jeudi 12 novembre 2020

Six partis nous répondent

D’ici la fin du mois de novembre 2020, tous les ministres du nouveau gouvernement VIVALDI doivent présenter aux élus fédéraux une note qui détaille la politique qu’ils vont concrétiser au cours de la législature. 

Pour la L.U.C., le timing est parfait.

Le 9 novembre 2020, nous rendons public les réactions de six partis à nos propositions concernant les musées et institutions scientifiques fédéraux.  

Parlementaires dont les partis nous ont répondu :
Écolo-Groen (21), PS (19), MR (14), PTB-PVDA (12), CDH (5) et DéFI (2).



Voici les quatre points à propos desquels nous avions demandé à chaque parti francophone démocratique de se positionner :

http://la-luc.blogspot.com/2020/10/quatre-propositions-pour-notre-nouveau.html

Chaque partis s’est positionné, et de façon fort positive.

 1 : Écolo-Groen:

«Une politique orientée vers les usagers culturels»

Le 29 septembre 2020, avant la formation du nouveau gouvernement, la première réponse à nous parvenir concernant notre questionnement émane de la députée fédérale Séverine de Laveleye (Écolo-Groen) qui a déjà posé plusieurs questions sur les «usagers culturels» au ministre du gouvernement précédent, David Clarinval, ministre chargé de la Politique Scientifique.

 Cette première réponse sera complété par son successeur sur ces enjeux culturels fédéraux, Nicolas Parent(nouvellement député depuis le départ de Sarah Schlitz comme Secrétaire d’Etat au gouvernement fédéral dit Vivaldi).

«Nous avons porté en négociation l’intégration d’une politique orientée vers les usagers culturels, avec notamment:

  • la gratuité des musées fédéraux un jour semaine. Le Ministre Clarinval a répondu qu’un groupe de travail serait mis en place pour évaluer cela. Il sera nécessaire de demander à ses successeurs de faire le bilan du travail de ce groupe. Il est évident que ce type de mesures contribuerait à renforcer l’accessibilité à la culture, ce qui est d’autant plus important avec l’impact socio-économique de la crise sanitaire.
  • l’introduction d’une charte des usagers culturels sur base du code existant en FWB. (votre point 1).

Sur ces deux points, il est important de rappeler que cette mesure s’inscrit dans une logique d’exercice plein et entier des droits culturels par les citoyens. Il ne s’agit pas simplement d’avoir accès à l’offre culturelle mais d’être en capacité d’y prendre part de matière active et de se faire entendre, de s’engager. (points 2, 3 et 4.).

Il s’agit d’une dynamique à appuyer puisqu’elle doit permettre de mieux sensibiliser les publics, comme défini dans l’accord de Gouvernement, en étant plus en phase avec leurs besoins, remarques et observations.

La crise sanitaire a mis à rude épreuve, et en évidence ,l’importance des liens entre les usagers et le monde culturel. De la force de ses liens, qu’il faudra impérativement resserrer, dépendra la résilience des acteurs, des lieux, des institutions culturels. C’est une opportunité qui devra être saisie en renouant d’abord avec les usagers les plus proches au niveau national. Nous ne manquerons pas de défendre cette vision dans le cadre des débats parlementaires».

2 : PTB:

«Nous aimerions porter vos revendications»

 Geoffrey Mahieu, collaborateur parlementaire (PTB), nous répond le 8 octobre 2020:

 «Nous vous remercions pour votre précieuse sollicitation. C’est en effet très intéressant d’obtenir les points de vue de chacun, tant des travailleurs culturels que de leurs usagers.

Nous avons donc lu avec grande attention vos revendications et nous aimerions les porter lors des prochaines discussions sur le secteur culturel au parlement fédéral.

En effet, vos propositions rejoignent parfaitement l’idée qu’il faut inclure au maximum les citoyens dans les décisions qui les concernent. Nous avions ainsi, par exemple, lors des élections de 2019, proposé que les citoyens puissent être associés à la prise de décision dans les conseils d’administration des entreprises publiques. Impliquer les citoyens dans les décisions en matière culturelle nous semble donc plus que pertinent, et plus que souhaitable.

 En outre, nous pensons que les intérêts des usagers sont complémentaires aux intérêts des travailleurs. Nous sommes en effet tous demandeurs de « plus de culture » et d’une meilleure accessibilité vis-à-vis de celle-ci.

À cette fin, nous estimons également que le gouvernement fédéral (mais aussi les autres entités) ont un véritable rôle à jouer dans le financement de la culture (la crise ne devant pas être un prétexte pour raboter les budgets, nous y veillerons), ainsi que dans la gratuité de certaines représentations/expositions culturelles.

Notre parti attache à ce titre une attention particulière aux différentes inégalités qui traversent notre pays, qu’elles soient sociales, économiques, mais également culturelles.

Nous ne sommes pas tous égaux quant à son accès et, malheureusement, une partie de la population se retrouve exclue de la richesse que nos artistes peuvent apporter à ce pays.

Nous estimons donc que votre organisation a un réel rôle à jouer dans la définition des futurs politiques.

En ce sens, nous aimerions rester en contact avec vous car, avec le nouveau gouvernement et les discussions sur le futur budget, les travaux en commission risquent d’être « paralysés » pour quelques semaines encore.

Concrètement donc:

1.     Dès que nous pourrons interpeller les nouveaux ministres, nous allons relayer la légitime question de la gratuité de certains établissements et voir ce qui est prévu à ce niveau-là;

2.     Nous retenons vos revendications afin de les porter au parlement fédéral dès que le contexte le permettra;

3.     Si nous pouvons faire tout autre chose qui peut vous êtes utile, nous sommes à votre entière disposition.

 Nous vous remercions encore de nous avoir sollicité et souhaitons rester en contact.».

3 : CDH:

«Votre engagement est fondamental» 

Le 14 octobre 2020, Maxime Prévot, le Président du CDH, nous écrit:

«Votre courrier daté du 28 septembre 2020 relatif à l’objet sous rubrique m’est bien parvenu et a retenu ma meilleure attention. Votre engagement en faveur de l’accessibilité de l’information culturelle et du droit des citoyens en la matière est bien connu. Il est fondamental. Bravo et merci.

Attirer les publics dans les musées, c’est permettre au plus grand nombre de se connaître mieux. C’est donner accès à l’idée que la diversité est bien plus intéressante, plus réelle, plus cohérente même, que l’identique.

Je vous rejoins pleinement sur le fait que la gratuité est un des moyens à défendre pour encourager les citoyens à fréquenter les musées.

La revalorisation et la formation du personnel des ESF en sont deux autres. Le désinvestissement des dernières années a rendu le secteur exsangue. L’attractivité d’un musée est portée par les membres de son personnel. Ceux-ci doivent avoir l’énergie, la motivation et la formation nécessaires pour relever les défis qui sont les leurs: intéresser et mettre en place les moyens de développer l’intérêt du public. 

Concernant vos propositions, voici nos réponses:

1.     L’adoption des principes du «Code du respect des usagers culturels» par les ESF est une proposition très intéressante. Il y aura lieu de l’agencer à la situation des musées fédéraux qui disposent déjà d’une politique d’accueil des publics. Ils sont d’ailleurs soumis à des obligations en la matière.

2.     Je comprends votre souci de rendre identifiable la fonction de faire respecter le droit des usagers. Néanmoins, vous proposez des mesures qui relèvent de l’autonomie de chaque institution. Et, nous en parlions plus haut, les budgets de ces institutions ont été restreints alors même que leur possibilité de fonctionnement repose sur une grande diversité de métiers et fonction: gardien, conservateur, personnel d’accueil, médiateur, graphistes…

3.     L’organisation d’une assemblée annuelle sur les droits des usagers est très intéressante. Comment voyez-vous son organisation? Ne devrait-elle pas relever des fédérations sectorielles (lcom, MSW), des interfaces publiques telles que Visit Brussels ou le Conseil bruxellois des musées, etc?

4.     Une amélioration concernant la centralisation des infos et avis des usagers sur les ESF serait une bonne chose! La création d’un site internet devrait cependant à mon sens être indépendante des Musées. 

J’espère que vous trouverez ces réponses satisfaisantes et vous souhaite plein succès dans vos prochains combats.

Vous souhaitant bonne réception de la présente, je vous prie de croire à l’assurance de mes sentiments les meilleurs».

4 : PS:

«Une pertinence particulière»

Le 19 octobre 2020, Thomas Dermine (PS), le nouveau Secrétaire d’État chargé notamment de la politique scientifique, nous répond:

«En charge de la politique scientifique et en particulier des musées fédéraux, nous vous reviendrons avec nos réactions et commentaires par rapport à vos revendications qui trouvent une pertinence particulière dans le contexte actuel. Je copie mon collègue Xavier Lepoivre en charge de ces matières à cet effet.

 Bien à vous et merci pour votre implication».

5 : DéFI:

«Préoccupations légitimes»

Le 20 octobre 2020, François De Smet, le Président de DéfFI, nous écrit:

«J’accuse bonne réception de votre récent courrier électronique relatif aux revendications de la Ligue des usagers culturels. 

Je partage celles-ci marquées du sceau du bon sens et qui visent à rapprocher le citoyen de la culture, ce qui constitue une saine mesure. 

DéFI a pris connaissance de l’accord gouvernemental Vivaldi et il faut convenir que le point consacré aux musées fédéraux est particulièrement peu circonstancié: « Nous travaillerons sur une vision soutenue et tournée vers l’avenir pour toutes les institutions scientifiques et culturelles fédérales. Grâce à un plan global, à un financement durable des institutions, et à des initiatives complémentaires en termes de sensibilisation du public, un nouvel élan sera donné».

La gratuité des musées fédéraux ne paraît pas avoir été appréhendée « sensu stricto » ; je puis vous assurer que le suivi de vos revendications sera assuré dans le cadre du contrôle parlementaire.Mon collaborateur, Christophe Verbist, sera chargé dudit suivi.

En restant à votre écoute et vous réaffirmant tout l’intérêt que DéFI porte à vos légitimes préoccupations, je vous prie d’agréer Monsieur Hennebert, l’expression de mes salutations distinguées».

6 : MR:

«Favorable aux quatre propositions»

Le 26 octobre 2020, Georges-Louis Bouchez, le Président du Mouvement Réformateur, nous répond:

«Votre message m’est bien parvenu et a retenu toute mon attention. Veuillez m’excuser pour le délai de réponse.

Sur le principe, le MR soutient la défense des consommateurs et usagers culturels. Nous pouvons donc nous montrer favorable à ces 4 propositions, tout en soulignant que, pour certaines d’entre elles, des solutions alternatives pourraient être étudiées (faut-il, par exemple, créer un poste spécifique pour la défense des droits des usagers ou cela peut-il être assuré par une personne déjà en poste?).

Nous ne pouvons que vous inviter à prendre contact à ce sujet avec les ministres en charge au gouvernement fédéral: Sophie Wilmès (MR) pour les institutions culturelles fédérales et Thomas Dermine (PS) pour la politique scientifique.

À votre disposition».

lundi 12 octobre 2020

Quatre propositions pour notre nouveau ministre.

 Le 11 octobre 2020, Le Vif publie notre «opinion» qui détaille les quatre propositions que le nouveau ministre fédéral des institutions scientifiques Thomas Dermine (PS) pourrait mettre en oeuvre afin les les musées fédéraux respectent mieux leurs visiteurs :

Sur le site du « Vif", ce 11 octobre 2020

Quatre propositions pour mieux respecter les visiteurs des musées fédéraux

Début juillet 2020, David Clarinval, ministre chargé de la Politique Scientifique, a permis le déblocage de moyens financiers issus des réserves financières de 2019. Hélas, au même moment, sous ses yeux, se détricote un des rares acquis des visiteurs : la « gratuité  du premier mercredi du mois » instaurée à la demande des autorités de tutelle depuis vingt-trois ans. Ce mercredi 7 octobre 2020, elle ne sera plus appliquée que par cinq sur quatorze institutions fédérales.

Depuis le déconfinement, nombre de musées ont perdu près des deux tiers de leur public. L’absence de touristes étrangers les poussent à (re)conquérir les visiteurs de chez nous. Rabougrir cette gratuité mensuelle n’est pas l’idéal pour valoriser leur image.

Et c’est loin d’être le seul problème. Le prix de l’entrée du musée de la KBR (anciennement Bibliothèque Royale de Belgique) qui vient d’être inauguré est plus cher que celui pratiqué au musée Magritte voisin. Aucune date de réouverture des musées Wiertz et Meunier n’est annoncée, ni celle d’une évolution de leurs horaires auxquels plus de 3.000 signataires d’une pétition reprochent qu’ils ne soient pas accessibles à la majorité des citoyens (travailleurs et étudiants), car fermés tous les week-ends, les jours fériés, et lorsqu’ils sont accessibles, ils referment leurs portes pendant la pause de midi.

Les touristes étrangers ne sont pas prêts de revenir et il faut donc élaborer au moins pour le moyen terme l’avenir des musées fédéraux d’une autre manière. Restaurer une image qui met en valeur leur accueil et leur respect du public constituerait un atout indéniable et coûterait sans doute bien moins cher qu’une campagne de communication.

Voilà pourquoi l’asbl « La Ligue des Usagers Culturels » demande au prochain gouvernement fédéral à la fois de mieux soutenir financièrement ses établissements scientifiques et culturels mais également de mettre en place quatre mesures indispensables pour redéployer les droits des visiteurs en leur sein :

  1. L’adaptation au fédéral du « Code de respect des usagers culturels » initié en Fédération Wallonie-Bruxelles. Qu’il existe enfin des règles communes (chaque musée ayant jusqu’à présent son propre règlement) afin que les institutions fédérales respectent mieux les droits de leurs visiteurs.

    Il est intéressant de rappeler que Michel Draguet qui dirige les cinq institutions des Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique (MRBAB) avait fait part par écrit, après analyse par ses services, de son intérêt pour adapter à un niveau fédéral toutes les obligations concrètes de ce Code.


  2. Au sein de chaque institution, la création de la fonction d’une personne ressource dont le travail consistera à défendre en interne les droits des usagers de façon transversale, dans tous les départements, y compris auprès de la direction et du conseil d’administration.

    Si l’intérêt pour le public est évidemment dans toutes les pensées des membres du personnel de ces institutions, la surcharge du travail, la priorité prise désormais presque partout par le besoin de faire de la communication ainsi que la recherche effrénée bien souvent d’une rentabilité immédiate ne permettent plus vraiment de concrétiser jour après jour cet intérêt.


    Il convient donc de retrouver au sein des diverses institutions le moyen de rendre incontournable cette préoccupation.


  3. L’organisation par et dans chaque institution d’une rencontre annuelle sur les droits de ses usagers. Tous les membres de la direction et autres personnes à responsabilité devraient assister et participer à l’intégralité de ce rendez-vous qui devrait être interactif, enregistré, puis rendu public sur le long terme.

  4.  Le déploiement d’un site internet spécifique où se retrouveraient les «livres d’or» de tous les musées fédéraux (et autres institutions scientifiques). Ainsi, tous les usagers seraient invités à commenter leurs visites et à découvrir les commentaires des publics de toutes les institutions.

ANNEXE
Voici les 15 points du « Code de respect des usagers culturels » en vigueur en Fédération Wallonie-Bruxelles : http://www.culture.be/index.php?id=5235#:~:text=Une%20première%20en%20Communauté%20française%20%3A%20en%20avril,que%20tous%20sortent%20gagnants%20au%20bout%20du%20compte

mercredi 7 octobre 2020

Du ministre Clarinval au ministre Dermine

La chaîne LN24 a capté en direct le moment où  Thomas Dermine (PS),
 le nouveau ministre qui s’occupe notamment des musées fédéraux,
prête serment devant le Roi. 


Le ministre David Clarinval (MR), ministre de la politique scientifique, s’est positionné sur le fait que quasi deux tiers des institutions fédérales n’appliquent plus la demi-journée mensuelle de « gratuité pour tous » du premier mercredi du mois. 

Il a répondu, le 8 septembre 2020, sur ce sujet, à l’interpellation de La Ligue des Usagers Culturels. 

D’autre part, il a réagi, également par écrit, le 29 septembre 2020, aux questions posées par les députés fédéraux Séverine de Laveleye (Écolo-Groen) et Jean-Marc Delizée (PS).

Ses réponses sont quasi identiques et suscitent nos réactions suivantes qui, nous l’espérons, seront prises en compte par son successeur, Thomas Dermine (PS). 

Voici le texte de notre alerte « Musées fédéraux: vers la fin de la gratuité mensuelle? »:

https://www.lalibre.be/debats/opinions/musees-federaux-vers-la-fin-de-la-gratuite-mensuelle-5f5e409b9978e2322feb1065?fbclid=IwAR0eDIhQDNxJCZDtuw8yEaSoKWG_OsKzzoK-O98drruBM9YkqNqGf762gJ0


Les quatre réponses du ministre

1 : Le ministre Clarinval justifie ainsi l’arrêt de la gratuité mensuelle notamment au Musée des Sciences Naturelles : « Cette décision a été prise en raison du contexte sanitaire. Elle vise à éviter l’afflux massif de visiteurs que cette gratuité entraîne habituellement et ainsi garantir le strict respect des mesures sanitaires, dont la distanciation sociale, dans l’intérêt de l’ensemble des visiteurs ». 

Notre réaction :

Bien entendu, La Ligue des Usagers Culturels ne peut admettre qu’une gratuité mensuelle pour tous ait pour conséquence, vu sa réussite, un afflux trop grand de visiteurs.

Cet argument nous a déjà été fourni par les musées pour ne pas envisager une gratuité le premier dimanche au lieu du premier mercredi du mois. Nous leur avons toujours répondu : il suffit de permettre, ce jour-là, la réservation, comme vous l’organisez les autres jours. Généralement, face à cette réponse, les musées se mettent à parler d’autre chose… 

La réaction du Musée des Sciences Naturelles nous semble d’autant plus absurde que justement, dans cette période de crise sanitaire, la réservation est devenue le plus souvent obligatoire. Le public s’y habitue. Il suffit de l’appliquer à la gratuité mensuelle pour tous. 

Apparemment, on ne réfléchit et on n’argumente pas de la même façon quand on est un représentant du peuple ou un usager culturel.

Pourquoi pour éviter l’afflux massif de visiteurs n’insisterait-il pas justement sur le maintien par toutes les institutions de cette gratuité plutôt que d’accepter de rassembler le public intéressé par cette aubaine seulement dans un nombre minimum de lieux, cinq au lieu de douze (en ne comptant pas dans ce chiffre les musées d’Extrême-Orient et le musée des Instruments de musique, en restauration)? 


2 : Le ministre Clarinval explique : « Pour le Musée royal de l'Afrique centrale, il a été décidé, en décembre 2018 lors de sa réouverture, de réduire la proportion d'entrées gratuites et d'entrées à tarif réduit mais de maintenir le prix du billet d'entrée à un niveau bas. Dans le même temps, il a été décidé d'offrir à tous les jeunes jusqu'à 18 ans la gratuité du musée ».

Notre réaction :

- A : Si l’on compare la tarification en 2020 de ce musée avec celle du Musée Magritte, on découvre que ce fameux « billet d’entrée à un niveau bas » est au contraire à un niveau plus élevé : 12 euros alors que le ticket du Musée Magritte est fixé à 10 euros. Cela ne peut donc nullement justifier l’arrêt de la gratuité mensuelle (que d’ailleurs le Musée Magritte continue d’appliquer). Il faudra donc essayer de trouver une autre justification plus plausible!

Quant aux gratuités pour les jeunes, ce n’est pas une particularité du Musée royal de l'Afrique centrale : c’est une évolution récente appliquée dans de nombreux musées belges. Constatons que les musées de la ville de Liège sont bien plus courageux car ils accordent cette gratuité aux moins de 26 ans sans pour autant supprimer leur gratuité pour tous de la journée entière du « premier dimanche du mois ».

- B : Dans la plupart des musées , il y a deux catégories d’avantages : d’une part, des gratuités pour tous (que peuvent également utiliser les publics fragilisés) et, d’autre part, des gratuités ou réductions pour des public précis. 

Il nous semble inapproprié de justifier la suppression d’un avantage réservé à la première catégorie par le maintien de la seconde catégorie.


Le panneau de la tarification du Musée royal de l'Afrique centrale.



3 : Le ministre Clarinval poursuit, à propos des MRBAB (le musée Magritte, le musée d’Art Ancien, le musée Fin de Siècle) : « Enfin, pour les MRBAB, ils ont maintenu la gratuité du premier mercredi après-midi du mois. Ils me signalent toutefois que la crise du Covid a fortement réduit leurs revenus en 2020 et que, dans ce contexte, le maintien de cette mesure de gratuité ne contribue évidemment pas à améliorer la situation financière de l’institution ».

Notre réaction :

L’argent est le nerf de la guerre. C’est souvent le prétexte pour justifier la suppression d’un droit du public (la gratuité mensuelle existe depuis 23 ans et elle a été mise en place comme contre partie à la suppression de la gratuité quotidienne des fonds permanents).

Constatons qu’il y a d’autres gratuités qui coûtent bien chères qui, elles, ne sont jamais remises en question: les vernissages bien arrosés, par exemple.

Si la gratuité mensuelle pour tous constitue, bien sûr, un manque à gagner en terme d’entrées, elles peuvent aussi rapporter. Bizarre ici le silence sur les bénéfices, ces jour-là, des shops et des bars ou restaurants. Le plus grand musée privé wallon, le musée Hergé de Louvain-la-Neuve, a pris l’initiative de pratiquer la gratuité du premier dimanche justement pour ces raisons-là.

Il est quand même étonnant que le ministre Clarinval ne réagisse pas à cet extrait de notre carte blanche: « On oublie les tirelires ? (Pour qu’on) n’égratigne pas l’économie fragile de nos musées, il conviendrait notamment de développer le projet de la tirelire. Celle-ci est proposée à la sortie des activités gratuites, comme le font notamment la quinzaine de musées gratuits (tous les jours) de la ville de Paris dont le célèbre Musée d’Art moderne.

À Gand, une enquête réalisée au Smak, le Musée municipal d’Art actuel, a montré que les montants récoltés par ces dons dépassaient la somme des tickets tarifés à leur prix moyen. Le public donne un euro de plus si la tirelire est placée à la sortie plutôt qu’à l’entrée. Les visiteurs sont plus généreux pendant les week-ends ».

Il y a bien d’autres retombées économiques positives aux « gratuités mensuelles pour tous ». Nous sommes prêts à participer à pareille réflexion. 

N’oublions pas que quelques musées traitent plutôt mal cette gratuité. Il faut faire preuve de bonne volonté et d’imagination. Ce n’est pas toujours le cas.

Dans la même carte blanche nous écrivions : « Promouvoir une gratuité est capital puisque l’une des raisons invoquées pour leur instauration est la recherche de nouveaux publics. La gratuité concurrente, celle du "premier dimanche du mois" qui est pratiquée par 150 musées belges, l’a assimilée : un site internet et une newsletter mensuelle touchant des dizaines de milliers de visiteurs potentiels, une brochure annuelle d’une cinquantaine de pages insérée dans la presse et diffusée en bibliothèques et salles d’attente de médecins, etc. Rien de semblable au fédéral, où on en vient même jusqu’à oublier un geste qui coûte zéro euro : l’indiquer dans les dépliants de présentation. Par exemple, celui du Musée Magritte qui fut diffusé à plus de 500 000 exemplaires ».


4 : Enfin, le ministre Clarinval annonce la constitution d'un groupe de travail sur la gratuité des musées afin « d'objectiver la réflexion à ce sujet ». 

Notre réaction :

Voilà une décision qui sera reprise, espérons-le, par le nouveau ministre Thomas Dermine.

On se demande bien qui fera partie de ce groupe de travail et comment seront définis ses objectifs… Et comment les visiteurs y seront représentés? 


Annexe :

La réponse du 29/09/2020 aux deux députés du ministre David Clarinval (MR), ministre de la politique scientifique.

Madame de Laveleye, 

Monsieur Delizée,

Ayant reçu plusieurs questions concernant la politique de gratuité des musées fédéraux, je me permets d’y apporter une réponse commune. Nous allons donc faire le point sur la situation dans les différents établissements scientifiques fédéraux (ESF) suivants : 

- L’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique

- Les Musées royaux d'Art et Histoire

- Le Musée royal de l'Afrique centrale

- Le KBR museum

- Les Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique

Concernant L’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique, il a, en effet, temporairement suspendu la gratuité du premier mercredi du mois dès 13h depuis sa réouverture le 19 mai.  Cette information a été communiquée via la page d’accueil de son site internet. 

Il s’agit d’une mesure prise dans le cadre de l’autonomie de gestion de l’Institut. Cette décision a été prise en raison du contexte sanitaire. Elle vise à éviter l'afflux massif de visiteurs que cette gratuité entraîne habituellement et ainsi garantir le strict respect des mesures sanitaires, dont la distanciation sociale, dans l’intérêt de l’ensemble des visiteurs. 

En effet, leur parcours de réouverture est conçu pour des petits groupes de 5 personnes maximum. La réintroduction de la gratuité entraînerait la réservation de tickets par des groupes plus importants, ce qui pourrait retarder sérieusement la durée de la visite, fixée à 2 heures maximum. Par ailleurs, cela rendrait le respect des mesures de distanciation sociale difficile.  

Dès lors, la gratuité des premiers mercredis du mois est actuellement suspendue. Pour cette même raison, le musée n'organise actuellement pas de visites guidées pour les groupes.

En outre, il convient de préciser que toutes les autres gratuités ont été maintenues et que l'exposition temporaire a été intégrée au parcours de réouverture sans aucun supplément de prix. 

Les Musées royaux d'Art et Histoire ont également décidé de suspendre l'entrée gratuite le premier mercredi après-midi du mois en raison du contexte sanitaire. Il s'agit, là encore, d'une mesure temporaire prise afin de garantir la distanciation sociale.

En ce qui concerne le Musée royal de l'Afrique centrale, la décision de mettre fin à la gratuité le premier mercredi après-midi du mois date de sa réouverture en décembre 2018. Dans le même temps, il a été décidé de maintenir le prix du billet d’entrée à un niveau bas. Le musée travaille également avec une politique de groupes cibles. Il accorde ainsi l’entrée gratuite aux jeunes de moins de18 ans. Par ailleurs, sous certaines conditions, des taux très fortement réduits sont pratiqués pour les groupes socialement plus défavorisés.

Comme vous le savez, le KBR museum a ouvert ses portes le 18 septembre 2020 et ne pratique pas la politique de gratuité du mercredi après-midi. Plutôt qu'une règle "générale", l’établissement a opté pour une politique de prix dans laquelle l'entrée est gratuite pour certains groupes cibles. Par exemple, le musée sera accessible gratuitement et en permanence aux moins de 18 ans, aux personnes handicapées (+1 accompagnateur), aux demandeurs d'emploi et aux enseignants. Il est également possible de visiter le musée de la KBR avec une carte ICOM et un pass pour le musée. 

Enfin, les Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique ont maintenu la gratuité du premier mercredi après-midi du mois. Ils signalent  toutefois que la crise du Covid-19 a fortement réduit leurs revenus en 2020 et qu’il est certain que, dans ce contexte, le maintien de cette gratuité ne contribue pas à améliorer la situation financière de l’institution.

De manière plus générale, je suis pour un accès le plus large possible aux collections fédérales. De même, je suis favorable à toutes initiatives qui permettent de donner goût à la culture au plus grand nombre et de la rendre accessible au public le plus vaste possible. La gratuité participe bien entendu à cela. 

Toutefois, les réalités financières des établissements scientifiques fédéraux doivent être prises en compte. La crise du Covid-19 a sérieusement impacté les musées. Leur taux de fréquentation a drastiquement chuté et certains sont désormais dans une situation budgétaire très précaire. 

Comme ministre fédéral chargé de la Politique scientifique, cela me préoccupe énormément. C’est notamment pour les aider que j’ai autorisé certains projets d’investissement, ou le recours aux recettes historiques. 

L’avenir de la gratuité ne peut donc être réfléchi seul, il faut l’englober dans une réflexion d’ensemble sur la meilleure façon d’aider nos musées à retrouver un nouveau souffle. Il est important de trouver un juste équilibre entre la santé financière de nos ESF et la poursuite d’une politique d’ouverture de la culture au plus grand nombre.

Un groupe de travail va d’ailleurs être lancé pour objectiver la question de la gratuité, sur base de données concrètes. Ses résultats devront nourrir une réflexion d’ensemble.

jeudi 1 octobre 2020

Mieux vaut lire le ticket du Marni !

 Un homme averti en vaut deux : voilà la conclusion au conflit détaillé dans le présent article.

On pourrait écrire également : il est utile que le spectateur soit attentif aux «conditions d’utilisation» imprimées sur son ticket.


Le Théâtre Marni questionné

Le 20 septembre 2020, «La Ligue des usagers culturels» a envoyé le courriel suivant à la direction du Théâtre Marni :

« Mesdames, nous tenons tout d’abord à vous dire que nous apprécions beaucoup des lieux comme le vôtre, fort implantés dans des disciplines artistiques (le jazz, ici, surtout) et aussi dans une commune (Ixelles) et nous saluons le courage que vous avez à poursuivre vos activités dans la période difficile que nous subissons actuellement, en plein déconfinement. 

D’autre part, par la presse (Sudpresse, un article de J.T. publié le 19 septembre 2020), l’ASBL «La Ligue des usagers culturels» découvre qu’un habitant de Binche (ville située à environ 60 km de votre lieu de spectacle) accompagné de deux autres personnes de sa famille s’est vu refuser l’entrée d’un spectacle du Théâtre Marni.

La raison serait le fait que ces spectateurs avaient environ dix minutes de retard. Selon Sudpresse, «La directrice du théâtre se justifie en invoquant notamment la crise sanitaire». 

Nous avons vérifié si ce motif d’interdiction d’entrée était indiqué clairement dans les informations écrites reçues par vos public avant l’achat des tickets. 

Sur votre site internet, à la rubrique billetterie, le Marni a mis en évidence un texte «Infos Covid» qui propose des consignes à respecter « sur place » aux futurs spectateurs : «(…) Le port du masque est obligatoire dans tout le bâtiment et vous êtes tenu de le garder pendant la représentation. Nous vous remercions de veiller à respecter au mieux les règles de distanciation physique en vigueur (…)».

Hélas, ce texte ne mentionne pas l’élément qui a mené au refus d’entrée au concert. 

Pouvons-nous savoir si le Marni indique ailleurs cet élément de réglementation, comme, par exemple, sur ses tickets? 

Ce problème est récurrent dans le monde du spectacle, comme en témoigne justement le ticket de la Cinematek (ancien Musée du cinéma à Bruxelles) qui utilise tout son verso pour mentionner en néerlandais et en français «Ce billet n’est plus valable dès que la projection a commencé. Aucune réclamation ne sera admise» (voir photo).

Soyons constructifs: afin d’éviter d’autres mésaventures analogues, pourriez-vos ajouter dans votre texte «Info Covid» une information en ce sens? 

Dans l’attente de vous lire, nous vous souhaitons un franc succès dans la suite de vos multiples activités».


La réponse du Théâtre Marni

Le 23 septembre 2020, Joëlle Keppenne, la directrice du Théâtre Marni, répond : «Bonjour, comme vous le soulignez, la situation est en effet complexe pour nous tous. Ce n’est bien évidemment pas à cause des raisons sanitaires que nous n’avons pas pu faire rentrer les retardataires, l’accueil du public est juste actuellement plus encadré jusqu’au début de nos représentations.

Le Théâtre Marni utilise le système de billetterie utick. Les conditions d'utilisation sont reprises sur chacun des tickets reçus et imprimés par le spectateurs comme nous sommes tenus de le faire. 

Voici l'information correspondant à l'entrée en salle pour les concerts et spectacles:

« Ce billet codé est uniquement valable pour le lieu, la séance, la date et l'heure précisés ci-dessus. Dans les autres cas, ce billet ne sera pas valable. Il est recommandé d'occuper sa place au moins 15 minutes avant le début de l’événement.

L'accès à la salle n'est pas garanti 5 minutes avant le début de l’événement et ne donne droit à aucun remboursement ».

Nous avons en effet ajouté une rubrique liée au Covid sur le site du Marni. Cette rubrique permet de répondre aux questions fréquemment posées par les spectateurs concernant les mesures sanitaires mais ne concerne pas les conditions d’accès à la salle qui sont reprises sur nos tickets.

 Le Théâtre Marni est une des premiers à avoir ouvert ses portes au public avec une programmation ajustée et une jauge réduite. Nous nous réjouissons de pouvoir accueillir les artistes et le public qui nous ont manifestés un réel soutien». 


Dernière réaction de la L.U.C.

«Merci pour votre réponse rapide et détaillée. Elle nous semble tout-à-fait satisfaisante et permet de mieux réfléchir à ce problème concret (qui revient régulièrement). Bien cordialement».

mercredi 30 septembre 2020

Fin d’une «gratuité mensuelle? » (suite)

La Ligue des Usagers Culturels (L.U.C.) a dénoncé, le 3 septembre 2020, sur ce blog le fait que les musées fédéraux détricotaient progressivement leur « gratuité du premier dimanche du mois », un droit des visiteurs né il y a déjà 23 ans : http://la-luc.blogspot.com/2020/09/plus-que-6-sur-14-musees-federaux.html

Cette information n’est pas passée inaperçue, d’autant plus que La Libre Belgique a publié la «carte blanche» du président de la L.U.C., sur 1 page 1/2, dans son édition papier du 14 septembre 2020. 

La « carte blanche » parue le 14 septembre 2020 dans «La Libre Belgique »

Ce texte est également accessible entièrement et gratuitement sur le site du quotidien : https://www.lalibre.be/debats/opinions/musees-federaux-vers-la-fin-de-la-gratuite-mensuelle-5f5e409b9978e2322feb1065?fbclid=IwAR0eDIhQDNxJCZDtuw8yEaSoKWG_OsKzzoK-O98drruBM9YkqNqGf762gJ0


Le ministre concerné par ce problème culturel fédéral, David Clarinval (MR), Chargé de la politique scientifique, a reçu des questions orales sur cette thématique de la part des parlementaires Séverine de Laveleye (Écolo-Groen) et Jean-Marc Delizée (PS). Affaire à suivre. 


Des cochons ? Plutôt de jolies tirelires à placer à la sortie de nos musées lorsqu’ ils pratiquent
 leur « gratuité mensuelle ».



jeudi 3 septembre 2020

Musées fédéraux : vers la fin de leur gratuité mensuelle ?

La KBR (nouvelle appellation de la Bibliothèque royale de Belgique) inaugure son musée au Mont des Arts le 18 septembre 2020 : une «Librairie» qui vulgarise les manuscrits des Ducs de Bourgogne. Hélas, ce sera également le premier musée appartenant à une Institution fédérale qui renie dès son ouverture une « pratique » en faveur des publics qui existe depuis vingt-trois ans : la gratuité «pour tous» du premier mercredi du mois.

https://www.kbr.be/fr/museum/



Le nouveau musée de la KBR qui, d’emblée, refuse de pratiquer sa gratuité mensuelle "pour tous".



Gratuit tous les jours comme à Londres ou Washington


Jadis, Bruxelles ressemblait à Washington ou Londres en cultivant la gratuité quotidienne de ses grands musées. Ce qui permettait notamment à nombre de ses habitants d’y revenir régulièrement, de se familiariser avec telle ou telle oeuvre, de ne pas se sentir obligé de tout voir en une seule visite interminable « parce qu’on avait payé ». C’était le triomphe de la découverte « contemplative » plutôt que celui d’une « course contre la montre-consommation ».

Demeurent payantes bien sûr les expositions temporaires qui proposent au regard des visiteurs surtout des oeuvres prêtées par d’autres institutions muséales. Le fond permanent applique, quant à lui, la gratuité quotidienne parce que beaucoup considèrent que les habitants ne doivent pas « payer deux fois » le patrimoine présenté, celui-ci ayant déjà été acquis avec les financements de l’État.


Le 28 janvier 1997 , le Ministre de la Politique Scientifique Yvan Ylieff (PS) met fin à la gratuité quotidienne et fixe l’entrée plein tarif à 150 FB pour, officiellement, permettre aux institutions muséales fédérales d’élargir leurs sources de financement... afin notamment de recruter des caissiers. Dans la foulée, les dotations annuelles sont réduites de plusieurs millions de francs belges. L’effet de la décision, en terme de fréquentation, sera dévastateur : en quelques années, deux tiers environ du public belge manquera à l’appel, la perte des visiteurs étrangers étant moins conséquente. Pour les Musées d’Art Ancien et Moderne (ce dernier exposant déjà la majorité des oeuvres du Magritte qui intégreront par la suite, en 2009, le nouveau Musée Magritte), on passe de 953.316 visiteurs en 1996 à 306.321 pour l’année 2001. 


Pour tenter de compenser quelque peu cet effet néfaste, les musées fédéraux sont invités par leur autorité de tutelle à mettre en place une gratuité mensuelle destinée à l’ensemble du public dès le mercredi 3 septembre 1997. Il s’agit non pas d’une journée entière, comme cela se passe habituellement dans les autres musées du monde entier, mais d’un « service minimum » : une demi journée, chaque premier mercredi du mois à partir de 13H00, les matinées dès 10H00 restant payantes, probablement avec l’intention d’éviter trop d’entrées gratuites pour le scolaire.

À l’époque, Helena Bussers dont aujourd’hui Michel Draguet assure la succession à la direction des MRBAB (Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique) s’insurgea publiquement contre ce choix, dans un entretien publié par l’hebdomadaire de « La Ligue des Familles » (Le Ligueur) : «Pourquoi le mercredi ? Nous avons reçu des consignes de l’administration. La tradition veut que les enfants étaient en congé le mercredi après-midi. On a peut-être oublié que les adultes qui travaillent en journée visitent aussi les musées! Bien entendu, les retraités peuvent venir mais ils ont déjà droit à des réductions. Ce n’est pas un cadeau, le choix de ce jour. De plus, peu de gens sont au courant de cette gratuité».


La promotion d’une gratuité est capitale puisque souvent l’une des raisons invoquées pour son instauration est la recherche, puis la fidélisation de nouveaux publics. Et si ceux-ci sont pas au courant de la mesure…


La gratuité concurrente, celle du « premier dimanche du mois » qui est pratiquée par 150 musées belges, l’a parfaitement assimilée : un site internet et une newsletter mensuelle touchant des dizaines de milliers de visiteurs potentiels, une brochure d’une cinquantaine de pages insérée une fois par an dans un de nos quotidiens et largement diffusée dans les bibliothèques ou dans les salles d’attente de nos médecins, des fêtes mensuelles de gratuité pour éveiller mois après mois l’intérêt.

https://artsetpublics.be/pole/musees/musees-gratuits/premier-dimanche


Rien de semblable au Fédéral où on en vient même jusqu’à oublier un geste qui coûte zéro euros, l’indiquer dans les dépliants de présentation. Par exemple, celui du Musée Magritte qui fut diffusé à plus de 500.000 d’exemplaires. 


Pour illustrer l’utilité d’informer sur les gratuités mensuelles, sont significatifs les chiffres de fréquentation en 2017 du Musée BELvue, situé à côté du Palais Royal à Bruxelles (donc un lieu de passage intéressant). Pendant cette période où il pratique la gratuité du premier dimanche du mois, 106 visiteurs en moyenne le fréquentent chaque dimanche payant; 419, chaque premier dimanche du mois gratuit, SANS panneau d’annonce; et 636, chaque premier dimanche du mois gratuit AVEC un seul petit panneau d’annonce à l’entrée sur la voie publique.



Avec ce petit panneau blanc qui annoncé le jour même la gratuité du premier dimanche,
le musée BELvue situé à côté du Palais Royal a attiré 200 visiteurs de plus que les autres dimanches gratuits
sans ce petit panneau ! Comme quoi, l’info est utile !

Pour annoncer le tout premier mercredi gratuit, le 28 août 1997, nos journaux quotidiens expliquent de concert que cette mesure est prise «dans le souci de favoriser la visite au musée pour le plus grand nombre». Il n’est donc pas du tout question de s’adresser en particulier aux enfants escortés de leurs grands-parents comme certains voudront le faire croire par la suite. Et cet argument est de nos jours d’autant moins crédible que désormais de nombreux musées belges développent la gratuité quotidienne pour les jeunes : pour les moins de de 16 ans dans les musées fédéraux, les moins de 26 ans dans les musées de la ville de Liège, etc. 


Et « le plus grand nombre » a un goût amère quand on découvre que le jour et l’horaire choisis empêchent de façon discriminatoire plus de la moitié de la population (travailleurs et étudiants) d’utiliser cet avantage. 


On veut des tirelires


Élargir à toute la Belgique la gratuité du 1er dimanche grâce aux musées fédéraux donnerait un impact sans précédent à cette option qui se porte déjà à ravir. Le MR a travaillé assez récemment, avant le confinement, à cette hypothèse, notamment grâce à une investigation menée par l’ancien sénateur et ancien ministre de la culture Richard Miller. 


Bien entendu, pour que pareille hypothèse n’égratigne pas à l’économie fragile de nos institutions muséales, il convient de développer le projet de la tirelire. Celle-ci est proposée à la sortie des activités gratuites, comme le font notamment la quinzaine de musées gratuits (tous les jours) de la ville de Paris dont le célèbre Musée d’Art Moderne.

À Gand, une enquête en ce sens réalisée au SMAK (Musée d’Art Contemporain) a montré que les montants récoltés par ces dons de visiteurs dépassaient la somme des tickets tarifés à leur prix moyen. Les résultats de cette recherche indiquent également que le public donne 1 euro de plus si la tirelire est placée plutôt à la sortie qu’à l’entrée (bien sûr, dans le cas où le musée est accueillant), que les visiteurs les plus généreux sont les touristes et aussi ceux qui découvrent le musée le week-end plutôt qu’en semaine.


La Ligue des Usagers Culturels interpelle le Ministre Clarinval


Début juillet 2020, le vice-premier ministre MR, David Clarinval, également ministre chargé de la Politique Scientifique (dont les institutions muséales), a permis le déblocage de moyens financiers issus des réserves financières de 2019 pour venir en aide aux établissements scientifiques fédéraux.

Hélas, au même moment, sous ses yeux se détricote un des rares droits acquis par les visiteurs des musées fédéraux : la demie journée de gratuité mensuelle « pour tous » instaurée à la demande des autorités de tutelle, appliquée et jamais remise en question depuis 23 ans.


Lors de l’actuel reconfinement, nombre de nos musées ont perdu près des deux tiers de leurs visiteurs . L’absence massive de touristes étrangers les poussent à tenter de (re)conquérir les visiteurs de chez nous. Dès lors, rabougrir cette gratuité mensuelle n’est vraiment pas l’idéal pour valoriser leur image. 


La Ligue des Usagers Culturels interpelle donc le Ministre Clarinval pour lui demander de rétablir entièrement cette « pratique » de gratuité mensuelle pour tous : dans un premier temps, rendre immédiatement sa pleine application à celle du premier mercredi du mois, et ensuite, le plus rapidement possible, lancer une réflexion avec une concertation entre institutions et usagers afin de développer des collaborations étroites avec les initiateurs de la gratuité du premier dimanche du mois.



Alors que, le 2 septembre 2020, le Parlement européen a réhabilité et rendu public le jardin du Musée Wiertz (avec un concert gratuit au kiosque chaque jour de la semaine en septembre et octobre 2020 à 13H : https://www.europarl.europa.eu/visiting/fr/events/brussels/citizens-garden-concerts?fbclid=IwAR2alas3NZ-6t7YuJ5Sabi3QkVKpXHswoNfIb-5-pGCBWfzp6hxPpyTMGqw)… le Musée Wiertz lui-même qui appartient toujours aux MRBAB, reste inaccessible… et donc pas de "premier mercredi du mois" gratuit. 



Près des 2/3 des musées ne pratiquent pas la gratuité mensuelle


Sans intervention du ministre, pour les mois à venir, neuf institutions fédérales sur quatorze ne pratiqueront pas la gratuité du premier mercredi.

1 : L’Africa Museum a entamé le détricotage de cette gratuité fédérale, la supprimant sans aucune explication lors de sa réouverture après travaux.

2 : Le Musée de la Porte de Hal présente pendant une année l’expo «Back to Bruegel», ce qui interrompt l’exercice de sa gratuité. 

3 et 4 : Après le confinement, les MRBAB n’ont pas communiqué la date de réouverture de deux parmi leurs cinq institutions, plus précisément leurs deux seules qui sont gratuites tous les jours (un hasard?). Le Musée Wiertz (dont le jardin vient d’être rendu accessible au public par le Parlement européen) et le Musée Meunier restent fermés, ce qui ne leur permet plus d’appliquer la gratuité mensuelle. 

5 : Les Musées d’Extrême-Orient ne la pratiquent plus non plus, fermés pour restauration depuis 2013. 

6 et 7 : Le Musée des Sciences Naturelles et le Musée d’Art et Histoire (dit aussi Musée du Cinquantenaire) depuis leur réouverture d’après le confinement ont arrêté leur gratuité mensuelle.

8 : Le Musée des Instruments de Musique est fermé pour travaux.

9 : Le nouveau musée de la KBR ignore la gratuité mensuelle. 


La gratuité fédérale n’est donc plus actuellement pratiquée que par cinq musées: trois musées des MRBAB (les Musées Oldmasters, Fin de Siècle et Magritte), le Musée BELvue et le Musée de l’Armée.



La quinzaine de musées de la ville de Paris sont gratuits tous les jours. De tirelires ont été installées proches de leurs sorties pour les dons des visiteurs. Un dépliant explicatif a été publié. Rien de semblable chez nos Musées fédéraux qui pleurent leur manque de financements. 


samedi 4 juillet 2020

Le nouveau Président de la L.U.C.

Réuni d’urgence suite au décès de Philippe Schoonbrood-Bartholomeus, le conseil d’administration de la L.U.C. a nommé à l’unanimité Bernard Hennebert comme nouveau président, le 15 juin 2020.

Celui-ci a commencé sa carrière comme journaliste culturel en interviewant en free-lance notamment Hergé, Peyo (voir la photo de Gérard Michaux faite au domicile du père des Schtroumpfs), Béjart, Brel, Leclerc, Barbara, Brassens, Trenet, Ferrat, Ferré, etc.
Il fut également, à cette époque-là, permanent salarié aux rédactions des journaux «Hebdo» et «Notre Temps». 
Il participera avec des collectifs (Algol, Halles de Schaerbeek, le Chat Écarlate, la Ferme V, Maison des jeunes de Forest) à l’organisation des premiers concerts bruxellois de Jacques Higelin, Renaud, Catherine Ribeiro, Bernard Lavilliers, etc.


C’est lorsqu’il sera le responsable du mouvement d’éducation permanente «Diffusion Alternative» au cours des années ’80 que commencera sa participation au combat des droits du public dans les domaines de la culture et des médias. Par la suite, il créera le site Consoloisirs (contraction de consommation pendant le temps des loisirs: culture, médias, divertissements) et coordonnera une newsletter et une émission de radio portant le même nom.




Découvrant en 2003 qu’à La Louvière en Hainaut, le «Centre de la Gravure et de l’Image Imprimés» pratique la gratuité du premier dimanche du mois, il publie une chronique dans Le Ligueur sur ce thème (http://www.consoloisirs.be/articles/leligueur/026.html) et décide de tenter de fédérer à titre individuel et bénévole un maximum d’institutions autour de cette gratuité. Ce combat deviendra populaire même si quelques conservateurs puissants laisseront traîner nombre de peaux de bananes assassines. On pourrait y consacrer un livre entier. Il ne lui réservera que le chapitre 8 de son livre « Les musées aiment-ils le public? » paru en 2011 chez « Couleur Livres » (http://www.consoloisirs.be/presentation/livre04.html).

Depuis 2012, c’est «Arts & Publics» (https://www.artsetpublics.be), une asbl fondée avec Jacques Remacle, qui a repris ce combat. Bien vite, Bernard Hennebert démissionnera de la présidence pour que le projet poursuive sa route de ses propres ailes. C’est une franche réussite puisque, en allié extérieur, il constate aujourd’hui que la mesure concerne 150 musées belges et qu’une aide importante de la Fédération Wallonie-Bruxelles permet de médiatiser chaque mois cette opportunité afin de concerner le vaste public.

L’attrait de la quête des premiers dimanches gratuits a quelque peu relégué dans l’ombre médiatique l’acquisition d’une autre «nouveauté» décisive pour nos droits d’usagers culturels souhaitée par notre nouveau président. Le 4 février 2004, il envoie une plainte à Henry Ingberg, le regretté Administrateur général de la culture, pour déplorer qu’une affiche d’une exposition consacrée au Chat de Geluck à l’Autoworld renseigne des numéros de téléphone surtaxés sans indication de leurs tarifications.
En l’absence de la mention de l’adresse d’un éditeur responsable, c’est au ministère de la culture qu’il s’adresse car le sigle de ce dernier est imprimé sur le matériel promotionnel. Monsieur Ingberg reprendra la balle au bond en déclarant: «Le rapport à l’usager est un véritable enjeu. Jusqu’à présent, l’autorité publique n’a pas pris en compte cette problématique de manière systématique et organisée. Il y a là distorsion par rapport à une amplification des pratiques de loisirs par la collectivité». S’en suivra une année de réunions et, le 3 février 2006, le gouvernement de la Communauté française adoptera le «Code de respect des usagers culturels» en 15 points qui doit être appliqué par les opérateurs culturels aidés par la Fédération Wallonie-Bruxelles qui est toujours d’actualité en 2020 (ses 15 points : http://www.culture.be/index.php?id=5235).

Il a participé pendant plusieurs années à deux instances d’avis initiées au Ministère de la culture : d’abord le « Conseil des Musées et autres institutions muséales », puis la 3C, dite « Commission des Centres Culturels ».

Enfin, depuis sa création, notre nouveau président était administrateur à la L.U.C. (Ligue des usagers culturels).

Pour conclure cette présentation, un témoignage non hagiographique de ce personnage atypique? Pour son livre «Il faut sauver la RTBF» publié en 2008 aux éditions Couleur Livres, Marc Moulin rédigea une préface d’une dizaine de pages titrée «Ceci n’est pas un service public» qui commençait ainsi : «Non, Bernard Hennebert n'est pas un hurluberlu, ni un zigoto, pas plus qu'un zigomar ou un ostrogoth. Bernard Hennebert, c'est un service public à lui tout seul. Depuis ces décennies qu'il pousse sa grande silhouette dans les lieux divers où il n'est pas forcément le bienvenu, il a surpris, agacé, ému, exaspéré, fait sourire, fait grincer. Mais il a souvent visé juste. Son combat: celui de chevalier blanc de la culture et des médias. Comme Michaël Moore ou Ralph Nader, il est un mal nécessaire ou un bienfait (...)».

lundi 29 juin 2020

Décès de notre Président.

Philippe Schoonbrood-Bartholomeus, président du conseil d’administration de la Ligue des Usagers Culturels, est décédé ce 30 mai 2020.

Ce liégeois était également un syndicaliste offensif, coordinateur de la section CGSP Culture - Région Wallonie et il se passionnait pour le jazz depuis quasi toujours et tant d’autres musiques novatrices. Malgré ses multiples activités professionnelles, il avait accepté de diriger avec panache notre asbl depuis de nombreux mois, et même quand il avait contracté une maladie qui le fit beaucoup souffrir.

Le 31 mars 2020, la L.U.C. avait signé à sa demande un Appel qu’il avait coécrit et qui sera publié par Le Soir, en pleine période de (dé)confinement, le «Manifeste pour soutenir les travailleurs et travailleuses de la culture» :

https://plus.lesoir.be/291250/article/2020-03-31/manifeste-pour-soutenir-les-travailleurs-et-travailleuses-de-la-culture?fbclid=IwAR1_LBiL-WW1QrqrX26Bn8FON609zX2vzE37SIs4yzLoqGHP0niPOfLN3zU


jeudi 26 septembre 2019

La L.U.C, de bon conseil ?

Cet automne 2019, on découvre dans les métros bruxellois des affiches qui ne proposent plus des oeuvres précises de musées (parfois en restauration ou absentes momentanément pour être exposées au bout du monde…) mais bien des vues plus globales de ces institutions culturelles. 


C’est une concrétisation d’une proposition faite par la L.U.C. 





Encore que… dans la photo de la Maison d’Erasme, on devine (entre les deux fenêtres, en partant de la gauche) la copie mondialement connue du très beau triptyque de Jérôme Bosch (cette remarque a pour but de vous donner envie de visite ce splendide musée : http://www.erasmushouse.museum/Public/Page.php?ID=24). 



Les deux autres illustrations promeuvent la Fonderie (où un grand nombre de statues placées dans nos parcs ou sur les ronds points ont été coulées, désormais musée de l’histoire du travail à Bruxelles : http://lafonderie.be) et la piscine ainsi que l’arrière de la Villa Empain (https://www.villaempain.com).


jeudi 23 mai 2019

Deux affiches pouvant tromper !

Voici les échanges de la L.U.C. avec le « Conseil bruxellois des Musées », à propos de deux affiches qui pouvaient tromper les passants dans des stations du métro.
Une critique et des explications… pour évoluer, à l’avenir? 

LA LETTRE DE LA L.U.C.

(…) Nous nous adressons à vous parce que le logo de votre association est en exergue dans une campagne d’affiches qui revient régulièrement dans nos métro bruxellois et propose en illustration des œuvres maîtresses des musées de notre capitale.

Cette campagne a eu récemment au moins deux effets négatifs. 
Nous voulons vous en avertir et nous espérons que vous pourrez nous donner une explication et trouver des solutions pour qu’à l’avenir cela ne se reproduise plus d’une façon ou d’une autre. 

1 : Tout d’abord, durant tout l’été 2018, les visiteurs potentiels du Musée Magritte ont été trompé par votre illustration de L’Empire des Lumières qui n’était pas exposé.
L’absence de cette toile (et donc indirectement votre promotion) a provoqué sur la toile de nombreuses réactions qui ne sont vraiment pas bonnes pour le tourisme et nos musées de façon globale :

2 : D’autre part, vous trouverez, ci-dessous, une  photo prise le 22 janvier 2019 dans une station de métro du centre ville.
Elle propose une œuvre du Musée d’Ixelles… qui est fermé pendant plusieurs années pour sa restauration complète.
C’est à nouveau une ambiguïté qui peut avoir des effets négatifs sur le public. Par exemple, l’inciter à trouver porte close puisque je suppose que le but de votre opération est de donner envie au public d’aller visiter. 
C’est d’autant plus contreproductif que tant d’autres musées bruxellois n’ont pas droit à cette campagne et pourraient en profiter utilement si cette opération n’était pas organisée avec tant d’irrespect pour une information du visiteur. 

Nous avons attendu de découvrir un second exemple pour vous avertir et surtout pour vous demander comment vous comptez remédier à cette carence. Le public a droit de découvrir des œuvres… qu’il peut voir s’il se déplace (…).

 
 
LA RÉPONSE DE PIETER VAN DER GHEYNST 

Pieter Van der Gheynst, Directeur adjoint & chargé de mission Brussels Card : 

(…) Je vous remercie pour votre mail concernant les panneaux d’affichage dans les stations de métro.

Il est vrai que depuis plus d’un an et demi JCDecaux nous donne des emplacements d’affichage dans les stations de métro, ce qui nous enchante car ces campagnes donnent une très belle visibilité à nos musées bruxellois vers un grand public utilisateur des transports en commun. Outre cette opportunité de visibilité, il est vrai aussi que la campagne a provoqué de la confusion auprès de ce même public, notamment pour le Musée Magritte et le Musée d’Ixelles.

Pour vous clarifier au mieux la situation, il faut que vous sachiez que cette campagne était une suite de notre projet “100 masters”, une campagne pour les chefs-d’oeuvre dans les musées de Bruxelles, que nous avons fait du 18 mai à fin août 2016. JCDecaux nous a contacté en mars 2017 pour nous proposer une campagne dans les stations de métro avec des visuels de 4 chefs-d’oeuvre: le Chimu du MRAH, L’Empire des Lumières au Musée Magritte, Déjeuner sur l’Herbe du Musée d’Ixelles et les dinosaures au Muséum des Sciences naturelles.
Nous nous sommes mis d’accord que JCDecaux prenne en compte l’impression des affiches et leur distribution dans les stations de métro, au début prévue uniquement en avril/mai 2017 pour remplir des places vides dans leurs cadres (avec une communication positive et esthétique sur les musées).
Or, après cette première campagne dans les stations, JCDecaux en a fait d’autres, sans doute parce qu’ils avaient des périodes creuses dans leur réseau, toutefois sans nous prévenir à l’avance de quand les affiches seraient mises.
Nous avons découvert chaque fois les affiches quand elles étaient déjà dans les stations. 

C’est ainsi que nous avons dû arrêter les affiches du Musée d’Ixelles, car le musée venait de fermer ses portes et le public (+ le musée) se plaignaient de la confusion que cela amenait. JCDecaux a enlevé les affiches peu après, mais apparemment, comme je vois dans votre mail, il y en a encore qui traînent ça et là. Je verrai avec JCDecaux pour enlever au plus vite ces affiches.
Pour le Musée Magritte, nous n’étions pas au courant du fait que le chef-d’oeuvre en question ne se trouvait plus au musée, donc nous n’avons pas pu prévenir JCDecaux d’enlever les affiches. 

De toute façon, depuis plusieurs mois, nous avons demandé à JCDecaux de connaître le planning pour les affichages, ainsi que s’ils comptaient encore prolonger la campagne pour beaucoup de temps.
Comme vous le dites, continuer trop longtemps la même campagne avec les mêmes 3 ou 4 musées devient trop répétitif et met trop en avant ces 3-4 musées par rapport aux autres musées.
C’est pourquoi nous voulions arrêter la campagne telle qu’elle est et la remplacer par une autre, présentant d’autres musées ou passant un autre message (…). Cela ne change rien à la confusion que la campagne a créé, et je m’en excuse de tout coeur! Notre ambition à nous aussi est d’être claire et donner une image positive des musées, c’est là vraie mission de Brussels Museums.

Je vais me renseigner aussi avec le Musée Magritte concernant l’Empire des Lumières et faire enlever les affiches s’il faut.

Je vous tiendrai au courant de la suite (…).

LA RÉACTION DE LA L.U.C.

« Je vous remercie pour votre réponse instructive. 

Chat échaudé, peut-être que pour une prochaine campagne médiatique analogue dans le métro, il faudrait éviter d’illustrer les affiches par des œuvres (susceptibles pour des raisons parfois imprévisibles longtemps à l’avance de ne pas être exposées) et plutôt opter pour du « dur » : par exemple, la façade d’un musée, son hall d’accueil, un couloir, etc. (…).