jeudi 3 septembre 2020

Musées fédéraux : vers la fin de leur gratuité mensuelle ?

La KBR (nouvelle appellation de la Bibliothèque royale de Belgique) inaugure son musée au Mont des Arts le 18 septembre 2020 : une «Librairie» qui vulgarise les manuscrits des Ducs de Bourgogne. Hélas, ce sera également le premier musée appartenant à une Institution fédérale qui renie dès son ouverture une « pratique » en faveur des publics qui existe depuis vingt-trois ans : la gratuité «pour tous» du premier mercredi du mois.

https://www.kbr.be/fr/museum/



Le nouveau musée de la KBR qui, d’emblée, refuse de pratiquer sa gratuité mensuelle "pour tous".



Gratuit tous les jours comme à Londres ou Washington


Jadis, Bruxelles ressemblait à Washington ou Londres en cultivant la gratuité quotidienne de ses grands musées. Ce qui permettait notamment à nombre de ses habitants d’y revenir régulièrement, de se familiariser avec telle ou telle oeuvre, de ne pas se sentir obligé de tout voir en une seule visite interminable « parce qu’on avait payé ». C’était le triomphe de la découverte « contemplative » plutôt que celui d’une « course contre la montre-consommation ».

Demeurent payantes bien sûr les expositions temporaires qui proposent au regard des visiteurs surtout des oeuvres prêtées par d’autres institutions muséales. Le fond permanent applique, quant à lui, la gratuité quotidienne parce que beaucoup considèrent que les habitants ne doivent pas « payer deux fois » le patrimoine présenté, celui-ci ayant déjà été acquis avec les financements de l’État.


Le 28 janvier 1997 , le Ministre de la Politique Scientifique Yvan Ylieff (PS) met fin à la gratuité quotidienne et fixe l’entrée plein tarif à 150 FB pour, officiellement, permettre aux institutions muséales fédérales d’élargir leurs sources de financement... afin notamment de recruter des caissiers. Dans la foulée, les dotations annuelles sont réduites de plusieurs millions de francs belges. L’effet de la décision, en terme de fréquentation, sera dévastateur : en quelques années, deux tiers environ du public belge manquera à l’appel, la perte des visiteurs étrangers étant moins conséquente. Pour les Musées d’Art Ancien et Moderne (ce dernier exposant déjà la majorité des oeuvres du Magritte qui intégreront par la suite, en 2009, le nouveau Musée Magritte), on passe de 953.316 visiteurs en 1996 à 306.321 pour l’année 2001. 


Pour tenter de compenser quelque peu cet effet néfaste, les musées fédéraux sont invités par leur autorité de tutelle à mettre en place une gratuité mensuelle destinée à l’ensemble du public dès le mercredi 3 septembre 1997. Il s’agit non pas d’une journée entière, comme cela se passe habituellement dans les autres musées du monde entier, mais d’un « service minimum » : une demi journée, chaque premier mercredi du mois à partir de 13H00, les matinées dès 10H00 restant payantes, probablement avec l’intention d’éviter trop d’entrées gratuites pour le scolaire.

À l’époque, Helena Bussers dont aujourd’hui Michel Draguet assure la succession à la direction des MRBAB (Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique) s’insurgea publiquement contre ce choix, dans un entretien publié par l’hebdomadaire de « La Ligue des Familles » (Le Ligueur) : «Pourquoi le mercredi ? Nous avons reçu des consignes de l’administration. La tradition veut que les enfants étaient en congé le mercredi après-midi. On a peut-être oublié que les adultes qui travaillent en journée visitent aussi les musées! Bien entendu, les retraités peuvent venir mais ils ont déjà droit à des réductions. Ce n’est pas un cadeau, le choix de ce jour. De plus, peu de gens sont au courant de cette gratuité».


La promotion d’une gratuité est capitale puisque souvent l’une des raisons invoquées pour son instauration est la recherche, puis la fidélisation de nouveaux publics. Et si ceux-ci sont pas au courant de la mesure…


La gratuité concurrente, celle du « premier dimanche du mois » qui est pratiquée par 150 musées belges, l’a parfaitement assimilée : un site internet et une newsletter mensuelle touchant des dizaines de milliers de visiteurs potentiels, une brochure d’une cinquantaine de pages insérée une fois par an dans un de nos quotidiens et largement diffusée dans les bibliothèques ou dans les salles d’attente de nos médecins, des fêtes mensuelles de gratuité pour éveiller mois après mois l’intérêt.

https://artsetpublics.be/pole/musees/musees-gratuits/premier-dimanche


Rien de semblable au Fédéral où on en vient même jusqu’à oublier un geste qui coûte zéro euros, l’indiquer dans les dépliants de présentation. Par exemple, celui du Musée Magritte qui fut diffusé à plus de 500.000 d’exemplaires. 


Pour illustrer l’utilité d’informer sur les gratuités mensuelles, sont significatifs les chiffres de fréquentation en 2017 du Musée BELvue, situé à côté du Palais Royal à Bruxelles (donc un lieu de passage intéressant). Pendant cette période où il pratique la gratuité du premier dimanche du mois, 106 visiteurs en moyenne le fréquentent chaque dimanche payant; 419, chaque premier dimanche du mois gratuit, SANS panneau d’annonce; et 636, chaque premier dimanche du mois gratuit AVEC un seul petit panneau d’annonce à l’entrée sur la voie publique.



Avec ce petit panneau blanc qui annoncé le jour même la gratuité du premier dimanche,
le musée BELvue situé à côté du Palais Royal a attiré 200 visiteurs de plus que les autres dimanches gratuits
sans ce petit panneau ! Comme quoi, l’info est utile !

Pour annoncer le tout premier mercredi gratuit, le 28 août 1997, nos journaux quotidiens expliquent de concert que cette mesure est prise «dans le souci de favoriser la visite au musée pour le plus grand nombre». Il n’est donc pas du tout question de s’adresser en particulier aux enfants escortés de leurs grands-parents comme certains voudront le faire croire par la suite. Et cet argument est de nos jours d’autant moins crédible que désormais de nombreux musées belges développent la gratuité quotidienne pour les jeunes : pour les moins de de 16 ans dans les musées fédéraux, les moins de 26 ans dans les musées de la ville de Liège, etc. 


Et « le plus grand nombre » a un goût amère quand on découvre que le jour et l’horaire choisis empêchent de façon discriminatoire plus de la moitié de la population (travailleurs et étudiants) d’utiliser cet avantage. 


On veut des tirelires


Élargir à toute la Belgique la gratuité du 1er dimanche grâce aux musées fédéraux donnerait un impact sans précédent à cette option qui se porte déjà à ravir. Le MR a travaillé assez récemment, avant le confinement, à cette hypothèse, notamment grâce à une investigation menée par l’ancien sénateur et ancien ministre de la culture Richard Miller. 


Bien entendu, pour que pareille hypothèse n’égratigne pas à l’économie fragile de nos institutions muséales, il convient de développer le projet de la tirelire. Celle-ci est proposée à la sortie des activités gratuites, comme le font notamment la quinzaine de musées gratuits (tous les jours) de la ville de Paris dont le célèbre Musée d’Art Moderne.

À Gand, une enquête en ce sens réalisée au SMAK (Musée d’Art Contemporain) a montré que les montants récoltés par ces dons de visiteurs dépassaient la somme des tickets tarifés à leur prix moyen. Les résultats de cette recherche indiquent également que le public donne 1 euro de plus si la tirelire est placée plutôt à la sortie qu’à l’entrée (bien sûr, dans le cas où le musée est accueillant), que les visiteurs les plus généreux sont les touristes et aussi ceux qui découvrent le musée le week-end plutôt qu’en semaine.


La Ligue des Usagers Culturels interpelle le Ministre Clarinval


Début juillet 2020, le vice-premier ministre MR, David Clarinval, également ministre chargé de la Politique Scientifique (dont les institutions muséales), a permis le déblocage de moyens financiers issus des réserves financières de 2019 pour venir en aide aux établissements scientifiques fédéraux.

Hélas, au même moment, sous ses yeux se détricote un des rares droits acquis par les visiteurs des musées fédéraux : la demie journée de gratuité mensuelle « pour tous » instaurée à la demande des autorités de tutelle, appliquée et jamais remise en question depuis 23 ans.


Lors de l’actuel reconfinement, nombre de nos musées ont perdu près des deux tiers de leurs visiteurs . L’absence massive de touristes étrangers les poussent à tenter de (re)conquérir les visiteurs de chez nous. Dès lors, rabougrir cette gratuité mensuelle n’est vraiment pas l’idéal pour valoriser leur image. 


La Ligue des Usagers Culturels interpelle donc le Ministre Clarinval pour lui demander de rétablir entièrement cette « pratique » de gratuité mensuelle pour tous : dans un premier temps, rendre immédiatement sa pleine application à celle du premier mercredi du mois, et ensuite, le plus rapidement possible, lancer une réflexion avec une concertation entre institutions et usagers afin de développer des collaborations étroites avec les initiateurs de la gratuité du premier dimanche du mois.



Alors que, le 2 septembre 2020, le Parlement européen a réhabilité et rendu public le jardin du Musée Wiertz (avec un concert gratuit au kiosque chaque jour de la semaine en septembre et octobre 2020 à 13H : https://www.europarl.europa.eu/visiting/fr/events/brussels/citizens-garden-concerts?fbclid=IwAR2alas3NZ-6t7YuJ5Sabi3QkVKpXHswoNfIb-5-pGCBWfzp6hxPpyTMGqw)… le Musée Wiertz lui-même qui appartient toujours aux MRBAB, reste inaccessible… et donc pas de "premier mercredi du mois" gratuit. 



Près des 2/3 des musées ne pratiquent pas la gratuité mensuelle


Sans intervention du ministre, pour les mois à venir, neuf institutions fédérales sur quatorze ne pratiqueront pas la gratuité du premier mercredi.

1 : L’Africa Museum a entamé le détricotage de cette gratuité fédérale, la supprimant sans aucune explication lors de sa réouverture après travaux.

2 : Le Musée de la Porte de Hal présente pendant une année l’expo «Back to Bruegel», ce qui interrompt l’exercice de sa gratuité. 

3 et 4 : Après le confinement, les MRBAB n’ont pas communiqué la date de réouverture de deux parmi leurs cinq institutions, plus précisément leurs deux seules qui sont gratuites tous les jours (un hasard?). Le Musée Wiertz (dont le jardin vient d’être rendu accessible au public par le Parlement européen) et le Musée Meunier restent fermés, ce qui ne leur permet plus d’appliquer la gratuité mensuelle. 

5 : Les Musées d’Extrême-Orient ne la pratiquent plus non plus, fermés pour restauration depuis 2013. 

6 et 7 : Le Musée des Sciences Naturelles et le Musée d’Art et Histoire (dit aussi Musée du Cinquantenaire) depuis leur réouverture d’après le confinement ont arrêté leur gratuité mensuelle.

8 : Le Musée des Instruments de Musique est fermé pour travaux.

9 : Le nouveau musée de la KBR ignore la gratuité mensuelle. 


La gratuité fédérale n’est donc plus actuellement pratiquée que par cinq musées: trois musées des MRBAB (les Musées Oldmasters, Fin de Siècle et Magritte), le Musée BELvue et le Musée de l’Armée.



La quinzaine de musées de la ville de Paris sont gratuits tous les jours. De tirelires ont été installées proches de leurs sorties pour les dons des visiteurs. Un dépliant explicatif a été publié. Rien de semblable chez nos Musées fédéraux qui pleurent leur manque de financements. 


samedi 4 juillet 2020

Le nouveau Président de la L.U.C.

Réuni d’urgence suite au décès de Philippe Schoonbrood-Bartholomeus, le conseil d’administration de la L.U.C. a nommé à l’unanimité Bernard Hennebert comme nouveau président, le 15 juin 2020.

Celui-ci a commencé sa carrière comme journaliste culturel en interviewant en free-lance notamment Hergé, Peyo (voir la photo de Gérard Michaux faite au domicile du père des Schtroumpfs), Béjart, Brel, Leclerc, Barbara, Brassens, Trenet, Ferrat, Ferré, etc.
Il fut également, à cette époque-là, permanent salarié aux rédactions des journaux «Hebdo» et «Notre Temps». 
Il participera avec des collectifs (Algol, Halles de Schaerbeek, le Chat Écarlate, la Ferme V, Maison des jeunes de Forest) à l’organisation des premiers concerts bruxellois de Jacques Higelin, Renaud, Catherine Ribeiro, Bernard Lavilliers, etc.


C’est lorsqu’il sera le responsable du mouvement d’éducation permanente «Diffusion Alternative» au cours des années ’80 que commencera sa participation au combat des droits du public dans les domaines de la culture et des médias. Par la suite, il créera le site Consoloisirs (contraction de consommation pendant le temps des loisirs: culture, médias, divertissements) et coordonnera une newsletter et une émission de radio portant le même nom.




Découvrant en 2003 qu’à La Louvière en Hainaut, le «Centre de la Gravure et de l’Image Imprimés» pratique la gratuité du premier dimanche du mois, il publie une chronique dans Le Ligueur sur ce thème (http://www.consoloisirs.be/articles/leligueur/026.html) et décide de tenter de fédérer à titre individuel et bénévole un maximum d’institutions autour de cette gratuité. Ce combat deviendra populaire même si quelques conservateurs puissants laisseront traîner nombre de peaux de bananes assassines. On pourrait y consacrer un livre entier. Il ne lui réservera que le chapitre 8 de son livre « Les musées aiment-ils le public? » paru en 2011 chez « Couleur Livres » (http://www.consoloisirs.be/presentation/livre04.html).

Depuis 2012, c’est «Arts & Publics» (https://www.artsetpublics.be), une asbl fondée avec Jacques Remacle, qui a repris ce combat. Bien vite, Bernard Hennebert démissionnera de la présidence pour que le projet poursuive sa route de ses propres ailes. C’est une franche réussite puisque, en allié extérieur, il constate aujourd’hui que la mesure concerne 150 musées belges et qu’une aide importante de la Fédération Wallonie-Bruxelles permet de médiatiser chaque mois cette opportunité afin de concerner le vaste public.

L’attrait de la quête des premiers dimanches gratuits a quelque peu relégué dans l’ombre médiatique l’acquisition d’une autre «nouveauté» décisive pour nos droits d’usagers culturels souhaitée par notre nouveau président. Le 4 février 2004, il envoie une plainte à Henry Ingberg, le regretté Administrateur général de la culture, pour déplorer qu’une affiche d’une exposition consacrée au Chat de Geluck à l’Autoworld renseigne des numéros de téléphone surtaxés sans indication de leurs tarifications.
En l’absence de la mention de l’adresse d’un éditeur responsable, c’est au ministère de la culture qu’il s’adresse car le sigle de ce dernier est imprimé sur le matériel promotionnel. Monsieur Ingberg reprendra la balle au bond en déclarant: «Le rapport à l’usager est un véritable enjeu. Jusqu’à présent, l’autorité publique n’a pas pris en compte cette problématique de manière systématique et organisée. Il y a là distorsion par rapport à une amplification des pratiques de loisirs par la collectivité». S’en suivra une année de réunions et, le 3 février 2006, le gouvernement de la Communauté française adoptera le «Code de respect des usagers culturels» en 15 points qui doit être appliqué par les opérateurs culturels aidés par la Fédération Wallonie-Bruxelles qui est toujours d’actualité en 2020 (ses 15 points : http://www.culture.be/index.php?id=5235).

Il a participé pendant plusieurs années à deux instances d’avis initiées au Ministère de la culture : d’abord le « Conseil des Musées et autres institutions muséales », puis la 3C, dite « Commission des Centres Culturels ».

Enfin, depuis sa création, notre nouveau président était administrateur à la L.U.C. (Ligue des usagers culturels).

Pour conclure cette présentation, un témoignage non hagiographique de ce personnage atypique? Pour son livre «Il faut sauver la RTBF» publié en 2008 aux éditions Couleur Livres, Marc Moulin rédigea une préface d’une dizaine de pages titrée «Ceci n’est pas un service public» qui commençait ainsi : «Non, Bernard Hennebert n'est pas un hurluberlu, ni un zigoto, pas plus qu'un zigomar ou un ostrogoth. Bernard Hennebert, c'est un service public à lui tout seul. Depuis ces décennies qu'il pousse sa grande silhouette dans les lieux divers où il n'est pas forcément le bienvenu, il a surpris, agacé, ému, exaspéré, fait sourire, fait grincer. Mais il a souvent visé juste. Son combat: celui de chevalier blanc de la culture et des médias. Comme Michaël Moore ou Ralph Nader, il est un mal nécessaire ou un bienfait (...)».

lundi 29 juin 2020

Décès de notre Président.

Philippe Schoonbrood-Bartholomeus, président du conseil d’administration de la Ligue des Usagers Culturels, est décédé ce 30 mai 2020.

Ce liégeois était également un syndicaliste offensif, coordinateur de la section CGSP Culture - Région Wallonie et il se passionnait pour le jazz depuis quasi toujours et tant d’autres musiques novatrices. Malgré ses multiples activités professionnelles, il avait accepté de diriger avec panache notre asbl depuis de nombreux mois, et même quand il avait contracté une maladie qui le fit beaucoup souffrir.

Le 31 mars 2020, la L.U.C. avait signé à sa demande un Appel qu’il avait coécrit et qui sera publié par Le Soir, en pleine période de (dé)confinement, le «Manifeste pour soutenir les travailleurs et travailleuses de la culture» :

https://plus.lesoir.be/291250/article/2020-03-31/manifeste-pour-soutenir-les-travailleurs-et-travailleuses-de-la-culture?fbclid=IwAR1_LBiL-WW1QrqrX26Bn8FON609zX2vzE37SIs4yzLoqGHP0niPOfLN3zU


jeudi 26 septembre 2019

La L.U.C, de bon conseil ?

Cet automne 2019, on découvre dans les métros bruxellois des affiches qui ne proposent plus des oeuvres précises de musées (parfois en restauration ou absentes momentanément pour être exposées au bout du monde…) mais bien des vues plus globales de ces institutions culturelles. 


C’est une concrétisation d’une proposition faite par la L.U.C. 





Encore que… dans la photo de la Maison d’Erasme, on devine (entre les deux fenêtres, en partant de la gauche) la copie mondialement connue du très beau triptyque de Jérôme Bosch (cette remarque a pour but de vous donner envie de visite ce splendide musée : http://www.erasmushouse.museum/Public/Page.php?ID=24). 



Les deux autres illustrations promeuvent la Fonderie (où un grand nombre de statues placées dans nos parcs ou sur les ronds points ont été coulées, désormais musée de l’histoire du travail à Bruxelles : http://lafonderie.be) et la piscine ainsi que l’arrière de la Villa Empain (https://www.villaempain.com).


jeudi 23 mai 2019

Deux affiches pouvant tromper !

Voici les échanges de la L.U.C. avec le « Conseil bruxellois des Musées », à propos de deux affiches qui pouvaient tromper les passants dans des stations du métro.
Une critique et des explications… pour évoluer, à l’avenir? 

LA LETTRE DE LA L.U.C.

(…) Nous nous adressons à vous parce que le logo de votre association est en exergue dans une campagne d’affiches qui revient régulièrement dans nos métro bruxellois et propose en illustration des œuvres maîtresses des musées de notre capitale.

Cette campagne a eu récemment au moins deux effets négatifs. 
Nous voulons vous en avertir et nous espérons que vous pourrez nous donner une explication et trouver des solutions pour qu’à l’avenir cela ne se reproduise plus d’une façon ou d’une autre. 

1 : Tout d’abord, durant tout l’été 2018, les visiteurs potentiels du Musée Magritte ont été trompé par votre illustration de L’Empire des Lumières qui n’était pas exposé.
L’absence de cette toile (et donc indirectement votre promotion) a provoqué sur la toile de nombreuses réactions qui ne sont vraiment pas bonnes pour le tourisme et nos musées de façon globale :

2 : D’autre part, vous trouverez, ci-dessous, une  photo prise le 22 janvier 2019 dans une station de métro du centre ville.
Elle propose une œuvre du Musée d’Ixelles… qui est fermé pendant plusieurs années pour sa restauration complète.
C’est à nouveau une ambiguïté qui peut avoir des effets négatifs sur le public. Par exemple, l’inciter à trouver porte close puisque je suppose que le but de votre opération est de donner envie au public d’aller visiter. 
C’est d’autant plus contreproductif que tant d’autres musées bruxellois n’ont pas droit à cette campagne et pourraient en profiter utilement si cette opération n’était pas organisée avec tant d’irrespect pour une information du visiteur. 

Nous avons attendu de découvrir un second exemple pour vous avertir et surtout pour vous demander comment vous comptez remédier à cette carence. Le public a droit de découvrir des œuvres… qu’il peut voir s’il se déplace (…).

 
 
LA RÉPONSE DE PIETER VAN DER GHEYNST 

Pieter Van der Gheynst, Directeur adjoint & chargé de mission Brussels Card : 

(…) Je vous remercie pour votre mail concernant les panneaux d’affichage dans les stations de métro.

Il est vrai que depuis plus d’un an et demi JCDecaux nous donne des emplacements d’affichage dans les stations de métro, ce qui nous enchante car ces campagnes donnent une très belle visibilité à nos musées bruxellois vers un grand public utilisateur des transports en commun. Outre cette opportunité de visibilité, il est vrai aussi que la campagne a provoqué de la confusion auprès de ce même public, notamment pour le Musée Magritte et le Musée d’Ixelles.

Pour vous clarifier au mieux la situation, il faut que vous sachiez que cette campagne était une suite de notre projet “100 masters”, une campagne pour les chefs-d’oeuvre dans les musées de Bruxelles, que nous avons fait du 18 mai à fin août 2016. JCDecaux nous a contacté en mars 2017 pour nous proposer une campagne dans les stations de métro avec des visuels de 4 chefs-d’oeuvre: le Chimu du MRAH, L’Empire des Lumières au Musée Magritte, Déjeuner sur l’Herbe du Musée d’Ixelles et les dinosaures au Muséum des Sciences naturelles.
Nous nous sommes mis d’accord que JCDecaux prenne en compte l’impression des affiches et leur distribution dans les stations de métro, au début prévue uniquement en avril/mai 2017 pour remplir des places vides dans leurs cadres (avec une communication positive et esthétique sur les musées).
Or, après cette première campagne dans les stations, JCDecaux en a fait d’autres, sans doute parce qu’ils avaient des périodes creuses dans leur réseau, toutefois sans nous prévenir à l’avance de quand les affiches seraient mises.
Nous avons découvert chaque fois les affiches quand elles étaient déjà dans les stations. 

C’est ainsi que nous avons dû arrêter les affiches du Musée d’Ixelles, car le musée venait de fermer ses portes et le public (+ le musée) se plaignaient de la confusion que cela amenait. JCDecaux a enlevé les affiches peu après, mais apparemment, comme je vois dans votre mail, il y en a encore qui traînent ça et là. Je verrai avec JCDecaux pour enlever au plus vite ces affiches.
Pour le Musée Magritte, nous n’étions pas au courant du fait que le chef-d’oeuvre en question ne se trouvait plus au musée, donc nous n’avons pas pu prévenir JCDecaux d’enlever les affiches. 

De toute façon, depuis plusieurs mois, nous avons demandé à JCDecaux de connaître le planning pour les affichages, ainsi que s’ils comptaient encore prolonger la campagne pour beaucoup de temps.
Comme vous le dites, continuer trop longtemps la même campagne avec les mêmes 3 ou 4 musées devient trop répétitif et met trop en avant ces 3-4 musées par rapport aux autres musées.
C’est pourquoi nous voulions arrêter la campagne telle qu’elle est et la remplacer par une autre, présentant d’autres musées ou passant un autre message (…). Cela ne change rien à la confusion que la campagne a créé, et je m’en excuse de tout coeur! Notre ambition à nous aussi est d’être claire et donner une image positive des musées, c’est là vraie mission de Brussels Museums.

Je vais me renseigner aussi avec le Musée Magritte concernant l’Empire des Lumières et faire enlever les affiches s’il faut.

Je vous tiendrai au courant de la suite (…).

LA RÉACTION DE LA L.U.C.

« Je vous remercie pour votre réponse instructive. 

Chat échaudé, peut-être que pour une prochaine campagne médiatique analogue dans le métro, il faudrait éviter d’illustrer les affiches par des œuvres (susceptibles pour des raisons parfois imprévisibles longtemps à l’avance de ne pas être exposées) et plutôt opter pour du « dur » : par exemple, la façade d’un musée, son hall d’accueil, un couloir, etc. (…).
 

 

vendredi 15 février 2019

Pourquoi uniquement en anglais?

«L’anglais des musées à Bruxelles: pour tromper ou égarer des visiteurs?» est le titre d’une tribune publiée par l’un de nos administrateurs  dans le trimestriel «4 millions 7» de décembre 2018. 

«Klimt, et surtout les autres à Bozar»: ce titre de l’article de L’Avenir (24 septembre 2018) apparait comme ironique et quelque peu dénonciateur.
Surtout quand Marie-Françoise Gihousse y détaille: «(...) Un thème un peu trompeur. L’exposition met en avant par son titre «Beyound Klimt», et son affiche, un artiste connu du grand public. C’est de bonne guerre mais, autant savoir, il y a très peu d’œuvres de Klimt à Bruxelles (...)». 

Et on peut en dire tout autant pour Schiele et Mucha, annoncés dans cette exposition à 16 euros l’entrée quand même (les réductions pour les seniors n’étant octroyées chez Bozar qu’aux plus de 67 ans, à l’inverse des autres institutions fédérales où c’est 65 ans, et de nombreux autres diffuseurs culturels belges où c’est 60 ans). 

Pour cette exposition de Bozar (proposée au cœur de Bruxelles, rappelons-le!), pourquoi utiliser un titre en anglais? Pour éviter toute méprise, ou mauvaise surprise, les titres plus explicatifs en français et néerlandais n’auraient-ils pas aussi été indispensables?

Une œuvre de Klimt est omniprésente dans la promotion.
Si Bozar (ex Palais des Beaux- Arts de Bruxelles), cette institution largement subsidiée, avait comme mission indispensable l’information des visiteurs, elle aurait indiqué au moins sur son site internet le nombre d’œuvres exposées de Klimt (et des autres artistes présentés), ce qui correspondrait d’une certaine façon à l’annonce avant achat des ingrédients, celle-ci étant obligatoire et clairement réglementée par notre législation économique, pour tous les produits de consommation courante: https://www.bozar.be/fr/activities/133869-beyond-klimt

Guy Duplat met aussi en garde ses lecteurs dans La Libre du 26 septembre 2018: «Attention, une exposition peut en cacher une autre. À lire trop vite le titre de l’exposition, choisi pour des raisons de marketing, on peut croire que Bozar présente une exposition Klimt pour le 100ème anniversaire de la mort du grand peintre viennois (…)». 

Le diable se niche parfois dans les détails! L’anglais a également l’exclusivité d’une partie du ticket d’une autre institution fédérale majeure située à un jet de pierre: le Musée Magritte Museum (c’est le nom officiel de ce musée des MRBAB pour que le public ne le confonde avec le «vrai» Musée Magritte établi dans le maison de Jette où a vécu l’artiste).

Au dos du ticket (qui constitue le texte du contrat qui lie l’acteur culturel à l’usager), est imprimé en lettres bien lisibles un long texte de communication pour remercier les visiteurs, en français, en néerlandais et en anglais.
Mais le seul texte concret pour le visiteur qui souhaiterait introduire une réclamation se trouve tout en bas, indiqué uniquement en anglais (donc pas dans les langues nationales du pays qui subsidie cette institution fédérale, à l’inverse de ce qui est pratiqué sur le reste du ticket): «By purchassing this ticket you accept the General Terms and Conditions of the Museum».
À noter également qu’aucune adresse précise sur internet n’y est indiquée pour permettre à l’usager de retrouver le texte de ce règlement!

lundi 11 février 2019

Musée Magritte : débat musclé à la télé

BX1, la télévision bruxelloise francophone, a relayé à sa façon les résultats des PRIX LUC ET FLOP, en mettant en exergue le premier PRIX FLOP. 

Elle a organisé un débat contradictoire sur ses antennes, le 25 janvier 2019, à propos du fait que le Musée Magritte Museum de Bruxelles n’indiquait pas sur son comptoir, avant achat des tickets, les titres d’une quinzaine de tableaux non exposés. 

Sur le blog de la L.U.C., à propos de ce sujet, vous pouvez lire trois articles :

- 1 : la plainte déposée sur ce thème auprès du médiateur fédéral :

- 2 : De nombreux témoignages de visiteurs concernant cette pratique :

- 3 : Une seconde séquence où une dizaine d’autres oeuvres de Magritte ont également été retirées :

Jean-Christophe Pesesse, le journaliste de BX1, a choisi d’inviter Isabelle Bastaits, la chargée de communication du Musée Magritte Museum et Bernard Hennebert, l’un des administrateurs de la L.U.C. Il a animé de façon fort équilibré ce débat musclé. 

Sur les réseaux sociaux, les réactions des téléspectateurs sont très majoritairement positives. On peut imaginer qu’il n’en est pas nécessairement de même pour un certain nombre de professionnels. Encore que Bernard Hennebert a éprouvé une vive émotion à la lecture de ce témoignage d’une personnalité de premier plan du monde muséal belge qui lui est parvenu (et que nous publions avec l’accord de l’auteur dont nous tenons à protéger, de là cet anonymat) :

«  J’ai enfin pu regarder dans la « boucle » de nuit ton intervention sur BX1.  L’exercice était périlleux et je te dis bravo ; tu t’en es fort bien sorti et tu as pu dire tout ce qu’il y avait d’essentiel. Qu’est-ce que le public va retenir ? L’image d’un monsieur fort sympathique qui défend nos intérêts de visiteurs.  Chacun retiendra bien la leçon qu’il faut être attentif à ce qui est annoncé ou pas à l’entrée d’un musée. C’est cela que l’on garde du débat : une belle leçon pour les visiteurs de musées et pour les musées eux-mêmes ! ». 

Sur sa page fabebook, le site français qui critique les musées « Louvre pour tous » (http://www.louvrepourtous.fr) a relayé la vidéo de ce débat en ces termes : « Belgique : Bernard Hennebert pointe avec justesse le manque d'info concernant les oeuvres absentes dans un musée, souvent pour prêts, comme au musée Magritte, ce qui peut tourner à la tromperie du public. On lui répond qu'on ne peut pas les nommer pour raison de sécurité... Jamais entendu un tel argument. N'importe quoi ! ».

Voici donc la séquence de BX1 : 

Pour ne pas limiter la réflexion au Musée Magritte Museum (et donc ne pas stigmatiser une seule institution), notre administrateur a tenté à plusieurs reprises d’expliquer dans ce débat qu’il y a une quinzaine d’années, il y avait eu un précédent. Pour non annonce d’une oeuvre emblématique enlevée en cours d’exposition sans que ce soit annoncé aux visiteurs avant l’achat de leur ticket, la ville de Bruxelles a remboursé le prix du ticket d’un visiteur (à l’inverse ce que pratique le Magritte) pour l’exposition Rubens qui se tenait dans l’Hôtel de Ville, Grand-Place à Bruxelles. Pressé par le temps, Bernard Hennebert n'a pas réussi, au cours de ce mini débat, à citer un extrait d’une lettre envoyée à l’époque par Charles Picqué, le ministre bruxellois des affaires économiques. Celle-ci pose clairement, en la matière, la base d’un droit à la protection des consommateurs culturels :

« (…) Un principe de droit exige qu’avant la conclusion de tout contrat, la partie « dominante » doive fournir à son futur cocontractant toutes les informations utiles à une prise de décision en connaissance de cause. Agir autrement enfreindrait la bonne foi. 
Les Cours et Tribunaux ont, depuis longtemps, en effet, reconnu l’existence d’une obligation générale de renseignements à charge des fabricants, vendeurs et prestataires de services professionnels.
Ce principe juridique permet de sanctionner un comportement fautif au cours de la période précontractuelle.
Dès lors, je suis également d’avis que la Ville de Bruxelles aurait dû faire le nécessaire afin que les visiteurs soient avertis de la disparition d’une œuvre maîtresse de l’exposition (Rubens) ».

À l’époque, ce cas « Rubens » fut soumis en France à deux personnalités artistiques de premier plan : Jean-Jacques Aillagon, ancien ministre de la culture, puis directeur du Château de Versailles, et Françoise Cachin, directrice honoraire des Musées de France. 

À  la question de savoir s’il ne devenait pas évident que le public devrait être informé avant d’acheter son ticket de ce qui était réellement exposé, ils constatèrent qu’effectivement il n’était plus adéquat de simplement signaler ces décrochages à l’endroit où lesdites œuvres auraient pu être admirées et qu’il faudrait trouver à l’avenir le moyen d’informer, dès le hall d’entrée du musée, de leur accessibilité ou non, au moins pour les œuvres maîtresses.

mercredi 6 février 2019

Tant de millions et pas de gratuité

KANAL n’annonce toujours pas et ne semble pas prévoir dans ses budgets, comme le montre cet article de « L’Écho » du 6 février 2019, qu’il va prévoir, lorsqu’il sera un musée avec un fond permanent, une journée mensuelle de « gratuité pour tous ».
Signez donc la pétition pour lui rappeler que c’est devenu à Bruxelles une habitude, une sorte de droit des visiteurs, pour les institutions subsidiées.
On ne lâchera pas ! Dépassons les 1.700 signatures.

vendredi 25 janvier 2019

Résultats des «Prix LUC & FLOP» 2018

Les Prix LUC & FLOP distinguent les meilleures «pratiques» culturelles (parmi 22 propositions) et les plus regrettables (parmi 14 propositions) constatées en Belgique durant l’année 2018.

PREMIER PRIX LUC 2018

Le lauréat est Le «Pass Fêtes» du Poche


Imaginé par le Théâtre de Poche en 2015, le «Pass Fêtes» offre chaque année une idée cadeau à placer sous le sapin. Une formule qui permet au public de jeter des ponts entre plusieurs disciplines. Pour 35 euros: trois places de théâtre + une place de cinéma + une entrée dans un musée + de la lecture. Ses partenaires pour la saison 2018-2019: le Musée MIMA, le cinéma Vendôme et le magazine Médor.

Photo: Olivier Blin, Directeur du Théâtre de Poche, reçoit le 1er Prix LUC des mains de Philippe Schoonbrood, président de la L.U.C.


DEUXIÈME PRIX LUC 2018

Les lauréats sont le Musée d’Ixelles et l’association «Patrimoine à roulettes»

Deux fois par an, le Musée d’Ixelles fait voyager dix toiles de sa réserve pour s’exposer gratuitement chez des habitants d’un même quartier. Ceux-ci «mettent en scène» chez eux l’œuvre qu’ils ont choisie et la présentent à leurs proches le samedi, et à tout le public, le dimanche.

Cette activité est réalisée en collaboration avec «Patrimoine à roulettes» et le personnel du musée apporte un soutien logistique aux dix citoyens qui participent à cette action de démocratisation de la culture.

Photo: Un tableau du Musée d'Ixelles exposé chez une habitante de la commune.

TROISIÈME PRIX LUC 2018

Les lauréats sont de nombreux musées de Liège et de Bruxelles


Élargir à un public jeune de plus en plus vaste la gratuité quotidienne. À Bruxelles, l’accès est désormais gratuit aux moins de 18 ans dans les musées fédéraux: Musée Magritte Museum, Musée Fin de siècle, Musée d’Art et d’Histoire, Musée des Instruments de Musique, etc.

Jusqu’il y a peu, cette réduction quotidienne n’était destinée qu’aux moins de 6 ans (comme c’est, hélas, toujours le cas actuellement pour le Musée des Sciences Naturelles ou au Musée royal de l’Armée).

Les musées à mettre particulièrement sur le podium sont ceux de la ville de Liège qui ont adopté, eux, la gratuité quotidienne non pas uniquement pour les moins de 18 ans, mais bien pour les moins de 26 ans.

Photo: Anne Goffart, Responsable Communication des Musées royaux d'Art et d'Histoire, reçoit le 3e Prix LUC des mains de Philippe Schoonbrood, président de la L.U.C.


PREMIER PRIX FLOP 2018

Plutôt que de stigmatiser des organisateurs précis, le jury a voulu être constructif: parmi les douze propositions pour le Prix FLOP, il a relevé trois tendances qui ne respectent pas le public et surtout il propose des ébauches élémentaires de solution.

Plusieurs exemples montrent qu’en 2018, des institutions muséales n’ont pas informé leurs visiteurs au moment où ils paient leur ticket au guichet de l’absence de certaines œuvres majeures dans leurs salles.
Informer en amont, avant l’achat du ticket, c’est respecter l’étudiant qui fait un travail sur une peinture précise, le touriste qui a vu telle sculpture mentionnée dans son guide et tous les autres visiteurs qui ont droit à connaître le contenu détaillé de l’institution qu’ils souhaitent découvrir.
Bien entendu, des œuvres majeures peuvent être en cours de restauration ou prêtées à d’autres musées à condition qu’une information précise soit proposée à chaque visiteur. Ceci implique non seulement une mention sur le site internet mais aussi un affichage clair à l’accueil (avec les titres des œuvres concernées).

Il faut davantage et mieux informer le public. En 2018, plusieurs quotidiens ont dénoncé le titre d’une exposition et sa communication visuelle qui pouvaient induire en erreur une partie du public. De plus, pour cet événement se déroulant à Bruxelles, le choix de l’anglais seul pour le titre brouillait d’autant plus les pistes pour une partie du public qui ne maîtrise pas cette langue.

Il convient donc que les organisateurs culturels respectent le public dans leur travail d’information et veillent à ne pas laisser la priorité à la préoccupation commerciale. Celle-ci est compréhensible mais il faut éviter qu’elle ne mène à une communication trompeuse.

DEUXIÈME PRIX FLOP 2018

À Bruxelles comme en Wallonie, en 2018, tant dans des festivals de musique que dans des institutions muséales, l’âge à partir duquel on considère qu’un usager devient un senior peut évoluer sans aucune explication rationnelle fournie au public.

Si jusqu’il y a peu, la norme pour recevoir une réduction était d’avoir atteint 60 ans, deux institutions majeures subsidiées situées à moins d’une centaine de pas l’une de l’autre pratiquent désormais des règles différentes. Pour l’une, les seniors, ce sont les + de 65 ans; et pour l’autre, les + de 67 ans.

Un festival qui réserve un avantage financier pour quelques-uns de ses riverains (afin de s’excuser pour des désagréments notamment sonores) a fait évoluer en 2018 l’âge de ceux qui y ont droit: de 65 à 70 ans!

S’il peut se concevoir que l’âge où l’on devient un senior peut changer au fil des années en fonction de l’évolution de l’espérance de vie, ne serait-il pas normal qu’il soit au moins semblable pour toutes les activités culturelles d’un même type, et non tributaire de la bonne ou mauvaise volonté des organisateurs?

Vu que ces différenciations existent désormais, qu’elles soient donc davantage visibles pour le public.
Par exemple, que les organisateurs l’indiquent systématiquement dans leur tarification, et tout particulièrement ceux qui pratiquent encore le «+ de 60 ans», ce que ne font pas actuellement nombre d’entre-eux (bien souvent, ils n’indiquent dans leur tarification que le mot senior).


TROISIÈME PRIX FLOP 2018

En 2018, en Wallonie et à Bruxelles, des expositions accessibles en semaine seulement jusqu’à une heure où il est impossible pour la population active de s’y rendre pratiquent durant les week-ends un tarif plus élevé, généralement de 2 euros.

Elles font ainsi de la discrimination à l’égard de plus de la moitié de la population: les travailleurs et les étudiants qui d’ailleurs ont parfois, voire souvent, bien du mal à boucler leur fin de mois.

Et déjà, pour l’édition de 2019!

Que le public aide la L.U.C. en lui proposant tout au long de l’année des propositions de «pratiques» culturelles belges positives ou négatives. Écrivez à son Observatoire: liguedesusagersculturels@gmail.com

Déjà, parmi les «pratiques» constatées depuis le 1er janvier 2019: l’application du prix unique du livre dans toute la Belgique (pour le Prix LUC 2019); le doublement de la tarification du musée de l’Armée, l’arrêt de la gratuité du premier mercredi du mois à l’Africa museum  à Tervueren et la mise en vente sans mise en garde de versions en néerlandais et en français de «Mein Kampf», l'ouvrage de propagande de Hitler, dans le cadre de l’exposition «Berlin 1912-1932» aux MRBAB à Bruxelles (pour le Prix FLOP 2019).

La composition du jury

Cliquez ici pour découvrir la composition complète du jury.

jeudi 17 janvier 2019

Composition de notre jury

Le 16 janvier 2019, ont été désignés les Prix LUC & FLOP qui mettent en évidence les meilleures et les plus mauvaises « pratiques » culturelles vécues par le public belge durant toute l’année 2018.

Qui sont les jurés?

Le jury est composé de six personnalités qui appartiennent à différents domaines de la culture (« tout culture », musiques, littérature, musées).
Afin de diversifier les approches, pour cette dernière discipline artistique, deux représentants très différents ont été choisis : la directrice d’un grand musée privé wallon et le conservateur d’une plus petite structure bruxelloise et subsidiée.
Les membres du jury habitent ou travaillent à Bruxelles ou dans les provinces du Brabant-Wallon, du Hainaut ou de Liège.

Ces personnalités ont participé à cette délibération à titre privé, comme usagers culturels avec une expertise, et pas comme représentants des organismes où elles travaillent. 

Le jury était composé de, par ordre alphabétique :
  • Roland De Bodt, écrivain et chercheur,
  • Jean-Jacques Deleeuw, directeur de l’information à BX1 (la télévision bruxelloise) et président des « Octaves de la musique »,
  • Tony de Vuyst, directeur général de « PointCulture »,
  • Anne Eyberg, directrice du Musée Hergé à Louvain-la-Neuve,
  • Pascal Majérus, conservateur du Musée La Fonderie à Molenbeek,
  • PRESIDENT DU JURY : Philippe Schoonbrood, président de la L.U.C., syndicaliste (CGSP Culture), rédacteur en chef de «Jazzaround ». 
Ce n'est que quand les dés étaient jetés en fin de soirée
que le jury a bu du vin !
Les Prix LUC et FLOP 2018 seront publiés prochainement, avant la fin de ce mois de janvier 2019, lors de la remise du prix au vainqueur (du Prix LUC).

Le jury a débattu toute la soirée à partir des propositions suivantes : 22 propositions pour le Prix LUC et 14 propositions pour le Prix FLOP :