Affichage des articles dont le libellé est Musée Magritte. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Musée Magritte. Afficher tous les articles

jeudi 9 avril 2026

Merci (enfin) au Musée d’Art et d’Histoire (de Bruxelles) !

un nouveau panneau indicatif bien précieux aux MRAH

C’est à croire qu’un certain nombre d’institutions culturelles ne se s’inquiètent pas trop de frustrer leurs usagers. 

Par exemple, des musées n’ont-ils pas conscience du fait que leurs entrées sont de plus en plus chères et que nombre de leurs visiteurs seront déçus car le « must » de leur collection n’est pas exposé temporairement ou quasi la moitié de leurs salles sont fermées pour travaux, voire par manque de gardiens ou pour faire des économies, de chauffage, d’électricité ?

L’agacement du public est d’autant plus fort s’il n’a pas été prévenu de ces « absences » avant qu’il n’achète son ticket. 

En fait, le plus inconvenant, c’est que le monde muséal n’a pas mis en place jusqu’à présent, et depuis des lustres, un élément de sa déontologie qui concernerait ce thème précis.

Par ses plaintes successives, le visiteur actif pourrait donc tenter de mettre en exergue cette thématique, avec des propositions de solution, auprès des musées eux-mêmes, des médias et du monde politique.

Chaque fois qu’une de ces plaintes aboutit à une évolution en faveur des visiteurs, c’est la fête. Et il convient d’en parler, de décrire les différentes phases du combat mené, en espérant faire des émules.

Aujourd’hui, célébrons un ancien ministre et l’actuelle direction du Musée Royal d’Art et d'Histoire (MRAH) établi à Bruxelles.

Dans le musée Magritte


Bruxelles, Liège, Aix-En-Provence

Il y a déjà eu d’autres pressions d’usagers qui ont abouti en 2020, 2022 et 2023.

En 2018, David H. dépose plainte auprès du Musée Magritte de Bruxelles car de nombreuses œuvres dont trois parmi les plus renommées ne sont pas exposées (« Le Retour », « Le Domaine d’Arnheim » et « L’Empire des Lumières »). Il n’en a pas été averti avant achat de son ticket. Le musée refuse de rembourser celui-ci. L’usager fait alors appel au Médiateur Fédéral puisque cette façon de réagir est conseillée dans le règlement du musée. Le travail de ce dernier s’achèvera par un remboursement réglé par le musée à David H. le 9 juin 2020.

L’Empire des lumières, l’une des toiles les plus connues du Musée Magritte… très souvent exposées à l’étranger.

Instructif : le Médiateur Fédéral argumente le changement d’attitude du Musée Magritte à partir des deux textes légaux suivants :

  1. Un extrait du Code civil : « Le vendeur est tenu d'expliquer clairement ce à quoi il s'oblige. Tout pacte obscur ou ambigu s'interprète contre le vendeur ».

  2. Le texte d’une obligation administrative au niveau fédéral : « L'administration doit utiliser un langage clair et compréhensible, sa communication doit être efficace. Elle doit veiller à utiliser des canaux de communications diversifiés et adéquats pour toucher le plus grand nombre de citoyens concernés ».

Ce qui est particulièrement significatif dans ce cas, c’est de découvrir sur les réseaux sociaux, à l’époque du dépôt de cette plainte, combien d’autres visiteurs avaient exprimé leur mécontentement :

  • Un beau musée présentant une très belle collection des œuvres du peintre, mais beaucoup de frustration car de nombreuses peintures ont été prêtées à New-York. Compréhensible, mais nous aurions aimé en être informés. Ticket d’entrée à 10 €.

  • Allez visiter les autres musées ou, si vous aimez Magritte, allez visiter la boutique!

  • Des œuvres majeures manquent.

  • Navrant d’apprendre après paiement des tickets qu’une partie de la collection est absente pour prêt. Pièces manquantes remplacées par œuvres faites en 2018 par peintre contemporain.

  • Impression de bouche trou.

  • Déçu. Je m’attendais à voir les œuvres les plus connues de Magritte. Je les ai photographiées à la boutique. Un comble !

  • Intéressant mais pas complet.

  • Très beau musée mais l’entrée est un peu chère pour les œuvres de Magritte que nous voyons, certaines intéressantes, mais manquent les plus importantes (…).

  • Musée sympa mais attention ne venez pas exprès pour les peintures les plus connues. Elles n’étaient pas là quand j’ai eu l’occasion de visiter le musée.

  • Très beau musée, très aéré. Dommage, c’est après avoir franchi l’entrée que nous apprenons que des tableaux ont été prêtés aux USA… et qu’ils sont remplacés par un autre peintre. Visite très agréable malgré tout, avec une vraie volonté de décrire la vie de Magritte.

  • Très déçu. Beaucoup d’œuvres majeures ne sont pas exposées car en déplacement à l’étranger. Le musée manque d’explications hors audioguide, ce n’est pas très ludique.

  • Beau lieu, dommage qu’une partie des toiles étaient aux USA.

  • Un peu décevant car les plus belles œuvres sont en prêt à San Francisco. Intéressant malgré tout.

  • Ceci n’est pas un musée… Blague à part, nous avons appris après avoir payé les tickets d’entrée que, jusqu’en octobre 2018, toutes les œuvres intéressantes et connues de Magritte ne sont pas là mais à San Francisco. Leur absence a été remplacée par un autre peintre largement influencé par Magritte. Du coup, la visite a été beaucoup moins intéressante. J’aurais aimé être prévenu de l’absence de ces œuvres phares avant de payer l’entrée… Mais le lieu est sympa…

  • Magritte sans Magritte, il manque l’essentiel de l’œuvre remplacée par un sous produit « à la manière de »… sans talent. Seul, le prix d’entrée et le personnel restent inchangés, l’un en trop, les autres en pas assez ».
Deux des sept grandes salles du rez-de-chaussée de la Fondation Vassarely dont l’une n’est pas accessible aux visiteurs.

Encore deux autres exemples.

En 2022, à Aix-En-Provence, suite à une plainte, la Fondation Vassarely accepte d’indiquer à son comptoir qu’une des sept salles du rez-de-chaussée qui exposent des œuvres monumentales n’est pas accessible pour travaux. 

Une autre réclamation en 2023 mène Pierre Paquet, le Directeur des Musées de la Ville de Liège, a concrétiser efficacement son annonce au futurs visiteurs de La Boverie des titres des œuvres momentanément nos exposées (notamment sa célèbre toile de Picasso).

La grande toile de Picasso qui quitte souvent les cimaises de la Bovenie pour être exposée dans diverses expositions.


Et un exemple négatif instructif à Oslo

Le 3 avril 2026, le bruxellois Yorick P. visite à Oslo le musée Munch, curieux d’y découvrir la peinture « Le cri ». À l’endroit où elle est habituellement exposée, c’est un mur vide qui s’offre à lui. Le voilà qui quitte déçu cette institution.

Rentrée chez lui, il cherche sur la toile pourquoi cette absence: « Après quelques recherches, je découvre que ce musée Munch a deux versions qui ne sont montrées au public qu’alternativement pour optimiser leur conservation. Apparemment, une des deux versions était accrochée non loin du mur vide, mais en découvrant l’absence du tableau que j’espérais voir, j’ai filé avec amertume dans une autre salle».

Il ne viendrait pas à l’idée du personnel de cette institution d’éviter de laisser un mur vide et d’utiliser plutôt cet espace vacant pour y indiquer où le visiteur peut admirer dans ses propres murs l’autre version de cette toile si célèbre…Ce geste ne coûte quasi rien économiquement et constitue une simple marque de respect pour les visiteurs. Cet exemple montre à quel point les visiteurs sont sensibles à la découverte des œuvres fortement médiatisées, caractéristique dont devraient davantage tenir compte les musées du monde entier…

Le musée Munch à Oslo.


Constats négatifs en 2018 et 2022

En mars 2018, au MRAH, une institution fédérale située au Cinquantenaire à Bruxelles, l’un des plus vastes musées de Belgique, je souhaite admirer l’un des « must » du fond permanent constitué par un original des statues de l’île de Pâques (6,5 tonnes; 3,5 mètres en hauteur).

J’achète mon ticket. Lors de cette visite, il me sera impossible de découvrir cette œuvre ramenée à Bruxelles en 1934. En effet, elle a été incorporée dans l’exposition temporaire « Oceania, Voyages dans l’immensité » qui, elle, se visite avec un autre ticket payant.

Je n’adresserai pas un courrier au musée. Je m’en mordrai les doigts environ quatre années plus tard car un cas de figure analogue s’y représente. Le 28 août 2022, impossible à nouveau de découvrir cette statue. Cette fois-ci, la salle qui l’abrite n’est pas accessible. 

Voilà pourquoi j’envoie le 1er septembre 2022, une plainte où je détaille ce nouveau constat, avec quelques propositions :

« Je n’ai vu aucun avis sur ce fait à l’accueil du musée. Sur le site internet, on peut lire ce jour-là : «Venez vous immerger dans le monde oriental en croisant des Bouddhas d'Asie et voyager jusqu'à l'autre bout de la terre pour apercevoir une gigantesque statue de l'Île de Pâques ». Il conviendrait peut-être de prévoir sur ce site, à un endroit proche de celui où le public peut réserver sa tranche horaire et payer sa visite, une case régulièrement actualisée :
« Voici les œuvres de notre patrimoine qui ne sont pas actuellement accessibles au public ».

De plus, à l’entrée du musée: une pile de son dépliant où l’œuvre qu’il est impossible d’admirer est la seconde renseignée dans sa rubrique « Des chefs-d’œuvre uniques » : on peut y lire « Faites connaissance avec nos incontournables : (…) une impressionnante statue de l’Île de Pâques, offerte à la Belgique par les autorités chiliennes et ramenée à bord du Mercator » (…).

Pour l’accueil au musée lui-même, ne serait-il pas utile de placer un avis sur le comptoir indiquant aux visiteurs qui veulent savoir quelles œuvres du patrimoine ne sont pas exposées qu’ils peuvent demander à pouvoir consulter une liste que leur fournira la personne qui vend les tickets?

Cette statue est une œuvre maîtresse du musée. Pour s’en convaincre, si on n’a pas lu les textes élogieux sur le site internet et dans le dépliant, il suffit de se promener dans le shop. Il y trône une imposante reproduction (environ 6 mètres de hauteur) de l’œuvre. Deux piles de livres axés sur l’Île de Pâques. À vendre, de petites figurines. Plusieurs exemplaires du livre « Museum in Strip » qui reproduit différents extraits de BD reprenant des statues de cette île dans leur scénario. Enfin, le grand catalogue « Les incontournables du musée » lui consacre une page.


Au Shop, on peut acheter trois réductions de la statue qu’on ne peut pas admirer dans la collection du musée.


En 2022: du progrès

Bruno Verbert, le directeur général de l’institution, accuse réception de cette plainte le jour même de son envoi et me répond le 15 septembre 2022 :

« Veuillez accepter ici toutes nos excuses. Il est en effet fort regrettable que vous n’ayez pu être dûment informé préalablement à l’organisation de votre visite au musée. Le texte repris sur la page d’accueil de notre site web, faisant référence à la statue de l’Île de Pâques, a été modifié. Une rubrique « Salles fermées » est désormais également consultable sous l’onglet « Visiter » de notre site. Sous la rubrique « Collections », nous renseignerons aussi dès ce lundi (jour du retour de notre collègue du service Communication) que le colosse n’est malheureusement pas visible temporairement. Cela va sans dire, aussitôt cette œuvre rendue à nouveau accessible au public, nous ne manquerons pas de le communiquer via ce même canal. Enfin, concernant les salles fermées et autres pièces de collections rendues inaccessibles, nos collègues présents à l’accueil du musée restent également toujours disponibles pour bon renseignement. Au plaisir de pouvoir vous accueillir à nouveau prochainement au musée, nous vous prions d’agréer l’expression de nos salutations les plus cordiales ».

Il y a bien sûr dans cette réponse des avancées significatives. Reste cependant un point à résoudre. Le public n’est pas habitué à exercer ce droit à découvrir si telle ou telle œuvre est bien exposée. Comment pourrait-il imaginer que le personnel à l’accueil puisse lui fournir pareilles informations ? Il conviendrait donc qu’à l’entrée du musée un avis écrit informe de cette possibilité.

Dans le shop du MRAH: une immense copie.


La solution complète commence à se mettre en place en 2024

Le 22 mars 2026, au cours d’une visite, je découvre que ce MRAH, alors sous la direction de Géraldine David, respecte enfin entièrement ce droit à être informé du fait que certaines de ses salles sont inaccessibles avant de payer sa place grâce à un avis placé de façon fort visible dans son entrée.

À côté d’un distributeur automatique de tickets, trône en effet un avis qu’il est impossible d’ignorer. Son texte est proposé en français, néerlandais et anglais: « Nous sommes au regret de vous informer que les salles Antiquité son fermées au public pour une durée indéterminée. Nous vous prions de nous excuser pour ce désagrément et vous invitons vivement à découvrir nos autres salles d’expositions ».

Sur le site internet de l’institution, l’information est davantage détaillée. Le public peut ainsi mieux cerner l’ampleur de cette inaccessibilité. On y lit ce qui suit : « L’aile Antiquité est actuellement fermée au public jusqu’au minimum fin juin 2026, pour des travaux de sécurité concernant les plafonds et le chauffage. Les salles Égypte, Grèce, Rome, Proche-Orient & Iran et Arts du monde islamique restent donc temporairement inaccessibles ».

L’avis informatif qui trône à côté du  distributeur automatique de tickets du MRAH.

Qu’est-ce  qui a permis ce changement concret ?

Voici un communiqué de presse diffusé le 29 octobre 2024: « En attendant l’élaboration d’un prochain gouvernement fédéral, la L.U.C. (La ligue des usagers culturels, association que je préside) voit se concrétiser une promesse qui lui a été faite, à plusieurs reprises durant la dernière législature, par le secrétaire d’État (socialiste) Thomas Dermine.

Pour les musées fédéraux, il s’agit de la reprise de l’essentiel du « Code des Usagers Culturels ». Depuis dix-huit ans (2006), celui-ci doit être appliqué par plus de quatre milles opérateurs culturels subsidiés par la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Cette décision a été prise par le Comité de direction de la politique scientifique (BELSPO). Elle va avoir un impact non négligeable sur le quotidien du public culturel. En effet, le 25 avril 2024, le cabinet du secrétaire d’État Dermine avait expliqué à la L.U.C. : « Nos musées fédéraux savent bien indiquer les devoirs des visiteurs, mais moins leurs droits. Bien entendu, le droit général de la consommation s'applique également au public culturel, mais la question est de le préciser ».

Cependant il convenait que chaque musée fédéral y souscrive, ce qui a pris ensuite beaucoup de temps. C’est désormais le cas. Les sites internet du Musée Magritte, du Musée Oldmasters, du Musée des Instruments de Musique, du MRAH, etc. donnent depuis peu accès, d’une part, à leur traditionnel « Règlement des visiteurs » (les devoirs du public) et, d’autre part, ce qui est nouveau, à cette « Charte des visiteurs » (les droits du public) ».

Cette nouvelle obligation impose de fournir aux usagers avant le paiement de leurs billets d’accès « une information la plus complète possible sur la nature de l’activité ».

Se pose ensuite une autre question : au moment où une ou de nombreuses œuvres maîtresses, ou de diverses salles d’un musée sont inaccessibles pendant un certain temps, est-il normal qu’en Europe certaines institutions diminuent durant cette période-là leur prix d’entrée… mais d’autres, pas ? Mais ne gâchons pas notre plaisir du combat remporté au MRAH.



jeudi 17 février 2022

Hôtel Solvay : Photos interdites

L’hôtel Solvay est considéré comme l’un des plus beaux immeubles érigés par l’architecte belge Art Nouveau, le baron Horta.

Il est situé au 224, avenue Louise à Bruxelles, à 50 mètres de l’étrange monument «Le Labyrinthe du Monde» de Jean-François Octave dédié à l’écrivaine Marguerite Yourcenar née le 8 juin 1903 dans l’immeuble qui s’élevait naguère juste sur le trottoir d’en face (là où s’ouvre désormais la galerie Bailli-Louise).

Cet hôtel est d’autant plus remarquable par le fait qu’il présente encore aujourd’hui dans un état de conservation exceptionnel ses meubles, peintures et multiples objets de décoration d’origine conçus ou commandés spécialement pour lui par le célèbre architecte.

Longtemps inaccessible au grand public, ce n’est que peu avant le début de la pandémie du Covid qu’il a rouvert ses portes plus régulièrement aux visites de 40 minutes destinées à ceux et celles qui ont la patience de réserver leur venue longtemps à l’avance.

Les responsables de ces visites sont attentifs à leur public. Par exemple, sur leur site, au moment où nous écrivons le présent article, ils indiquent à leurs futurs visiteurs, et ce avant qu’ils n’achètent leurs tickets, que : «Nous restaurons la façade Solvay. Vous réservez un billet à un moment où un échafaudage du chantier est placé pour refaire une beauté au bâtiment».

Une photo officielle de l’intérieur de l’Hôtel Solvay.


Néanmoins, nous leur avons adressé la triple plainte suivante, le 10 janvier 2022. Ils nous ont rapidement  répondu (dix-huit jours plus tard) et de façon circonstanciée.

Belle victoire de la L.U.C. au profit de tous les futurs visiteurs: le site de l’Hôtel Solvay préviendra désormais son public du fait qu’il ne pourra pas photographier au cours de sa visite.
Prévenu, et donc pas ou moins déçu sur place.

Voici donc nos échanges intégraux à propos des trois griefs que nous avons émis :


1 : Victoire ! Annoncer l’interdiction de photographier

- Questionnement de « La Ligue des Usagers Culturels » (L.U.C.):
« Dans le document électronique qui nous lie lors de l’achat de mon ticket manque un élément essentiel qui définit votre prestation économique, à savoir le fait qu’il est interdit de photographier (même sans flash) durant la visite.
Il ne s’agit pas ici de débattre du bien fondé (ou non) de cette interdiction mais uniquement de tenter de préserver le droit bien réel du public d’en être averti avant de se décider de participer à votre activité. En effet, notre Code civil indique clairement que le vendeur est tenu d'expliquer clairement ce à quoi il s’oblige et que tout pacte obscur ou ambigu s'interprète contre le vendeur ».

- Réponse du service billetterie de Visit.Brussels :
« Il est certain que ce point peut décevoir les visiteurs. Nous en avons avisé l’Hôtel Solvay qui, depuis peu, communique l’information sur son site: https://hotelsolvay.be/tickets/
Nous envisageons aussi de sonder nos partenaires culturels afin de connaître des interdictions/empêchements de la sorte et de pouvoir les communiquer sur nos tickets ».

- Commentaire de la L.U.C. :
« Merci pour cette réaction concrète positive qui montre votre écoute et marque une évolution concrète. L’interdiction est désormais parfaitement indiquée, au bon endroit (impossible pour le futur acheteur d’un ticket de passer à côté) et en orange, elle tranche sur le fond noir : https://hotelsolvay.be/tickets/
Il serait intéressant qu’un jour Visit.bruxelles s’implique dans l’organisation d’un débat public sur ce fait de pouvoir ou non photographier (sans flash) dans les lieux culturels à Bruxelles.
En France, une charte a été établie et est appliquée après de longues négociations entre les parties prenantes. C'est «Tous photographes!» : https://www.culture.gouv.fr/Espace-documentation/Documentation-administrative/Tous-photographes-%21-La-charte-des-bonnes-pratiques-dans-les-etablissements-patrimoniaux
À Bruxelles, on en est nulle part. Si on partait des travaux plutôt réussis de la France, et des premiers résultats concrets de son application?
Chez nos voisins, l'équivalent pour les musées de notre belge "Ligue des Usagers Culturels" se nomme «Louvre pour tous» (il ne dépend pas du musée du Louvre, c'est un groupe de citoyens très efficace). Il a participé activement à l'élaboration de cette charte, et voici son avis nuancé, et même assez critique :  http://www.louvrepourtous.fr/Charte-des-visiteurs-photographes,764.html..


 

2 : Être plus constructif à l’égard du public

- Questionnement de « La Ligue des Usagers Culturels » (L.U.C.):
« Je me permets, d’autre part, de vous signaler que le très long texte de vos conditions générales ne propose quasi que des éléments restrictifs et négatifs à l’égard de l’usager et quasi aucun élément constructif, un peu comme si le public ne disposait d’aucun droit.
Il me semble que pour valoriser votre image (notamment à un niveau international puisque l’aspect touristique de votre démarche est essentiel) vous pourriez réviser différents éléments de votre texte afin qu’il soit plus accueillant à l’égard de votre public ».

- Réponse du service billetterie de Visit.Brussels :
« Nos conditions générales ont été libellées par notre service juridique, ce qui restreint l’exercice à son caractère fondamentale. Pour ce point aussi, nous envisageons de suivre votre conseil ajoutant des éléments tels que « Vous êtes l’heureux détenteur d’un ticket qui vous donne droit à … » ».

- Commentaire de la L.U.C. :
« Quand il y a des interdictions, il y a souvent des raisons légitimes. Le public est reconnaissant lorsqu’on lui en explique le pourquoi, et sans lui mentir ou pratiquer la langue de bois.
Prenons un exemple extérieur à vos activités. Beaucoup reprochent à un musée bien connu que le « simple » visiteur ne peut pas y dessiner ou prendre des notes (même avec des crayons). Cette institution pourrait expliquer que si elle ne prend pas cette mesure, le prix du ticket augmenterait car son espace où il expose est relativement étroit et que ces deux activités ralentiraient le flot des visiteurs, d’où le risque de ne plus vendre assez de places pour équilibrer son budget.
Et prenons un exemple concernant l’Hôtel Solvay. Vos conditions générales sont tellement longues qu’il ne doit pas être compliqué d’y ajouter un wagon. Par exemple, votre public serait certainement très intéressé que vous lui expliquiez sans langue de bois pourquoi il ne peut pas immortaliser par des photos sans flash sa visite de cette extraordinaire demeure. Par exemple, parce qu’il s’agit de vendre à la sortie si possible davantage de catalogues ou de cartes postales (c’est l’argument qu’utilisait un syndicat de gardiens pour dénoncer l’interdiction de photographier au Musée Orsay)? Ou pour d’autres raisons… ».

3 : Supprimer une phrase léonine?

- Questionnement de « La Ligue des Usagers Culturels » (L.U.C.):
« Pourriez-vous supprimer dans votre texte la phrase suivante qui est léonine: « Ce billet ne sera ni remboursé, ni échangé ».
Je vous signale que, suite à une plainte analogue concernant le Botanique à Bruxelles, le 17 mars 2009, sa directrice générale Annie Valenti, a répondu positivement ».

- Réponse du service billetterie de Visit.Brussels :
« Si Annie Valenti a pu se permettre de vous répondre positivement, c’est parce qu’elle détient la décision finale de rembourser ou d’échanger le ticket. Etant une centrale de réservation de plusieurs acteurs culturels, nous ne détenons pas cette décision.
Cependant, il nous arrive de solliciter l’accord de nos partenaires pour rembourser ou, ce qui est plus fréquemment le cas vu la crise sanitaire, pour échanger les tickets ».

- Commentaire de la L.U.C. :
« S’il vous arrive de solliciter l’accord de vos partenaires pour rembourser, comme vous nous l’écrivez, c’est que ce n’est pas chose impossible. C’est la preuve même que votre phrase « Ce billet ne sera ni remboursé, ni échangé » est, dans certains cas, contraire à la réalité. Par cet fait même, sa mention, dans votre texte des conditions générales, est donc trompeuse à l’égard de l’ensemble du public.
Pourriez-vous en avertir les acteurs culturels avec lesquels vous traitez afin qu’ils vous donnent leur accord pour y mettre fin?
Ils y ont intérêt puisque, de toute façon, cette phrase est inapplicable et son objectif qui consiste à intimider l’usager peut ternir leur image.
Nous espérons que vous nous informerez des résultats de cette démarche que nous vous conseillons de mener ».

Mais… la façade de l’Hôtel Solvay mérite votre selfie … et ceci vous est permis!

Annexe:

À titre informatif, afin de permettre au lecteur de mieux se positionner par rapport à notre point 2 intitulé «Être plus constructif à l’égard du public », voici le texte des conditions générales utilisé par Visit.Brussels :

« Le présent document électronique, imprimé sur papier blanc, constitue le seul et unique Billet d'entrée à l'Évènement/visite guidée.
L'impression doit être parfaite, tous les éléments doivent être lisibles sans aucune confusion.
Dans le cas contraire, l'accès à l'Évènement/visite guidée sera refusé.
Le contrôle du Billet sera effectué à l'aide de lecteurs de code barre par l'Organisateur de l'Évènement/visite guidée, sous sa responsabilité, lors de l'entrée audit Événement/visite guidée.
L'Organisateur se réserve le droit de contrôler l'identité du client à l'entrée de l'Évènement/visite guidée.
Le client devra donc obligatoirement être muni d'une pièce d'identité officielle en cours de validité.
Chaque code-barres représente un seul Billet d’entrée.
Le Billet ne peut être scanné qu'une seule fois à la date indiquée sur ce dernier.
Si le même code-barres est présenté plusieurs fois, seul le premier Billet
scanné au contrôle donnera accès à l'Évènement/visite guidée.
Ainsi, seule la première personne présentant le Billet sera admise à accéder au lieu où se déroulera l'Évènement/visite guidée.
Cette personne est présumée être le porteur légitime du billet.
Toute tentative d'abus, de contrefaçon ou de fraude, sera susceptible de poursuite judiciaire.
Si la date inscrite sur le Billet ne correspond pas à la date du jour, l'accès sera refusé.
Ce Billet ne sera ni remboursé, ni échangé.
L’Organisateur peut refuser l'accès au lieu où se déroule l'Évènement/visite guidée s'il se rend compte que plusieurs impressions ou reproductions d'un Billet imprimable sont en circulation et qu'un accès au lieu de l'Évènement/visite guidée a déjà été accordé au porteur d'une impression ou d'une reproduction.
Si la personne détentrice d'un billet imprimable à domicile se voit refuser l'accès au lieu où se déroule l'Évènement/visite guidée, elle n'aura droit à aucun remboursement du prix payé.
Le Client assiste à l'Évènement/visite guidée sous sa propre responsabilité et
renonce à tout recours à l'encontre de VISITBRUSSELS.
VISITBRUSSELS n'est pas responsable en cas de retard ou changement d'horaire de l'Évènement/visite guidée. ».

mercredi 22 décembre 2021

Thomas Dermine, Secrétaire d’État : « Mon adhésion aux 15 engagements du Code des usagers culturels »

Le 13 décembre 2021, Thomas Dermine, le Secrétaire d’État socialiste chargé notamment des musées fédéraux, répond à la longue lettre du président de « La Ligue des Usagers Culturels » qui lui a été adressée le 10 novembre 2021, puis en premier rappel le 10 décembre 2021.


 

Les deux premiers tiers de cette réponse font le point sur l’ensemble de ses actions entreprises dans le secteur qui nous concerne depuis sa nomination. 

Le dernier tiers s’attache plus précisément nos demandes et réflexions:

  • élaborer une charte des usagers culturels au fédéral (il réitère son avis positif concernant les 15 premiers points du « Code de Respect des Usagers Culturels » qui s’applique déjà depuis 2006 en Fédération Wallonie-Bruxelles);
  • création d’un site internet qui regrouperait les livres d’or avec les avis des visiteurs des différents musées;
  • avancer (peut-être) dans le dossier d’une gratuité mensuelle pour tous.

Nous publions ci-dessous dans leur intégralité d’abord la lettre de la L.U.C. et ensuite la réponse du Secrétaire d’État.

LA LETTRE DE « LA LIGUE DES USAGERS CULTURELS »

Monsieur le Secrétaire d’État, 

1 : C’était le 10 novembre 2020. Il y a juste un an, vous nous écriviez : « Les usagers doivent pour nous être au centre des préoccupations des acteurs culturels ».

Nous pensons qu’au cours de l’année qui vient de s’écouler, il existe une série de thématiques où les droits et les intérêts des visiteurs ont été négligé, et parfois sous le prétexte fallacieux qu’il s’agirait d’un effet de la pandémie qui a parfois bon dos. 

Nous vous remercions d’avoir récemment annoncé l’octroi de 2,9 millions d’euros complémentaires pour nos musées fédéraux afin de contrebalancer les effets négatifs de cette période Covid en terme de rentrées financières liées aux baisses de fréquentation des divers établissements. 

Nous espérons qu’ensuite, bien rapidement, vous pourrez davantage porter votre attention sur les thématiques suivantes que vous aviez évoquées dans votre précédent courrier:

http://la-luc.blogspot.com/2020/11/le-secretaire-detat-des-musees-nous.html

Nous avons attendu une année avant de reprendre contact avec vous.

Voilà, selon nous, le temps venu pour un premier « état des lieux », dans l’espoir qu’il vous permettra de construire d’ici la fin de la présente législature avec les musées une série d’évolutions concrètes utiles aux usagers. 

2 : Vous nous indiquiez : « Je fais miens à la fois les objectifs et les 15 premiers engagements du Code du respect des usagers culturels (les 3 derniers engagements étant, dans leur formulation, spécifiques à la Communauté française) ». 

Michel Draguet (MRBAB) s’est positionné exactement de la même façon que vous, par rapport à ces 15 premiers points de ce Code. Voici la copie de sa lettre signée.


 

Pourtant sous sa direction, le musée Magritte n’a pas respecté le point 2 de ce Code :

http://www.culture.be/index.php?eID=tx_nawsecuredl&u=0&g=0&hash=098da72b12d4c32661de7b1a43adf980e223e601&file=fileadmin/sites/culture/upload/culture_super_editor/culture_editor/documents/Documents_utiles/Droits_des_usagers_et_publics_de_la_Culture/code_usagers.pdf

À ce sujet, la L.U.C. a soutenu et accompagné un visiteur dans son dépôt d’une plainte au musée Magritte et sa demande du remboursement d’un ticket. Celle-ci a été envoyée le 18 juillet 2018.

Il a fallu attendre le 14 avril 2021, soit plus de 2 ans 1/2 et un long travail déterminé du Médiateur Fédéral pour que le musée Magritte accepte de rembourser ce ticket et surtout qu’il accepte et mette en place une évolution concrète structurelle pour mettre fin, à l’avenir, à cette « pratique » qui ne respectait par ce point 2 du Code. 

Pour mieux et rapidement (en trois minutes) comprendre les enjeux de cette plainte que nous considérons comme emblématique, nous vous conseillons de découvrir le reportage que RTL TVI y a consacré, ce 25 juin 2021.

Il a été tourné en deux phases : quand le musée Magritte refusait de rembourser, et plus récemment, lorsque le musée évolué : 

https://www.facebook.com/imagesalappui/videos/287572189455953

Voilà d’ailleurs un exemple concret qui devrait vous inciter encore davantage à la création d’un Code fédéral des visiteurs car il arrive que d’autres institutions fédérales ne respectent pas d’une manière analogue ce point 2 du Code.

Notre travail bénévole n’est pas fort utile si nous devons consacrer tant de temps à la longue gestion de pareille plainte sans que la leçon ne soit tirée par la suite pour l’ensemble des institutions fédérales. 

Alors, existe-t-il bien au moins un autre exemple concret du même type?

Le Musée d’Art et d’Histoire oublia d’indiquer à ses visiteurs du fond permanent qu’ils ne pourraient pas admirer l’un de ses must, une gigantesque statue de l’île de Pâques, car elle ne fut visible, pendant plusieurs mois, uniquement sur présentation du ticket de l’exposition temporaire.

NOS QUESTIONS :

2 - A : Pourriez-vous nous indiquer votre positionnement par rapport à cette plainte concrète et son aboutissement?

 2 - B : En une année, vos services ont-ils évolué dans la préparation d’un Code de respect des usagers culturels?

2 - C : Notre asbl (il y en a peu dont l’objectif unique est le respect des droits et des devoirs des usagers culturels, nous semble-t-il) sera-t-elle conviée à participer aux travaux de son élaboration? De quelle manière? 

3 : Vous nous indiquiez : « Il serait intéressant que les musées organisent des rencontres sur les droits des usagers et permettent à ceux-ci de laisser une appréciation, positive ou négative, sur un livre d’or en ligne, cela même si des sites proposent déjà ce genre de services ».

Nous n’allons pas reprendre ici notre argumentaire puisqu’il vous a intéressé au point que vous nous indiquiez ce point de vue concordant. 

 

NOS QUESTIONS :

 3 - A : Concernant ces rencontres annuelles sur les droits de leurs visiteurs que devrait organiser chaque musée fédéral, pourriez-vous nous indiquer si elles sont prévues pour l’année prochaine, en 2022, et de quelle manière elles vont se dérouler?

Comment et auprès de qui seront-elles promues?

Enfin, comment leur contenu sera-t-il par la suite diffusé sur le court et le long terme, et auprès de qui?

3 - B : Comment évolue ce projet de livre d’or en ligne?  

Vous affirmez que des sites proposent déjà ce type de service : pourriez-vous nous en dire davantage car nous n’en avons pas connaissance? 

L’originalité et surtout l’utilité de notre proposition consiste justement à proposer sur un seul site les divers « livres d’or » afin que celui-ci rassemble l’ensemble des visiteurs pour une réflexion globale sur leurs droits et devoirs.

Le but est aussi de permettre à des visiteurs d’un musée de découvrir le fonctionnement et l’attrait d’autres institutions qu’ils n’ont pas encore fréquenté et ainsi, peut-être, leur donner aussi l’envie de s’y rendre. 

4 : Vous nous indiquiez : « Je soutiens (…) les musées qui pratiquent la gratuité pour tous un mercredi par mois ».

NOS QUESTIONS :

4- A : Sur ce sujet précis, plus d’un an après le début de votre mandat, la situation est malheureusement catastrophique : ce mercredi 3 novembre 2021, il n’y a eu qu’une minorité (deux institutions fédérales) qui pratique cette gratuité: le musée Magritte et le musée Fin de Siècle (qui sera bientôt remplacé par le musée d’Art Ancien).

Comment envisagez-vous de remédier à cette situation qui a commencé bien avant le début de la pandémie (celle-ci n’en est donc pas la cause unique)? 

Comptez-vous tout particulièrement la restaurer à l’Africa Museum et l’introduire au nouveau musée de la KBR?

À quelle(s) date(s)? 

Nous nous permettons de vous rappeler le contenu de notre carte blanche sur ce sujet. Elle est parue alors qu’aucun média ne s’était préoccupé jusqu’alors de cette progressive élimination de ce qui est considéré comme un droit minimum des usagers faisant suite à la suppression en 1997 de la gratuité QUOTIDIENNE des musées fédéraux par l’un de vos prédécesseur, le ministre Yvan Ylieff (PS).

Ce texte est paru dans La Libre du 14 septembre 2020 :

https://www.lalibre.be/debats/opinions/2020/09/14/musees-federaux-vers-la-fin-de-la-gratuite-mensuelle-JOU3BZWXYJARHB3N6VETHGT4FU/

4 - B : Concernant cette gratuité, n’a jamais existé, au minimum, un feuillet photocopié (les MRBAB ont utilisé ce moyen récemment pour communiquer sur la gratuité quotidienne pour les jeunes) mentionnant les noms, coordonnées et horaires de l’ensemble des musées qui la pratiquent.

Rien donc en ce sens qui serait destiné à être distribué au public qui utilise déjà cette gratuité pour au moins un musée, afin de lui faire découvrir ces autres occasions de visites pour les mois suivants. Un des buts de la gratuité mensuelle, moins souvent mentionné et pourtant important, étant de donner envie à des visiteurs « une fois par an » de devenir des passionnés qui fréquentent régulièrement musées et expositions.

L’objectif majeur de cette gratuité, selon la majorité des musées eux-même et , en gros, le pouvoir politique, consiste à attirer de nouveaux publics.

Pour l’atteindre, il faut que ces futurs publics soient informés de l’existence de cet avantage pour tous. Ce qui n’est que bien peu le cas actuellement. 

Comptez-vous y remédier? Comment et quand? Le vaste public a droit à ce type d’informations, nous semble-t-il. 

Vous savez sans doute que l’asbl « Arts & Publics » vient de publier pour la huitième fois une brochure annuelle de 48 pages présentant les 150 musées belges qui pratiquent la gratuité du premier dimanche du mois.

Comme chaque année, elle est insérée dans LE SOIR (ce 29 octobre 2021). Elle annonce aussi toutes les autres journées de gratuité « pour tous » belges dont celles des musées fédéraux.


 

Outre cette insertion dans le quotidien francophone, la brochure est diffusée dans divers lieux culturels comme les bibliothèques et même dans les salles d’attente des médecins. 

Comment comptez-vous médiatiser la gratuité fédérale d’une demi-journée du premier mercredi du mois, lorsqu’elle sera très bientôt, du moins nous le supposons, à nouveau d’application?

Cette question nous semble correspondre à ces deux autres déclarations que vous nous avez faite :

 

  • « J’accorde aussi une importance toute particulière aux efforts fournis pour élargir les publics »,
  • « L’accès (entendu au sens large) pour tous à ces collections est donc non seulement une dimension essentielle, mais il constitue un véritable droit ».

4 - C : Puisque cette gratuité d’une demi journée du premier mercredi du mois est réduite à peau de chagrin, ne serait-il pas logique de remettre sur le tapis derechef les acquis des travaux de la précédente législature qui s’interrogea sur l’opportunité de transformer la gratuité du premier dimanche du mois en une gratuité du premier dimanche du mois? 

C’est le moment idéal puisque désormais l’habitude de réserver sa venue au musée est, et restera sans doute, bien davantage ancrée au sein du public. L’argument bien réel du « il y aurait ce jour-là beaucoup trop de monde aux musées fédéraux, et donc des files interminables » devient donc ainsi caduc.

Pour rappel, hélas, la gratuité du premier mercredi du mois n’est pas du tout une gratuité mensuelle « pour tous » puisqu’elle discrimine la population active (travailleurs, étudiants), soit près ou même plus de 50% du public potentiel auquel elle devrait être destinée.

Nous avons utilisé une partie du temps du premier confinement pour mettre par écrit une réflexion sur l’utilité de la gratuité du premier dimanche du mois.

Nous y tentons même d’y prouver qu’elle peut rapporter davantage économiquement que le manque à gagner financier qu’elle occasionne.

Ce texte n’est pas encore rendu public mais nous pouvons vous le transmettre à titre confidentiel, si vous le souhaitez. 

Il nous semble qu’il serait intéressant que le fédéral puisse se lancer, encore au cours de l’actuelle législature, de façon expérimentale dans l’aventure de la gratuité mensuelle du premier dimanche en la mettant en place de façon prioritaire dans trois de ses musées : un grand, deux plus petits. 

Cette option pourrait devenir une des missions « citoyennes » novatrices « grand public » pour le musée d’Art et d’Histoire auquel vous portez particulièrement attention en vue des célébrations du deuxième centenaire de notre pays. Un projet avec une mise en exergue, mois après mois, chaque premier dimanche, d’une des nombreuses sections de cette institution, pourrait être particulièrement attractif.  

Quant en ce qui concerne les deux institutions de tailles plus réduites, Il serait intéressant de choisir les musées Constantin Meunier et Antoine Wiertz.

Car pareille décision répondrait favorablement à la pétition signée par plus de 3.000 signataires (ce qui est très important, vu qu’il s’agit d’une revendication très spécifique, et pour des musées qui font rarement la « une » des médias) et qui est restée lettre morte jusqu’à présent de la part des MRBAB. 

La voici : https://www.change.org/p/michel-draguet-stop-à-l-asphyxie-de-musées-constantin-meunier-et-antoine-wiertz

Si vous n’optez pas pour cette solution, avez-vous l’intention, pour ces deux musées, de faire évoluer leurs horaires afin que ceux-ci ne discriminent plus la population active?

Ce serait un moyen très utile pour faire augmenter leur fréquentation qui, depuis des années, est tellement peu élevée que les responsables de ces institutions méritent un bonnet d’âne, surtout lorsqu’on les compare aux succès d’autres musées « maisons ou ateliers d’artistes » que l’on peut, par exemple, visiter à Paris (notamment le musée de la Vie Romantique ou la maison de Victor Hugo). 

5 : Vous nous indiquiez : « Je vous remercie pour les efforts que vous déployez afin de faire valoir les droits des usagers ».

Puisque nos efforts pour faire valoir les droits des usagers vous agréent et que nous avons patienté une année avant de vous recontacter, il nous semble  nécessaire de vous demander de réagir aux trois points suivants. 

NOS QUESTIONS : 

5 - A : Sur leurs sites, les musées fédéraux indiquent à propos de l’envoi de plaintes : « Vous recevez d’abord un accusé de réception avec un numéro d’enregistrement unique et, dans les 30 jours, nous vous faisons parvenir : une réponse motivée, une rectification, une solution ».

https://www.fine-arts-museum.be/uploads/pages/files/folder_klachtenprocedure_fr.pdf

Il se fait que récemment tant le musée d’Art et d’Histoire que les MRBAB n’ont pas concrétisé ce qui est annoncé dans cet avis.

Voilà donc un nouvel exemple de non respect des visiteurs qui devrait être pris en compte pour créer un « Code de Respect des Usagers Culturels ».

En Fédération Wallonie-Bruxelles, ce cas de figure est répréhensible puisque l’un des quinze points du Code prévoit le droit à une réponse aux plaintes des usagers dans le mois et de manière détaillée. 

Cette création d’un Code au niveau fédéral constitue la première de nos quatre revendications présentées ici à la fin de notre carte blanche publiée par Le Vif : 

https://www.levif.be/actualite/belgique/quatre-propositions-pour-mieux-respecter-les-visiteurs-des-musees-federaux/article-opinion-1343325.html?fbclid=IwAR2WU6CxtHGtCWvQdmUC-ogKUv1YQkiU830TyD41S4DcNHoAkfSm7PXQ3dc

Tout d’abord, voici notre plainte au musée d’Art et d’Histoire où vous découvrirez sans doute qu’il y a un refus évident de répondre de façon détaillée à l’argumentaire proposé :

http://la-luc.blogspot.com/2021/02/son-poids-en-fait-que-six-estampes.html

Il nous a fallu déposer plainte pour non réponse du musée d’Art et d’Histoire au Médiateur fédéral qui, dans ce cas précis, a réussi à faire entendre raison à l’institution.

Finalement, peut-être aussi parce qu’il y a eu changement de direction entretemps, une réponse positive et constructive nous est ainsi parvenue, ce qui permet sans doute de conclure que notre critique était utile et justifiée :

http://la-luc.blogspot.com/2021/03/reaction-positive-et-instructive-du.html

D’autre part, une autre plainte a été envoyée le 29 avril 2021 aux MRBAB. Ce 5 novembre 2021, pour la seconde fois, nous avons dû alerter le Médiateur fédéral concernant ce cas précis.

En effet, les MRBAB se refusent jusqu’à présent de répondre sérieusement sur le fond de la problématique que nous lui avons soumise, tant à nous qu’au Médiateur fédéral.

Sur le contenu de cette plainte, nous revenons dans le point suivant (5-B)

Ces deux exemples récents tendent à démontrer qu’il n’est pas rare que certains musées fédéraux refusent de pratiquer l’honnêteté dans leurs réponses aux plaintes d’usagers.

Sans doute tous les visiteurs déçus n’ont-ils pas notre obstination et notre flegme (ne jamais s’énerver, rester poli, respecter et être solidaire du personnel), et donc risquent d’être déçus, voire fatalistes, d’avoir entamé une telle démarche bénévole qui pourrait améliorer le fonctionnement de ces institutions à l’égard de leurs visiteurs. 

Contacté, le Médiateur fédéral a donc mené à bien sa mission en ce qui concerne la plainte adressée au musée d’Art et d’Histoire. Il n’est est pas de même, du moins jusqu’à présent, dans l’autre cas qui concerne les MRBAB. 

Que peut envisager le Secrétaire d’État pour garantir un meilleur traitement à l’avenir de certaines plaintes que les musées ont … plus difficile à gérer? 

Vous semble-t-il utile que nous vous contactions dans le cas où même le Médiateur fédéral n’arriverait pas à résoudre un dossier de non réponse détaillé à des plaintes de visiteurs?

Dans ces cas-là, quel autre recours possible (et si possible, efficace) existe-t-il pour le public? Il faut tenir compte que le recours à un avocat est chose quasi impossible dans le domaine muséal où le prix relativement limité du ticket rend totalement illusoire économiquement pareille pareille démarche.

5 - B : Avant la pandémie, les MRBAB avaient mis fin à la possibilité d’acheter un ticket pour visiter le musée d’Art Ancien ou le musée Fin de Siècle séparément et ils avaient opté pour la «vente couplée», que certains appellent «vente forcée»: le visiteur est obligé d’acheter donc un même ticket 10 € (+ diverses réductions) pour les deux sections.

Depuis quelques mois, les MRBAB ferment en alternance pendant plusieurs mois ces musées (x mois l’un, puis x mois l’autre), ce que nous nous comprenons bien sûr. 

Par contre, alors qu’on ne peut plus visiter qu’un des deux musées, les MRBAB maintiennent le prix « couplé » , soit 10 euros. 

Il ne s’agit pas d’une nécessité liée à la pandémie comme ils veulent le faire croire. En effet, les MRBAB poursuivent cette stratégie tarifaire depuis bien longtemps. En 2011, nous avions déjà publié dans La Libre Belgique une carte blanche pour la dénoncer: https://www.lalibre.be/debats/opinions/un-musee-pour-le-prix-de-deux-51b8cf53e4b0de6db9c04e10

En effet, en février 2011, le musée d’Art Moderne des MRBAB fut fermé pendant plus d’un an.

Pendant ce temps-là, situé à la même adresse (au 3, rue de la Régence), le musée d’Art Ancien resta accessible aux visiteurs. À l’époque, un seul ticket au prix de 8 € permettait de visiter ces deux entités muséales. Alors que la moitié de l’offre est supprimée, le prix de l’entrée du musée n’est pas passé de 8 à 4€.

Aucune explication sur ce qui s’apparente à une hausse tarifaire indirecte de 100% ne fut proposée aux visiteurs, dont les plus avisés furent plus que surpris.

Dans des cas analogues, d’autres institutions agissent bien différemment.

En Bretagne, le musée des Beaux-Arts de Rennes fut en travaux de mars 2008 à février 2010. La fermeture a porté sur la totalité du 1er étage qui accueillait l’ensemble de la collection permanente des peintures (Georges de La Tour, Jordaens, Rubens, Gauguin, etc.). En période normale, le ticket aurait coûté 4,45 €. Durant les travaux, il fut ramené à 1,05 €.

N’est-il pas temps de prendre exemple à Bruxelles, dans nos musées fédéraux, sur pareille pratique plus démocratique?

Un autre exemple, celui-ci se déroulant pendant le présente pandémie : un habitué de notre page « Ligue des Usagers Culturels » sur facebook publie ce qui suit, le 31 juillet 2021 : « À noter : à Venise Ca d'Oro. Suite à la crise sanitaire, le 2e étage est fermé. C'est indiqué sur le site. On nous le signale à l'entrée et le prix du billet est réduit d'un tiers. Plus précisément, parcours temporairement restreint (cour monumentale, jardin, itinéraire parmi les chefs-d’œuvre du premier étage et loggia sur le Grand Canal): billet à prix réduit pour tous à € 6,00 ». 


 

En d’autre mots, si une situation analogue à celle de 2011 et de 2021 devait se reproduire ultérieurement, les MRBAB peuvent-ils s’engager dès à présent à ne plus avoir la même attitude qui consiste à faire payer au visiteur « un musée pour le prix de deux »? 

Puisqu’il s’agit d’une habitude bien ancrée des MRBAB, sans doute même une façon de penser et de gérer sans aucun esprit de « démocratisation culturelle », nous vous demandons de décider que pareille « pratique » commerciale soit à l’avenir proscrite aux musées fédéraux.

Ce point mériterait d’ailleurs de figure dans un futur Code en faveur des visiteurs. 

5 - C : Pour l’usager, il n’est pas évident de découvrir où il peut déposer plainte. 

Il nous semble que la case concernant cette thématique devrait figurer à plusieurs endroits sur le site des MRBAB, là où c’est le plus logique pour les visiteurs qui la recherchent.

Nous proposons les deux lieux suivants:

- Près du règlement du visiteur : 

https://www.fine-arts-museum.be/fr/contact

- Dans le rubrique « Votre visite » :

https://www.fine-arts-museum.be/fr/votre-visite/mesures-de-prevention-covid-19

Cela compléterait harmonieusement le lieu où cette case se situe actuellement et qui ne nous semble pas le plus facile à pister pour le visiteur : tout au bout de la rubrique « Contact »:

https://www.fine-arts-museum.be/fr/contact

 

6 : Vous nous indiquiez : « Les associations qui se font l’intermédiaire entre le public (et le « non-public ») et les pouvoirs publics jouent un rôle fondamental et j’entends bien prendre en compte leurs recommandations dans la définition des politiques que je mènerai tout au long de cette législature ».

Nous espérons que notre veille et que nos réflexions permettront une série d’avancées en faveur des visiteurs, en général peu coûteuses dans leur mise en place.

Nos musées fédéraux vivent sans doute, et pour longtemps encore, une nouvelle ère où l’attention à l’égard des habitants de notre pays doit être encore davantage prise en compte.

Puisse une concrétisation de nos propositions contribuer à un accueil encore meilleur.  

Dans l’attente de vous lire, nous vous prions de croire en l’expression de nos sentiments les plus cordiaux.

Bernard Hennebert, Président de La Ligue des Usagers Culturels »

 

LA RÉPONSE DU SECRÉTAIRE D’ÉTAT

Cher Monsieur Hennebert, la première année de cette législature a été très chargée. Nous avons remis le Département de la Politique scientifique fédérale en ordre de marche en donnant des cadres linguistiques à tous les Etablissements scientifiques fédéraux, en complétant tous les organes de gestion, en arrivant au bout de la procédure de désignation du Président du Comité de direction, en réformant les règles de délégation de signatures, en réalisant une réforme nécessaire de divers textes juridiques, … Nous avons entamé une montée en puissance de la Politique scientifique fédérale en augmentant les moyens liés aux programmes de recherche, aux infrastructures fédérales de recherche, aux partenariats européens et nous allons pouvoir lancer, grâce aux fonds européens, un appel à projets dans les domaines aéronautique et spatial. Nous avons également lancé des projets importants comme le Centre climat, le redéploiement du site du Cinquantenaire, la nouvelle approche sur la restitution (reconstitution),S’agissant plus spécifiquement des musées, nous les avons soutenus financièrement pour compenser la diminution considérable de recettes propres consécutive à la pandémie. Nous continuerons évidemment à les aider à faire face aux conséquences de cette crise. Nous avons également soutenu spécifiquement les Musées royaux des Beaux-Arts, tant de façon pérenne que pour l’organisation de l’exposition Tracks to modernity dans le cadre du festival Europalia. D’autre part, les Old masters et le Musée Fin de Siècle sont désormais tous les deux accessibles et de nombreuses expositions temporaires ont eu lieu dans tous nos musées. Si les collections d’art moderne et contemporain ont fait l’objet de telles expositions temporaires, nous avançons également sur une piste permettant de les présenter de façon plus pérenne.

Par ailleurs, des crédits importants sont prévus par la Régie des Bâtiments pour opérer les rénovations prioritaires de nos Etablissements scientifiques fédéraux et notamment des Musées royaux des Beaux-Arts et des Musées Royaux d’Art et d’Histoire. Certaines de ces rénovations ont d’ailleurs débuté. Par ailleurs, les procédures de désignation des DG de 7 des 10 ESF, parmi lesquels les Musées royaux d’Art et d’Histoire, l’Institut royal des Sciences naturelles et le Musée royal de l’Afrique centrale, vont être lancées.

Nous avons également élaboré, à l’issue d’un processus participatif avec toutes les entités de BELSPO, un projet de Contrat d’administration. Ce contrat prévoit, parmi un grand nombre de réformes visant une meilleure efficience du Département dans son ensemble, le développement d’une fonction de soutien à la politique des publics et des collections de nos musées. Il s’agit donc d’offrir, au niveau de l’administration centrale, un appui aux Directeurs généraux à la tête des musées, pour améliorer la gestion de leurs publics et celle de leurs collections. Le plan de personnel du SPP Politique scientifique prévoit déjà le recrutement de personnel pour remplir cette fonction. Une fois ces personnes recrutées, nous les chargerons de travailler, en réseau avec les musées, aux différents chantiers que vous citez et qui, en effet, me paraissent importants : charte des usagers, livre d’or, … Les conseils des associations d’usagers comme la vôtre seront bien entendu très précieux.

Quant à la gratuité le premier mercredi du mois, je soutiens les musées qui la pratiquent mais n’entends pas l’imposer aux autres. En effet, il me semble nécessaire de laisser une autonomie sur ce point aux Directions. Les tarifs sont les seules marges de manœuvre dont elles disposent budgétairement dès lors que le niveau des dotations leur est imposé. Je suis, cela dit, plutôt favorable à des tarifs différenciés permettant à chacun d’aller au musée qu’à des mesures générales de gratuité qui profitent également aux visiteurs les plus aisés et qui augmentent le besoin de fonds publics nécessaires pour assurer le fonctionnement des Institutions. Je suis toutefois évidemment intéressé par votre projet de texte et le lirai avec beaucoup d’intérêt. C’est un débat difficile mais je partage évidemment l’idée que le prix est un des leviers permettant d’élargir le public des musées.

S’agissant des points que vous citez, et qui sont spécifiques à l’un ou l’autre musée, je me permets de vous renvoyer vers leur Directeur général. Vous pouvez déduire mon point de vue sur ces questions de mon adhésion aux 15 premiers engagements du Code des usagers culturels.

Je vous remercie à nouveau pour le travail que vous réalisez dans l’intérêt des publics des musées et vous prie d’agréer, cher Monsieur Hennebert, l’assurance de toute ma considération.

Thomas Dermine