Libre.

Voici son texte :
https://www.lesoir.be/523667/article/2023-07-05/evenements-culturels-pour-une-reglementation-europeenne-en-matiere-de-preventes?fbclid=IwY2xjawTO8XBleHRuA2FlbQIxMABicmlkETBaNFNUSW9FcERIbVNFbnVNc3J0YwZhcHBfaWQQMjIyMDM5MTc4ODIwMDg5MgABHgRgGU4hfblGqcwnq8GldAZr45UR3dsDqsU2V5LwBM82_sAonP134SO05uqL_aem_BS_GuFkPxMjoGBO7VQ50nw

Au fil des années, la Fédération WB est déjà reconnue au niveau international grâce à tant d’artistes comme les frères Dardenne ou Stromae et Angèle. Qu’elle ne rate pas une opportunité analogue, complémentaire et peu coûteuse à mettre en place afin de s’affirmer ambassadrice des droits des usagers culturels, en Francophonie et ailleurs, en étant une première région à se positionner sur ce sujet et ensuite, dans un deuxième temps, favoriser une réflexion suivie d’une législation au niveau européen.

L’originalité de la Fédération WB, ce n’est pas uniquement l’importance de son vivier d’artistes talentueux sur un territoire relativement petit mais également la force de son travail d’éducation permanente depuis l’après-guerre 40-45.

 

A3

3.       Texte du point 3 : INFORMER LES USAGERS dans les plus brefs délais, EN CAS DE MODIFICATION SUBSTANTIELLE, de report, OU D’ANNULATION DE L’ACTIVITÉ CULTURELLE concernée (qu’elle soit occasionnelle ou permanente). Prévoir au moins des modalités de remboursement des usagers dans ces deux hypothèses, si l’accès à l’activité culturelle concernée est payant ;

Ma réaction :

Pour être plus précis et complet, j’ajouterais « ,de report » après « en cas de modification substantielle ». Il faut donc aussi changer « les deux hypothèses » par « les trois hypothèses».

D’autre part, le « dans les plus brefs délais » n’est pas assez précis, surtout quand on envisage l’avenir (le dérèglement climatique) et aussi parce qu’il existe désormais une tendance à organiser de plus en plus souvent en Europe des « résidences », soit un même événement qui se répète sur plusieurs jours dans une seule ville et non plus sous la forme de tournées, ce qui multiplie les frais de déplacement et les nuitées d’hôtels pour les usagers.

Notamment dans ce cas-là, le public est informé x jours à l’avance d’un report ou d’une annulation (par exemple 3 jours), il pourra dans bien des cas éviter ces frais liés à son voyage qu’il n’est pas prévu que l’organisateur rembourse (à l’inverse d’ailleurs de ce qui se passe dans d’autres secteurs de la vie économique comme certains retards d’avions).

Je propose que le public ait le droit, dans ces cas, d’être informé de ces évolutions au moins trois jours à l’avance, avec quelques exceptions (par exemple, en cas de maladie découvertes en dernière minute, avec certificat médical, dont le public n’a d’ailleurs pas à connaître la teneur).

Le chercheur Roland de Bodt a rédigé trois numéros (8,9 et 10) titrées « Droits culturels: Libertés culturelles & droits des usagers » pour la revue « Repères » publiée en 2019 par l’Observatoire des politiques culturelles. Ceux-ci à la suite de sa recherche précisent le sens à donner aux 15 droits du Code.

Dans le numéro 10, page 35, le point 37 B peut illustrer cette revendication. La modification doit être annoncée à l’usager « dans les plus brefs délais ».

37. Une information relative à la modification du contrat, du chef de l’opérateur culturel
B. Lorsqu’il prend la décision de modifier une activité programmée, l’opérateur culturel informe ses usagers de cette modification, dans les plus brefs délais, par une communication spécifique, claire, adéquate et préalable à la date initialement programmée pour la réalisation de cette activité ; cette information préserve la liberté de choix de l’usager.

https://opc.cfwb.be/fileadmin/sites/opc/uploads/documents/Publications_OPC/Reperes/Reperes_N__10_BAT_BD.pdf

Toujours dans ce numéro 10, cette fois-ci en page 39, il revient plus précisément sur ce sujet dans son point 52 :
52. Du droit à une information expresse en cas de modification, de report ou d’annulation
A. Tout usager a le droit à une information expresse et spécifique, en cas de modification, de report ou d’annulation de l’activité pour laquelle il s’est engagé auprès de l’opérateur culturel.
B. Cette information lui est adressée en amont de la réalisation de l’activité afin de garantir la liberté effective de choisir l’activité culturelle à la participation de laquelle il s’engage.
C. Cette information lui est adressée au plus tôt afin d’éviter qu’il n’expose inutilement des frais indirects rendus nécessaires pour cette participation (déplacements, hébergements, etc.)


C’est un cas précis observé durant la canicule de juin 2026 qui me pousse à proposer cette évolution significative du texte.

Information plus détaillée : À Paris, les très fortes chaleurs commencent le 18 juin 2026 et perdureront jusqu’au 2 juillet, avec un record de température observé le 24 juin. Le festival Solidays commence donc plus d’une semaine après le démarrage concret de la cause qui va l’anéantir. Pour son premier jour, le vendredi 26 juin, la pré-ouverture est fixée à 15H00, l’ouverture à 16H00 et le conseil est donné aux festivaliers de se présenter avant 18H00.

La préfecture de police de Paris annonce officiellement dans un communiqué de presse diffusé ce jour-là vers 10H00 qu’il faut annuler l’événement en raison de la canicule. Le site du Parisien relaie cette information à 10H14, et France Info, à 10H25. Le public peut donc prendre connaissance de l’inutilité de se rendre à Longchamp seulement cinq heures avant l’ouverture des portes. Cette information intéresse beaucoup de monde, l’édition précédente ayant attiré plus de 250.000 spectateurs.

L’exemple est pertinent car les prévisions météo étaient très précises près d’une semaine avant ce 26 juin. Si la préfecture avait annoncé au public sa décision trois jours plus tôt, sans doute que des milliers et des milliers d’acheteurs de tickets auraient pu annuler leur déplacement, et au moins une partie non négligeable de ce qu’il leur a coûté (frais des transport et d’hébergement). Le réchauffement climatique aurait également dit merci à la préfecture.

Il convient donc à l’avenir aux organisateurs ne souhaitant pas affronter des pétitions entièrement justifiées et de plus en plus puissantes pour exiger des remboursements annexes, de prévoir la mise en place d’une obligation d’annoncer à leurs acheteurs de tickets une annulation ou un report au plus tard trois jours complets avant le démarrage d’une activité, sauf bien sûr en cas de force majeure (comme une maladie apparue en dernière minute). N’entrerait bien entendu pas dans ces exceptions, pour ne prendre qu’un exemple fréquent, une vente insuffisante des tickets !

Enfin, et c’est important : dans ce point 3, il faudrait ajouter une phrase qui résume ma proposition 4 (lire beaucoup plus loin, dans la partie B - Ajout de nouveaux droits répondant à des enjeux émergents).

 

 

 

A4

4.       Texte du point 4 :  INDIQUER à l’entrée de tous les lieux où il accueille les usagers, sur son site Internet et sur les supports publicitaires écrits, LE NOMBRE INITIAL DE PLACES DISPONIBLES pour l’activité culturelle concernée ;

Ma réaction

Je ne suis pas certain que ce point 4 soit indispensable alors qu’il me semble que son contenu pourrait être repris dans le point 9.

 

A5

5.       Texte du point 5 : INDIQUER TOUS SES TARIFS (billets d’accès, vestiaire etc.) À L’ENTRÉE de tous les lieux où il accueille les usagers, sur son site Internet et, tant que faire se peut, sur les supports publicitaires écrits. De la même manière, indiquer les réductions occasionnelles – en précisant si elles sont cumulables entre elles ou avec des tarifs réduits permanents – les gratuités éventuelles et les conditions pour en bénéficier ;

Ma réaction :

Tout d’abord, ce point 5 devrait être complété par un positionnement sur la tarification dynamique (lire beaucoup plus loin ma proposition 9 dans la partie B - Ajout de nouveaux droits répondant à des enjeux émergents).

Ce point 5 est utile mais il faudrait peut-être faire évoluer sa rédaction. L’expression «indiquer ses tarifs sur les supports publicitaires écrits » n’est peut-être pas assez claire.

Cette phrase devrait signifier bien plus clairement la réintroduction de la mention de la tarification sur les affiches, notamment pour qu’en rue, le public puisse facilement comparer les prix, ce qui n’est pas vraiment le cas sur la toile car le public y va vers ce qu’il a envie de consommer et bien rarement il consultera d’autres sites d’activités qui lui plaisent moins pour comparer les prix.

On constate que ce sont les listes de sigles de sponsors qui ont pris, au fil des années, bien souvent la place d’une tarification régulièrement détaillée naguère sur une affiche.

J’ai constaté récemment que des musées fédéraux classaient dans leur tarification à la rubrique « gratuités » le Pass musées. En est-il de même pour les musées en Fédération WB ?

Ce pass (que j’apprécie, à titre personnel) n’est pas une gratuité puisqu’il coûte actuellement 64,95 € et se paie un an avant la fin de son utilisation. Il doit donc occuper une rubrique «abonnement ».
Certains des ces musées fédéraux viennent de tenir compte de ma réflexion (notamment le musée des Instruments de Musique, MIM).

D’autre part, sur leurs sites internet, de plus en plus d’organisateurs ont supprimé de leur rubrique qui sert de mode d’emploi (localisation, horaires, etc.) la partie consacrée à la tarification détaillée et ils ont rapatrié celle-ci le plus près possible du lieu du site consacré à l’achat du ticket. Ce n’est pas normal et cela ne respecte pas l’esprit du texte du Code. Il faut donc mieux préciser le texte du Code par rapport à ce point précis.

En effet, il est, par exemple, anormal qu’il soit demandé dans l’espace réservé au payement que l’usager choisisse le jour où il décide de venir avant que toute la tarification ne soit affichée. Ainsi, dans certain cas, en toute bonne foi, il pense qu’une même tarification s’applique chaque jour et il choisit un jour du week-end sans savoir que les prix sont moins élevés en semaine.

Voir aussi l’article suivant paru dans l’Asymptomatique : https://www.asymptomatique.be/cachez-ces-prix-que-je-ne-saurais-voir-par-bernard-hennebert/

 

A6

6.       Texte du point 6 : AFFICHER LES CONDITIONS GÉNÉRALES relatives à l’accès de l’activité culturelle envisagée, au moins à l’entrée de tous les lieux où il accueille les usagers ;

Ma réaction :

Je suppose qu’on entend par « les conditions générales » plutôt les obligations, les « devoirs » du public, le « règlement du visiteur ». Sans doute que ces « conditions générales » complètent le contenu du Code, il est dès lors tout-à-fait logique qu’elles soient également bien exposées au public.

 

A7

7.       Texte du point 7 : PROPOSER SPONTANÉMENT AUX USAGERS LE MEILLEUR TARIF qui leur est applicable ;

Ma réaction :

Ce point est constructif mais est-il prioritaire si l’organisateur applique avec imagination et très clairement le point 5 du Code ?

Il me semble qu’il faudrait désormais être davantage attentif au moment où la tarification complète est proposée sur un site internet.

En effet, de plus en plus souvent, sur celui-ci, elle n’apparait qu’au moment où vous avez sélectionné votre jour, voire votre heure de début de consommation. Il faut être extrêmement averti ou curieux pour aller voir la tarification affichée un autre jour avant de vous décider, et donc vous risquez de payer pour le même service plus cher le week-end par rapport à un jour de semaine, sans avoir imaginé que ces différences existent parfois.

Il conviendrait donc de restaurer plutôt un tableau complet de la tarification dans la rubrique « Infos pratiques » sur le site.

 

A8

8.       Texte du point 8 : PROPOSER DES PRIX ET DES RÉDUCTIONS IDENTIQUES QUELS QUE soient les supports d’information et les moyens de réservation utilisés ;

Ma réaction :

Ce point continue d’être d’actualité lorsqu’on constate que, par exemple, Le Louvre fait payer plus cher son ticket lorsqu’il s’achète sur son site internet plutôt qu’à l’accueil, dans son établissement.

 

A9 et A10

9.        

10.   Textes des points 9 et 10 :

Ne PAS PRATIQUER LA SURRÉSERVATION;

Ne PAS RECOURIR À UN SYSTÈME PAYANT (tel que les numéros surtaxés) POUR INFORMER LES USAGERS;

Ma réaction :

Sans nier leur utilité, ces point 9 et 10 pourraient être regroupés dans un seul point du Code. Car il faudrait réserver de la place dans le code pour plein de nouveaux sujets qui seront hautement d’actualité dans les vingt années à venir et dont on pressent déjà dès maintenant le type de ravages qu’ils vont occasionner.

 

A11 et A12

11.    

12.   Textes des points 11 et 12 :

DIFFUSER UNE INFORMATION CIBLÉE qui favorise l’accès et la participation la plus large de tous les usagers en ce compris les usagers « faibles » (personnes à mobilité réduite, chômeurs, personnes malvoyantes, malentendantes etc.) ;

ASSURER, tant que faire se peut, UN ACCUEIL MINIMUM ADAPTÉ AUX PERSONNES À MOBILITÉ RÉDUITE, aux femmes enceintes, aux personnes malvoyantes, aveugles, malentendantes ou sourdes (traduction en langue des signes, sous-titrages, boucle d’induction – augmentation du volume des appareils pour malentendants – etc.). Leur réserver des places faciles d’accès, les informer des services adaptés qui peuvent leur être proposés et des consignes de sécurité qui leur sont spécifiques ;

Ma réaction :

Ces deux points d’importance pourraient peut-être se retrouver dans un seul texte.

Je pense que le bout de phrase « tant que peut se faire » est à proscrire car il permet de ne pas réaliser toutes les propositions intéressantes que le point 12 énonce ensuite.

Le Code n’est pas un catalogue de suggestions mais une présentation d’obligations concrètes.

 

A13

13.   Texte du point 13 : DONNER COPIE DU PRÉSENT CODE À L’USAGER qui en fait la demande ;

Ma réaction :

Je pense que ce point n’est pas appliqué. Mon expérience personnelle : dans le hall d’entrée, à l’accueil d’une institution très importante, aux trois membres du personnel présents, j’ai demandé de recevoir cette copie, en 2023.

Ils ne comprenaient pas de quoi je parlais. Je leur ai expliqué qu’il s’agissait d’une feuille de papier qui détaillait les 15 droits du Code des usagers culturels. Ils se sont foutus de ma gueule et m’ont engueulé en affirmant que la Fédération WB diminuait sans cesse leurs subsides et qu’ils n’avaient rien à cirer de ce Code dont ils ignoraient tout.

Or, ce point 13 me semble important, comme le point 1.

Peut-être qu’il devrait être ajouté dans le point 1.

Dans ce texte du point 13, il faudrait peut-être davantage de concret pour être plus efficace. Pourquoi ne pas indiquer qu’il convient de prévoir à l’accueil des lieux culturels, un présentoir contenant un lot de ces copies du texte du Code et qu’il soit mis en évidence sur le comptoir avec un slogan « Servez-vous, c’est gratuit ».

 

A14

14.   Texte du point 14 : INDIQUER DE MANIÈRE VISIBLE SES COORDONNÉES COMPLÈTES, en ce compris son adresse de courriel, à l’entrée et à la sortie de tous les lieux où il accueille les usagers et sur tous les supports d’information utilisés, pour permettre à l’usager de lui adresser une éventuelle plainte écrite circonstanciée ;

Ma réaction :

Point également utile. Peut-il rejoindre le point 1 ?

 

A15

15.   Texte du point 15 : RÉPONDRE DE MANIÈRE CIRCONSTANCIÉE AUX PLAINTES ÉCRITES des usagers qui lui sont adressés, dans les 30 jours de leur envoi ;

Ma réaction :

Il faudrait ajouter après le premier verbe du Point 15 (« Répondre ») les mots « par écrit ». En effet, il est arrivé que certains, peut-être pour laisser le moins de traces écrites possible, aient demandé un numéro de téléphone pour réagir aux plaignant(e)s.

Ce point est essentiel, surtout dans la mesure où il permet à l’usager de répliquer à une réponse reçue par l’organisateur, et que ce dernier est alors obligé à nouveau de réagir, et toujours de manière circonstanciée, ce qui constitue le démarrage de tout débat contradictoire entre le public et les représentants du métier de la culture.

Les pays ou les régions qui n’ont pas verbalisé pareille obligation (et ils sont nombreux) laissent la porte ouverte à toutes les réponses en langue de bois, voire démagogique.

Bien entendu, les usagers culturels qui ont la chance de disposer de ce droit se doivent de respecter les responsables auxquels ils s’adressent, et en sachant qu’il ne faut pas abuser du temps de travail de ceux à qui ils s’adressent.

 

 

 

Non aux multiples façons d’imposer un « ni échangé, ni remboursé » sur divers tickets et de prendre ainsi en otage le souhait d’usagers à se faire rembourser. Lire le point B2 (ci-dessous)


 

B : Ajout de nouveaux droits répondant à des enjeux émergents (soit 10 propositions)

 

 

B1

1.       Proposition 1 : Politique d’assurance de l’opérateur

Créer un nouveau droit obligeant les organisateurs à expliquer :
Les assurances souscrites ;
Leur portée réelle ;
Les conditions de remboursement en cas d'annulation ou de report.

Notamment à cause de la multiplication et de l’accélération des retombées du réchauffement climatique dans le domaine des spectacles en plein air (annulations, reports) et vu l’évolution du sens à donner à l’expression « cas de force majeure », il convient qu’un point du Code aborde ce sujet. Celui-ci se définissait comme un événement imprévisible mais avec l’évolution rapide du dérèglement climatique, il devient, de fait, prévisible, ce qui permet à certaines assurances dites « annulation » prises par des organisateurs de contester désormais certains remboursements.

Les organisateurs d’activités doivent donner des informations précises et actualisées au futur acheteur de ticket sur le type d’assurance qu’ils ont éventuellement souscrit, et ce qu’elle signifie le plus précisément possible pour le public en termes de (non)remboursement en cas de problèmes d’annulation. Par ailleurs, l’usager devrait être informé de façon précise de ce que couvrirait, à propos de cette thématique, la prise en charge par lui-même d’une assurance personnelle complémentaire facultative. Hélas, en général, celle-ci  n’intervient pas en cas d’annulation (ou de report) mais plutôt en cas de maladie (ou d’autres impossibilités) de la personne qui y souscrit.

Pareil nouveau point permettrait d’apporter un certain soulagement à un public extrêmement nombreux.

Le chercheur Roland de Bodt a rédigé trois numéros (8, 9 et 10) titrées « Droits culturels: Libertés culturelles & droits des usagers » pour la revue « Repères » publiée en 2019 par l’Observatoire des politiques culturelles. Ceux-ci, à la suite de sa recherche, précisent le sens à donner aux 15 droits du Code.

Dans le numéro 10, page 32, le point 16 A illustre l’utilité d’aborder ce point sur les assurances dans un nouveau point du Code.

A. Toute personne a droit à ce que cette information préalable et complète, ainsi que toutes les conditions générales ou particulières d’accès matériel, immatériel, économique, juridique, soient rendues spontanément apparentes et accessibles, pour chaque activité proposée ou action programmée par un opérateur culturel.

https://opc.cfwb.be/fileadmin/sites/opc/uploads/documents/Publications_OPC/Reperes/Reperes_N__10_BAT_BD.pdf

 

B2

2.       Proposition 2 : contrat clair entre usager et organisateur

Créer un nouveau droit qui permet d’expliquer clairement où et sous quelle forme trouver le contenu du contrat entre l’opérateur et l’usager.

Il faudrait préciser quel est le support où se présente le contenu détaillé du contrat qui lie l’organisateur à l’usager.

De tout temps, c’est le ticket de papier donné au public lors de l’achat. Avec la dématérialisation des données, d’autres formes de contrat se développent. On constate également que le ticket papier continue à exister et que certaines conditions imprimées sur son verso ont valeur de règlement pour l’organisateur.

De toute façon, il convient que l’organisateur donne un contrat détaillé écrit à son client, dans tous les cas de figure.

Ceci serait sans doute à verbaliser ici ou là dans le Code.

Que doit contenir ce contrat ? En dehors du prix (précis, complet) et de la description la plus précise possible du produit ou du service proposé, au moins des éléments qui, s’ils n’étaient pas mentionnés, pourraient induire en erreur l’usager.

Par exemple, le droit de réclamation.

Le chercheur Roland de Bodt a rédigé trois numéros (8, 9 et 10) titrés « Droits culturels : Libertés culturelles & droits des usagers » pour la revue « Repères » publiés en 2019 par l’Observatoire des politiques culturelles. Ceux-ci à la suite de sa recherche précisent le sens à donner aux 15 droits du Code.

Dans le numéro 10, page 36, le point 42 peut illustrer la présente revendication.

42. Une information relative au droit de réclamation
Toute personne a droit à une information* relative aux modalités selon lesquelles elle pourrait déposer une réclamation éventuelle auprès de l’opérateur culturel si le contrat qui la liait à cet opérateur pour une activité ou une série d’activités culturelles déterminées n’était pas exécuté de la manière prévue au moment de sa conclusion ou si ses droits à l’information n’étaient pas respectés.

https://opc.cfwb.be/fileadmin/sites/opc/uploads/documents/Publications_OPC/Reperes/Reperes_N__10_BAT_BD.pdf

Dans les réflexions des usagers qui me sont parvenues, il y a celles qui décrivent la difficulté de savoir à qui ils doivent faire leur réclamation, et notamment pour les demandes de remboursement.

L’art de se renvoyer la balle est une façon d’égarer l’usager qui peut pousser celui-ci à parfois renoncer à voir concrétisé son droit. Concrètement, il s’agit du renvoi de la responsabilité notamment entre l’organisateur, l’équipe de l’artiste ou la société qui vend les tickets.

Il faudrait donc que le contrat, par exemple au dos du ticket, indique clairement une seule adresse sélectionnée par l’ensemble des acteurs qui organisent l’activité où la plainte sera traitée uniquement par écrit dans les plus brefs délais, et jusqu’à son terme. Ce devrait être une adresse papier ET un courriel.

D’autre part, un point du Code devrait clairement interdire sur le contrat toute phrase qui indique, sans plus de précision, qu’il n’y aura « ni échange, ni remboursement ».

Pareille façon de faire est très courante, ne s’applique jamais (il y a toujours des cas de remboursement ou d’échange) et est sans doute là uniquement pour faire hésiter l’usager à demander ces remboursements ou ces échanges qui lui sont dus.

De plus, supprimer cette phrase libère de l’espace dans le contrat pour y mentionner d’autres informations utiles.

La Fédération WB serait un précurseur courageux à un niveau international en agissant ainsi à l’égard des organisateurs qu’elle subsidie.

Ce n’est pas impossible. Il y a un précédent constructif avec l’évolution de pareil texte sur les tickets du Botanique.

Si des organisateurs souhaitent ne plus être subsidiés parce que le Code aurait davantage de rigueur, le Fédération W-B doit bien sûr l’accepter et ne pas considérer que ce serait une raison pour ne pas mener à bien telle ou telle évolution du Code. L’octroi d’un subside doit aussi tenir compte du respect du public pour lesquelles les activités culturelles sont créées.

Cela renforcera sa crédibilité au niveau régional, national, international, et aussi au niveau de la Francophonie.

La Fédération brille déjà à un niveau international, voire mondial, par le travail de nombreux de ses artistes (chanteurs, musiciens, humoristes, et tant d’autres). Ce serait tellement heureux qu’il en soit de même en étant une entité pionnière en ce qui concerne les pratiques économiques à l’égard du public culturel.

Le chercheur Roland de Bodt a rédigé trois numéros (8,9 et 10) titrés « Droits culturels : Libertés culturelles & droits des usagers » pour la revue « Repères » publiée en 2019 par l’Observatoire des politiques culturelles. Ceux-ci à la suite de sa recherche précisent le sens à donner aux 15 droits du Code.

Dans le numéro 10, page 39, le point 53 peut illustrer la présente proposition :

53. Du droit au remboursement

A. Tout usager a droit au remboursement des sommes qu’il a payées pour acquérir le droit d’accès, d’inscription et de participation à une activité culturelle, lorsque celle-ci fait l’objet d’une modification substantielle, d’un report ou d’une annulation de la part de l’opérateur culturel auprès duquel il s’est engagé.

B. Ce remboursement s’effectue, sous quinzaine de la notification de la modification, du report ou de l’annulation, dans les mêmes conditions économiques que celles pratiquées au moment de l’acquisition des droits d’accès, d’inscription et de participation.

C. La limitation éventuelle de ce droit doit être justifiée, explicitement et par écrit, par l’opérateur culturel.

https://opc.cfwb.be/fileadmin/sites/opc/uploads/documents/Publications_OPC/Reperes/Reperes_N__10_BAT_BD.pdf

Dernière minute : au moment de rendre au cabinet la version finale du présent document, j’ai écrit un nouveau texte pour souhaiter la suppression de la phrase « Ni échangé, ni remboursé» car deux événements particulièrement significatifs sur ce thème se sont déroulés durant cet été 2026 en Wallonie. Voici cet article que je vous conseille de lire : https://la-luc.blogspot.com/2026/08/ni-echange-ni-rembourse-un-slogan.html


Annexe :

Le 7 mai 2006, concert d’Olivia Ruiz et Lio sous chapiteau à Bruxelles. Le texte du ticket imposé par le Botanique oblige le public à accepter des injonctions contradictoires : « Toute place payée ne peut être ni annulée, ni reportée, ni échangée, ni remboursée » et « En cas d’annulation du spectacle, les billets seront remboursés ».

J’ai décidé de combattre une phrase qu’on retrouve au dos de beaucoup de tickets. Elle me semblait particulièrement inopportune. Voici son sens : « Ce ticket ne sera ni échangé, ni remboursé » (ou « Ni remboursé, ni échangé », etc.).

Le Botanique, le centre culturel de la Fédération Wallonie-Bruxelles la mentionne.

Pour remettre concrètement en question celle-ci, j’ai intérêt à d’abord réussir à prouver que, à l’inverse de ce qu’elle indique, il est bien possible de se faire rembourser son ticket par cette institution subventionnée.

La projection d’un film, le 24 janvier 2009 à 20H00, m’en donne l’occasion. Dans mon courrier daté du 27 janvier 2009 adressé à la direction du Botanique, j’indique : « Je tiens à me faire rembourser mon ticket de 4,50 € qui concerne la projection d’un film du 23ème Festival Gay et Lesbien. Il concerne le long-métrage “Saturno Contro” ».

Dans le programme du festival, en page 65, il est annoncé que ce film sera projeté en « VO Italie, ST Français ». Il a, en fait, été projeté dans sa version italienne mais uniquement sous-titré en anglais. Je ne connais ni l’anglais, ni l’italien. Accompagnant mon époux (qui, lui, se débrouille très bien en anglais), je suis resté dans la salle, l’Orangerie. Ce fut un supplice pour moi mais cette attente m’a permis au moins de mener ma petite enquête.

En effet, je ne suis sans doute pas le seul à avoir été frustré par cette séance (et ce, d’autant plus que le film paraissait remarquable, au vu des images et des réactions des spectateurs qui en comprenaient les paroles) puisque j’ai dénombré une demi-douzaine de spectateurs qui ont quitté la salle en cours de projection ».

Le remboursement est accepté, ce qui tend à confirmer que la phrase imprimée au dos du ticket que je combats est inappropriée.

Dans mon courrier, j’émets une autre critique concernant le ticket : « Le deuxième extrait qui mérite réflexion se situe au bas du texte imprimé au verso du ticket : « ...Ces dispositions impliquent la responsabilité exclusive de l’organisateur de l’événement figurant au recto. Celui-ci est responsable, etc. ». Sur ce recto du ticket que j’ai acheté à votre caisse, à l’entrée du Botanique, il est indiqué le nom de l’événement mais pas du tout le nom de l’organisateur de cet événement. Comment vais-je le contacter alors ? Puisque le ticket constitue notre contrat, il me semble que si vous reportez votre responsabilité sur une tierce personne, vous devriez au minimum indiquer sur le ticket le nom de l’organisateur « responsable » ainsi qu’une adresse à laquelle l’usager peut le contacter. Est-ce illogique ? Dans le cas contraire, on pourrait croire que vous faites tout ce qui est en votre pouvoir pour compliquer la tâche de vos usagers qui souhaiteraient déposer une plainte ou demander de se faire rembourser leur ticket. Pourriez-vous faire évoluer en ce sens votre ticket ? ».

Annie Valenti, la Directrice générale du Botanique, répond à ces deux observations, le 17 mars 2009 :

« Nous examinons la possibilité de corriger la phrase « ce ticket ne sera ni échangé, ni remboursé » par une formule moins « intimidante » qui préciserait, de manière plus adéquate, les conditions de remboursement. D’autre part, nous veillerons à mentionner le nom des organisateurs sur le ticket lorsque les activités ne seront pas produites directement par le Botanique ».

Il m’apparait qu’il y a un aveu implicite dans cette réponse : ce « ni remboursé, ni échangé » aurait bien pour objectif d’être « intimidant » .

Le texte du ticket évoluera. Quelques mots en plus. En nuance. Au printemps 2010, à l’époque où le Botanique présentait une exposition consacrée à Pierre Alechinsky et à Kikie Crèvecœur, le ticket indique de manière exhaustive, en son verso, non plus « Ce ticket ne sera ni échangé, ni remboursé » mais bien « Ce ticket ne sera ni échangé, ni remboursé, sauf annulation ou changement de date du spectacle et dispositions légales ».

Le « et dispositions légales » ne facilite pas la tâche de l’usager en quête de ses droits précis à être remboursé. Néanmoins, il y a eu évolution, elle est importante mais elle n’est pas encore assez significative.

Le 23 août 2023, le Botanique ne semble plus hésiter à affirmer publiquement qu’il lui arrive de rembourser puisque sur son site, il publie une offre d’emploi pour « un(e) agent(e) d’accueil, assistant(e) billetterie », une des dix tâches « principales » demandées étant « Vente des billets et gestion des remboursements en collaboration avec la comptabilité ».

 

B3

3.       Proposition 3 : Captation et enregistrement des spectacles

Créer un droit qui exige une information préalable lorsqu'une activité est :
Filmée ;
Enregistrée ;
Diffusée en direct.

Le public achète un ticket pour un spectacle parce qu’il est joué à son intention… et pas nécessairement pour sa captation.

Une partie du public adore ces « plus » que sont ces captations ou des enregistrements (il y a aussi le cas d’enregistrements de concerts en public pour être diffusés en album, par exemple), à l’inverse d’autres spectateurs qui trouvent que les artistes ne s’expriment plus vraiment pour eux, dans ce cas-là.

Cette thématique soulève aussi le respect du droit à l’image du spectateur alors que celui-ci a envie de découvrir ladite activité sans risque d’apparaître lui-même à l’image.

La meilleure façon de mettre tout le monde d’accord est d’annoncer cette particularité de l’activité qu’il va découvrir dans la promotion de l’activité, qu’elle soit payante ou gratuite d’ailleurs, et de toute façon avant que le public n’achète son ticket ou qu’il ne se décide à se déplacer.

Le chercheur Roland de Bodt a rédigé trois numéros (8,9 et 10) titrés « Droits culturels: Libertés culturelles & droits des usagers » pour la revue « Repères » publiée en 2019 par l’Observatoire des politiques culturelles. Ceux-ci à la suite de sa recherche précisent le sens à donner aux 15 droits du Code.

Dans le numéro 10, page 36, le point 44 A et B illustre la présente revendication.

44. Une information relative aux limitations du droit au respect de la vie privée et à la protection du droit à l’image

A. Toute personne a droit à une information* à propos des limitations du droit à l’image qu’elle serait amenée à accepter dans le cadre de l’exécution du contrat qui la lierait à l’opérateur dont elle envisage de se constituer en qualité d’usager, afin de participer à une activité ou à une série d’activités culturelles particulières qu’il programme.

B. De telles limitations doivent être conformes aux législations en vigueur et justifiées par l’opérateur culturel qui les impose.

https://opc.cfwb.be/fileadmin/sites/opc/uploads/documents/Publications_OPC/Reperes/Reperes_N__10_BAT_BD.pdf

On constate ici un des nombreux exemples concrets qui peuvent illustrer un ou plusieurs points déjà existants dans le Code.

Il faudrait trouver dans la nouvelle rédaction de celui-ci le moyen de pouvoir les expliquer clairement au public et aux organisateurs.

Annexe :

Au Zénith à Paris, le 12 mars 1987, Cindy Lauper termine son concert et revient sur scène pour le rappel. Bizarrement, elle reprend sa phrase d’intro « Bonjour, Paris » ainsi que les premières chansons déjà interprétées ce soir-là. En fait, la première prise pour la télé et pour une future publication vidéo n’était pas satisfaisante. La fin du spectacle servira alors de second essai pour un rattrapage.

Pour qui a chanté cette artiste durant cette soirée ? Pour le public qui a payé son entrée ou plutôt pour les caméras ? Pour les deux ? En s’exprimant sur scène, à qui pense-t-elle ? Qui regarde-t-elle ? Comment et pour qui conçoit-elle sa gestuelle durant cette soirée particulière? Avec quelles émotions ? Est-ce un concert ou un tournage ?

Un peu plus de deux décennies plus tard, pour son premier concert londonien de sa tournée de 2008, Oasis joue d’abord « Rock ’n’ Roll Star » et « Lyla » plutôt que de choisir des extraits de son nouvel album « Dig Out Tour Soul ». Le groupe manque-t-il de confiance pour interpréter déjà en public son nouvel opus ?

Il existe une autre hypothèse proposée par l’envoyé spécial de La Libre, Vincent Braun : «(…) à moins que ce choix confortable, voire rassurant, ne résulte d’une demande formulée par MTV, la télévision musicale qui retransmet le concert en direct. Poser la question, c’est y répondre tant on comprendra plus tard que les pauses à rallonge qui s’installent entre les chansons ne peuvent servir qu’à combler le temps de cerveau disponible sur antenne».

On imagine l’étape suivante : pourquoi ne pas diffuser sur les grands écrans de la salle ces publicités déjà présentées en télévision ?

Noel Gallagher, l’un des leaders du groupe, s’excusera d’ailleurs à la fin de la prestation pour « (…) ces blancs que nous sommes obligés de faire en raison de la retransmission ». Conclusion de l’envoyé spécial du quotidien belge : « Difficile dans ces conditions d’imposer un rythme au concert, de maintenir une tension et, dès lors, de cultiver l’émotion ».

Les avis sont partagés. Cette façon de faire peut déplaire à une partie des spectateurs. Ceux qui sont distraits par les caméras ou ceux qui craignent que, peut-être, un plan « public » ne dévoile qui les accompagne durant cette soirée, ou pour tant d’autres raisons, et surtout pour la qualité de l’émotion.

D’autres seront, au contraire, satisfaits car la transmission en direct à la télévision s’est déroulée le soir où ils étaient dans la salle, et ce sera même un motif pour acheter le DVD live quand il sortira et en parler à leur entourage.

La meilleure façon de mettre tout le monde d’accord serait d’annoncer dans la promotion ce tournage comme étant l’un des ingrédients de la soirée. Les uns se rueront, les autres attendront peut-être une autre occasion.

De plus, l’organisateur pourrait également prévoir un coin de la salle réservé au public qui ne souhaite pas être filmé.

Pareil endroit épargné par la caméra aurait pu éviter bien des ennuis (perte de travail, divorce, risée générale mondiale) à Andy Byron, le PDG de la start-up de la tech américaine Astronomer et à une responsable des ressources humaines de son entreprise, Kristin Cabot.

Tous deux sont surpris en relation dite intime, révélatrice d’une liaison extra conjugale, par une « kiss cam » (le fait qu’une caméra filme des personnes qui s’embrassent, cette scène étant diffusée sur grands écrans en direct dans la salle), le 16 juillet 2025, au Gillette Stadium de Boston, durant un concert de Codplay.

Se voyant ainsi un instant enlacés à l’écran, les tourtereaux cherchèrent immédiatement à se cacher, ce qui provoqua une hilarité collective tonitruante, le tout devenant viral. Par la suite, un témoignage sur internet rendit public les noms des protagonistes.

Lors des rétrospectives de 2025, l’hebdomadaire belge Le Soir Mag du 19 décembre 2025 revient sur cet événement et détaille les conséquences de cette « kiss cam ».

Madame Kabot reconnaît une erreur : « J’ai pris une mauvaise décision, j’avais bu quelques verres, j’ai dansé et j’ai eu un comportement inapproprié avec mon patron. Ce n’est pas anodin. J’ai assumé mes responsabilités et j’ai sacrifié ma carrière à cause de ça ».

La DRH se souvient aussi des insultes dont elle a fait l’objet sur les réseaux sociaux, quelques heures seulement après la fin du concert. Elle confie avoir reçu entre 500 et 600 appels par jour pendant plusieurs semaines. Elle a également été menacée de mort 50 ou 60 fois. Ces messages ont affecté sa famille, dont ses filles qui craignaient alors pour la vie de leur mère.

Des paparazzis organisèrent même sa poursuite, prenant des photos sans son consentement dans des lieux publics.

Dans l’entreprise pour laquelle le duo travaille, une enquête interne a été ouverte. Lors des conclusions, Kristin fut autorisée à reprendre son poste. Mais elle décida de ne rien en faire : « Je ne pouvais pas imaginer me tenir debout en tant que directrice des ressources humaines alors que j’étais la risée de tous ». Quelques jours seulement après le concert, elle a démissionné. Son patron a fait de même. « Depuis lors, les contacts entre eux se font rares. Ils ont préféré la discrétion pour prendre le temps de tourner la page ».

Trois jours après cette séquence malheureuse, au cours d’une autre prestation donnée à Madison dans le Wisconsin, Chris Martin, le leader du groupe, annonce en ces termes ne pas renoncer à l’usage de la « kiss cam » : « Nous allons utiliser nos caméras et afficher certains d’entre vous sur le grand écran. Donc s’il vous plaît, si vous ne vous êtes pas maquillés, faites-le maintenant ».

Il est vrai que la « kiss cam » n’est pas implantée en Europe comme c’est le cas aux États-Unis, raison de plus pour préciser dans les promotions de concerts donnés sur le vieux continent la présence et l’utilisation de caméras.

L’humoriste Guihome montre l’exemple : pour ses deux soirées de stand-up des 28 et 29 juin 2022 à la Balsamine à Bruxelles, ses affiches indiquent « Attention, vous serez filmé(e)s ! »

Le même type de réflexion devrait également pouvoir se faire à l’occasion d’activités culturelles gratuites. L’absence de contribution financière ne peut pas entamer le droit à l’information préalable du public de ce type de pratique.

Et le théâtre filmé ? Le comédien Pierre Arditi n’y croit pas trop. À la veille de présider les Molières, le 23 mars 1995, il donne son avis à Jacques Chancel dans « Ligne de Mire » sur France 3 : « À ce moment-là, l’acteur a deux interlocuteurs : le public et les caméras. Or, on ne joue pas de la même façon pour les spectateurs ou pour la caméra car celle-ci est une loupe qui scrute les moindres gestes et toutes les expressions ».

Ces « mises en boîte » du travail culturel ont parfois d’autres conséquences désagréables pour le public, en voici deux autres exemples.

Pour leurs concerts, les Rolling Stones demandent au public de « commander » sur internet une chanson. Serge Loupien leur demande pour le Libération du 3 novembre 1998 s’il leur arrive de tricher. Réponse de Mick Jagger : « Quelquefois, quand le show est filmé. Dans ce cas-là, je préfère choisir moi-même la chanson ».

Près de Paris, en 1993, le Théâtre de Longjumeau invite Pierre Perret. Une lectrice de Télérama s’y est déplacée en vain, le spectacle étant reporté non pas parce que le chanteur a une extinction de voix mais à cause « d’un empêchement technique » de TF1 qui devait capter la soirée. Voici sa lettre qui commente ce fait dans l’édition du 9 juin 1993 de l’hebdomadaire : « Verra-t-on bientôt un match de rugby interrompu par l’arbitre en raison d’une panne subite d’émetteur ? Ou un chanteur interrompre et recommencer une chanson sous prétexte que la prise de son n’était pas bonne ? Les programmes enregistrés, mixés, arrangés ou trafiqués nous envahissent déjà à la télévision. Il y a des limites à ne pas dépasser, et j’aimerais bien profiter d’un spectacle en direct, avec son naturel et sa spontanéité, sans en être empêché par les professionnels de la mise en scène télévisuelle ».

Quelques journalistes sont attentifs à des « concerts-tournages » parfois problématiques.

Le 20 novembre 2000, à l’occasion de la diffusion à la télévision d’une prestation de la chanteuse Noa, Thierry Coljon décrit dans Le Soir l’enregistrement quelque peu problématique de ce spectacle dans une salle de concert : « Une bonne partie du public de Noa, présent au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles, en mai dernier, se souvient avoir été dérangé par cette louma (une caméra au bout d’une longue grue) qui, tout le concert durant, n’a cessé de monter, descendre, avancer et reculer. Si les autres cameramen furent d’une remarquable discrétion, cela suffit malgré tout à ôter une partie du plaisir aux spectateurs ».

Le 6 juin 2026, en soirée, le concert de la tournée de la Star Académy au Zénith de Toulon est diffusé en direct sur TF1, « repensé pour la télé ». En plus d’être un flop en audience (ce soir-là, TF1 a attiré moins d’un tiers de téléspectateurs que France3), le Soir Mag du 7 juin 2026 publie des avis courroucés d’internautes. Par exemple : « Le live/concert était truffé de problèmes techniques du début à la fin. C’est un manque de respect total. Faire payer des places une fortune pour un rendu aussi bâclé et industriel, c’est vraiment trop ». Les prix des tickets allaient de 53 à 150 €.

Dans Le Soleil du 15 décembre 1990, Francine Julien titre « Québec fait les frais du show télé de Johanne Blouin ». Cette artiste fut découverte grâce à sa participation dans la version de « Starmania » montée en Belle Province. Pendant la première partie du spectacle « d’immenses spots dans les yeux, les spectateurs ont dû jouer le concerto du torticolis afin de tenter d’apercevoir les chorégraphies pendant que des caméras mobiles filmaient le tout entre les rangées de bancs de l’église St Jean-Baptiste ». En deuxième partie, quand la vedette de la soirée exécute les premières paroles de « L’enfant au tambour », tout s’arrête brusquement : « La chanteuse lance un grand éclat de rire, puis explique au public que ce genre d’incident risque d’arriver à plusieurs reprises pendant le spectacle puisqu’il fait l’objet d’une émission de télévision ». La conclusion de la journaliste est sans appel : « Le spectacle télévisé de Johanne Blouin sera sûrement magnifique. Mais imposer un prix d’entrée de 17$ à un millier de personnes, sans les informer longtemps d’avance qu’ils feront office de figurants pour une émission qui sera ensuite vendue à une station de télé, cela frôle la supercherie ! Le public de Québec ne mérite pas d’être traité de telle façon ».

Voici un dernier exemple de cette situation de « figurant payant » qui s’est déroulé en Belgique. Le Soir du 6 décembre 1990 annonce que la RTBF organise à Liège, le jour de la St Nicolas, une « soirée de gala » intitulée « Forum des étoiles ». Elle est « rehaussée par la présence de vedettes du spectacle : Annie Cordy, Richard Clayderman, Alain Souchon et Gilbert Bécaud ».

À aucun moment cette information n’indique qu’il s’agit d’un tournage de l’émission « 52e » (qui sera diffusée à la RTBF le 31 décembre 1990). Ainsi, pour un droit d’entrée de 250 francs belges, les spectateurs (?) virent l’animateur Philippe Luthers annoncer à Gilbert Bécaud (étonné) que ledit public (surpris) réclamait un bis (ce qui n’était pas le cas) de sa chanson « Et maintenant ». C’était, en fait, l’équipe technique qui réclamait une seconde prise, la première étant défectueuse.

 

B4

4.       Proposition 4 : Interdiction de la règle du « spectacle joué à moitié »

Ne plus pouvoir refuser un remboursement au seul motif que plus de la moitié du spectacle a été exécutée.

Il faudrait qu’un point du Code remanié interdise aux organisateurs aidés par la Fédération WB la pratique qui consiste à ne pas rembourser les tickets si la moitié du spectacle a été prestée. Proposition : qu’une phrase en ce sens soit ajoutée dans le point 3 du Code déjà existant.

Cette façon de faire est généralisée. Au cours de cet été 2026, je découvre, par exemple, dans les conditions générales de vente (article 10) d’un de nos organisateurs wallons :  « En cas d’annulation ou de report de tout ou partie des représentations (de notre activité), les modalités de remboursement sont définies par l’Organisateur. (…) Il est noté qu’en tout état de cause : une exécution incomplète de la/ les représentation(s) associée(s) au billet dès lors qu’au moins de la moitié de la/les représentations a/ont été exécutée(s), n’entraine en aucun cas le remboursement du billet ».

Annexe : je vous propose trois autres exemples de manière bien plus détaillée : à propos de spectacles de Johnny Halliday, de Michel Galabru et de Linh. De quoi être stupéfait !

Le concert que Johnny Hallyday donne en plein air à Spa le 11 septembre 1993 est, selon le quotidien L’Avenir, « un loupé magistral à cause de pluies torrentielles ».

Il fut pourtant annoncé triomphalement par la presse : « Dix-sept musiciens et choristes sur scène, une équipe de cent personnes dans les coulisses et, sécurité oblige, dans le public, sept semi-remorques de matériel », selon Franck Destrebecq, dans Le Soir du 14 août 1993. De quoi faire s’envoler les réservations !

Ce show se déroulera sur la Place de l’Hôtel de ville de Spa… noyée par la pluie devant environ 8.000 spectateurs.

Le spectacle ne commence qu’à 21H45 et s’arrête à 22H20, seulement après neuf chansons.

Un régisseur monte alors sur scène pour déclarer : « Comprenez que, sous cette pluie, avec tout ce matériel électrique, il est très dangereux de continuer le spectacle. Nous espérons que votre amour pour Johnny vous permettra de comprendre qu’il a fait ce qu’il a pu » (témoignage du journaliste Eddy Przybylski publié dans La Dernière Heure, le 2 octobre 2009, dans une publication diffusée lors du décès de l’artiste).

Les prix des places sont élevés et l’infrastructure défaillante : pas de toit au-dessus de la scène alors que les pluies sont fréquentes en Belgique en début d’automne.

Le public ne sera pas remboursé. Le bourgmestre Joseph Houssa réconforte Johnny dans sa loge : « (…) J’ai dû le rassurer, lui dire qu’il avait rempli son contrat. Il est très sensible, cet homme-là ».

Selon Charles Gardier, l’organisateur Spadois : « Lorsque nous avons vu dans le contrat que le podium n’était pas couvert, nous nous sommes inquiétés de la question. On nous a répondu que toute la tournée était ainsi prévue et que la pluie n’empêcherait pas le spectacle de se faire » (selon La Dernière Heure du 13 septembre 1993).

Il ne s’agit donc pas d’un malheureux imprévu, les responsables spadois et français étant conscients de ce danger potentiel. Ce n’est que plus tard que Mr Gardier deviendra co-directeur des Francofolies de Spa et un parlementaire soutenant régulièrement les droits des artistes.

Le ticket imprimé pour ce spectacle propose sur son recto en tout petit un texte qui fait croire au public que l’organisateur est dédouané de toute responsabilité : « Ce ticket ne peut être ni repris, ni échangé (…) Les organisateurs déclinent toutes responsabilités du chef d’accident de quelque nature qu’il soit ».

Mais le public ne devrait-il pas avoir autant que Johnny Hallyday le droit d’être « sensible » ?

Que penser donc de cette règle imposée par le monde du spectacle à ses usagers, et ce, tellement régulièrement qu’on pourrait imaginer aujourd’hui qu’elle serait une norme évidente, naturelle : on ne rembourse pas si la moitié du spectacle a été présentée ?

Un autre exemple ? Au dos d’un ticket pour un spectacle se déroulant le 14 janvier 1999 au Botanique, le centre culturel de la Communauté française à Bruxelles, on lit : « Si le spectacle doit être interrompu au-delà de la moitié de sa durée, le présent billet ne sera pas remboursé».

En fonction de quels critères cette règle a-t-elle été établie ? La culture n’est ni un fruit, ni un légume. Il est logique que le marchand de primeurs ne rembourse parmi ceux qui sont achetés que les vivres qui ne sont pas frais.

Difficile d’appliquer une logique analogue aux spectacles qui racontent souvent une histoire. Ne pas découvrir comment elle se termine peut gâcher toute une soirée. Où est le respect du public ? Lui a-t-on jamais demandé son avis pour établir cette pseudo règle inique ?

Cette pratique commerciale peut même mener à des abus, y compris aux dépens des artistes.

Deux mois avant son décès à 93 ans, le comédien Michel Galabru présente son seul en scène «La cancre» à Laon, le 6 novembre 2015. Selon VSD : « (…) Déjà très diminué, il aurait été contraint d’assurer tant bien que mal la moitié de sa pièce par son entourage, pour avoir à ne pas rembourser la salle ».

Témoignage d’un des spectateurs : « (…) Quand vous faites la moitié du spectacle, l’organisation n’est pas obligée de rembourser les gens. La direction de la salle a demandé de faire arrêter la pièce bien avant les 45 minutes car elle sentait que cela ne pouvait plus continuer. Mais l’équipe (de Michel Galabru) l’a maintenu en scène 3/4 heures. C’était n’importe quoi. La pièce n’avait aucun sens. Les gens partaient au fur et à mesure. Il avait une oreillette dans laquelle on lui soufflait son texte. Mais il n’arrêtait pas de s’agacer en hurlant «Je ne comprends rien, je n’entends rien !» ».

Ainsi, non seulement le public aura sa soirée gâchée, mais il est contraint d’être mis en situation de « voyeur » de l’épreuve imposée pour des raisons économiques à un chanteur trempé qui risque l’électrocution ou à un comédien victime de sa santé fragilisée.

Ce type de justification pour ne pas rembourser une prestation abrégée se perpétue. Le 26 février 2026 à Grand-Champ dans le Morbihan, la chanteuse Linh interrompt après 45 minutes sa prestation qui aurait dû durer environ 1H20, victime d’une extinction de voix. Selon Le Soir Mag du 4 mars 2026 : « Les spectateurs ont d’abord été informés qu’une nouvelle date serait programmée mais cela ne sera finalement pas le cas. Ils ne seront même pas remboursés. Le producteur de Linh a en effet expliqué que le concert a duré plus de la moitié du temps prévu et qu’il n’y avait donc pas lieu de procéder à des remboursements ».

Suite à cette décision, une fan de la chanteuse a lancé une pétition demandant le remboursement car « il est injuste de laisser les fans payer pour un service qu’ils n’ont pas reçu pleinement ».

Extrait du communiqué publié par Linh sur son compte Instagram deux jours après les faits : «J’ai senti que ma voix était en train de me lâcher complètement. Rien que d’imaginer l’idée d’arrêter le concert m’a plongée dans une tristesse immense. (…) Je ne suis pas liée au communiqué qui a été fait par la production locale concernant cette interruption. Je suis aussi dans l’incompréhension en l’ayant appris sur les réseaux, comme vous. Il s’agit de clauses contractuelles que je suis moi-même en train de vérifier… ».

 

B5

5.       Proposition 5 : Langues utilisées pour l'information du public

Créer un droit garantissant que :
Les informations pratiques essentielles soient disponibles en français ;
L’anglais puisse compléter mais jamais remplacer nos langues officielles.
Il existe trois langues officielles en Belgique : le néerlandais, le français et l’allemand.

En Fédération WB, la langue administrative est le français mais bon nombre d'institutions et de sites culturels utilisent régulièrement dans leur communication avec le public davantage de langues (les deux autres langues officielles et une ou des langues étrangères) et c'est tant mieux.

En Fédération WB, également dénommée Communauté française, le fait que, de plus en plus souvent, au fil des années, pour les activités culturelles, les renseignements concrets qui détaillent les droits et les devoirs du public ou ceux qui donnent des informations sur l’activité promue (tarification, réservation horaire et/ou achat de tickets, présentation du contenu, etc.) ne sont présentés que dans une langue non officielle, à savoir l’anglais, peut poser des problèmes de compréhension à une partie du public.

Un nouveau point du Code devrait être consacré à ce sujet.

Il ne s’agit donc ici pas du tout d’interdire la diffusion de contenus culturels uniquement dans d’autres langues que nos langues officielles : titre d’une activité, contenu d’une pièce de théâtre ou d’un film, etc.

En revanche, aucune langue étrangère ne peut être utilisée seule dans les communications au public par tout prestataire culturel au sein de la FWB.

Le français doit rester la langue véhiculaire et avoir la primauté dans la présentation (notamment au niveau du graphisme et de la mise en page), en ce compris dans le cadre de la diffusion numérique, avec l'anglais comme langue complémentaire mais pas davantage que le néerlandais et l’allemand.

Ce n'est pas une posture de repli. C’est reconnaître que la FWB est une institution empreinte de francophonie mais dans une diversité plurielle.

 

B6

6.       Proposition 6 : Maintien d'alternatives d’accès : des « et » et pas des « ou »…

Garantir différents modes d'accès :
Paiement numérique et paiement en espèces ;
Courrier postal et courrier électronique ;
Doublage et sous-titrage lorsque pertinent

La Fédération WB favorise la diversité des pratiques culturelles, ce qui lui permet notamment de respecter ainsi les divers publics au service desquels elle agit.

Elle est donc pour les « et » (et pas pour les « ou »). Un nouveau droit du Code devrait célébrer ces « et ».

Pour les films, les doublages ET les sous-titrages se complètent. À ce sujet, notons que dans les journaux télévisés de la RTBF, les déclarations d’interviewés en langues étrangères sont sous-titrées et non doublées (à l’inverse de ce qui se passe dans d’autres pays) et ceci est une obligation précisée dans le contrat de gestion du service public.

La législation fédérale consacre le fait que le public doit avoir la possibilité de payer en espèces (liquide) ET par un moyen de paiement numérique (carte bancaire, application mobile). Ne faut-il pas le rappeler dans le Code ?

Enfin, l’usager culturel doit pouvoir correspondre avec l’organisateur par envoi postal ET par courriel.

 

B7

7.       Proposition 7 : Intelligence artificielle

Créer un droit spécifique imposant :
La transparence sur l'usage de l'IA dans la création ou la promotion d'une œuvre
L’information du public ;
La définition de compensations en cas d'usage trompeur.

Pour tenter de définir les droits des usagers culturels par rapport à l’IA, je n’entrerai pas dans le débat de l’utilité ou non de cette technique.

Dans tout mon travail de recherche, j’évite de donner mon avis sur les contenus car l’appréciation de ceux-ci me semble subjective, ce qui est incompatible lorsqu’on bosse sur l’élaboration de droits de type économiques pour l’ensemble du public. Je pense que toute technique nouvelle, ou ancienne d’ailleurs, peut mener à des concrétisations positives ou négatives.

Bien sûr, j’ai mes sensibilités et mes goûts personnels, mais ils relèvent uniquement de ma vie privée.

De plus, je constate qu’il n’existe pas, hélas, d’association d’usagers culturels d’ampleur. L’une des multiples causes est justement le fait que le débat sur la culture de la part du public est principalement axé sur le contenu : j’aime ou j’ai horreur de telle œuvre, de tel artiste, de telle discipline artistique. Ce qui laisse bien peu de place et d’énergie pour aborder les droits du public culturel.

C’est pourquoi je suis bien d’accord avec le contenu suivant ajouté par l’AGC, au cours de la législature précédente, dans le mode d’emploi du Code : « Aucune plainte relative à une question ressortant d’une œuvre, de la liberté artistique ne sera traitée ».

Il me semble essentiel qu’un nouveau point du Code définisse des règles précises que la Fédération WB et l’AGC décident de formuler dès maintenant pour protéger le public à l’avenir par rapport d’éventuels excès de l’IA qui pourraient frapper celui-ci.

Bien entendu, il faut affirmer dans ce point que les organisateurs culturels qui sont aidés par la Fédération WB doivent indiquer au public dans leur présentation détaillée du contenu du service ou du produit qu’ils proposent la ou les façons précises dont il a été fait appel à l’IA pour élaborer l’œuvre proposée ainsi que comment l’IA a éventuellement été utilisée ensuite par l’organisateur pour la présenter publiquement.

Mais il y en a un plus rarement abordé. En cas de non-application de ce qui vient d’être mentionné, le point de Code doit prévoir en plus quelle compensation sera accordée aux usagers d’une utilisation de l’IA.

Voici deux exemples (A et B) récents (datant de 2026) concernant des problématiques posées notamment au public culturel par certains usages de l’IA.

A.      Pour faire ses choix culturels, une partie du public s’informe en lisant les «critiques» parues dans les médias. Alex Preston commente dans The New York Times en janvier 2026 sa lecture de « Watching Over Her » (« Veiller sur elle »), un roman de Jean-Baptiste Andrea. Ayant utilisé l’IA, sa critique a repris des phrases et des paragraphes entiers d’un travail journalistique analogue de Christobel Kent publié dans The Guardian.

Le copiage étant découvert par un lecteur du journal, Preston indique au Guardian être profondément embarrassé et avoir commis une grave erreur. Une note de la rédaction du New York Times précède désormais la critique en ligne. Elle explique le problème et fournit un lien vers la critique partiellement « volée » du Guardian.

À mon avis, ce qui est le plus grave, ce n’est pas tellement que des extraits d’un autre article aient été repris. L’IA n’a pas indiqué à Preston que ces extraits étaient de la plume d’un confrère et donc il lui était bien difficile de le deviner. Les lecteurs sont sans doute trompés pour une tout autre raison. Le travail pour écrire une critique culturelle ne consiste pas à interroger l’IA, comme ce n’est pas non plus de faire une revue de presse des chroniques d’autres journalistes, d’en extraire la crème de la crème, et de reprendre cette mixture à son nom.

Beaucoup de lecteurs s’attachent à la plume d’un critique en suivant régulièrement son travail. Ils connaissent son univers. Ils attendent son avis personnel à la suite de sa lecture d’un nouveau livre, d’une exposition, d’un concert. C’est donc sa création personnelle qui est attendue, sa réflexion gorgée de tout son passé professionnel.

En fait, il ne faut jamais qu’une rédaction ne prévienne le lecteur qu’on a eu recours à l’IA pour ce type d’article. Ce recours ne devrait tout simplement pas exister car le ou la critique culturel(le) n’est pas, dans cette fonction, un(e) journaliste comme un(e) autre.


B.      Dans Le Monde du 28 juin 2026, l’écrivain Julien Blanc-Gras révèle dans une tribune qu’il a découvert sur la toile un livre signé de son nom mais écrit par l’IA.

Celui-ci est en fait commercialisé en 134 pages (en version brochée uniquement) depuis le 20 mars 2026 sur Amazon pour 17€05 sous l’intitulé « Guide complet d’aventures : le manuel de survie du voyageur moderne ».

La note publiée sur le site présente l’authentique Julien comme un « auteur baroudeur ». Chaque page comporte la mention « matériel protégé par le droit d’auteur ». On n’est plus ici dans le cas d’un ouvrage attribué à un nom fictif : « Je ne suis pas fictif. C’est bien mon nom, sur la couverture. Une étape est franchie, celle de l’usurpation d’identité d’un écrivain ».

Cet auteur d’autres vrais livres a feuilleté « son » faux bouquin. Il en trouve la qualité d’impression « douteuse », son contenu « d’une insondable nullité » et sa couverture « hideuse ».

L’ouvrage est publié indépendamment. « Le numéro ISBN - l’immatriculation du livre - , sans surprise, s’avère bidon ».

Julien Blanc-Gras nous questionne : « La notion d’auteur et le droit qui va avec sont-ils en train de se dissoudre dans l’intelligence artificielle ? ».

L’ouvrage litigieux a été retiré de la plateforme Amazone mais continue d’être en vente sur de nombreux autres sites.

Nina Lacour qui relaie cette mésaventure dans le Libération du 29 juin 2026 explique que, à la suite de ce retrait, il est « impossible de savoir si le livre avait du succès auprès des clients, ni même de consulter d’éventuels commentaires écrits par des (vrais) lecteurs ».

Malgré ses nombreuses investigations, le trompé, l’abusé décrit se retrouver seul et aucun parcours juridique fastidieux, même au coût probablement colossal, ne lui permettrait de trouver justice, pour lui-même et pour l’ensemble de notre société.

Dans ce témoignage relayé dans Le Monde et dans l’article de Libération, il n’y a aucun mot, aucune phrase sur un éventuel remboursement des acheteurs de cette escroquerie, ces autres victimes qu’on oublie bien souvent…

 

B8

8.       Proposition 8 : Non-discrimination tarifaire des étrangers

Interdire les pratiques consistant à faire payer davantage certaines catégories de visiteurs en fonction de leur origine géographique.

La France, notre voisine, a innové assez récemment en décidant de faire payer plus cher leurs tickets pour le Louvre aux extra-Européens.

Les premiers résultats de la concrétisation de cette nouveauté sont loin d’être totalement satisfaisants. D’autre part, cette augmentation pour une partie précise des visiteurs pose divers problèmes éthiques.

Aussi je propose qu’un nouveau point du Code interdise l’application de cette mesure aux activités aidées par la Fédération WB.

De quoi s’agit-il ?

Le 28 janvier 2025, le Président Macron annonce la création dès le 14 janvier 2026 d’une tarification plus élevée destinée aux visiteurs non Européens pour différentes grandes institutions culturelles en commençant par Le Louvre.

Dans Le Monde du 29 mai 2025, Roxana Azimi consacre un article à l’effet « boule de neige » de ce tarif spécial. Cette nouvelle pratique pour la France pourra également être expérimentée au château de Versailles, dans un monument du Centre des monuments nationaux (l’Arc de Triomphe ou la Conciergerie), au château de Chambord et à l’Opéra Garnier. La mesure devrait s’étendre à d’autres sites dès 2027.

Cette journaliste publie également le témoignage d’Alexis Fritche, secrétaire général de la CFDT-Culture : « Une telle logique, fondée sur l’origine géographique, est discriminatoire et n’a pas sa place dans un service public culturel. Elle rompt avec les principes d’universalité, d’égalité et d’ouverture qui fondent nos institutions ».

La mesure entre effectivement en application au Louvre à la mi-janvier 2025. Ses premiers résultats ? Pas vraiment de quoi pavoiser pour ses partisans.

En effet, au Sénat en France, lors de la séance du 1er juillet 2026 consacrée aux comptes-rendus de la commission des finances, pendant sa communication sur la politique de tarification des opérateurs culturels, Vincent Éblé, le rapporteur spécial de ce dossier, s’est montré circonspect sur les premiers résultats de cette tarification complémentaire pour les extra-Européens: « Cette mesure devait rapporter 20 millions d'euros, mais il apparaît, d'après de premiers retours, qu'elle pourrait rapporter moins. Nous préconisons donc de procéder à une évaluation de ses effets avant son extension à d'autres établissements. (De plus), cette mesure est techniquement compliquée à mettre en œuvre en raison de règles européennes : ce sont les ressortissants non pas de l'Union européenne, mais de l’EEE (c’est-à-dire l’Espace économique européen) qui sont éligibles, et ce, quel que soit leur statut de nationaux ou de résidents. Par exemple, un Chilien qui réside aux Pays-Bas bénéficie de la tarification basse parce qu'il est résident dans ce pays. Et cela requiert un minimum de contrôle. Or il est très compliqué d'imaginer celui-ci de façon systématique à chaque achat de billets, quand bien même il s'agirait de billets collectifs achetés par des tour-opérateurs - de fait, pour les grands monuments une grande partie des ventes ne relève plus de la billetterie individuelle ».

Dans l’annexe suivante, je détaille bien davantage ce sujet. Et faire payer plus cher certains étrangers sous prétexte qu’il sont des touristes a des antécédents. Déjà en 1926, à Paris… Quant au Parlement de la Fédération Wallonie Bruxelles, il a déjà rejeté une proposition assez proche.

Revient périodiquement l’argument selon lequel les gratuités culturelles sont utilisées de façon excessive par les touristes.

Par exemple, pour conquérir la mairie de Paris en 2017, dans sa campagne qui a échoué face à Anne Hidalgo (PS), l’entourage de la candidate Nathalie Kosciusko-Morizet (à l’époque UMP) regrette, à propos des premiers dimanches du mois gratuits au Louvre, « la ruée des cars de touristes ».

En Fédération Wallonie Bruxelles, on constate une tentative analogue. Dans le projet de décret « musées » qui est débattu en commission parlementaire le 25 mars 2019, un amendement propose de limiter la gratuité du premier dimanche aux personnes résidentes ou domiciliées sur le territoire belge. Il n’a pas survécu au débat.

Ceux qui regrettent ces entrées gratuites accordées aux visiteurs étrangers semblent oublier que les habitants de leur propre pays sont bien contents d’être eux-mêmes les touristes utilisateurs de gratuités analogues aux cours de leurs voyages. Le principe de « réciprocité » leur semble bien étranger…

Là où il peut y avoir un certain abus, et pas que de la part de touristes étrangers, c’est lors de l’envahissement des journées de gratuité par des voyages organisés à but commercial en recherche d’activités qui ne coûtent rien… Une façon de réguler pareille situation peut consister à organiser la réservation individualisée préalable, avec une seule place à la fois (par tranche horaire).

En fait, beaucoup semblent oublier l’existence de l’article 49 du Traité de Rome et les usagers culturels feraient bien de le rappeler à leurs autorités politiques.

En bref, les collectivités territoriales doivent faire bénéficier des mêmes avantages tarifaires les résidents et les autres usagers, pour l’accès aux musées, monuments, galeries, fouilles archéologiques, parcs et jardins classés monuments publics.

Dans un arrêt C-388/01 du 16 janvier 2003, la Cour de justice des communautés européennes établie à Luxembourg (CJCE) a interprété cet article du traité en affirmant « qu’il prohibe non seulement les discriminations ostensibles, fondées sur la nationalité, mais encore toute forme dissimulée de discrimination qui, par application d’autres critères de distinction, aboutissent en fait au même résultat ».

Cet arrêt a condamné l’Italie à propos de gratuités pour les personnes âgées de plus de 60 ans. Le Palais des Doges à Venise ne l’accordait qu’aux personnes de nationalité italienne. L’avantage était soumis à une obligation encore plus restrictive pour les musées de Trévise, de Padoue et de Florence. Les bénéficiaires devaient habiter plus précisément dans ces communes.

La justification indiquée par l’Italie n’a pas tenu la route : à savoir, le fait que ces gratuités pour les seniors constituaient la contrepartie du paiement des impôts par lesquels ces habitants participent à la gestion des sites concernés.

Concernant ce dossier, Jonathan Todd (le porte-parole de Frits Bolkestein (commissaire européen chargé du Marché Intérieur) a été interviewé par Julie Majerczak pour le Libération du 20 janvier 2003. Il considère que c’est la première fois que la cour est aussi claire sur les discriminations au niveau local et il pense que la portée de cet arrêt pourrait être étendue : «À ses yeux, cette jurisprudence ne se limiterait pas aux structures publiques, les règles du traité s’appliquant aussi aux entreprises privées ». Il cite comme exemple les loueurs de voitures : « Il paraît que certains pratiquent des prix différents selon la nationalité du client ».

Il faut aussi se rendre compte qu’utiliser le terme de « touristes » peut éviter de parler d’ «étrangers ».

C’est comme si les Français ne faisaient pas du tourisme en France. Et idem, pour les Belges chez eux. Or, ces touristes-là ne devront pas payer de supplément, ce qui est bien la preuve qu’un mot en cache un autre.

Ce « Que les touristes étrangers paient donc plus cher !» est repris, le 28 janvier 2025, par le Président Macron non pas pour des gratuités mais pour le prix du ticket du Louvre, à prévoir dès le 14 janvier 2026.

À la suite de cette déclaration, nombre de titres d’articles de la presse écrite (ou même Julian Bugier lançant un sujet dans son JT de 13H sur France2) mettent en exergue le fait qu’une tarification plus élevée sera d’application pour les touristes « étrangers ». Faut-il être le plus sensationnel possible avec pareils titres approximatifs ?

Ce n’est qu’en lisant attentivement le contenu détaillé des articles eux-mêmes ou en suivant toute la séquence télévisée que le public européen poussera un ouf de soulagement en découvrant que cette mesure ne vise en fait que les « étrangers non européens ».

Dans Le Monde du 29 mai 2025, Roxana Azimi consacre un article à un effet « boule de neige» de la mise en place, dès janvier 2026, de ce tarif spécial pour les visiteurs extra-européens au Louvre. Cette nouvelle pratique pour la France pourra également être expérimentée au château de Versailles, dans un monument du Centre des monuments nationaux (l’Arc de triomphe ou la Conciergerie), au château de Chambord et à l’Opéra Garnier. De plus, cette mesure devrait s’étendre à d’autres sites dès 2027.

La journaliste publie le témoignage d’Alexis Fritche, secrétaire général de la CFDT-Culture: «Une telle logique, fondée sur l’origine géographique, est discriminatoire et n’a pas sa place dans un service public culturel. Elle rompt avec les principes d’universalité, d’égalité et d’ouverture qui fondent nos institutions ».

Ce n’est plus 22€ mais bien 32€ que doivent payer à partir du 14 janvier 2026 les extra européens pour visiter Le Louvre, soit une augmentation de 45% par rapport à la tarification pratiquée pour les européens. Telle est la décision votée le 27 novembre 2025 par le conseil d’administration du musée.

Virginie Félix commente celle-ci dans le Télérama du 28 novembre 2025 dans un article titré «La fin de l’universalisme dans les musées Français » : « Les syndicats alertent sur cette décision qui bat en brèche le principe d’universalité et peut être perçue comme discriminatoire en établissant un deux poids, deux mesures entre les visiteurs (…) alors que les musées revendiquent quotidiennement leur mission d’accès égal pour tous à la culture. Avec un billet d’entrée au Louvre flirtant avec les 100€ pour une famille avec deux grands enfants, n’est-ce pas une forme d’élitisation qui s’impose encore un peu plus ? Sans parler du paradoxe qu’il y a à faire payer plus cher des visiteurs venus d’Irak, d’Égypte ou de Turquie, pays dont sont issus les plus grands trésors des départements d’antiquité du Louvre… ».

Fin 2025 et début 2026, se déroulent plusieurs journées de grève du personnel du Louvre. Parmi les motifs expliquant ces actions : « contre la hausse des tarifs pour les touristes non Européens, une mesure entrant en vigueur le 14 janvier 2026 ».

Le 3 décembre 2025, la même journaliste de Télérama revient sur ce sujet en titrant son nouvel article « Le Louvre fait les poches aux étrangers » : « Le symbole sonne étrangement au moment où la notion même d’universalisme est chaque jour un peu plus remise en cause et que les musées revendiquent quotidiennement leur mission d’accès égal à tous pour la culture ».

 

B9

9.       Proposition 9 : Tarification dynamique des billets

Ce sujet pourrait être intégré dans le point 5 du Code et ainsi enrichir celui-ci.

Je demande que la Fédération WB et son Code des usagers culturels se positionnent sur deux importantes « pratiques culturelles » apparues récemment (voir également Proposition 10).

Elles sont particulièrement nuisibles au public, notamment à cause de la mise en place d’une politique des prix nouvelle qu’elles instaurent et dont les effets particulièrement onéreux et incontrôlables mènent au développement de l’inaccessibilité de la culture à de plus en plus de citoyens.

Il y a aussi de quoi écorner l’aspect « supplément d’âme » si précieux des activités artistiques, ce qui pourrait remettre en question leur aspect « essentiel » tant revendiqué durant la pandémie du Covid et qu’il faudrait absolument conserver, et même développer, en prévision d’autres crises à venir.

Bien entendu, ce sont des décisions à un niveau européen il faudra obtenir à terme.

Mais la Fédération WB a une responsabilité à jouer dès maintenant au moins par rapport à ces deux sujets concrets par un rôle de lanceur d’alerte puisqu’elle est pionnière depuis vingt ans des droits économiques du public culturel.

Soyons raisonnables ! Ces deux sujets ne peuvent trouver solution qu’après une longue concertation. Je les mets donc ici simplement sur la table.

Ma demande précise : que la Fédération WB et l’AGC prennent l’initiative de décider maintenant et d’acter publiquement qu’une nouvelle adaptation de Code pour ces deux sujets précis sera réalisée … pas dans vingt ans… mais dans un ou deux ans, par exemple.

Lire cette tribune de Testachats parue dans Le Soir du 22 juillet 2026 : https://www.lesoir.be/760842/article/2026-07-22/le-concert-de-bad-bunny-doit-servir-davertissement-la-tarification-dynamique-na

B10

10.   Proposition 10 : Nouveaux types de contenus

Les expositions immersives et leurs effets sur l'accessibilité économique à la culture.

Lire mon constat dans l’annexe suivante :

Il convient aussi d’être attentif aux « pratiques » économiques qui éclosent ici et là, pour les questionner, et éventuellement les remettre en question, voire favoriser leur amplification, leur généralisation.

Dans le domaine du temps libre (médias, culture, loisirs), beaucoup s’emballent bien vite dès qu’une nouvelle façon de faire (ou une modernisation d’une façon de faire) apparaît.

On se souviendra, par exemple, dans le secteur de l’audiovisuel, les réactions parfois violentes suscitées par les premiers pas de la télé réalité : non pas contre un programme en particulier mais contre cette nouvelle technique, ce nouveau genre, de façon globale.

On découvre ce même type d’opposition un peu instinctive avec l’arrivée sur le marché culturel des expositions d’« expérience immersive ».

Le succès parfois très important en termes de fréquentation de ce nouveau type de production peut provenir des campagnes promotionnelles massives (sur les réseaux sociaux, par l’affichage en rue, dans les médias) que peuvent se permettre nombre de ces initiatives.

Il est vrai qu’elles disposent de beaucoup de rentrées financières grâce à plusieurs astuces !

Lorsque l’investissement du matériel de base est amorti (notamment les appareillages pour le son, la lumière et les projections), la production de ces spectacles est limitée car la plupart des thématiques sélectionnées visent des œuvres d’artistes tombées dans le domaine public.

Sur France Info, le journal de 19H du 29 décembre 2024 propose un reportage « Les expos immersives au service de la culture ». Son commentaire explique pourquoi ce type d’expositions a un coût bien souvent moins élevé que celui occasionné par la mise en place d’expositions temporaires dans les musées : « À cause du prix des assurances et du (non) transport des œuvres ».

Enfin, dès le départ, la tarification de base pour ce type d’activité a été bien plus élevée que le prix habituel d’une entrée pour une exposition ou pour une séance de cinéma dans un complexe commercial.

Petit à petit, cet excès est apparu comme normal et devient quasi naturel pour un public qui prend goût et s’adonne à ce type de loisirs. Une jeune génération quasi entièrement dépendante de pareille promotion via la toile n’a pas souvent l’occasion de comparer cette tarification avec les montants des entrées d’autres expositions de musées qu’elle n’a peut-être jamais fréquentées, ces musées qui ne peuvent pas se permettre une telle promo répétitive. Oserais-je écrire qu’il peut s’agir dans certains cas d’une forme subtile de concurrence déloyale entre deux familles, (ou clans ?), d’acteurs culturels ? Du moins, cela peut y ressembler.

Il peut s’agir aussi de projets économiques internationaux.

À propos du projet « Cathédrales d’Images » qui a dû quitter après une trentaine d’années d’activités les carrière de pierre des Baux-de-Provence et qui y fut remplacé par «Culturespaces », Camille Paix explique dans sa chronique estivale « J’ai détesté pour vous » du 1er août 2024 parue dans Libération : « On a donc la réappropriation du projet d’une vie par une multinationale qui l’a ensuite industrialisé à travers le monde pour maximiser ses bénéfices ».

Il est toujours difficile d’affirmer qu’un prix est (très) élevé ou pas.

Après Paris et aux Baux-de-Provence, « Tintin, l’aventure immersive » s’installe dès le début de l’automne 2023 à Bruxelles, dans une salle de 800 mètres carrés de hauts murs où s’activent 36 projecteurs laser, 20 enceintes, etc.

Selon Michaël Degré et Vincent Lorent, dans L’Avenir du 26 septembre 2023 : « Durée de l’expérience ? 35 minutes, qui passent très vite (ce qui est bon signe), mais laissent un petit goût de trop peu (…). On peut, bien sûr, programmer un déplacement à Bruxelles à cette seule fin, mais l’idéal serait sans doute d’y combiner plusieurs activités, par exemple en famille ».

L’entrée coûte 14,90 €.

Est-ce du cinéma ? Est-ce une expo ? À ce moment-là, dans la même ville, l’entrée au Musée Magritte est à 10 €. C’est 12,90 €, le prix d’un ticket pour un film à l’UGC Toison d’Or. Une entrée au musée du Cinéma (Cinematek) revient à 6 €. Et c’est d’ailleurs sans supplément quand un musicien (vivant) y accompagne au piano un film muet.

Et le Musée Hergé à Louvain-la-Neuve ? Son entrée est à 12 €. Faites donc vos commentaires!

Le 26 juillet 2024, un journaliste de télévision de bonne notoriété indique sur son profil privé de Facebook : « Un sorcier prévenu en vaut deux ...L'expo immersive « Harry Potter, vision of Magic » qui s'ouvre aujourd'hui à Tour et Taxis (de Bruxelles) vous fera débourser 26,50 € l'entrée par personne. Pour très peu de véritables interactions, peu de documents, ni sur les tournages, ni sur les livres. Et les prix de l'inévitable « boutique souvenirs » achèveront de vous vider la tête et les poches : 100 € le simple pull, 40 € la gourde... Bref, à vous de voir (ou pas) ».

En fait, pour cette activité, je constate que 26,50 € est le prix minimum pour les + de 13 ans (sauf réductions) mais il ne se pratique que les lundis. Relâche, le mardi. Et les autres jours, c’est (encore) plus onéreux. 32,50 €, chaque week-end (lorsque la population active se déplace plus facilement). Et le reste de la semaine : 29,50 € (mon relevé personnel a été fait le 26 juillet 2024 sur le site).

La force de ces campagnes de marketing risque d’attirer donc de plus en plus de visiteurs et, la crise économique aidant, nombre d’entre eux pourront difficilement se permettre de passer à la caisse deux fois : pour voir des spectacles d’illustration autour de peintres célèbres et pour découvrir, dans d’autres lieux, ces œuvres, et d’autres, en chair et en os.

Est-ce la force du marketing qui l’emportera ? Le droit à découvrir la diversité de la création est-il menacé ? Voilà sans doute une question plus essentielle à poser, et à résoudre, que de s’opposer à une nouvelle technique.

Ceci ne me semble en aucun cas être un combat passéiste. Bien entendu, les évolutions technologiques peuvent aussi apporter le meilleur aux usagers. Mais à quel prix ?

Le pire des scénarios ? Une non-coexistence à moyen ou long terme entre les expositions immersives et les musées (leur fond permanent et/ou leurs expositions temporaires).

Les avocats du diable me rétorqueront qu’à l’avenir, tout va bien se passer car les musées vont introduire, ou introduisent déjà, pour être plus attirants, dans leurs locaux des éléments de ces techniques immersives, voire des expositions immersives complètes. C’est exact, mais je pense que le problème va demeurer pour un grand nombre de musées de petite ou de moyenne taille en Fédération WB.

Et d’autre part, si on soutient les droits économiques d’un public peu aisé économiquement, peut-on accepter cette évolution de prix d’entrée si chers ?

Il m’apparaît que les pouvoirs publics, dans ce dossier, doivent être prospectifs et prendre des mesures pour garantir le droit du public à avoir accès économiquement à la diversité de la création, à la diversité des acteurs qui travaillent ici dans le secteur du patrimoine.

Quelles mesures ? J’ouvre le débat. Puisse-t-il déboucher sur des propositions concrètes, efficaces, applicables.

 

 

 

 


Laquelle des deux sera mieux lue par le public qui découvrira ainsi ses droits?

La très grande affiche envoyée par le Ministère de la Culture aux organisateurs, il y a vingt ans ans? (photo de gauche)?

Ou, bien plus récemment cette toute petite affiche qui propose exactement le même contenu?

Ceci, c’est le résultat du fait que le même Ministère se contente désormais de demander à chaque organisateur d’imprimer lui-même des affiches, et « au moins » sous forme d’A3.

On le voit sur la photo de droite, ce n’est qu’un A4 qui a été imprimé, ce qui rend impossible pour le public la lecture du texte de cette affichette. et, en plus, vive le mal au dos!

Voilà pourquoi le Ministère doit mieux respecter les droits du public en imprimant à nouveau lui-même ces affiches et en les faisant parvenir aux organisateurs. (voir, ci-dessous, le point C1)


 

 

C : Mesures pour rendre le Code réellement opérationnel (soit 6 points)

 

C1

NON RESPECT DU POINT 1 DU CODE

1.       Le point 1 du Code indique que les organisateurs doivent afficher le texte détaillé du Code sur leur site internet ET à l’entrée ainsi qu’à la sortie de TOUS les lieux où ils accueillent le public.

En ce qui concerne l’obligation pour les sites internet, c’est souvent OK, à l’inverse de ce qui se passe pour l’autre partie de l’obligation.

En 2006, l’Administration générale de la culture (AGC) a imprimé et envoyé des lots de très grandes affiches (A1) à chaque organisateur pour qu’il respecte le point 1 du Code des usagers culturels : l’affichage de ce texte qui détaille les 15 points du Code « en évidence à l’entrée et à la sortie de tous les lieux où il accueille les usagers ». À l’époque, cette obligation a été assez bien appliquée.

Le 26 avril 2010, Christine Guillaume, la directrice générale de la culture m’écrit pour m’annoncer « la confection d’une nouvelle affiche plus attractive ». Il y a donc une volonté que le ministère de la culture pérennise un nouvel envoi. Finalement, il n’en sera rien et ce sera le silence complet jusqu’à aujourd’hui auprès du public sur la ou les raison(s) de cette évolution.

En 2024 ou 2025, l’AGC est obligée de confectionner une nouvelle affiche car l’adresse où le public peut lui déposer plainte a changé. Elle envoie un simple courriel aux organisateurs pour présenter ce changement, sans dire explicitement qu’elle n’imprimera plus elle-même ces affiches, ni qu’elle effectuera les envois. Bien peu d’organisateurs impriment eux-mêmes la nouvelle affiche, et la quasi-totalité des affiches de 2006 ont disparu.

Quelques organisateurs sont obligés de respecter le point 1 du Code car la Ligue des Usagers Culturels les a choisis pour leur notoriété et leur répartition géographique pour leur adresser à titre symbolique des plaintes : le Théâtre National, les musées de la ville de Liège, le cinéma Le Palace, etc. C’est bien sûr extrêmement peu d’intervenants sur les près de 4.000 organismes aidés qui doivent appliquer le Code. L’un d’entre eux semble être de mauvaise volonté et recevra donc une seconde plainte car il utilise un tout petit A4 et place celui-ci tout en bas d’une porte d’entrée, ce qui rend impossible la lecture des 15 droits à tout usager normalement constitué… L’AGC ajoute alors dans le texte du Code une parenthèse : «(conseil: format A3 minimum) ». Si l’AGC aurait envoyé de très grandes affiches (efficaces), pareils problèmes ne se seraient jamais posés. Il s’agit de respecter aussi l’esprit d’une règlementation.

Actuellement, l’organisateur ainsi dénoncé (qui fait par ailleurs un travail remarquable) n’est, pour l’affiche, toujours pas passé de l’A4 (peu lisible) à l’A3 (plus lisible, mais pas encore assez grand). Certains organisateurs ne disposent pas du matériel pour imprimer eux-mêmes des A3, ou des A2, raison de plus pour que l’AGC coordonne les impressions.

Par ailleurs, la Ligue des Usagers Culturels a appris que les inspecteurs du ministère de la culture ne devaient pas contrôler la non-application de ce point 1 du Code.

La conséquence de ces faits est qu’au moment de la dernière campagne électorale quasi plus personne ne connaissait le contenu du Code des usagers culturels et ne cherchait à le voir appliqué, et en premier lieu le public.

En plus, l’AGC, depuis la naissance du Code, n’a plus jamais fait sa promotion et n’a même pas célébré son dixième anniversaire.

Enfin, sous la précédente législature, La Ligue des Usagers Culturels a pu prouver qu’une plainte arrivée à l’AGC en recommandé n’avait fait l’objet ni d’un accusé de réception, ni d’un traitement. À la suite de ce constat, la ministre de culture et l’AGC ont décidé de « sauver » ce Code, vu l’intérêt qu’il représentait, et de poursuivre son existence dans de meilleures conditions.

Mais on n’était pas au bout de nos peines.

 

C2

2.       LE PLAIGNANT EST TENU DANS L’IGNORANCE DU RÉSULTAT

En effet, en 2023-2024, la Ligue des Usagers Culturels a pu prouver que plus de la moitié des plaintes reçues par les services de l’AGC (le Guichet Culture) au cours d’une année avaient bien occasionné un accusé réception à chaque usager très rapidement, « le premier jour ouvrable qui suit la réception ». Cependant cela s’est limité à cela. Les plaignants n’ont par la suite jamais su quelle solution avait été apportée à leur questionnement. En fait, comme le nouveau règlement ne disait rien à ce sujet, les services de l’AGC ont considéré comme normal que les usagers concernés ne soient pas tenus au courant de comment avait été traitée leur plainte et si on leur avait donné raison ou tort, et pourquoi. Pas de quoi donner envie au public ainsi méprisé d’adresser d’autres plaintes !

L’AGC a reconnu l’existence de cette faille, a réparé les pots cassés mais elle n’a pas encore fait évoluer sur ce point précis le texte de la règlementation.

 

 

 

C3

3.       LES PARTIS POLITIQUES SONT OK

Lors de la dernière campagne électorale, la Ligue des Usagers Culturels a questionné chaque parti politique démocratique pour lui demander s’il comptait redonner vie au Code, de revoir sa médiatisation, de mettre fin au mauvais traitement de certaines plaintes et surtout d’organiser médiatiquement (enfin!) son 20 ème anniversaire, notamment en actualisant et améliorant son contenu après tant d’années de statu quo. Tous les partis se sont engagés en ce sens.

 

C4

4.       POURQUOI, TOUT CECI ?

Rendre vivant ce Code des usagers n’est pas une fin en soi.

Ce n’est qu’un moyen pour qu’existent à terme une association d’usagers culturels d’ampleur, un lieu de conservation de la documentation des combats menés en ce sens depuis un demi-siècle, un développement du nombre d’experts spécialisés dans cette thématique, la mise en place d’une aide juridique personnalisée pour les personnes qui se considèrent comme victimes de certaines pratiques culturelles commerciales. En fait, dans ce secteur où n’existent actuellement quasi rien, qu’on bâtisse petit à petit toute la structuration qui a été mise en place pour le soutien aux créateurs et aux organisateurs. Ni plus, ni moins.

Ce qui est capital, c’est la diffusion de façon anonyme et pédagogique, tant auprès du public culturel que des professionnels, des enseignements des résultats des traitements des plaintes déposées auprès des organisateurs (les plus nombreuses) et de l’AGC (plus rares). Ce travail permettrait probablement de rendre plus actif, plus participatif, une partie des usagers, et de développer un respect plus concret du public par le monde culturel.

Et donc, il faudrait construire l’évolution du Code en tenant compte de tout ceci, dès maintenant, et durant plusieurs législatures.

 

C5

5.       MERCI

Il ne s’agit pas ici de critiquer ou d’encenser les travaux des cabinets des ministres et de l’AGC au cours de ce dernier quart de siècle, à propos du sujet qui nous concerne ici.

Il y a eu des efforts, des ignorances, des freins, des erreurs, des fautes et des avancées remarquables, au fil des années.

En 2005, l’administrateur général de la culture Henry Ingberg déclarait : « Le rapport à l’usager culturel est un véritable enjeu. Jusqu’à présent, l’autorité publique n’a pas pris en compte cette problématique de manière systématique et organisée. Il y a là distorsion par rapport à une amplification des pratiques de loisirs par la collectivité ».

En 2005 et 2006, tant le cabinet de la ministre Fadila Laanan que l’AGC ont travaillé dur pour préciser le fonctionnement du futur Code et mener à bon port le choix des textes qui précisent les 15 droits qu’il contient.

Le 30 août 2022, l’AGC avec le cabinet de la Ministre de la Culture Bénédicte Linard ont reconnu l’utilité du Code après ses seize ans d’existence et ont mis en place des évolutions structurelles pour qu’il poursuive son existence.


Propositions de solutions

Faire financer et coordonner par l'Administration générale de la Culture (AGC) la conception, l'impression et l'envoi d'affiches actualisées tous les deux ans.

Utiliser le verso des affiches pour présenter des cas concrets de plaintes résolues.

Renforcer les contrôles du respect de l'obligation d'affichage.

Collecter les plaintes résolues directement par les organisateurs.

Diffuser anonymement les cas et les solutions trouvées.

Utiliser ces retours pour améliorer les pratiques du secteur.

Garantir une réponse motivée au plaignant dans un délai défini.

Informer le plaignant du résultat de l'instruction.

Publier des analyses anonymisées des plaintes et de leurs solutions

 

C6

6.       DU CONCRET, EST-CE POSSIBLE ?

Enfin, il faudrait pouvoir associer un média grand public et spécialisé en culture à la suite de la vie du Code des usagers culturel, et de ses effets.

Côté presse écrite (pour ne prendre ici que cet exemple de média), pourquoi pas donner naissance à une rubrique mensuelle pour une page d’un « agenda » du mercredi ( le MAD du Soir, Le Arts Libres de La Libre ) ?

Il y a bien très régulièrement dans le MAD la rubrique « Droit de l’Art : Conseil d’un expert ».

Mais n’est-ce pas utopique de tenter d’associer un ou des hebdomadaires populaires à cette démarche informative ?

C’est peut-être possible puisque, lorsque j’ai lancé en Fédération WB le mouvement de la gratuité « pour tous » du premier dimanche du mois dans les musées, la rédaction de Télémoustique, journal télé-culture familial « grand public », m’a contacté (et ce ne fut pas l’inverse, ce qui rend leur démarche encore plus notable, à croire que la rédaction de cet hebdo percevait mieux que certains musées à l’époque quelles étaient les attentes du vaste public). Leur demande : que je lui fournisse, chaque mois, des informations à partir desquelles elle pourrait réaliser un encadré, avec une illustration, dans son supplément culturel « Mosquito », mettant en évidence un musée, afin de rappeler fréquemment à ses lecteurs la fameuse gratuité.

En octobre 2009, cette « rubrique » mensuelle démarre et durera plusieurs années.

Avec quelle efficacité ? Le « rédactionnel » concernant le château de Seneffe, publié le 28 avril 2010, aurait, selon les responsables du musée, Marie-France Blondiau et Philippe Fontaine, attiré un quart de la centaine de visiteurs comptabilisés durant cette journée de gratuité.

Pourquoi pas, dans le cas présent, recontacter cet hebdo ? Son rédacteur en chef est toujours le même en 2026.

 

Roland de Bodt est le chercheur qui a longuement analysé les 15 droits du Code des usagers culturels. Les résultats de son enquête titrée « Droits culturels: Libertés culturelles & droits des usagers » sont parus dans la revue « Repères » publiée en 2019 par l’ »Observatoire des politiques culturelles ».