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jeudi 28 novembre 2024

Deux femmes et notre musée de l’Armée

la Ministre de la Défense Ludivine Dedonder
 

En janvier 2016, le Musée Royal de l’Armée de Bruxelles (MRA) abandonne sa gratuité quotidienne et fixe son entrée à 5 €.

Une simple feuille de papier est affichée sur la porte d’entrée de cette institution : «Cher visiteur, les paiements au comptoir d’accueil se font uniquement par carte bancaire. Cette mesure a été introduite en 2016 pour des raisons de sécurité. Ne disposant pas de caisses enregistreuses, le personnel d’accueil n’est pas en mesure d’accepter de l’argent liquide».

Huit ans de combat

Les visiteurs sont refoulés s’ils ne peuvent présenter une carte bancaire à l’entrée. Lors d’une de nos visites, le préposé à la caisse nous a confirmé un pourcentage de 15 à 20% des visiteurs à qui cette situation posait problème. Ceux qui soutiennent les droits au respect du public trouvent cette situation intolérable. Mais ceux qui défendent les intérêts de l’institution devraient être du même avis puisque cette aberration économique engendre une diminution de la fréquentation ainsi que des rentrées financières.

En haut lieu, la situation est connue. Une question parlementaire est posée par Gautier Calomne (MR) début 2017 au ministre Didier Reynders (MR), ministre de la Défense. Elle n’a abouti hélas à aucune évolution concrète.

Plutôt Kafka que surréaliste! La bureaucratie atteint un sommet «historique» quand le visiteur découvre, à moins de quinze pas du guichet «argent liquide interdit», dans le vaste hall du MRA, l’entrée du shop... où tout (sauf le ticket d’entrée) peut s’acheter en liquide.

Enfin, on peut parler du désintérêt flagrant pour une information utile des visiteurs de la part du service de communication du MRA. Depuis que le musée a introduit son entrée payante début 2016, il a distribué un peu partout en Belgique son dépliant de présentation plutôt luxueux où sa tarification est clairement détaillée mais où ne figure pas l’indication qu’il est indispensable de se munir d’une carte bancaire pour pouvoir admirer ses galeries d’armes anciennes, ses avions ou monter par ascenseur au sommet des Arcades du Cinquantenaire pour y découvrir l’un des plus beaux panoramas de la capitale. Cette information fallacieuse du public a duré plusieurs années jusqu’à ce qu’un nouveau dépliant tienne enfin compte de notre plainte faite à ce sujet.

Plus d’infos : http://la-luc.blogspot.com/2022/04/le-musee-de-larmee-refuse-votre-monnaie.html


Bientôt, du changement ?

La Ligue des Usagers Culturels a déposé, au fil des années, des plaintes auprès de diverses instances concernées, sans aucun changement jusqu’à présent.

Pour faire part du gel de cette situation, l’asbl a contacté à la mi-octobre 2024 la députée fédérale Sarah Schlitz (ECOLO) qui a décidé d’interroger sur ce thème, au début du mois de novembre 2024, la Ministre de la Défense Ludivine Dedonder (PS) :

 

La députée fédérale Sarah Schlitz

Voici la question parlementaire de la députée fédérale Sarah Schlitz (ECOLO):

« Madame la Ministre, depuis le 1er janvier 2016, l’accès au Musée Royal de l’Armée (MRA) est devenu payant tous les jours, sans que les visiteurs puissent régler leur entrée en liquide à l’accueil. Des acteurs culturels ont multiplié les démarches et déposé plusieurs plaintes auprès du Médiateur Fédéral et du Service de la Protection des Consommateurs pour que ce mode de paiement soit accepté, en vain.

Pourtant, une nouvelle législation, entrée en vigueur le 31 mars 2024, impose désormais aux établissements d’accepter les paiements en liquide. Pourtant, plus de six mois après l’adoption de cette loi, le Musée Royal de l’Armée reste en infraction.

Madame la Ministre, comment le gouvernement s’assure-t-il de l’application de cette loi?

Quelles actions concrètes comptez-vous entreprendre ou avez-vous entrepris pour garantir que cette obligation légale soit respectée au sein des institutions publiques ? Un courrier leur a-t-il été envoyé?

Dans quel délai les visiteurs du Musée Royal de l’Armée pourront-ils enfin payer leur ticket en liquide?

Je vous remercie pour vos réponses ».


Voici la réponse de la Ministre de la Défense Ludivine Dedonder (PS) :

« Madame Schlitz, le MRA a bien pris connaissance tant des plaintes que de la loi du 31 mars 2024 et a immédiatement entamé l’examen d’un processus qui permet de concilier la possibilité de payer en argent liquide avec les problématiques liées à la manipulation et à la conservation dudit argent ainsi qu’à la sécurité du personnel.

Dans un premier temps, pour la fin de l’année, il travaillera avec une caisse. Une autre solution identifiée est l’acquisition d’un monnayeur automatique. Il s’agit d’un investissement important pour lequel des moyens devront être dégagés.

Ceci ne sera possible que dans le courant de l’année 2025. Cette option sera proposée au conseil d’administration qui est compétent pour prendre cette décision ».


Voici la réplique de Sarah Schlitz :

Madame la ministre, je vous remercie pour votre réponse. Je trouve dommage qu’on soit obligé d’en arriver à une question parlementaire pour régler ce genre de choses.

Il y a eu une période d’entrée en vigueur de la loi durant laquelle le musée était en mesure de se mettre en conformité. Ce musée ayant eu l’habitude de recevoir des paiements en cash auparavant, il est assez aberrant que cela prenne aujourd’hui autant de temps pour se mettre en conformité avec une loi qui, par ailleurs, ne devrait même pas exister. Le paiement en liquide devrait en effet rester une possibilité partout. C’est essentiel, en particulier pour les personnes en situation de fracture numérique. Même s’il n’y avait pas d’obligation légale,

vendredi 25 janvier 2019

Résultats des «Prix LUC & FLOP» 2018

Les Prix LUC & FLOP distinguent les meilleures «pratiques» culturelles (parmi 22 propositions) et les plus regrettables (parmi 14 propositions) constatées en Belgique durant l’année 2018.

PREMIER PRIX LUC 2018

Le lauréat est Le «Pass Fêtes» du Poche


Imaginé par le Théâtre de Poche en 2015, le «Pass Fêtes» offre chaque année une idée cadeau à placer sous le sapin. Une formule qui permet au public de jeter des ponts entre plusieurs disciplines. Pour 35 euros: trois places de théâtre + une place de cinéma + une entrée dans un musée + de la lecture. Ses partenaires pour la saison 2018-2019: le Musée MIMA, le cinéma Vendôme et le magazine Médor.

Photo: Olivier Blin, Directeur du Théâtre de Poche, reçoit le 1er Prix LUC des mains de Philippe Schoonbrood, président de la L.U.C.


DEUXIÈME PRIX LUC 2018

Les lauréats sont le Musée d’Ixelles et l’association «Patrimoine à roulettes»

Deux fois par an, le Musée d’Ixelles fait voyager dix toiles de sa réserve pour s’exposer gratuitement chez des habitants d’un même quartier. Ceux-ci «mettent en scène» chez eux l’œuvre qu’ils ont choisie et la présentent à leurs proches le samedi, et à tout le public, le dimanche.

Cette activité est réalisée en collaboration avec «Patrimoine à roulettes» et le personnel du musée apporte un soutien logistique aux dix citoyens qui participent à cette action de démocratisation de la culture.

Photo: Un tableau du Musée d'Ixelles exposé chez une habitante de la commune.

TROISIÈME PRIX LUC 2018

Les lauréats sont de nombreux musées de Liège et de Bruxelles


Élargir à un public jeune de plus en plus vaste la gratuité quotidienne. À Bruxelles, l’accès est désormais gratuit aux moins de 18 ans dans les musées fédéraux: Musée Magritte Museum, Musée Fin de siècle, Musée d’Art et d’Histoire, Musée des Instruments de Musique, etc.

Jusqu’il y a peu, cette réduction quotidienne n’était destinée qu’aux moins de 6 ans (comme c’est, hélas, toujours le cas actuellement pour le Musée des Sciences Naturelles ou au Musée royal de l’Armée).

Les musées à mettre particulièrement sur le podium sont ceux de la ville de Liège qui ont adopté, eux, la gratuité quotidienne non pas uniquement pour les moins de 18 ans, mais bien pour les moins de 26 ans.

Photo: Anne Goffart, Responsable Communication des Musées royaux d'Art et d'Histoire, reçoit le 3e Prix LUC des mains de Philippe Schoonbrood, président de la L.U.C.


PREMIER PRIX FLOP 2018

Plutôt que de stigmatiser des organisateurs précis, le jury a voulu être constructif: parmi les douze propositions pour le Prix FLOP, il a relevé trois tendances qui ne respectent pas le public et surtout il propose des ébauches élémentaires de solution.

Plusieurs exemples montrent qu’en 2018, des institutions muséales n’ont pas informé leurs visiteurs au moment où ils paient leur ticket au guichet de l’absence de certaines œuvres majeures dans leurs salles.
Informer en amont, avant l’achat du ticket, c’est respecter l’étudiant qui fait un travail sur une peinture précise, le touriste qui a vu telle sculpture mentionnée dans son guide et tous les autres visiteurs qui ont droit à connaître le contenu détaillé de l’institution qu’ils souhaitent découvrir.
Bien entendu, des œuvres majeures peuvent être en cours de restauration ou prêtées à d’autres musées à condition qu’une information précise soit proposée à chaque visiteur. Ceci implique non seulement une mention sur le site internet mais aussi un affichage clair à l’accueil (avec les titres des œuvres concernées).

Il faut davantage et mieux informer le public. En 2018, plusieurs quotidiens ont dénoncé le titre d’une exposition et sa communication visuelle qui pouvaient induire en erreur une partie du public. De plus, pour cet événement se déroulant à Bruxelles, le choix de l’anglais seul pour le titre brouillait d’autant plus les pistes pour une partie du public qui ne maîtrise pas cette langue.

Il convient donc que les organisateurs culturels respectent le public dans leur travail d’information et veillent à ne pas laisser la priorité à la préoccupation commerciale. Celle-ci est compréhensible mais il faut éviter qu’elle ne mène à une communication trompeuse.

DEUXIÈME PRIX FLOP 2018

À Bruxelles comme en Wallonie, en 2018, tant dans des festivals de musique que dans des institutions muséales, l’âge à partir duquel on considère qu’un usager devient un senior peut évoluer sans aucune explication rationnelle fournie au public.

Si jusqu’il y a peu, la norme pour recevoir une réduction était d’avoir atteint 60 ans, deux institutions majeures subsidiées situées à moins d’une centaine de pas l’une de l’autre pratiquent désormais des règles différentes. Pour l’une, les seniors, ce sont les + de 65 ans; et pour l’autre, les + de 67 ans.

Un festival qui réserve un avantage financier pour quelques-uns de ses riverains (afin de s’excuser pour des désagréments notamment sonores) a fait évoluer en 2018 l’âge de ceux qui y ont droit: de 65 à 70 ans!

S’il peut se concevoir que l’âge où l’on devient un senior peut changer au fil des années en fonction de l’évolution de l’espérance de vie, ne serait-il pas normal qu’il soit au moins semblable pour toutes les activités culturelles d’un même type, et non tributaire de la bonne ou mauvaise volonté des organisateurs?

Vu que ces différenciations existent désormais, qu’elles soient donc davantage visibles pour le public.
Par exemple, que les organisateurs l’indiquent systématiquement dans leur tarification, et tout particulièrement ceux qui pratiquent encore le «+ de 60 ans», ce que ne font pas actuellement nombre d’entre-eux (bien souvent, ils n’indiquent dans leur tarification que le mot senior).


TROISIÈME PRIX FLOP 2018

En 2018, en Wallonie et à Bruxelles, des expositions accessibles en semaine seulement jusqu’à une heure où il est impossible pour la population active de s’y rendre pratiquent durant les week-ends un tarif plus élevé, généralement de 2 euros.

Elles font ainsi de la discrimination à l’égard de plus de la moitié de la population: les travailleurs et les étudiants qui d’ailleurs ont parfois, voire souvent, bien du mal à boucler leur fin de mois.

Et déjà, pour l’édition de 2019!

Que le public aide la L.U.C. en lui proposant tout au long de l’année des propositions de «pratiques» culturelles belges positives ou négatives. Écrivez à son Observatoire: liguedesusagersculturels@gmail.com

Déjà, parmi les «pratiques» constatées depuis le 1er janvier 2019: l’application du prix unique du livre dans toute la Belgique (pour le Prix LUC 2019); le doublement de la tarification du musée de l’Armée, l’arrêt de la gratuité du premier mercredi du mois à l’Africa museum  à Tervueren et la mise en vente sans mise en garde de versions en néerlandais et en français de «Mein Kampf», l'ouvrage de propagande de Hitler, dans le cadre de l’exposition «Berlin 1912-1932» aux MRBAB à Bruxelles (pour le Prix FLOP 2019).

La composition du jury

Cliquez ici pour découvrir la composition complète du jury.

mardi 8 janvier 2019

Franc succès pour notre « communiqué de presse »

Le communiqué de presse de la L.U.C. intitulé « Musées fédéraux : assainir les finances… et aussi mieux respecter les visiteurs ! » a été résumé et largement diffusé par l’agence de presse BELGA en fin d’après-midi, le vendredi 4 janvier 2019.
 
De nombreux médias l’ont repris: 

- L’Avenir (avec un titre original :
 « Les musées fédéraux manquent de moyens et c’est le public qui trinque»):





- RTL Info :
- 7 sur 7 :

- La Libre :

VOICI LE TEXTE INTÉGRAL DE CE COMMUNIQUÉ DE PRESSE 

Les différents lieux culturels fédéraux sont gérés par des ministres MR : Didier Reynders (BOZAR, Musée de l’Armée) et Sophie Wilmès (chargée de la politique scientifique).
 
La Ligue des Usagers Culturels (L.U.C.) interpelle le gouvernement de Charles Michel, par l’intermédiaire de ces deux excellences, pour que les institutions fédérales soient dotées d’un « Code de respect des usagers culturels », l’équivalent de celui adopté par la Fédération Wallonie-Bruxelles en février 2006.
 
En efffet, Sophie Wilmès ne vient-elle pas de déclarer à la presse être ouverte pour aider les institutions culturelles à trouver des solutions structurelles pour leur bon fonctionnement. 
 
Il est bien entendu impératif de dégager des moyens tant pour les bâtiments que pour le personnel, afin que les missions de service au public soient remplies dans les meilleures conditions possibles, sans oublier les droits des usagers : l’information et l’accueil du public. Sur ce dernier point, de grands efforts restent à accomplir.
 
Interdit de dessiner ou de prendre des notes !
 
Rappelons ici la campagne de presse lancée en France pour dénoncer avec raison une innovation « à la belge » bien peu pédagogique : l’interdiction pour les visiteurs de dessiner ou de prendre des notes sur des feuilles A4 au musée Magritte museum et dans les expositions temporaires des Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique ! 
 
Ou encore l’absence de solution pour que la population active soit à même de découvrir les musées Wiertz et Meunier. En effet, ceux-ci sont fermés tous les week-ends, les jours de congé légaux et ne sont accessibles (du mardi au vendredi) que pendant le temps de midi !
Des modifications d’horaires, sans frais supplémentaires, ont été proposées par plus de 3.000 visiteurs. Le courrier adressé à la ministre NVA qui a précédé Madame Wilmès est d’ailleurs resté sans réponse, malgré plusieurs rappels.
 
 Cinq « irrespects » du public en 2019
 
En relisant les différentes questions parlementaires consacrées à ces thématiques, ainsi que les missives envoyées ces dernières années aux ministres successifs (de l’écolo Zoé Genot au libéral Gautier Calomne), il apparaît qu’une majorité alternative pourrait se dégager en faveur du Code de respect des usagers culturels qui donnerait par la même occasion un courant d’air frais à nos institutions fédérales. 
 
 En ce début 2019, nous constatons qu’au moins cinq points problématiques fort différents plaident pour l’urgence à mener à bien la revendication de la L.U.C.
 
  1. Le 2 janvier 2019, l’Africa museum a abandonné discrètement sa demi-journée de « gratuité pour tous » du premier mercredi du mois, alors qu’elle avait été instaurée pour tous les musées fédéraux. Le musée situé à Tervueren appliquait la mesure depuis plus de vingt ans (depuis le 3 septembre 1997), à la demande du ministre socialiste Yvan Ylieff, pour compenser la suppression, quelques mois plus tôt, de la gratuité quotidienne.
  2. Le 3 janvier 2019, le musée de l’Armée n’a pas ajusté le prix de son entrée en fonction de l’évolution du coût de la vie, mais il a doublé la tarification de son billet plein, et de façon abrupte, sans explication proposée au public.
  3. Depuis janvier 2016, le musée de l’Armée refuse le paiement avec de l’argent liquide. Selon le personnel du musée, le recours obligatoire à la carte bancaire poserait problème à 15 à 20% du public. Pareille pratique dans d’autres secteurs de la vie sociale fut assimilée en 2016 par le Service Public Fédéral comme une pratique commerciale déloyale (par exemple, les distributeurs  de billets de stationnement à Bruxelles exclusivement alimentés par carte bancaire). Précisons aussi que le dépliant de présentation du musée, distribué un peu partout en Belgique, depuis 2016, indique bien la tarification, mais qu’il omet de signaler qu’il faut se munir d’une carte de banque pour avoir accès au musée. Il en va de même pour l’édition 2019 du guide Le Routard.
  4. S’il est regrettable mais sans doute justifié que l’âge auquel la réduction « senior » s’adapte à cause de l’évolution de l’espérance de vie, les excès de zèle en cette matière sont inadmissibles. Alors qu’un certain nombre d’acteurs culturels sont passés de 60 à 65 ans, il est très regrettable que BOZAR ose faire cavalier seul en pratiquant le « + de 67 ans ».
  5. Depuis décembre 2018, au musée Magritte museum, une quinzaine d’œuvres, dont certaines majeures, ont été décrochées. Elles ont été remplacées par des peintures de Max Ernst, Frits Van den Berghe, Victor Servranckx, Giorgio de Chirico, Salvador Dali, Joan Miro, André Masson, Paul Delvaux, Francis Picabla, Armand Simon, etc. C’est plutôt une bonne idée, et il est utile que les œuvres de Magritte puissent voyager ou soient restaurées. Néanmoins, un fait ternit cette heureuse initiative : le musée change ainsi de nature et passe de « musée consacré exclusivement au peintre belge » à celui d’un courant artistique dont Magritte fait partie. Ce changement structurel devrait donc être annoncé aux visiteurs potentiels pour éviter de les tromper sur la marchandise !  Et avant qu’ils ne payent leur ticket, ce qui n’est pas le cas. Un avis en ce sens à placer à l’accueil, à la caisse, nous semble indispensable.
 
Michel Draguet, directeur des MRBAB, souscrit aux 15 points du Code
 
Le manque d’informations que doivent subir ainsi les visiteurs du musée Magritte museum serait impensable si celui-ci était obligé de respecter les 15 points du « Code de respect des usagers culturels » d’application en Fédération Wallonie-Bruxelles.
 
Ainsi, voici son point 2 : «(obligation de) fournir aux usagers avant le paiement du billet d’accès une information la plus complète qui ne comporte pas d’indications ou de représentations susceptibles de les induire en erreur, notamment sur la nature, l’éventuel prix d’accès, la durée et la date de l’activité».
 
Or, Michel Draguet lui-même, responsable des MRBAB, a fait analyser les 15 points du Code de respect des usagers culturels, lorsque celui-ci fut adopté en Fédération Wallonie-Bruxelles. Sa conclusion ne laisse aucun doute : « Mes services ont examiné votre proposition et m’ont fait part de leur avis. Nous sommes en mesure de souscrire aux point 1 à 15 ».
 
 Il ne reste donc plus qu’à concrétiser ce point de vue, ce qui ne pourra que renforcer l’attrait du patrimoine culturel fédéral tant pour les touristes que pour les citoyens qui vivent en Belgique.
 
Le slogan « Les grands musées à Bruxelles sont gratuits tous les jours », qui a sombré en 1997, pourrait alors être remplacé par « À Bruxelles, les musées respectent les droits des usagers culturels » !

Philippe Schoonbrood, 
Président de la L.U.C.

ANNEXE :
Voici les 15 points du « Code de respect des usagers culturels » en vigueur en Fédération Wallonie-Bruxelles :

samedi 5 janvier 2019

Oser doubler le prix du ticket !


« La Libre » a publié le 2 janvier 2019 des extraits d’une carte blanche de Bernard Hennebert, l’un des administrateurs de la L.U.C.

Voici l’intégrale de ce texte que le quotidien a dû réduire quelque peu (et bien) pour des raisons techniques. 

Le titre initial était : « Ce 1er janvier 2019 : un musée fédéral ose assez discrètement doubler le prix de son entrée, et pire… ».

L’entrée du musée de l’Armée, ce 1er janvier 2019, n’est pas ajustée en fonction de l’évolution du coût de la vie mais augmente de 100% : le billet plein passe de 5 à 10 euros, et ce, abruptement, comme un fait du prince (ou du général?), puisque sur le site internet aucune explication, ni excuse ne sont proposées aux futures visiteurs.
Il parait que ce qui différencie les initiatives culturelles des autres activités économiques serait leur supplément d’âme. On en est loin… Comment se positionne par rapport à ce fait notre nouveau Ministre de la Défense Didier Reynders (MR)? 

Un musée qui n’affectionne pas la gratuité pour la jeunesse !

Ceci est d’autant plus inacceptable que, lorsqu’on détaille davantage la tarification 2019 de ce musée situé sur le plateau du Cinquantenaire, on constate, en ce qui concerne le jeune public, que la gratuité quotidienne n’est prévue que pour les enfants de moins de 6 ans alors que les jeunes de moins de 18 ans entrent gratuitement dans la majorité des autres musées fédéraux : musée Magritte, musée d’Art Ancien, musée Fin de Siècle, musée d’Art et d’Histoire, musée des Instruments de Musique, etc. Cette mesure bruxelloise n’a d’ailleurs rien d’extravagant puisqu’elle est bien en de ça de celle qui est pratiquée à Liège où tous les musées de la ville offrent la gratuité quotidienne aux moins de 26 ans.  

Illégal ?

Depuis janvier 2016, Le musée de l’Armée interdit qu’on paie son entrée avec de l’argent liquide. Il faut impérativement recourir à une carte bancaire. Cette situation est totalement inédite dans le secteur des musées. 
Depuis le début 2016, plusieurs doléances à ce sujet ont été adressées auprès du Service de coordination des plaintes du musée. Les réponses furent vagues, en langue de coton jusqu’à ce positionnement beaucoup plus précis, le 2 janvier 2017 (il y a donc près d’un an), du Lieutenant-Général ( e.r. ) Oger Pochet, Directeur a.i. MRA : « J’ai bien reçu votre plainte relative au seul mode de paiement actuellement disponible au musée pour l'achat de tickets d’entrée (…) Il est dans notre intention d'offrir à notre clientèle la possibilité d'un paiement en espèces. Soucieux de la sécurité de notre personnel et de la tenue d'une comptabilité efficace et efficiente, nous envisageons l'acquisition d'un système automatisé (caisse automatique billets/monnaies) via la procédure d'un marché public. Ce mode d'acquisition nécessite de nombreuses démarches administratives et du temps.  Etant soumis par ailleurs à l'avis de l'Inspecteur des Finances, un premier projet de marché en ce sens a été récemment interrompu en 2016, entre autres pour des raisons de prudence budgétaire. Ce projet de marché lui sera représenté dans le courant de ce mois (…) ».
Depuis, rien n’a changé pour les visiteurs qui continuent d’être refoulés s’ils ne peuvent présenter une carte bancaire à l’entrée. Lors d’une de mes visites, le ou la préposé(e) à la caisse m’a confirmé un pourcentage de 15 à 20% des visiteurs à qui cette situation posait problème. Et pourtant, on peut estimer que cette particularité de paiement soit illégale si on la compare à celle des distributeurs de billets de stationnement à Bruxelles exclusivement alimentés par carte de banque. Celle-ci fut assimilée à une pratique commerciale déloyale en 2016 par le SPF Economie. 
En haut lieu, la situation est connue. Une question parlementaire posée par Gautier Calomne (MR) début 2017 au ministre des Armées n’a pas aboutit non plus jusqu’à présent à une évolution concrète. 
Plutôt Kafka que le surréalisme! La bureaucratie atteint un sommet « historique » (on est dans un musée!) quand le visiteur découvre qu’à moins de quinze pas du guichet « argent liquide interdit », débouche, dans le vaste hall du musée, l’entrée du shop où tout peut s’acheter avec des pièces de monnaies ou des billets!

Non information du public

On peut parler de désintérêt total pour les visiteurs, voire de mépris, lorsqu’on constate ce fait supplémentaire : depuis deux ans, le musée de l’Armée distribue sans vergogne un peu partout en Belgique son dépliant de présentation plutôt luxueux où les prix d’entrées sont clairement notés mais où ne figure pas l’indication qu’il est indispensable de se munir d’une carte bancaire pour pouvoir admirer ses armes, ses avions ou monter par ascenseur au sommet des Arcades du Cinquantenaires pour y découvrir l’un des plus beaux panorama de la capitale.  

Bernard Hennebert, 

administrateur à la « Ligue des Usagers Culturels » (L.U.C.),