mardi 17 novembre 2020

BOZAR n’aime pas beaucoup les chômeurs

 

La façade de BOZAR en plein confinement (novembre 2020)


Depuis plusieurs années, pour ses expositions, BOZAR (Palais des Beaux-Arts de Belgique) pratiquait l’entrée à 2 euros tous les mercredis pour deux catégories de visiteurs: les moins de 30 ans et les demandeurs d’emplois.

Le 6 décembre 2019, avec le démarrage de la rétrospective consacrée à Keith Haring, la tarification a évolué: cet avantage a été maintenu pour les moins de 30 ans, mais supprimé pour les demandeurs d’emploi, et ce, sans aucune explication du pourquoi au public.

Pour nous, la démocratisation culturelle exige, pour ne pas rester théorique, que le public soit informé de l’évolution du fonctionnement économique des institutions. Les usagers doivent être mis au courant des raisons pour lesquelles des réductions et des gratuités sont octroyées ou supprimées à telle ou telle catégorie d’entre-eux.

 

Traitement différent pour les chômeurs et les moins de 30 ans

Complémentairement, était également proposé un tarif réduit applicable tous les jours pour tous les demandeurs d’emploi.

Celui-ci a également évolué. Il s’est précisé dans sa formulation, ce qui en limite l’usage pour certains.

Le 6 novembre 2020, Barbara Porteman, responsable au service de presse, répond à notre demande d’information, à ce sujet: «La recherche d’emploi «tout court» n’est en effet plus un tarif réduit. Nous appliquons désormais l’intervention majorée. Cela concerne les retraités, les invalides, les demandeurs d’emploi,… Les personnes qui bénéficient d’une allocation augmentée grâce à leur mutualité bénéficient toujours d’une réduction chez nous. Il s’agit de 50%. Les demandeurs d’emploi qui ne sont pas en situation de «pauvreté», et qui n’ont donc pas de formulaire de leur caisse d’assurance maladie, ne bénéficient pas d’une réduction».

Quant à l’évolution du tarif des mercredis à 2 euros pour les moins de 30 ans et les demandeurs d’emploi?

Barbara Porteman: «Il n’est valable que pour les moins 30 ans. La direction a pris cette décision pour éviter les réductions cumulatives».

Effectivement, pas cumulative pour les demandeurs d’emploi… mais, au contraire, bien cumulative pour les moins de 30 ans puisqu’ils ont droit, et au mercredi à 2 euros, et à une réduction quotidienne de 50% sur le tarif plein: https://www.bozar.be/fr/static-pages/120950-tickets-tarifs-reductions

Voilà donc un exemple concret récent de plus pour inciter le gouvernement fédéral Vivaldi à demander à Thomas Dermine (pour les institutions scientifiques), Sophie Wilmès (pour BOZAR notamment) et Ludivine Dedonder (pour le Musée de l’Armée) de préparer, de concert, un Code de bonne conduite en faveur des usagers qui fréquentent toutes nos institutions culturelles et scientifiques au niveau fédéral.

Au fil des années, on constate à plusieurs reprises que les demandeurs d’emploi étaient la cible de petites discriminations organisées par ce vaisseau culturel bruxellois.

Dans un article publié dans Le Ligueur (l’hebdo de La Ligue des Familles) daté du 28 janvier 2004 (http://www.consoloisirs.be/articles/leligueur/057.html), on découvre, à propos de deux expositions d’Europalia Italie («Une Renaissance singulière» et «Vénus dévoilée») que: «Les tarifications affichées aux guichets indiquent des réductions pour les seniors et pour les étudiants. La réduction pour les chômeurs n’y figure pas et, pourtant, elle est annoncée dans les dépliants. Pensant qu’une tarification est par nature exhaustive, combien de chômeurs pudiques n’auront même pas demandé si leur statut leur donnait droit à un avantage financier. Contactés, les organisateurs ont reconnu leur erreur. Le courriel de la plainte a été envoyé le 24 décembre 2003. Les tarifications plus conformes (de simples photocopies) ont été affichées le 14 janvier 2004. Entretemps, plusieurs rappels furent nécessaires. L’obstination paie!».

Il faut savoir que la responsable des relations extérieures avait indiqué dans un e-mail envoyé dès le 8 janvier 2004 qu’elle allait procéder à la rectification. Cinq jours plus tard, à aucun des trois points de vente du musée, la tarification avec sa version chômeurs-admis n’a été affichée, à l’inverse de feuillets annonçant la prolongation de ces expositions… Ce fait fut fermement signalé à l’institution, le 13 janvier 2004. La situation évoluera enfin favorablement, et se règlera en moins de 24 heures.

Acte manqué? Au fil des années, BOZAR a vraiment des difficultés à communiquer sur cette gratuité spécifique.

Plus récemment, lorsque l’institution lança sa réduction à 2 euros pour l’entrée de ses expositions, chaque mercredi, à destination des jeunes et des chômeurs, elle en fit une promotion qui ne mentionnait pas ces derniers, et il a fallu batailler ferme et longtemps pour qu’il y ait une évolution, hélas pas celle souhaitée: l’arrêt pur et simple de cette promo au lieu d’une annonce analogue avec la mention des deux types de bénéficiaires.

Pour la com, c’est peut-être plus frappant de mettre en avant une seule catégorie de visiteurs et de choisir la jeunesse, mais n’attend-on pas d’un organe culturel fortement subsidié qu’il respecte tout le public en l’informant de façon exhaustive de ses devoirs, droits et avantages?

 

Également aux MRBAB

BOZAR n’a pas le monopole. Les Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique (MRBAB) actuellement dirigés par Michel Draguet ont eux aussi, au fil des années, joué au yoyo avec la gratuité/réduction des chômeurs, ou pas; médiatisée, ou pas.

La création d’un Code pour les usagers serait d’autant plus important que certaines directions semblent bien peu se préoccuper des droits des usagers. En voici un exemple concret assez étonnant, toujours à propos des chômeurs.

Au cours d’un entretien réalisé en novembre 2003, s’est déroulé un fait assez inattendu et qui nous semble significatif. Pour répondre aux questions du Ligueur, Helena Bussers, la conservatrice en chef faisant fonction aux MRBAB, entourée de ses collaborateurs: Thérèse Marlier, attachée de presse, et Régis Hespel, le responsable de la sécurité, du personnel technique et des chantiers.

Cet entretien était réalisé par celui qui deviendra bien plus tard le président de la L.U.C. Bernard Hennebert : «   (…) Pour valoriser son institution que j’égratignais sur différents points, Madame Bussers me déclare tout de go qu’elle tenait beaucoup au fait que les chômeurs aient droit à entrer gratuitement dans les musées dont elle a la charge: «C’est normal pour ces gens pour qui toutes les portes se ferment. Qu’on ouvre les nôtres! C’est l’aspect service public des musées. Qu’un maximum de gens s’y sentent bien».

Me voilà alors sans voix. J’hésite même un instant à mettre mon interlocutrice face à la réalité des faits. Finalement, j’explique: ces deux «gratuités» (car le même avantage est également accordé aux personnes handicapées) ont été supprimées quelques mois plus tôt et remplacées par une réduction à 2€, mesure imposée aux musées par un arrêté du ministre Charles Picqué (PS). Aucun des trois représentants des MRBAB présents à cet entretien ne me croit et, finalement, l’un d’eux téléphone à une autre responsable de leur équipe qui confirme mes dires.

Découvrant ainsi cette évolution, mon interviewée m’annonce derechef qu’elle va tout mettre en œuvre pour tenter de la modifier. Mme Bussers sera également étonnée d’apprendre de ma bouche que la présentation de la tarification au guichet principal a été changée. Jusqu’il y a peu, un panneau indiquait toutes les réductions et gratuités dont celles des chômeurs et personnes handicapées. Avec l’évolution récente de la tarification, il a fallu revoir l’affichage. Désormais, le panneau n’indique plus que des prix sans expliquer à quoi ils correspondent: 5 €, 3 €, 5 € et 2 €. À quoi servent donc ces réductions si elles ne sont pas clairement précisées où l’on s’acquitte de son droit d’entrée?

Mon interlocutrice prend alors l’initiative de me déclarer qu’elle va revoir cette tarification afin qu’elle soit affichée de manière exhaustive:«…Même si cela ne sera pas facile car il faut le faire en quatre langues! (…) ».

Pour la direction du musée, les évolutions des conditions d’entrée des visiteurs constituent-elles une priorité?

Supprimer des «gratuités» est pourtant une mesure qui se décide rarement

Voici l’article où l'on retrouvera l’entièreté de cet entretien avec la direction des MRBAB: http://www.consoloisirs.be/articles/leligueur/052.html

 

 

vendredi 13 novembre 2020

Le Secrétaire d’État « des musées » nous écrit

 

La publication des point de vue des six partis qui se positionnaient par rapport à nos quatre propositions a été très rapidement suivie, le 10 novembre 2020, par un long courriel adressé au Président de la L.U.C. par Thomas Dermine (PS), le nouveau Secrétaire d’État qui est notamment chargé de la politique scientifique (dont les musées fédéraux : le musée des Sciences Naturelles, le musée d’Art et Histoire, le musée des Instruments de musique, le musée d’Art ancien, le musée Fin de siècle, le musée Magritte, etc.).  

Voici son message dans son intégralité.  

 

Cher Monsieur Hennebert,

Les usagers doivent pour nous être au centre des préoccupations des acteurs culturels. Les musées fédéraux, qui relèvent de mes compétences, conservent, étudient et valorisent des collections qui appartiennent au patrimoine de l’Etat et donc à nous toutes et à nous tous. L’accès (entendu au sens large) pour tous à ces collections est donc non seulement une dimension essentielle, mais il constitue un véritable droit. Tout ce qui peut rapprocher le musée de ses usagers doit dès lors être encouragé (information, tarifs abordables pour tous et réductions accessibles quel que soit le mode de réservation, accessibilité du bâtiment aux PMR, …) et je fais miens à la fois les objectifs et les 15 premiers engagements du « Code du respect des usagers culturels » (les 3 derniers engagements étant, dans leur formulation, spécifiques à la Communauté française).

Nos musées fédéraux ont déjà des services en charge des publics. Ils jouent pour moi un rôle essentiel et doivent être mis au centre de la gestion des Institutions dès lors qu’un très grand nombre d’aspects de cette gestion ont un impact direct ou indirect sur le public (programmation artistique, horaires, tarifs, aménagements des bâtiments, communication, …). J’accorde aussi une importance toute particulière aux efforts fournis pour élargir les publics.

D’autre part, et pour répondre à vos dernières questions, il serait en effet intéressant, que les musées organisent des rencontres sur les droits des usagers et permettent à ceux-ci de laisser une appréciation, positive ou négative, sur un livre d’or en ligne, cela même si des sites proposent déjà ce genre de services.

Sur le plan tarifaire, puisque vous évoquez longuement la question de la gratuité, les musées fédéraux ont surtout investi dans des réductions diverses : seniors, groupes, étudiants, familles, et gratuité pour les jeunes de moins de 18 ans. Pour les personnes en situation de pauvreté ou de précarité, les musées travaillent avec des associations spécialisées, comme Article 27, afin que la visite reste abordable. Je soutiens cette politique différenciée selon les publics, ainsi que les musées qui pratiquent la gratuité pour tous un mercredi par mois.

Enfin, je vous remercie pour les efforts que vous déployez afin de faire valoir les droits des usagers. Les associations qui se font l’intermédiaire entre le public (et le « non-public ») et les pouvoirs publics jouent un rôle fondamental et j’entends bien prendre en compte leurs recommandations dans la définition des politiques que je mènerai tout au long de cette législature.

jeudi 12 novembre 2020

Six partis nous répondent

D’ici la fin du mois de novembre 2020, tous les ministres du nouveau gouvernement VIVALDI doivent présenter aux élus fédéraux une note qui détaille la politique qu’ils vont concrétiser au cours de la législature. 

Pour la L.U.C., le timing est parfait.

Le 9 novembre 2020, nous rendons public les réactions de six partis à nos propositions concernant les musées et institutions scientifiques fédéraux.  

Parlementaires dont les partis nous ont répondu :
Écolo-Groen (21), PS (19), MR (14), PTB-PVDA (12), CDH (5) et DéFI (2).



Voici les quatre points à propos desquels nous avions demandé à chaque parti francophone démocratique de se positionner :

http://la-luc.blogspot.com/2020/10/quatre-propositions-pour-notre-nouveau.html

Chaque partis s’est positionné, et de façon fort positive.

 1 : Écolo-Groen:

«Une politique orientée vers les usagers culturels»

Le 29 septembre 2020, avant la formation du nouveau gouvernement, la première réponse à nous parvenir concernant notre questionnement émane de la députée fédérale Séverine de Laveleye (Écolo-Groen) qui a déjà posé plusieurs questions sur les «usagers culturels» au ministre du gouvernement précédent, David Clarinval, ministre chargé de la Politique Scientifique.

 Cette première réponse sera complété par son successeur sur ces enjeux culturels fédéraux, Nicolas Parent(nouvellement député depuis le départ de Sarah Schlitz comme Secrétaire d’Etat au gouvernement fédéral dit Vivaldi).

«Nous avons porté en négociation l’intégration d’une politique orientée vers les usagers culturels, avec notamment:

  • la gratuité des musées fédéraux un jour semaine. Le Ministre Clarinval a répondu qu’un groupe de travail serait mis en place pour évaluer cela. Il sera nécessaire de demander à ses successeurs de faire le bilan du travail de ce groupe. Il est évident que ce type de mesures contribuerait à renforcer l’accessibilité à la culture, ce qui est d’autant plus important avec l’impact socio-économique de la crise sanitaire.
  • l’introduction d’une charte des usagers culturels sur base du code existant en FWB. (votre point 1).

Sur ces deux points, il est important de rappeler que cette mesure s’inscrit dans une logique d’exercice plein et entier des droits culturels par les citoyens. Il ne s’agit pas simplement d’avoir accès à l’offre culturelle mais d’être en capacité d’y prendre part de matière active et de se faire entendre, de s’engager. (points 2, 3 et 4.).

Il s’agit d’une dynamique à appuyer puisqu’elle doit permettre de mieux sensibiliser les publics, comme défini dans l’accord de Gouvernement, en étant plus en phase avec leurs besoins, remarques et observations.

La crise sanitaire a mis à rude épreuve, et en évidence ,l’importance des liens entre les usagers et le monde culturel. De la force de ses liens, qu’il faudra impérativement resserrer, dépendra la résilience des acteurs, des lieux, des institutions culturels. C’est une opportunité qui devra être saisie en renouant d’abord avec les usagers les plus proches au niveau national. Nous ne manquerons pas de défendre cette vision dans le cadre des débats parlementaires».

2 : PTB:

«Nous aimerions porter vos revendications»

 Geoffrey Mahieu, collaborateur parlementaire (PTB), nous répond le 8 octobre 2020:

 «Nous vous remercions pour votre précieuse sollicitation. C’est en effet très intéressant d’obtenir les points de vue de chacun, tant des travailleurs culturels que de leurs usagers.

Nous avons donc lu avec grande attention vos revendications et nous aimerions les porter lors des prochaines discussions sur le secteur culturel au parlement fédéral.

En effet, vos propositions rejoignent parfaitement l’idée qu’il faut inclure au maximum les citoyens dans les décisions qui les concernent. Nous avions ainsi, par exemple, lors des élections de 2019, proposé que les citoyens puissent être associés à la prise de décision dans les conseils d’administration des entreprises publiques. Impliquer les citoyens dans les décisions en matière culturelle nous semble donc plus que pertinent, et plus que souhaitable.

 En outre, nous pensons que les intérêts des usagers sont complémentaires aux intérêts des travailleurs. Nous sommes en effet tous demandeurs de « plus de culture » et d’une meilleure accessibilité vis-à-vis de celle-ci.

À cette fin, nous estimons également que le gouvernement fédéral (mais aussi les autres entités) ont un véritable rôle à jouer dans le financement de la culture (la crise ne devant pas être un prétexte pour raboter les budgets, nous y veillerons), ainsi que dans la gratuité de certaines représentations/expositions culturelles.

Notre parti attache à ce titre une attention particulière aux différentes inégalités qui traversent notre pays, qu’elles soient sociales, économiques, mais également culturelles.

Nous ne sommes pas tous égaux quant à son accès et, malheureusement, une partie de la population se retrouve exclue de la richesse que nos artistes peuvent apporter à ce pays.

Nous estimons donc que votre organisation a un réel rôle à jouer dans la définition des futurs politiques.

En ce sens, nous aimerions rester en contact avec vous car, avec le nouveau gouvernement et les discussions sur le futur budget, les travaux en commission risquent d’être « paralysés » pour quelques semaines encore.

Concrètement donc:

1.     Dès que nous pourrons interpeller les nouveaux ministres, nous allons relayer la légitime question de la gratuité de certains établissements et voir ce qui est prévu à ce niveau-là;

2.     Nous retenons vos revendications afin de les porter au parlement fédéral dès que le contexte le permettra;

3.     Si nous pouvons faire tout autre chose qui peut vous êtes utile, nous sommes à votre entière disposition.

 Nous vous remercions encore de nous avoir sollicité et souhaitons rester en contact.».

3 : CDH:

«Votre engagement est fondamental» 

Le 14 octobre 2020, Maxime Prévot, le Président du CDH, nous écrit:

«Votre courrier daté du 28 septembre 2020 relatif à l’objet sous rubrique m’est bien parvenu et a retenu ma meilleure attention. Votre engagement en faveur de l’accessibilité de l’information culturelle et du droit des citoyens en la matière est bien connu. Il est fondamental. Bravo et merci.

Attirer les publics dans les musées, c’est permettre au plus grand nombre de se connaître mieux. C’est donner accès à l’idée que la diversité est bien plus intéressante, plus réelle, plus cohérente même, que l’identique.

Je vous rejoins pleinement sur le fait que la gratuité est un des moyens à défendre pour encourager les citoyens à fréquenter les musées.

La revalorisation et la formation du personnel des ESF en sont deux autres. Le désinvestissement des dernières années a rendu le secteur exsangue. L’attractivité d’un musée est portée par les membres de son personnel. Ceux-ci doivent avoir l’énergie, la motivation et la formation nécessaires pour relever les défis qui sont les leurs: intéresser et mettre en place les moyens de développer l’intérêt du public. 

Concernant vos propositions, voici nos réponses:

1.     L’adoption des principes du «Code du respect des usagers culturels» par les ESF est une proposition très intéressante. Il y aura lieu de l’agencer à la situation des musées fédéraux qui disposent déjà d’une politique d’accueil des publics. Ils sont d’ailleurs soumis à des obligations en la matière.

2.     Je comprends votre souci de rendre identifiable la fonction de faire respecter le droit des usagers. Néanmoins, vous proposez des mesures qui relèvent de l’autonomie de chaque institution. Et, nous en parlions plus haut, les budgets de ces institutions ont été restreints alors même que leur possibilité de fonctionnement repose sur une grande diversité de métiers et fonction: gardien, conservateur, personnel d’accueil, médiateur, graphistes…

3.     L’organisation d’une assemblée annuelle sur les droits des usagers est très intéressante. Comment voyez-vous son organisation? Ne devrait-elle pas relever des fédérations sectorielles (lcom, MSW), des interfaces publiques telles que Visit Brussels ou le Conseil bruxellois des musées, etc?

4.     Une amélioration concernant la centralisation des infos et avis des usagers sur les ESF serait une bonne chose! La création d’un site internet devrait cependant à mon sens être indépendante des Musées. 

J’espère que vous trouverez ces réponses satisfaisantes et vous souhaite plein succès dans vos prochains combats.

Vous souhaitant bonne réception de la présente, je vous prie de croire à l’assurance de mes sentiments les meilleurs».

4 : PS:

«Une pertinence particulière»

Le 19 octobre 2020, Thomas Dermine (PS), le nouveau Secrétaire d’État chargé notamment de la politique scientifique, nous répond:

«En charge de la politique scientifique et en particulier des musées fédéraux, nous vous reviendrons avec nos réactions et commentaires par rapport à vos revendications qui trouvent une pertinence particulière dans le contexte actuel. Je copie mon collègue Xavier Lepoivre en charge de ces matières à cet effet.

 Bien à vous et merci pour votre implication».

5 : DéFI:

«Préoccupations légitimes»

Le 20 octobre 2020, François De Smet, le Président de DéfFI, nous écrit:

«J’accuse bonne réception de votre récent courrier électronique relatif aux revendications de la Ligue des usagers culturels. 

Je partage celles-ci marquées du sceau du bon sens et qui visent à rapprocher le citoyen de la culture, ce qui constitue une saine mesure. 

DéFI a pris connaissance de l’accord gouvernemental Vivaldi et il faut convenir que le point consacré aux musées fédéraux est particulièrement peu circonstancié: « Nous travaillerons sur une vision soutenue et tournée vers l’avenir pour toutes les institutions scientifiques et culturelles fédérales. Grâce à un plan global, à un financement durable des institutions, et à des initiatives complémentaires en termes de sensibilisation du public, un nouvel élan sera donné».

La gratuité des musées fédéraux ne paraît pas avoir été appréhendée « sensu stricto » ; je puis vous assurer que le suivi de vos revendications sera assuré dans le cadre du contrôle parlementaire.Mon collaborateur, Christophe Verbist, sera chargé dudit suivi.

En restant à votre écoute et vous réaffirmant tout l’intérêt que DéFI porte à vos légitimes préoccupations, je vous prie d’agréer Monsieur Hennebert, l’expression de mes salutations distinguées».

6 : MR:

«Favorable aux quatre propositions»

Le 26 octobre 2020, Georges-Louis Bouchez, le Président du Mouvement Réformateur, nous répond:

«Votre message m’est bien parvenu et a retenu toute mon attention. Veuillez m’excuser pour le délai de réponse.

Sur le principe, le MR soutient la défense des consommateurs et usagers culturels. Nous pouvons donc nous montrer favorable à ces 4 propositions, tout en soulignant que, pour certaines d’entre elles, des solutions alternatives pourraient être étudiées (faut-il, par exemple, créer un poste spécifique pour la défense des droits des usagers ou cela peut-il être assuré par une personne déjà en poste?).

Nous ne pouvons que vous inviter à prendre contact à ce sujet avec les ministres en charge au gouvernement fédéral: Sophie Wilmès (MR) pour les institutions culturelles fédérales et Thomas Dermine (PS) pour la politique scientifique.

À votre disposition».

lundi 12 octobre 2020

Quatre propositions pour notre nouveau ministre.

 Le 11 octobre 2020, Le Vif publie notre «opinion» qui détaille les quatre propositions que le nouveau ministre fédéral des institutions scientifiques Thomas Dermine (PS) pourrait mettre en oeuvre afin les les musées fédéraux respectent mieux leurs visiteurs :

Sur le site du « Vif", ce 11 octobre 2020

Quatre propositions pour mieux respecter les visiteurs des musées fédéraux

Début juillet 2020, David Clarinval, ministre chargé de la Politique Scientifique, a permis le déblocage de moyens financiers issus des réserves financières de 2019. Hélas, au même moment, sous ses yeux, se détricote un des rares acquis des visiteurs : la « gratuité  du premier mercredi du mois » instaurée à la demande des autorités de tutelle depuis vingt-trois ans. Ce mercredi 7 octobre 2020, elle ne sera plus appliquée que par cinq sur quatorze institutions fédérales.

Depuis le déconfinement, nombre de musées ont perdu près des deux tiers de leur public. L’absence de touristes étrangers les poussent à (re)conquérir les visiteurs de chez nous. Rabougrir cette gratuité mensuelle n’est pas l’idéal pour valoriser leur image.

Et c’est loin d’être le seul problème. Le prix de l’entrée du musée de la KBR (anciennement Bibliothèque Royale de Belgique) qui vient d’être inauguré est plus cher que celui pratiqué au musée Magritte voisin. Aucune date de réouverture des musées Wiertz et Meunier n’est annoncée, ni celle d’une évolution de leurs horaires auxquels plus de 3.000 signataires d’une pétition reprochent qu’ils ne soient pas accessibles à la majorité des citoyens (travailleurs et étudiants), car fermés tous les week-ends, les jours fériés, et lorsqu’ils sont accessibles, ils referment leurs portes pendant la pause de midi.

Les touristes étrangers ne sont pas prêts de revenir et il faut donc élaborer au moins pour le moyen terme l’avenir des musées fédéraux d’une autre manière. Restaurer une image qui met en valeur leur accueil et leur respect du public constituerait un atout indéniable et coûterait sans doute bien moins cher qu’une campagne de communication.

Voilà pourquoi l’asbl « La Ligue des Usagers Culturels » demande au prochain gouvernement fédéral à la fois de mieux soutenir financièrement ses établissements scientifiques et culturels mais également de mettre en place quatre mesures indispensables pour redéployer les droits des visiteurs en leur sein :

  1. L’adaptation au fédéral du « Code de respect des usagers culturels » initié en Fédération Wallonie-Bruxelles. Qu’il existe enfin des règles communes (chaque musée ayant jusqu’à présent son propre règlement) afin que les institutions fédérales respectent mieux les droits de leurs visiteurs.

    Il est intéressant de rappeler que Michel Draguet qui dirige les cinq institutions des Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique (MRBAB) avait fait part par écrit, après analyse par ses services, de son intérêt pour adapter à un niveau fédéral toutes les obligations concrètes de ce Code.


  2. Au sein de chaque institution, la création de la fonction d’une personne ressource dont le travail consistera à défendre en interne les droits des usagers de façon transversale, dans tous les départements, y compris auprès de la direction et du conseil d’administration.

    Si l’intérêt pour le public est évidemment dans toutes les pensées des membres du personnel de ces institutions, la surcharge du travail, la priorité prise désormais presque partout par le besoin de faire de la communication ainsi que la recherche effrénée bien souvent d’une rentabilité immédiate ne permettent plus vraiment de concrétiser jour après jour cet intérêt.


    Il convient donc de retrouver au sein des diverses institutions le moyen de rendre incontournable cette préoccupation.


  3. L’organisation par et dans chaque institution d’une rencontre annuelle sur les droits de ses usagers. Tous les membres de la direction et autres personnes à responsabilité devraient assister et participer à l’intégralité de ce rendez-vous qui devrait être interactif, enregistré, puis rendu public sur le long terme.

  4.  Le déploiement d’un site internet spécifique où se retrouveraient les «livres d’or» de tous les musées fédéraux (et autres institutions scientifiques). Ainsi, tous les usagers seraient invités à commenter leurs visites et à découvrir les commentaires des publics de toutes les institutions.

ANNEXE
Voici les 15 points du « Code de respect des usagers culturels » en vigueur en Fédération Wallonie-Bruxelles : http://www.culture.be/index.php?id=5235#:~:text=Une%20première%20en%20Communauté%20française%20%3A%20en%20avril,que%20tous%20sortent%20gagnants%20au%20bout%20du%20compte

mercredi 7 octobre 2020

Du ministre Clarinval au ministre Dermine

La chaîne LN24 a capté en direct le moment où  Thomas Dermine (PS),
 le nouveau ministre qui s’occupe notamment des musées fédéraux,
prête serment devant le Roi. 


Le ministre David Clarinval (MR), ministre de la politique scientifique, s’est positionné sur le fait que quasi deux tiers des institutions fédérales n’appliquent plus la demi-journée mensuelle de « gratuité pour tous » du premier mercredi du mois. 

Il a répondu, le 8 septembre 2020, sur ce sujet, à l’interpellation de La Ligue des Usagers Culturels. 

D’autre part, il a réagi, également par écrit, le 29 septembre 2020, aux questions posées par les députés fédéraux Séverine de Laveleye (Écolo-Groen) et Jean-Marc Delizée (PS).

Ses réponses sont quasi identiques et suscitent nos réactions suivantes qui, nous l’espérons, seront prises en compte par son successeur, Thomas Dermine (PS). 

Voici le texte de notre alerte « Musées fédéraux: vers la fin de la gratuité mensuelle? »:

https://www.lalibre.be/debats/opinions/musees-federaux-vers-la-fin-de-la-gratuite-mensuelle-5f5e409b9978e2322feb1065?fbclid=IwAR0eDIhQDNxJCZDtuw8yEaSoKWG_OsKzzoK-O98drruBM9YkqNqGf762gJ0


Les quatre réponses du ministre

1 : Le ministre Clarinval justifie ainsi l’arrêt de la gratuité mensuelle notamment au Musée des Sciences Naturelles : « Cette décision a été prise en raison du contexte sanitaire. Elle vise à éviter l’afflux massif de visiteurs que cette gratuité entraîne habituellement et ainsi garantir le strict respect des mesures sanitaires, dont la distanciation sociale, dans l’intérêt de l’ensemble des visiteurs ». 

Notre réaction :

Bien entendu, La Ligue des Usagers Culturels ne peut admettre qu’une gratuité mensuelle pour tous ait pour conséquence, vu sa réussite, un afflux trop grand de visiteurs.

Cet argument nous a déjà été fourni par les musées pour ne pas envisager une gratuité le premier dimanche au lieu du premier mercredi du mois. Nous leur avons toujours répondu : il suffit de permettre, ce jour-là, la réservation, comme vous l’organisez les autres jours. Généralement, face à cette réponse, les musées se mettent à parler d’autre chose… 

La réaction du Musée des Sciences Naturelles nous semble d’autant plus absurde que justement, dans cette période de crise sanitaire, la réservation est devenue le plus souvent obligatoire. Le public s’y habitue. Il suffit de l’appliquer à la gratuité mensuelle pour tous. 

Apparemment, on ne réfléchit et on n’argumente pas de la même façon quand on est un représentant du peuple ou un usager culturel.

Pourquoi pour éviter l’afflux massif de visiteurs n’insisterait-il pas justement sur le maintien par toutes les institutions de cette gratuité plutôt que d’accepter de rassembler le public intéressé par cette aubaine seulement dans un nombre minimum de lieux, cinq au lieu de douze (en ne comptant pas dans ce chiffre les musées d’Extrême-Orient et le musée des Instruments de musique, en restauration)? 


2 : Le ministre Clarinval explique : « Pour le Musée royal de l'Afrique centrale, il a été décidé, en décembre 2018 lors de sa réouverture, de réduire la proportion d'entrées gratuites et d'entrées à tarif réduit mais de maintenir le prix du billet d'entrée à un niveau bas. Dans le même temps, il a été décidé d'offrir à tous les jeunes jusqu'à 18 ans la gratuité du musée ».

Notre réaction :

- A : Si l’on compare la tarification en 2020 de ce musée avec celle du Musée Magritte, on découvre que ce fameux « billet d’entrée à un niveau bas » est au contraire à un niveau plus élevé : 12 euros alors que le ticket du Musée Magritte est fixé à 10 euros. Cela ne peut donc nullement justifier l’arrêt de la gratuité mensuelle (que d’ailleurs le Musée Magritte continue d’appliquer). Il faudra donc essayer de trouver une autre justification plus plausible!

Quant aux gratuités pour les jeunes, ce n’est pas une particularité du Musée royal de l'Afrique centrale : c’est une évolution récente appliquée dans de nombreux musées belges. Constatons que les musées de la ville de Liège sont bien plus courageux car ils accordent cette gratuité aux moins de 26 ans sans pour autant supprimer leur gratuité pour tous de la journée entière du « premier dimanche du mois ».

- B : Dans la plupart des musées , il y a deux catégories d’avantages : d’une part, des gratuités pour tous (que peuvent également utiliser les publics fragilisés) et, d’autre part, des gratuités ou réductions pour des public précis. 

Il nous semble inapproprié de justifier la suppression d’un avantage réservé à la première catégorie par le maintien de la seconde catégorie.


Le panneau de la tarification du Musée royal de l'Afrique centrale.



3 : Le ministre Clarinval poursuit, à propos des MRBAB (le musée Magritte, le musée d’Art Ancien, le musée Fin de Siècle) : « Enfin, pour les MRBAB, ils ont maintenu la gratuité du premier mercredi après-midi du mois. Ils me signalent toutefois que la crise du Covid a fortement réduit leurs revenus en 2020 et que, dans ce contexte, le maintien de cette mesure de gratuité ne contribue évidemment pas à améliorer la situation financière de l’institution ».

Notre réaction :

L’argent est le nerf de la guerre. C’est souvent le prétexte pour justifier la suppression d’un droit du public (la gratuité mensuelle existe depuis 23 ans et elle a été mise en place comme contre partie à la suppression de la gratuité quotidienne des fonds permanents).

Constatons qu’il y a d’autres gratuités qui coûtent bien chères qui, elles, ne sont jamais remises en question: les vernissages bien arrosés, par exemple.

Si la gratuité mensuelle pour tous constitue, bien sûr, un manque à gagner en terme d’entrées, elles peuvent aussi rapporter. Bizarre ici le silence sur les bénéfices, ces jour-là, des shops et des bars ou restaurants. Le plus grand musée privé wallon, le musée Hergé de Louvain-la-Neuve, a pris l’initiative de pratiquer la gratuité du premier dimanche justement pour ces raisons-là.

Il est quand même étonnant que le ministre Clarinval ne réagisse pas à cet extrait de notre carte blanche: « On oublie les tirelires ? (Pour qu’on) n’égratigne pas l’économie fragile de nos musées, il conviendrait notamment de développer le projet de la tirelire. Celle-ci est proposée à la sortie des activités gratuites, comme le font notamment la quinzaine de musées gratuits (tous les jours) de la ville de Paris dont le célèbre Musée d’Art moderne.

À Gand, une enquête réalisée au Smak, le Musée municipal d’Art actuel, a montré que les montants récoltés par ces dons dépassaient la somme des tickets tarifés à leur prix moyen. Le public donne un euro de plus si la tirelire est placée à la sortie plutôt qu’à l’entrée. Les visiteurs sont plus généreux pendant les week-ends ».

Il y a bien d’autres retombées économiques positives aux « gratuités mensuelles pour tous ». Nous sommes prêts à participer à pareille réflexion. 

N’oublions pas que quelques musées traitent plutôt mal cette gratuité. Il faut faire preuve de bonne volonté et d’imagination. Ce n’est pas toujours le cas.

Dans la même carte blanche nous écrivions : « Promouvoir une gratuité est capital puisque l’une des raisons invoquées pour leur instauration est la recherche de nouveaux publics. La gratuité concurrente, celle du "premier dimanche du mois" qui est pratiquée par 150 musées belges, l’a assimilée : un site internet et une newsletter mensuelle touchant des dizaines de milliers de visiteurs potentiels, une brochure annuelle d’une cinquantaine de pages insérée dans la presse et diffusée en bibliothèques et salles d’attente de médecins, etc. Rien de semblable au fédéral, où on en vient même jusqu’à oublier un geste qui coûte zéro euro : l’indiquer dans les dépliants de présentation. Par exemple, celui du Musée Magritte qui fut diffusé à plus de 500 000 exemplaires ».


4 : Enfin, le ministre Clarinval annonce la constitution d'un groupe de travail sur la gratuité des musées afin « d'objectiver la réflexion à ce sujet ». 

Notre réaction :

Voilà une décision qui sera reprise, espérons-le, par le nouveau ministre Thomas Dermine.

On se demande bien qui fera partie de ce groupe de travail et comment seront définis ses objectifs… Et comment les visiteurs y seront représentés? 


Annexe :

La réponse du 29/09/2020 aux deux députés du ministre David Clarinval (MR), ministre de la politique scientifique.

Madame de Laveleye, 

Monsieur Delizée,

Ayant reçu plusieurs questions concernant la politique de gratuité des musées fédéraux, je me permets d’y apporter une réponse commune. Nous allons donc faire le point sur la situation dans les différents établissements scientifiques fédéraux (ESF) suivants : 

- L’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique

- Les Musées royaux d'Art et Histoire

- Le Musée royal de l'Afrique centrale

- Le KBR museum

- Les Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique

Concernant L’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique, il a, en effet, temporairement suspendu la gratuité du premier mercredi du mois dès 13h depuis sa réouverture le 19 mai.  Cette information a été communiquée via la page d’accueil de son site internet. 

Il s’agit d’une mesure prise dans le cadre de l’autonomie de gestion de l’Institut. Cette décision a été prise en raison du contexte sanitaire. Elle vise à éviter l'afflux massif de visiteurs que cette gratuité entraîne habituellement et ainsi garantir le strict respect des mesures sanitaires, dont la distanciation sociale, dans l’intérêt de l’ensemble des visiteurs. 

En effet, leur parcours de réouverture est conçu pour des petits groupes de 5 personnes maximum. La réintroduction de la gratuité entraînerait la réservation de tickets par des groupes plus importants, ce qui pourrait retarder sérieusement la durée de la visite, fixée à 2 heures maximum. Par ailleurs, cela rendrait le respect des mesures de distanciation sociale difficile.  

Dès lors, la gratuité des premiers mercredis du mois est actuellement suspendue. Pour cette même raison, le musée n'organise actuellement pas de visites guidées pour les groupes.

En outre, il convient de préciser que toutes les autres gratuités ont été maintenues et que l'exposition temporaire a été intégrée au parcours de réouverture sans aucun supplément de prix. 

Les Musées royaux d'Art et Histoire ont également décidé de suspendre l'entrée gratuite le premier mercredi après-midi du mois en raison du contexte sanitaire. Il s'agit, là encore, d'une mesure temporaire prise afin de garantir la distanciation sociale.

En ce qui concerne le Musée royal de l'Afrique centrale, la décision de mettre fin à la gratuité le premier mercredi après-midi du mois date de sa réouverture en décembre 2018. Dans le même temps, il a été décidé de maintenir le prix du billet d’entrée à un niveau bas. Le musée travaille également avec une politique de groupes cibles. Il accorde ainsi l’entrée gratuite aux jeunes de moins de18 ans. Par ailleurs, sous certaines conditions, des taux très fortement réduits sont pratiqués pour les groupes socialement plus défavorisés.

Comme vous le savez, le KBR museum a ouvert ses portes le 18 septembre 2020 et ne pratique pas la politique de gratuité du mercredi après-midi. Plutôt qu'une règle "générale", l’établissement a opté pour une politique de prix dans laquelle l'entrée est gratuite pour certains groupes cibles. Par exemple, le musée sera accessible gratuitement et en permanence aux moins de 18 ans, aux personnes handicapées (+1 accompagnateur), aux demandeurs d'emploi et aux enseignants. Il est également possible de visiter le musée de la KBR avec une carte ICOM et un pass pour le musée. 

Enfin, les Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique ont maintenu la gratuité du premier mercredi après-midi du mois. Ils signalent  toutefois que la crise du Covid-19 a fortement réduit leurs revenus en 2020 et qu’il est certain que, dans ce contexte, le maintien de cette gratuité ne contribue pas à améliorer la situation financière de l’institution.

De manière plus générale, je suis pour un accès le plus large possible aux collections fédérales. De même, je suis favorable à toutes initiatives qui permettent de donner goût à la culture au plus grand nombre et de la rendre accessible au public le plus vaste possible. La gratuité participe bien entendu à cela. 

Toutefois, les réalités financières des établissements scientifiques fédéraux doivent être prises en compte. La crise du Covid-19 a sérieusement impacté les musées. Leur taux de fréquentation a drastiquement chuté et certains sont désormais dans une situation budgétaire très précaire. 

Comme ministre fédéral chargé de la Politique scientifique, cela me préoccupe énormément. C’est notamment pour les aider que j’ai autorisé certains projets d’investissement, ou le recours aux recettes historiques. 

L’avenir de la gratuité ne peut donc être réfléchi seul, il faut l’englober dans une réflexion d’ensemble sur la meilleure façon d’aider nos musées à retrouver un nouveau souffle. Il est important de trouver un juste équilibre entre la santé financière de nos ESF et la poursuite d’une politique d’ouverture de la culture au plus grand nombre.

Un groupe de travail va d’ailleurs être lancé pour objectiver la question de la gratuité, sur base de données concrètes. Ses résultats devront nourrir une réflexion d’ensemble.