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mardi 8 janvier 2019

Franc succès pour notre « communiqué de presse »

Le communiqué de presse de la L.U.C. intitulé « Musées fédéraux : assainir les finances… et aussi mieux respecter les visiteurs ! » a été résumé et largement diffusé par l’agence de presse BELGA en fin d’après-midi, le vendredi 4 janvier 2019.
 
De nombreux médias l’ont repris: 

- L’Avenir (avec un titre original :
 « Les musées fédéraux manquent de moyens et c’est le public qui trinque»):





- RTL Info :
- 7 sur 7 :

- La Libre :

VOICI LE TEXTE INTÉGRAL DE CE COMMUNIQUÉ DE PRESSE 

Les différents lieux culturels fédéraux sont gérés par des ministres MR : Didier Reynders (BOZAR, Musée de l’Armée) et Sophie Wilmès (chargée de la politique scientifique).
 
La Ligue des Usagers Culturels (L.U.C.) interpelle le gouvernement de Charles Michel, par l’intermédiaire de ces deux excellences, pour que les institutions fédérales soient dotées d’un « Code de respect des usagers culturels », l’équivalent de celui adopté par la Fédération Wallonie-Bruxelles en février 2006.
 
En efffet, Sophie Wilmès ne vient-elle pas de déclarer à la presse être ouverte pour aider les institutions culturelles à trouver des solutions structurelles pour leur bon fonctionnement. 
 
Il est bien entendu impératif de dégager des moyens tant pour les bâtiments que pour le personnel, afin que les missions de service au public soient remplies dans les meilleures conditions possibles, sans oublier les droits des usagers : l’information et l’accueil du public. Sur ce dernier point, de grands efforts restent à accomplir.
 
Interdit de dessiner ou de prendre des notes !
 
Rappelons ici la campagne de presse lancée en France pour dénoncer avec raison une innovation « à la belge » bien peu pédagogique : l’interdiction pour les visiteurs de dessiner ou de prendre des notes sur des feuilles A4 au musée Magritte museum et dans les expositions temporaires des Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique ! 
 
Ou encore l’absence de solution pour que la population active soit à même de découvrir les musées Wiertz et Meunier. En effet, ceux-ci sont fermés tous les week-ends, les jours de congé légaux et ne sont accessibles (du mardi au vendredi) que pendant le temps de midi !
Des modifications d’horaires, sans frais supplémentaires, ont été proposées par plus de 3.000 visiteurs. Le courrier adressé à la ministre NVA qui a précédé Madame Wilmès est d’ailleurs resté sans réponse, malgré plusieurs rappels.
 
 Cinq « irrespects » du public en 2019
 
En relisant les différentes questions parlementaires consacrées à ces thématiques, ainsi que les missives envoyées ces dernières années aux ministres successifs (de l’écolo Zoé Genot au libéral Gautier Calomne), il apparaît qu’une majorité alternative pourrait se dégager en faveur du Code de respect des usagers culturels qui donnerait par la même occasion un courant d’air frais à nos institutions fédérales. 
 
 En ce début 2019, nous constatons qu’au moins cinq points problématiques fort différents plaident pour l’urgence à mener à bien la revendication de la L.U.C.
 
  1. Le 2 janvier 2019, l’Africa museum a abandonné discrètement sa demi-journée de « gratuité pour tous » du premier mercredi du mois, alors qu’elle avait été instaurée pour tous les musées fédéraux. Le musée situé à Tervueren appliquait la mesure depuis plus de vingt ans (depuis le 3 septembre 1997), à la demande du ministre socialiste Yvan Ylieff, pour compenser la suppression, quelques mois plus tôt, de la gratuité quotidienne.
  2. Le 3 janvier 2019, le musée de l’Armée n’a pas ajusté le prix de son entrée en fonction de l’évolution du coût de la vie, mais il a doublé la tarification de son billet plein, et de façon abrupte, sans explication proposée au public.
  3. Depuis janvier 2016, le musée de l’Armée refuse le paiement avec de l’argent liquide. Selon le personnel du musée, le recours obligatoire à la carte bancaire poserait problème à 15 à 20% du public. Pareille pratique dans d’autres secteurs de la vie sociale fut assimilée en 2016 par le Service Public Fédéral comme une pratique commerciale déloyale (par exemple, les distributeurs  de billets de stationnement à Bruxelles exclusivement alimentés par carte bancaire). Précisons aussi que le dépliant de présentation du musée, distribué un peu partout en Belgique, depuis 2016, indique bien la tarification, mais qu’il omet de signaler qu’il faut se munir d’une carte de banque pour avoir accès au musée. Il en va de même pour l’édition 2019 du guide Le Routard.
  4. S’il est regrettable mais sans doute justifié que l’âge auquel la réduction « senior » s’adapte à cause de l’évolution de l’espérance de vie, les excès de zèle en cette matière sont inadmissibles. Alors qu’un certain nombre d’acteurs culturels sont passés de 60 à 65 ans, il est très regrettable que BOZAR ose faire cavalier seul en pratiquant le « + de 67 ans ».
  5. Depuis décembre 2018, au musée Magritte museum, une quinzaine d’œuvres, dont certaines majeures, ont été décrochées. Elles ont été remplacées par des peintures de Max Ernst, Frits Van den Berghe, Victor Servranckx, Giorgio de Chirico, Salvador Dali, Joan Miro, André Masson, Paul Delvaux, Francis Picabla, Armand Simon, etc. C’est plutôt une bonne idée, et il est utile que les œuvres de Magritte puissent voyager ou soient restaurées. Néanmoins, un fait ternit cette heureuse initiative : le musée change ainsi de nature et passe de « musée consacré exclusivement au peintre belge » à celui d’un courant artistique dont Magritte fait partie. Ce changement structurel devrait donc être annoncé aux visiteurs potentiels pour éviter de les tromper sur la marchandise !  Et avant qu’ils ne payent leur ticket, ce qui n’est pas le cas. Un avis en ce sens à placer à l’accueil, à la caisse, nous semble indispensable.
 
Michel Draguet, directeur des MRBAB, souscrit aux 15 points du Code
 
Le manque d’informations que doivent subir ainsi les visiteurs du musée Magritte museum serait impensable si celui-ci était obligé de respecter les 15 points du « Code de respect des usagers culturels » d’application en Fédération Wallonie-Bruxelles.
 
Ainsi, voici son point 2 : «(obligation de) fournir aux usagers avant le paiement du billet d’accès une information la plus complète qui ne comporte pas d’indications ou de représentations susceptibles de les induire en erreur, notamment sur la nature, l’éventuel prix d’accès, la durée et la date de l’activité».
 
Or, Michel Draguet lui-même, responsable des MRBAB, a fait analyser les 15 points du Code de respect des usagers culturels, lorsque celui-ci fut adopté en Fédération Wallonie-Bruxelles. Sa conclusion ne laisse aucun doute : « Mes services ont examiné votre proposition et m’ont fait part de leur avis. Nous sommes en mesure de souscrire aux point 1 à 15 ».
 
 Il ne reste donc plus qu’à concrétiser ce point de vue, ce qui ne pourra que renforcer l’attrait du patrimoine culturel fédéral tant pour les touristes que pour les citoyens qui vivent en Belgique.
 
Le slogan « Les grands musées à Bruxelles sont gratuits tous les jours », qui a sombré en 1997, pourrait alors être remplacé par « À Bruxelles, les musées respectent les droits des usagers culturels » !

Philippe Schoonbrood, 
Président de la L.U.C.

ANNEXE :
Voici les 15 points du « Code de respect des usagers culturels » en vigueur en Fédération Wallonie-Bruxelles :

samedi 5 janvier 2019

Oser doubler le prix du ticket !


« La Libre » a publié le 2 janvier 2019 des extraits d’une carte blanche de Bernard Hennebert, l’un des administrateurs de la L.U.C.

Voici l’intégrale de ce texte que le quotidien a dû réduire quelque peu (et bien) pour des raisons techniques. 

Le titre initial était : « Ce 1er janvier 2019 : un musée fédéral ose assez discrètement doubler le prix de son entrée, et pire… ».

L’entrée du musée de l’Armée, ce 1er janvier 2019, n’est pas ajustée en fonction de l’évolution du coût de la vie mais augmente de 100% : le billet plein passe de 5 à 10 euros, et ce, abruptement, comme un fait du prince (ou du général?), puisque sur le site internet aucune explication, ni excuse ne sont proposées aux futures visiteurs.
Il parait que ce qui différencie les initiatives culturelles des autres activités économiques serait leur supplément d’âme. On en est loin… Comment se positionne par rapport à ce fait notre nouveau Ministre de la Défense Didier Reynders (MR)? 

Un musée qui n’affectionne pas la gratuité pour la jeunesse !

Ceci est d’autant plus inacceptable que, lorsqu’on détaille davantage la tarification 2019 de ce musée situé sur le plateau du Cinquantenaire, on constate, en ce qui concerne le jeune public, que la gratuité quotidienne n’est prévue que pour les enfants de moins de 6 ans alors que les jeunes de moins de 18 ans entrent gratuitement dans la majorité des autres musées fédéraux : musée Magritte, musée d’Art Ancien, musée Fin de Siècle, musée d’Art et d’Histoire, musée des Instruments de Musique, etc. Cette mesure bruxelloise n’a d’ailleurs rien d’extravagant puisqu’elle est bien en de ça de celle qui est pratiquée à Liège où tous les musées de la ville offrent la gratuité quotidienne aux moins de 26 ans.  

Illégal ?

Depuis janvier 2016, Le musée de l’Armée interdit qu’on paie son entrée avec de l’argent liquide. Il faut impérativement recourir à une carte bancaire. Cette situation est totalement inédite dans le secteur des musées. 
Depuis le début 2016, plusieurs doléances à ce sujet ont été adressées auprès du Service de coordination des plaintes du musée. Les réponses furent vagues, en langue de coton jusqu’à ce positionnement beaucoup plus précis, le 2 janvier 2017 (il y a donc près d’un an), du Lieutenant-Général ( e.r. ) Oger Pochet, Directeur a.i. MRA : « J’ai bien reçu votre plainte relative au seul mode de paiement actuellement disponible au musée pour l'achat de tickets d’entrée (…) Il est dans notre intention d'offrir à notre clientèle la possibilité d'un paiement en espèces. Soucieux de la sécurité de notre personnel et de la tenue d'une comptabilité efficace et efficiente, nous envisageons l'acquisition d'un système automatisé (caisse automatique billets/monnaies) via la procédure d'un marché public. Ce mode d'acquisition nécessite de nombreuses démarches administratives et du temps.  Etant soumis par ailleurs à l'avis de l'Inspecteur des Finances, un premier projet de marché en ce sens a été récemment interrompu en 2016, entre autres pour des raisons de prudence budgétaire. Ce projet de marché lui sera représenté dans le courant de ce mois (…) ».
Depuis, rien n’a changé pour les visiteurs qui continuent d’être refoulés s’ils ne peuvent présenter une carte bancaire à l’entrée. Lors d’une de mes visites, le ou la préposé(e) à la caisse m’a confirmé un pourcentage de 15 à 20% des visiteurs à qui cette situation posait problème. Et pourtant, on peut estimer que cette particularité de paiement soit illégale si on la compare à celle des distributeurs de billets de stationnement à Bruxelles exclusivement alimentés par carte de banque. Celle-ci fut assimilée à une pratique commerciale déloyale en 2016 par le SPF Economie. 
En haut lieu, la situation est connue. Une question parlementaire posée par Gautier Calomne (MR) début 2017 au ministre des Armées n’a pas aboutit non plus jusqu’à présent à une évolution concrète. 
Plutôt Kafka que le surréalisme! La bureaucratie atteint un sommet « historique » (on est dans un musée!) quand le visiteur découvre qu’à moins de quinze pas du guichet « argent liquide interdit », débouche, dans le vaste hall du musée, l’entrée du shop où tout peut s’acheter avec des pièces de monnaies ou des billets!

Non information du public

On peut parler de désintérêt total pour les visiteurs, voire de mépris, lorsqu’on constate ce fait supplémentaire : depuis deux ans, le musée de l’Armée distribue sans vergogne un peu partout en Belgique son dépliant de présentation plutôt luxueux où les prix d’entrées sont clairement notés mais où ne figure pas l’indication qu’il est indispensable de se munir d’une carte bancaire pour pouvoir admirer ses armes, ses avions ou monter par ascenseur au sommet des Arcades du Cinquantenaires pour y découvrir l’un des plus beaux panorama de la capitale.  

Bernard Hennebert, 

administrateur à la « Ligue des Usagers Culturels » (L.U.C.),