jeudi 26 septembre 2019

La L.U.C, de bon conseil ?

Cet automne 2019, on découvre dans les métros bruxellois des affiches qui ne proposent plus des oeuvres précises de musées (parfois en restauration ou absentes momentanément pour être exposées au bout du monde…) mais bien des vues plus globales de ces institutions culturelles. 


C’est une concrétisation d’une proposition faite par la L.U.C. 





Encore que… dans la photo de la Maison d’Erasme, on devine (entre les deux fenêtres, en partant de la gauche) la copie mondialement connue du très beau triptyque de Jérôme Bosch (cette remarque a pour but de vous donner envie de visite ce splendide musée : http://www.erasmushouse.museum/Public/Page.php?ID=24). 



Les deux autres illustrations promeuvent la Fonderie (où un grand nombre de statues placées dans nos parcs ou sur les ronds points ont été coulées, désormais musée de l’histoire du travail à Bruxelles : http://lafonderie.be) et la piscine ainsi que l’arrière de la Villa Empain (https://www.villaempain.com).


jeudi 23 mai 2019

Deux affiches pouvant tromper !

Voici les échanges de la L.U.C. avec le « Conseil bruxellois des Musées », à propos de deux affiches qui pouvaient tromper les passants dans des stations du métro.
Une critique et des explications… pour évoluer, à l’avenir? 

LA LETTRE DE LA L.U.C.

(…) Nous nous adressons à vous parce que le logo de votre association est en exergue dans une campagne d’affiches qui revient régulièrement dans nos métro bruxellois et propose en illustration des œuvres maîtresses des musées de notre capitale.

Cette campagne a eu récemment au moins deux effets négatifs. 
Nous voulons vous en avertir et nous espérons que vous pourrez nous donner une explication et trouver des solutions pour qu’à l’avenir cela ne se reproduise plus d’une façon ou d’une autre. 

1 : Tout d’abord, durant tout l’été 2018, les visiteurs potentiels du Musée Magritte ont été trompé par votre illustration de L’Empire des Lumières qui n’était pas exposé.
L’absence de cette toile (et donc indirectement votre promotion) a provoqué sur la toile de nombreuses réactions qui ne sont vraiment pas bonnes pour le tourisme et nos musées de façon globale :

2 : D’autre part, vous trouverez, ci-dessous, une  photo prise le 22 janvier 2019 dans une station de métro du centre ville.
Elle propose une œuvre du Musée d’Ixelles… qui est fermé pendant plusieurs années pour sa restauration complète.
C’est à nouveau une ambiguïté qui peut avoir des effets négatifs sur le public. Par exemple, l’inciter à trouver porte close puisque je suppose que le but de votre opération est de donner envie au public d’aller visiter. 
C’est d’autant plus contreproductif que tant d’autres musées bruxellois n’ont pas droit à cette campagne et pourraient en profiter utilement si cette opération n’était pas organisée avec tant d’irrespect pour une information du visiteur. 

Nous avons attendu de découvrir un second exemple pour vous avertir et surtout pour vous demander comment vous comptez remédier à cette carence. Le public a droit de découvrir des œuvres… qu’il peut voir s’il se déplace (…).

 
 
LA RÉPONSE DE PIETER VAN DER GHEYNST 

Pieter Van der Gheynst, Directeur adjoint & chargé de mission Brussels Card : 

(…) Je vous remercie pour votre mail concernant les panneaux d’affichage dans les stations de métro.

Il est vrai que depuis plus d’un an et demi JCDecaux nous donne des emplacements d’affichage dans les stations de métro, ce qui nous enchante car ces campagnes donnent une très belle visibilité à nos musées bruxellois vers un grand public utilisateur des transports en commun. Outre cette opportunité de visibilité, il est vrai aussi que la campagne a provoqué de la confusion auprès de ce même public, notamment pour le Musée Magritte et le Musée d’Ixelles.

Pour vous clarifier au mieux la situation, il faut que vous sachiez que cette campagne était une suite de notre projet “100 masters”, une campagne pour les chefs-d’oeuvre dans les musées de Bruxelles, que nous avons fait du 18 mai à fin août 2016. JCDecaux nous a contacté en mars 2017 pour nous proposer une campagne dans les stations de métro avec des visuels de 4 chefs-d’oeuvre: le Chimu du MRAH, L’Empire des Lumières au Musée Magritte, Déjeuner sur l’Herbe du Musée d’Ixelles et les dinosaures au Muséum des Sciences naturelles.
Nous nous sommes mis d’accord que JCDecaux prenne en compte l’impression des affiches et leur distribution dans les stations de métro, au début prévue uniquement en avril/mai 2017 pour remplir des places vides dans leurs cadres (avec une communication positive et esthétique sur les musées).
Or, après cette première campagne dans les stations, JCDecaux en a fait d’autres, sans doute parce qu’ils avaient des périodes creuses dans leur réseau, toutefois sans nous prévenir à l’avance de quand les affiches seraient mises.
Nous avons découvert chaque fois les affiches quand elles étaient déjà dans les stations. 

C’est ainsi que nous avons dû arrêter les affiches du Musée d’Ixelles, car le musée venait de fermer ses portes et le public (+ le musée) se plaignaient de la confusion que cela amenait. JCDecaux a enlevé les affiches peu après, mais apparemment, comme je vois dans votre mail, il y en a encore qui traînent ça et là. Je verrai avec JCDecaux pour enlever au plus vite ces affiches.
Pour le Musée Magritte, nous n’étions pas au courant du fait que le chef-d’oeuvre en question ne se trouvait plus au musée, donc nous n’avons pas pu prévenir JCDecaux d’enlever les affiches. 

De toute façon, depuis plusieurs mois, nous avons demandé à JCDecaux de connaître le planning pour les affichages, ainsi que s’ils comptaient encore prolonger la campagne pour beaucoup de temps.
Comme vous le dites, continuer trop longtemps la même campagne avec les mêmes 3 ou 4 musées devient trop répétitif et met trop en avant ces 3-4 musées par rapport aux autres musées.
C’est pourquoi nous voulions arrêter la campagne telle qu’elle est et la remplacer par une autre, présentant d’autres musées ou passant un autre message (…). Cela ne change rien à la confusion que la campagne a créé, et je m’en excuse de tout coeur! Notre ambition à nous aussi est d’être claire et donner une image positive des musées, c’est là vraie mission de Brussels Museums.

Je vais me renseigner aussi avec le Musée Magritte concernant l’Empire des Lumières et faire enlever les affiches s’il faut.

Je vous tiendrai au courant de la suite (…).

LA RÉACTION DE LA L.U.C.

« Je vous remercie pour votre réponse instructive. 

Chat échaudé, peut-être que pour une prochaine campagne médiatique analogue dans le métro, il faudrait éviter d’illustrer les affiches par des œuvres (susceptibles pour des raisons parfois imprévisibles longtemps à l’avance de ne pas être exposées) et plutôt opter pour du « dur » : par exemple, la façade d’un musée, son hall d’accueil, un couloir, etc. (…).
 

 

vendredi 15 février 2019

Pourquoi uniquement en anglais?

«L’anglais des musées à Bruxelles: pour tromper ou égarer des visiteurs?» est le titre d’une tribune publiée par l’un de nos administrateurs  dans le trimestriel «4 millions 7» de décembre 2018. 

«Klimt, et surtout les autres à Bozar»: ce titre de l’article de L’Avenir (24 septembre 2018) apparait comme ironique et quelque peu dénonciateur.
Surtout quand Marie-Françoise Gihousse y détaille: «(...) Un thème un peu trompeur. L’exposition met en avant par son titre «Beyound Klimt», et son affiche, un artiste connu du grand public. C’est de bonne guerre mais, autant savoir, il y a très peu d’œuvres de Klimt à Bruxelles (...)». 

Et on peut en dire tout autant pour Schiele et Mucha, annoncés dans cette exposition à 16 euros l’entrée quand même (les réductions pour les seniors n’étant octroyées chez Bozar qu’aux plus de 67 ans, à l’inverse des autres institutions fédérales où c’est 65 ans, et de nombreux autres diffuseurs culturels belges où c’est 60 ans). 

Pour cette exposition de Bozar (proposée au cœur de Bruxelles, rappelons-le!), pourquoi utiliser un titre en anglais? Pour éviter toute méprise, ou mauvaise surprise, les titres plus explicatifs en français et néerlandais n’auraient-ils pas aussi été indispensables?

Une œuvre de Klimt est omniprésente dans la promotion.
Si Bozar (ex Palais des Beaux- Arts de Bruxelles), cette institution largement subsidiée, avait comme mission indispensable l’information des visiteurs, elle aurait indiqué au moins sur son site internet le nombre d’œuvres exposées de Klimt (et des autres artistes présentés), ce qui correspondrait d’une certaine façon à l’annonce avant achat des ingrédients, celle-ci étant obligatoire et clairement réglementée par notre législation économique, pour tous les produits de consommation courante: https://www.bozar.be/fr/activities/133869-beyond-klimt

Guy Duplat met aussi en garde ses lecteurs dans La Libre du 26 septembre 2018: «Attention, une exposition peut en cacher une autre. À lire trop vite le titre de l’exposition, choisi pour des raisons de marketing, on peut croire que Bozar présente une exposition Klimt pour le 100ème anniversaire de la mort du grand peintre viennois (…)». 

Le diable se niche parfois dans les détails! L’anglais a également l’exclusivité d’une partie du ticket d’une autre institution fédérale majeure située à un jet de pierre: le Musée Magritte Museum (c’est le nom officiel de ce musée des MRBAB pour que le public ne le confonde avec le «vrai» Musée Magritte établi dans le maison de Jette où a vécu l’artiste).

Au dos du ticket (qui constitue le texte du contrat qui lie l’acteur culturel à l’usager), est imprimé en lettres bien lisibles un long texte de communication pour remercier les visiteurs, en français, en néerlandais et en anglais.
Mais le seul texte concret pour le visiteur qui souhaiterait introduire une réclamation se trouve tout en bas, indiqué uniquement en anglais (donc pas dans les langues nationales du pays qui subsidie cette institution fédérale, à l’inverse de ce qui est pratiqué sur le reste du ticket): «By purchassing this ticket you accept the General Terms and Conditions of the Museum».
À noter également qu’aucune adresse précise sur internet n’y est indiquée pour permettre à l’usager de retrouver le texte de ce règlement!

lundi 11 février 2019

Musée Magritte : débat musclé à la télé

BX1, la télévision bruxelloise francophone, a relayé à sa façon les résultats des PRIX LUC ET FLOP, en mettant en exergue le premier PRIX FLOP. 

Elle a organisé un débat contradictoire sur ses antennes, le 25 janvier 2019, à propos du fait que le Musée Magritte Museum de Bruxelles n’indiquait pas sur son comptoir, avant achat des tickets, les titres d’une quinzaine de tableaux non exposés. 

Sur le blog de la L.U.C., à propos de ce sujet, vous pouvez lire trois articles :

- 1 : la plainte déposée sur ce thème auprès du médiateur fédéral :

- 2 : De nombreux témoignages de visiteurs concernant cette pratique :

- 3 : Une seconde séquence où une dizaine d’autres oeuvres de Magritte ont également été retirées :

Jean-Christophe Pesesse, le journaliste de BX1, a choisi d’inviter Isabelle Bastaits, la chargée de communication du Musée Magritte Museum et Bernard Hennebert, l’un des administrateurs de la L.U.C. Il a animé de façon fort équilibré ce débat musclé. 

Sur les réseaux sociaux, les réactions des téléspectateurs sont très majoritairement positives. On peut imaginer qu’il n’en est pas nécessairement de même pour un certain nombre de professionnels. Encore que Bernard Hennebert a éprouvé une vive émotion à la lecture de ce témoignage d’une personnalité de premier plan du monde muséal belge qui lui est parvenu (et que nous publions avec l’accord de l’auteur dont nous tenons à protéger, de là cet anonymat) :

«  J’ai enfin pu regarder dans la « boucle » de nuit ton intervention sur BX1.  L’exercice était périlleux et je te dis bravo ; tu t’en es fort bien sorti et tu as pu dire tout ce qu’il y avait d’essentiel. Qu’est-ce que le public va retenir ? L’image d’un monsieur fort sympathique qui défend nos intérêts de visiteurs.  Chacun retiendra bien la leçon qu’il faut être attentif à ce qui est annoncé ou pas à l’entrée d’un musée. C’est cela que l’on garde du débat : une belle leçon pour les visiteurs de musées et pour les musées eux-mêmes ! ». 

Sur sa page fabebook, le site français qui critique les musées « Louvre pour tous » (http://www.louvrepourtous.fr) a relayé la vidéo de ce débat en ces termes : « Belgique : Bernard Hennebert pointe avec justesse le manque d'info concernant les oeuvres absentes dans un musée, souvent pour prêts, comme au musée Magritte, ce qui peut tourner à la tromperie du public. On lui répond qu'on ne peut pas les nommer pour raison de sécurité... Jamais entendu un tel argument. N'importe quoi ! ».

Voici donc la séquence de BX1 : 

Pour ne pas limiter la réflexion au Musée Magritte Museum (et donc ne pas stigmatiser une seule institution), notre administrateur a tenté à plusieurs reprises d’expliquer dans ce débat qu’il y a une quinzaine d’années, il y avait eu un précédent. Pour non annonce d’une oeuvre emblématique enlevée en cours d’exposition sans que ce soit annoncé aux visiteurs avant l’achat de leur ticket, la ville de Bruxelles a remboursé le prix du ticket d’un visiteur (à l’inverse ce que pratique le Magritte) pour l’exposition Rubens qui se tenait dans l’Hôtel de Ville, Grand-Place à Bruxelles. Pressé par le temps, Bernard Hennebert n'a pas réussi, au cours de ce mini débat, à citer un extrait d’une lettre envoyée à l’époque par Charles Picqué, le ministre bruxellois des affaires économiques. Celle-ci pose clairement, en la matière, la base d’un droit à la protection des consommateurs culturels :

« (…) Un principe de droit exige qu’avant la conclusion de tout contrat, la partie « dominante » doive fournir à son futur cocontractant toutes les informations utiles à une prise de décision en connaissance de cause. Agir autrement enfreindrait la bonne foi. 
Les Cours et Tribunaux ont, depuis longtemps, en effet, reconnu l’existence d’une obligation générale de renseignements à charge des fabricants, vendeurs et prestataires de services professionnels.
Ce principe juridique permet de sanctionner un comportement fautif au cours de la période précontractuelle.
Dès lors, je suis également d’avis que la Ville de Bruxelles aurait dû faire le nécessaire afin que les visiteurs soient avertis de la disparition d’une œuvre maîtresse de l’exposition (Rubens) ».

À l’époque, ce cas « Rubens » fut soumis en France à deux personnalités artistiques de premier plan : Jean-Jacques Aillagon, ancien ministre de la culture, puis directeur du Château de Versailles, et Françoise Cachin, directrice honoraire des Musées de France. 

À  la question de savoir s’il ne devenait pas évident que le public devrait être informé avant d’acheter son ticket de ce qui était réellement exposé, ils constatèrent qu’effectivement il n’était plus adéquat de simplement signaler ces décrochages à l’endroit où lesdites œuvres auraient pu être admirées et qu’il faudrait trouver à l’avenir le moyen d’informer, dès le hall d’entrée du musée, de leur accessibilité ou non, au moins pour les œuvres maîtresses.

mercredi 6 février 2019

Tant de millions et pas de gratuité

KANAL n’annonce toujours pas et ne semble pas prévoir dans ses budgets, comme le montre cet article de « L’Écho » du 6 février 2019, qu’il va prévoir, lorsqu’il sera un musée avec un fond permanent, une journée mensuelle de « gratuité pour tous ».
Signez donc la pétition pour lui rappeler que c’est devenu à Bruxelles une habitude, une sorte de droit des visiteurs, pour les institutions subsidiées.
On ne lâchera pas ! Dépassons les 1.700 signatures.

vendredi 25 janvier 2019

Résultats des «Prix LUC & FLOP» 2018

Les Prix LUC & FLOP distinguent les meilleures «pratiques» culturelles (parmi 22 propositions) et les plus regrettables (parmi 14 propositions) constatées en Belgique durant l’année 2018.

PREMIER PRIX LUC 2018

Le lauréat est Le «Pass Fêtes» du Poche


Imaginé par le Théâtre de Poche en 2015, le «Pass Fêtes» offre chaque année une idée cadeau à placer sous le sapin. Une formule qui permet au public de jeter des ponts entre plusieurs disciplines. Pour 35 euros: trois places de théâtre + une place de cinéma + une entrée dans un musée + de la lecture. Ses partenaires pour la saison 2018-2019: le Musée MIMA, le cinéma Vendôme et le magazine Médor.

Photo: Olivier Blin, Directeur du Théâtre de Poche, reçoit le 1er Prix LUC des mains de Philippe Schoonbrood, président de la L.U.C.


DEUXIÈME PRIX LUC 2018

Les lauréats sont le Musée d’Ixelles et l’association «Patrimoine à roulettes»

Deux fois par an, le Musée d’Ixelles fait voyager dix toiles de sa réserve pour s’exposer gratuitement chez des habitants d’un même quartier. Ceux-ci «mettent en scène» chez eux l’œuvre qu’ils ont choisie et la présentent à leurs proches le samedi, et à tout le public, le dimanche.

Cette activité est réalisée en collaboration avec «Patrimoine à roulettes» et le personnel du musée apporte un soutien logistique aux dix citoyens qui participent à cette action de démocratisation de la culture.

Photo: Un tableau du Musée d'Ixelles exposé chez une habitante de la commune.

TROISIÈME PRIX LUC 2018

Les lauréats sont de nombreux musées de Liège et de Bruxelles


Élargir à un public jeune de plus en plus vaste la gratuité quotidienne. À Bruxelles, l’accès est désormais gratuit aux moins de 18 ans dans les musées fédéraux: Musée Magritte Museum, Musée Fin de siècle, Musée d’Art et d’Histoire, Musée des Instruments de Musique, etc.

Jusqu’il y a peu, cette réduction quotidienne n’était destinée qu’aux moins de 6 ans (comme c’est, hélas, toujours le cas actuellement pour le Musée des Sciences Naturelles ou au Musée royal de l’Armée).

Les musées à mettre particulièrement sur le podium sont ceux de la ville de Liège qui ont adopté, eux, la gratuité quotidienne non pas uniquement pour les moins de 18 ans, mais bien pour les moins de 26 ans.

Photo: Anne Goffart, Responsable Communication des Musées royaux d'Art et d'Histoire, reçoit le 3e Prix LUC des mains de Philippe Schoonbrood, président de la L.U.C.


PREMIER PRIX FLOP 2018

Plutôt que de stigmatiser des organisateurs précis, le jury a voulu être constructif: parmi les douze propositions pour le Prix FLOP, il a relevé trois tendances qui ne respectent pas le public et surtout il propose des ébauches élémentaires de solution.

Plusieurs exemples montrent qu’en 2018, des institutions muséales n’ont pas informé leurs visiteurs au moment où ils paient leur ticket au guichet de l’absence de certaines œuvres majeures dans leurs salles.
Informer en amont, avant l’achat du ticket, c’est respecter l’étudiant qui fait un travail sur une peinture précise, le touriste qui a vu telle sculpture mentionnée dans son guide et tous les autres visiteurs qui ont droit à connaître le contenu détaillé de l’institution qu’ils souhaitent découvrir.
Bien entendu, des œuvres majeures peuvent être en cours de restauration ou prêtées à d’autres musées à condition qu’une information précise soit proposée à chaque visiteur. Ceci implique non seulement une mention sur le site internet mais aussi un affichage clair à l’accueil (avec les titres des œuvres concernées).

Il faut davantage et mieux informer le public. En 2018, plusieurs quotidiens ont dénoncé le titre d’une exposition et sa communication visuelle qui pouvaient induire en erreur une partie du public. De plus, pour cet événement se déroulant à Bruxelles, le choix de l’anglais seul pour le titre brouillait d’autant plus les pistes pour une partie du public qui ne maîtrise pas cette langue.

Il convient donc que les organisateurs culturels respectent le public dans leur travail d’information et veillent à ne pas laisser la priorité à la préoccupation commerciale. Celle-ci est compréhensible mais il faut éviter qu’elle ne mène à une communication trompeuse.

DEUXIÈME PRIX FLOP 2018

À Bruxelles comme en Wallonie, en 2018, tant dans des festivals de musique que dans des institutions muséales, l’âge à partir duquel on considère qu’un usager devient un senior peut évoluer sans aucune explication rationnelle fournie au public.

Si jusqu’il y a peu, la norme pour recevoir une réduction était d’avoir atteint 60 ans, deux institutions majeures subsidiées situées à moins d’une centaine de pas l’une de l’autre pratiquent désormais des règles différentes. Pour l’une, les seniors, ce sont les + de 65 ans; et pour l’autre, les + de 67 ans.

Un festival qui réserve un avantage financier pour quelques-uns de ses riverains (afin de s’excuser pour des désagréments notamment sonores) a fait évoluer en 2018 l’âge de ceux qui y ont droit: de 65 à 70 ans!

S’il peut se concevoir que l’âge où l’on devient un senior peut changer au fil des années en fonction de l’évolution de l’espérance de vie, ne serait-il pas normal qu’il soit au moins semblable pour toutes les activités culturelles d’un même type, et non tributaire de la bonne ou mauvaise volonté des organisateurs?

Vu que ces différenciations existent désormais, qu’elles soient donc davantage visibles pour le public.
Par exemple, que les organisateurs l’indiquent systématiquement dans leur tarification, et tout particulièrement ceux qui pratiquent encore le «+ de 60 ans», ce que ne font pas actuellement nombre d’entre-eux (bien souvent, ils n’indiquent dans leur tarification que le mot senior).


TROISIÈME PRIX FLOP 2018

En 2018, en Wallonie et à Bruxelles, des expositions accessibles en semaine seulement jusqu’à une heure où il est impossible pour la population active de s’y rendre pratiquent durant les week-ends un tarif plus élevé, généralement de 2 euros.

Elles font ainsi de la discrimination à l’égard de plus de la moitié de la population: les travailleurs et les étudiants qui d’ailleurs ont parfois, voire souvent, bien du mal à boucler leur fin de mois.

Et déjà, pour l’édition de 2019!

Que le public aide la L.U.C. en lui proposant tout au long de l’année des propositions de «pratiques» culturelles belges positives ou négatives. Écrivez à son Observatoire: liguedesusagersculturels@gmail.com

Déjà, parmi les «pratiques» constatées depuis le 1er janvier 2019: l’application du prix unique du livre dans toute la Belgique (pour le Prix LUC 2019); le doublement de la tarification du musée de l’Armée, l’arrêt de la gratuité du premier mercredi du mois à l’Africa museum  à Tervueren et la mise en vente sans mise en garde de versions en néerlandais et en français de «Mein Kampf», l'ouvrage de propagande de Hitler, dans le cadre de l’exposition «Berlin 1912-1932» aux MRBAB à Bruxelles (pour le Prix FLOP 2019).

La composition du jury

Cliquez ici pour découvrir la composition complète du jury.

jeudi 17 janvier 2019

Composition de notre jury

Le 16 janvier 2019, ont été désignés les Prix LUC & FLOP qui mettent en évidence les meilleures et les plus mauvaises « pratiques » culturelles vécues par le public belge durant toute l’année 2018.

Qui sont les jurés?

Le jury est composé de six personnalités qui appartiennent à différents domaines de la culture (« tout culture », musiques, littérature, musées).
Afin de diversifier les approches, pour cette dernière discipline artistique, deux représentants très différents ont été choisis : la directrice d’un grand musée privé wallon et le conservateur d’une plus petite structure bruxelloise et subsidiée.
Les membres du jury habitent ou travaillent à Bruxelles ou dans les provinces du Brabant-Wallon, du Hainaut ou de Liège.

Ces personnalités ont participé à cette délibération à titre privé, comme usagers culturels avec une expertise, et pas comme représentants des organismes où elles travaillent. 

Le jury était composé de, par ordre alphabétique :
  • Roland De Bodt, écrivain et chercheur,
  • Jean-Jacques Deleeuw, directeur de l’information à BX1 (la télévision bruxelloise) et président des « Octaves de la musique »,
  • Tony de Vuyst, directeur général de « PointCulture »,
  • Anne Eyberg, directrice du Musée Hergé à Louvain-la-Neuve,
  • Pascal Majérus, conservateur du Musée La Fonderie à Molenbeek,
  • PRESIDENT DU JURY : Philippe Schoonbrood, président de la L.U.C., syndicaliste (CGSP Culture), rédacteur en chef de «Jazzaround ». 
Ce n'est que quand les dés étaient jetés en fin de soirée
que le jury a bu du vin !
Les Prix LUC et FLOP 2018 seront publiés prochainement, avant la fin de ce mois de janvier 2019, lors de la remise du prix au vainqueur (du Prix LUC).

Le jury a débattu toute la soirée à partir des propositions suivantes : 22 propositions pour le Prix LUC et 14 propositions pour le Prix FLOP :

mardi 15 janvier 2019

Liste complète des propositions pour les Prix LUC & FLOP 2018


Le 16 janvier 2019, dès 19H, le jury siège pour décerner les Prix LUC & FLOP 2018 aux meilleures et moins bonnes « pratiques » cultuelles constatées en Belgique au cours de l’année 2018. 

Il devra choisir parmi les propositions suivantes qui  sont classées chronologiquement en fonction de leur découverte au fil de l’année 2018.

A : 22 propositions pour le Prix LUC

– 1 CINÉMA
Le ciné Gedinne dans le Namurois a lancé un appel à obligation auprès des spectateurs pour se rénover: «pour cent balles, on restaure un cinoche de village».

– 2 MUSÉE
Élargir à un public jeune de plus en plus vaste la gratuité quotidienne.
À Bruxelles, l’accès est désormais gratuit aux moins de 18 ans à KANAL-Pompidou et aux musées fédéraux: Magritte, Musée d’Art et d’Histoire, Musée des Instruments de musique, etc. Jusqu’il y a peu, cette réduction quotidienne n’était destinée qu’aux moins de 6 ans (comme c’est, hélas, toujours le cas pour le Musée des Sciences Naturelles de Bruxelles).
Les musées à mettre particulièrement sur le podium sont ceux appartenant à la Ville de Liège qui ont adopté, eux, la gratuité quotidienne non pas uniquement pour les moins de 18 ans, mais bien pour les moins de 26 ans.

– 3 SPECTACLE
L’habitude d’indiquer les prix sur les affiches a largement disparu. Elle permettrait pourtant en rue de comparer facilement les prix, ce qui ne plait pas beaucoup à ceux qui pratiquent les prix les plus élevés. En 2018, quelques organisateurs vont à contre-courant: par exemple, le festival Brossella Folk et Jazz de Bruxelles ou le spectacle «Gospel Celebration» donné au Théâtre 140 à Bruxelles.

– 4 THÉÂTRE
Durant sa saison 2017-2018, le Théâtre National de Bruxelles a réussi à surtitrer tous ses spectacles en anglais (et parfois en néerlandais). Selon son directeur Fabrice Murgia: «(…) Ainsi plusieurs représentations ont attiré plus de 30% de spectateurs non francophones».

– 5 SPECTACLE
Le 11 juin 2018, la «Commission Infrastructure» du Parlement bruxellois a voté à l’unanimité la proposition de résolution de Marc Loewenstein (DéFI) qui oblige les organisateurs d’activités payantes (notamment culturelles) dans la capitale et touchant plus d’un millier de personnes à accorder la gratuité des transports en commun grâce à l’ «Event Pass» (un code est prévu sur les tickets). Il s’agit d’un accès gratuit à tout le réseau de la STIB durant la journée de l’événement, réseau de nuit Noctis inclus. Avant cette décision politique, certains organisateurs pratiquaient déjà cet «Event pass» de façon volontariste: l’AB, Forest-National, le Théâtre National, etc. Pour «Couleur Café», sur les 60.000 entrées, on compte environ 10% d’usagers qui ont utilisé cet avantage pour leur transport.

– 6 LIVRE
La Foire du Livre de Bruxelles a permis d’asseoir pour l’avenir sa gratuité quotidienne (avant l’entrée était payante), d’étoffer son public (70.000 visiteurs en 4 jours) et surtout - fait nouveau - de développer le nombre de ses exposants (de 198 à 235) notamment en instaurant des frais de location plus attractifs pour les petits éditeurs.

– 7 MUSIQUE
Enfin, la Wallonie s’apprête à mettre en place des mesures contre le son trop amplifié dans les salles de concerts et les festivals pour prémunir le public d’un risque de lésion auditive irréversible. Une mesure similaire est entrée en vigueur à Bruxelles en 2018, et en Flandre en 2012.

– 8 MUSÉE
«Toerisme Vlaanderen» s’oppose par lettre et clip à la censure artistique sur Facebook (notamment des nus de Rubens !).

– 9 MUSÉE
Deux fois par an, le Musée d’Ixelles fait voyager dix toiles de sa réserve pour s’exposer gratuitement chez des habitants d’un même quartier. Ceux-ci «mettent en scène» chez eux l’œuvre qu’ils ont choisie et la présentent à leurs proches le samedi, et à tout le public, le dimanche. Cette activité est réalisée en collaboration avec «Patrimoine à roulettes» et le personnel du musée apporte un soutien logistique aux dix citoyens qui participent à cette action de démocratisation de la culture.

– 10 MUSÉE
Le 21 mars 2018, a été adopté, à l’unanimité en commission, une résolution initiée par Fabien Maingain, député bruxellois (DéFI), qui demande au Parlement Bruxellois de considérer désormais que les diverses gratuités des musées dans la capitale (musées gratuits tous les jours, gratuité du 1er mercredi du mois, gratuité du 1er dimanche du mois) soient considérées comme un argument utile au tourisme et de mettre en place une promotion récurrente de celles-ci.

– 11 FESTIVAL
Pour entrer c’est 3 piles usagées ou 3 euros au «Festival Absolument Gratuit 2018» (3 et 4 août 2018) à Genk. Les bénéfices de l’opération servent à planter des arbres.

– 12 FESTIVAL
La ville de Gand a décidé d’interdire les gobelets jetables lors de ses célèbres Gentse Feesten. Il s’agit d’un mouvement qui se développe en Wallonie aussi: après La Semo, voici les Francos, Esperanzah!, Ronquières, Verdur Rock.
Hélas, il reste encore chaque année dans les festivals près d’un milliard de gobelets jetés et des prairies dévastées car jonchées de gobelets écrasés, enfouis sous plusieurs couches de terre ou mélangés à la boue. Comme c’est parfois la commune ou la ville qui se charge de ramasser les déchets, certains organisateurs n’ont pas intérêt économiquement à passer au réutilisable, d’où l’importance de l’initiative de Gand.

– 13 FESTIVAL
L'ASBL Be WaPP a sensibilisé les festivaliers à la pollution occasionnée par les mégots de cigarettes en distribuant des cendriers de poche. Rappelons qu’un filtre à cigarette abandonné se dégrade seulement au bout de douze à quinze ans.

– 14 LIVRE
Régulièrement le quotidien L’Avenir (édition pour le Luxembourg) consacre deux pages (avec annonce en «une») à la présentation de nouveaux livres tout en faisant une promotion intelligente des librairies. Les animateurs de celles-ci commentent leurs trois sorties préférées et une photo les présentent. Une librairie par ville: Marche, Bastogne, La Roche, Libramont, Neufchâteau, Virton, Vielsalm. Et pour Arlon, deux librairies.

– 15 LOCATION DVD
Les loueurs de DVD ont la vie particulièrement dure mais ce ne sont peut-être pas les plus commerciaux qui auront la vie sauve! À l’inverse de ceux-ci, «Vidéo Express» (de St Gilles, Bruxelles), qui sélectionne plutôt la qualité et la diversité, déploie petit à petit son public en demandant à des personnalités de sélectionner 80 de leurs œuvres chéries ou trouvailles. Les jaquettes de ces DVD sont placées en vitrine et mis en location durant un trimestre. Ceci permet d’attirer de nouveaux clients mais l’initiative aiguise souvent aussi la curiosité du public qui fréquente déjà l’officine. L’asbl «Les amis de Vidéo Express» a récolté des financements d’usagers sympathisants et achète les DVD sélectionnés s’ils ne font pas déjà partie du patrimoine du loueur.

– 16 BIBLIOTHÈQUE
Contrairement à ce que certains pourraient imaginer, les bibliothèques en Fédération Wallonie-Bruxelles se portent plutôt bien. En presque dix années, on constate une fréquentation en légère hausse et une prise en compte de l’évolution des besoins des usagers (moins de prêts de livres et davantage d’animations, développement d’espaces numériques, présence accrue d’adolescents cherchant un lieu calme pour étudier, etc.).

– 17 LIVRE
Popularisation par «Rent a Book» de la location du livre scolaire. Acheté par son destinataire à 100% du prix, le retour du livre rapporte à celui-ci en fin d’année scolaire s’il n’a pas été abîmé 65% du prix qui lui est remboursé. Un ouvrage peut s’offrir quatre vies. L’association traite ainsi près de 100.000 livres en une année surtout en Brabant wallon et Hainaut.
Une restriction, peut-être...: l’enfant ou l’ado ne découvre plus le chemin qui l’aurait mené au libraire grâce à cet achat scolaire à faire mais l’avenir du livre pour une nouvelle génération n’est-il pas d’apprendre à bien utiliser internet?

– 18 CINÉMA
«L’Écran des possibles» propose en Wallonie des mallettes dans lesquelles il y a deux DVD (un long et un court métrage) de type «positifs» (comme le film «Demain») axés sur l’agriculture et l’alimentation, l’éducation, la mobilité, l’énergie, les déchets, etc.
Celles-ci sont acheminées vers ceux qui organisent des projections (de la salle de cinéma à la prison ou à la maison médicale!) via l’infrastructure de PointCulture ou par la poste. Il y a également des fiches pour documenter un accompagnement du film et la possibilité d’inviter des experts-conférenciers. L’opération est gratuite car financée (pour un an) par le Ministère Wallon de la Transition Écologique.

– 19 FESTIVAL
Des tonnes de matériel en bon état (tentes, sacs de couchage, bâches, etc.) sont abandonnés sur les sites des festivals d’été. Plutôt que de jeter tout ceci (ce qui ne coûte souvent pas à l’organisateur mais à la ville ou à la commune), L’After festival RECUP récupère et diffuse ce qui est récupérable, après nettoyage, pour les moins nantis (cette opération s’est déroulée notamment au Tomorrowland).

– 20 ENQUÊTE
L’Observatoire des politiques culturelles de la Fédération Wallonie-Bruxelles publie une enquête menée par le directeur de recherche Roland de Bodt dans trois numéros de la revue «Repères» (octobre, novembre et décembre 2018) sur «Libertés culturelles & droits des usagers». Michel Guérin, le directeur-coordinateur de l’Observatoire, dans l’avant-propos, espère que cette somme deviendra «un réel instrument de travail pour progresser dans la connaissance et les débats relatifs à la mise en œuvre concrète des droits de toutes celles et de tous ceux qui participent à la vie culturelle, leur vie culturelle». L’enquête est présentée gratuitement sous une version numérique à télécharger: www.opc.cfwb.be (une version imprimée est également annoncée).

PROPOSITIONS COMPLÉMENTAIRES POUR LE PRIX LUC
(Jusqu’au 4/1/019, chacun pouvait émettre d’autres propositions)

21 : THÉÂTRE : Pour les fêtes de fin d’année 2018, le Théâtre de Poche a proposé un « Pass Cadeau » qui permet au public de jeter des ponts entre plusieurs disciplines : pour 35 euros, trois places de théâtre + une place de cinéma + une entrée dans un musée + de la lecture avec un numéro surprise de la revue « Médor ». 

22 : MUSEES : Le « MuseumPASSmusées » permet de visiter plus de 120 musées belges pour 50 euros pendant un an. Son prix est réduit à 10 euros pour quelques associations d’aide aux plus démunis. 

Il ne s’agit donc pas d’une gratuité muséale pour tous (quotidienne ou mensuelle) mais d’une opération collective de réduction. La gratuité est un droit acquis du public qui existe depuis plusieurs siècles dans de nombreux pays et ce serait donc un recul pour les usagers d’ignorer ceci.
En Belgique, la « marche arrière » est déjà fort regrettable : dans les plus grands établissements, on est passé de la gratuité quotidienne à un jour de gratuité par mois pas pour tous (le 1er mercredi du mois) ou pour tous (le 1er dimanche du mois). Nouveau recul : l’Africa museum de Tervueren a supprimé en 2019 sa gratuité du premier mercredi du mois.

Ce qui est intéressant dans ce MuseumPASSmusées, c’est qu’il constitue pour les personnes qui vont déjà régulièrement aux musées une aubaine économique qui peut les pousser à aller plus souvent dans des institutions qu’ils ne connaissent pas encore et revenir régulièrement dans celles qui leur sont déjà familières ou proches, par exemple pour retrouver souvent une oeuvre qu’ils apprécient particulièrement. 
Si cette réduction sera sans doute lourde à digérer (l’institution participante recevra 60% du prix du ticket) et à gérer pour certains musées (quitte à augmenter la tarification habituelle?), il est vrai également que, n’ayant plus à payer pour entrer dans l’institution le jour de sa visite, des visiteurs seront davantage en situation psychologique d’ouvrir leur porte-feuille pour se faire un plaisir supplémentaire : payer le ticket de l’expo temporaire, fréquenter le shop ou le café-restaurant. 

Cette initiative permettra-t-elle de trouver de nouveaux publics sur le long terme? Ce pari n’est peut-être pas gagné. Il faut souligner qu’il faudra bien souvent payer en plus pour découvrir les expositions temporaires ( pour le vaste public, souvent bien plus attractives que les fonds permanents si peu médiatisés). Alors, si vous n’êtes pas riche, que les musées ne sont pas (encore) votre tasse de thé, que vous n’avez pas de voiture et que vous habitez une ville comme Bruxelles où il y a beaucoup de musées participants, c’est peut-être encore jouable. Mais si vous habitez par exemple à Arlon ou Coxyde, et tant d’autres villes ou villages, il devient sans doute plus aléatoire que cette offre à réduction vous tente.


B : 14 propositions pour le Prix FLOP

– 1 CINÉMA
La ville de Mons (propriétaire des murs) et le conseil d’administration du cinéma Plaza Art sont incapables de prendre leurs responsabilités par rapport à la déliquescence de l’infrastructure de la salle, ce qui a mené à sa fermeture qu’on espère que provisoire. «Un arbre qu’on coupe en pleine vie» a constaté l’un des «frères» cinéastes, Jean-Pierre Dardenne.

– 2 CINÉMA
Contre les distributeurs de films qui ne prévoient pas de vision de presse ou qui programment celle-ci pour que les articles dans la presse écrite ne puissent sortir à temps.
Régulièrement, en France, l’hebdomadaire Télérama signale minutieusement chacun de ces cas à ses lecteurs. C’est moins souvent le cas chez nous. Avec des exceptions. Exemple: comme le film «15H17» de Clint Eastwood est sorti en France avant la Belgique, Fabienne Bradfer l’a vu en salle à Paris et publie sa critique bien à temps dans «Le Soir» du 9 février 2018 en notant: «En France, le film n’a pas été montré en amont à la presse. En Belgique, la vision réservée aux journalistes est programmée la veille du 22 février après-midi. Pourtant ce film est très attendu. La stratégie du secret est souvent mauvais signe...».

– 3 MUSÉE
Le nouveau musée bruxellois KANAL-Centre Pompidou largement subsidié et pratiquant quotidiennement une tarification parmi les plus élevées de Bruxelles ne prévoit aucune journée de gratuité mensuelle, alors que pareil avantage destiné à tout le public est devenue une pratique normale dans nos institutions muséales.

– 4 CINÉMA
L’augmentation du ticket du complexe Kinepolis de Bruxelles est plus importante que le niveau général des prix estimé par l’indice des prix. Il est vrai que les salles de cinéma ont dû financer de lourds investissements en matériel de projections mais dans ce complexe cinématographique cette évolution de la tarification se double d’un prix très élevé pour la nourriture et les boissons: «19,60 euros pour un Coca, 400 grammes de bonbons et deux petits sachets de pop-corn».

– 5 MUSÉE
De façon générale, est-il préférable que l’audio guide soit facultatif et se loue en supplément au prix du ticket? Oui, parce qu’une partie non négligeable de visiteurs préfère la visite d’un musée sans audio guide.Mais il y a quelques exceptions où pratiquer l’inverse est préférable, lorsque l’audioguide est vraiment indispensable à la visite comme par exemple au Musée Hergé de Louvain-la-Neuve ou à la Maison de l’Europe à Bruxelles. C’est également le cas du Musée des Instruments de Musique de Bruxelles (MIM). L’audioguide permet d’ «écouter» les très nombreux instruments exposés dans les vitrines. Une visite passée à uniquement les regarder serait fort réductrice.
Jusqu’en 2017, le ticket du MIM comprenant l’usage de l’audioguide coûtait 8 euros. En 2018, l’usage de l’audioguide est devenu facultatif et sa location coûte 2 euros (à ajouter au nouveau prix de 10 euros du ticket).
Rendre facultatif l’audioguide alors qu’il a toujours été considéré comme indispensable nous semble être une faute grave. Il faut savoir que la maxime du MIM mise en exergue sur son site a été retirée en 2017. C’était «Vous allez voir ce que vous allez entendre». La responsabilité de cette faute est à attribuer non pas au musée lui-même mais à la ministre de la Politique Scientifique (à l’époque NVA) qui fixe la tarification des musées fédéraux.
La bonne volonté du service de communication du MIM lui-même se concrétise par le fait qu’il a ajouté, lors d’une réimpression de ses flyers, à côté du mot « audioguide » l’expression « conseillé - aanbevolen - advised ».

– 6 FESTIVAL
Il faudrait inscrire dans les dictionnaires une définition précise du mot «senior». Par exemple, personnes âgées de 60 ans et plus. Au fil des années, les activités socio-culturelles dévoient les droits de cette catégorie d’usagers en leur réservant des avantages comme une réduction non plus aux plus de 60 ans comme c’était de tradition, mais aux plus de 65 ans (Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique) ou même aux plus de 68 ans (BOZAR). De même, en 2018, les Francofolies de Spa ont fait passer de 65 à 70 ans l’âge à partir duquel un avantage (entrée gratuite dans une grande partie du site) était octroyé aux Spadois pour compenser les inconvénients qu’ils devaient affronter dans leur quotidien dû à l’affluence de ces festivités: bruits, rues barrées, passage non autorisé de voitures, etc.

– 7 CINÉMA
Les amateurs de salles d’art et d’essai bruxellois ne peuvent admettre un régime de faveur outrancier, discriminatoire économiquement parlant, mis en place par les autorités politiques pour une nouvelle salle, Le Palace (inaugurée fin février 2018), qui risque de mener à la faillite d’autres salles qui vivent difficilement, bien qu’elles aient réussi à se fidéliser un public, année après année, avec des aides sans commune mesure à celle accordée à la nouvelle venue. Il s’agit du Nova, du cinéma Galeries, de l’Actor Studio, etc. En 2018, la ministre Greoli (CDH) «trouve tout-à-coup 110.000 euros d’une enveloppe inconnue (pour Le Palace) alors que les Galeries voient leurs subsides réduits de 15.000 euros» (La Libre, 18 janvier 2018). Et le Nova connaît un problème analogue. Couper le ruban d’une nouvelle salle est merveilleux mais cela ne doit pas signifier le risque d’envoyer trois autres expériences qui n’ont pas démérité à l’abattoir. Quelques mois après l’ouverture du Palace, l’Actor Studio a dû fermer ses portes (pour plusieurs raisons dont sans doute celle-ci).

– 8 MUSÉE
Depuis l’été 2018, de nombreuses toiles majeures habituellement exposées à ses cimaises ont été prêtées par le Musée Magritte Muséum de Bruxelles au SFMOMA de San Francisco.
Cet acte n’a rien de répréhensible. Il fait partie de l’activité muséale, sauf que la direction du musée a organisé sa communication afin que le public ne puisse pas savoir combien de toiles seraient absentes à Bruxelles, et n’a pas divulgué les titres de celles-ci.
Au même moment, se déroulait une campagne de promotion de grande ampleur dans le métro bruxellois où l’on voyait une reproduction de grande taille de «L’Empire des lumières», l’emblème du musée, émigré aux USA! De quoi induire en erreur les futurs visiteurs. Sans doute le musée ne pouvait pas interrompre cette campagne qui se déroulait à une période malencontreuse. Mais raison de plus pour indiquer au comptoir, au 3 rue de la Régence (où s’achètent beaucoup de tickets) le nombre d’œuvres non exposées et les titres de celles-ci, en guise d’avertissement. Ce qui n’a pas été le cas. De plus, le musée a refusé de rembourser le ticket d’un visiteur irrité par ce fait. Plainte a été déposé au Médiateur fédéral (la décision de ce dernier est attendue).

– 9 CINÉMA
La moitié des cinémas en Wallonie imposent la version française doublée des films en langue étrangère. 12 sur les 22 salles les plus importantes (d’Arlon à Mouscron) programment celle-ci au public. Le Soir (30 mai 2018): «(...) Les cinéphiles migrent désormais vers Bruxelles (...) Dommage que nos cinémas n’aident pas la Belgique à casser son image de cancre en langue étrangère».

– 10 EXPOS
BOZAR trompe? «Klimt, et surtout les autres à Bozar»: ce titre de l’article de L'Avenir (24 septembre 2018) est explicite, surtout quand la journaliste Marie-Françoise Gihousse détaille: «Un thème un peu trompeur. L'exposition met en avant par son titre Beyond Klimt, et son affiche, un artiste connu du grand public. C'est de bonne guerre mais, autant savoir, il y a très peu d'œuvres de Klimt, de Schiele ou encore de Mucha à Bruxelles». Ce n’est pas la première fois que Bozar utilise ce procédé pour «vendre» ses expos.

PROPOSITIONS COMPLÉMENTAIRES POUR LE PRIX FLOP
(Jusqu’au 4/1/019, chacun pouvait émettre d’autres propositions)

11 : EXPOSITION : Des expositions qui sont accessibles en semaine seulement jusqu’à une heure où il est impossible pour la population active de s’y rendre et qui pratiquent durant les week-ends un tarif plus élevé qu’en semaine font de la discrimination à l’égard de plus de la moitié de la population : les travailleurs et les étudiants qui d’ailleurs ont parfois, voire souvent, bien du mal à boucler leur fin de mois. 
C’est le cas depuis le 22 septembre 2018 et jusqu’au 2 juin 2019 à Liège pour l’exposition  « Gereration 80 expérience » d’Europa Expo dans le cadre de la gare de Calatrava.
C’est également d’actualité du 10 octobre 2018 et jusqu’au 27 janvier 2019  pour l’exposition « Van Gogh : The Immersive Experience » dans les locaux de la Bourse, à Bruxelles. 

12 : TARIFICATION : S’il est regrettable mais sans doute justifié que l’âge auquel la réduction « senior » s’adapte à cause de l’évolution de l’espérance de vie, les excès de zèle en cette matière sont inadmissibles. Alors qu’un certain nombre d’acteurs culturels sont passés de 60 à 65 ans, il est très regrettable que BOZAR ose faire cavalier seul en pratiquant le « + de 67 ans ». 

13 : EXPOSITION : Plusieurs visiteurs sont irritées par la tarification de l’exposition « Van Gogh : The Immersive Experience » qui se déroule dans les locaux de la Bourse, à Bruxelles, du 10 octobre 2018 et jusqu’au 27 janvier 2019. Le tarif plein y est fixé à 14 euros 50 en semaine, et à 16 euros 50 en week-end. 

14 : EXPOSITION : Le présent point est sans doute à ajouter au point 8 (qui aborde la même thématique à propos du musée Magritte museum).

Du 21 décembre 2018 au 18 août 2019 se tient à La Boverie de Liège l’exposition temporaire « Liège. Chefs-d’oeuvres » qui se définit comme un voyage inédit à travers «  (…) 200 oeuvres-phares » de la collection du musée des Beaux-Arts de Liège.
La promotion (dépliants, affiches, site), propose une liste d’une vingtaine de noms de famille d’artistes exposés, en lettres majuscules. Ceux-ci ne sont pas présentés par ordre alphabétique mais apparemment par ordre d’importance. Le nom de PICASSO figure en deuxième position (après INGRES, et suivi par ENSOR, MONET, GAUGUIN et LÉGER dont les oeuvres constituent depuis longtemps les « oeuvres-phares » de l’institution).

Est bien exposée une toute petite toile, un nouveau prêt, de Picasso, « Deux têtes », pas mise en évidence puisque placée tout en haut d’un panneau, quasi invisible pour les visiteurs qui font moins de 1m70…
Il ne s’agit bien entendu pas de la fameuse oeuvre de Picasso détenue par le musée, l’un de ses « must » célébré depuis son acquisition en 1939 dans tous les guides touristiques : « La Famille Soler ». L’une des toiles maîtresses de l’historique acquisition de la Ville de Liège lors de la vente d’art « dégénéré » (selon les nazis) à Lucerne : https://www.laboverie.com/les-collections/le-musee-des-beaux-arts/historique-des-acquisitions-de-la-ville-de-liege/les-acquisitions-de-la-ville-de-liege

En fait, cette toile n’est pas exposée, du moins durant les premiers mois de l’exposition « Liège. Chefs-d’oeuvres » car ce tableau imposant qui est classé « trésor » par la Fédération Wallonie-Bruxelles a été prêté au Musée d’Orsay de Paris pour son exposition « Picasso. Bleu et rose »   (du 18/09/2018 au 06/01/2019).

Il ne s’agit pas ici de critiquer cette absence mais de dénoncer le fait que l’affichage et les dépliants peuvent laisser imaginer que « La Famille Soler » est bien exposée. Plusieurs gardiens de La Boverie ont d’ailleurs confirmé à un visiteur que plusieurs personnes leur avaient demandé où était placée cette toile et avaient regretté son absence.

Ce n’est pas respecter le visiteur que de ne pas placer un avis précis sur cette absence, notamment sur le comptoir à l’entrée, ce qui permet au public d’avoir connaissance du contenu de l’exposition avant d’acheter son ticket. 

La direction actuelle du ce musée qui est situé dans le Parc de la Boverie semble avoir oublié que lorsque leur institution se dénommait « Musée d’Art Moderne et d’Art Contemporain » (MAMAC), la toile « La famille Soler » (1903) avait déjà beaucoup circulé et fut notamment présentée à l’exposition « Picasso et les Maîtres » du 8 octobre 2008 au 2 février 2009 aux Galeries Nationales du Grand Palais à Paris. À un visiteur irrité de n’avoir pas été informé en temps utile (avant l’achat de son ticket) de cette absence des cimaises liégeoises, la conservatrice de l’époque, Françoise Safin Crahay, avait répondu le 16 juillet 2009 :  «  (…) Je retiens votre idée de signaler l’absence d’œuvres (du moins celles qui sont dans le dépliant), au comptoir d’entrée, afin d’éviter toute surprise au visiteur ».