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: Tout d’abord, durant tout l’été 2018, les visiteurs potentiels du
Musée Magritte ont été trompé par votre illustration de L’Empire des
Lumières qui n’était pas exposé.
La Ligue des Usagers Culturels (L.U.C.) est une association sans but lucratif belge dont l’objectif consiste à «soutenir et développer les droits des usagers dans le domaine de la culture». Sur ce blog vous trouverez nos actualités et nos archives. Vos réactions sont les bienvenues sur notre page Facebook.
jeudi 23 mai 2019
Deux affiches pouvant tromper !
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: Tout d’abord, durant tout l’été 2018, les visiteurs potentiels du
Musée Magritte ont été trompé par votre illustration de L’Empire des
Lumières qui n’était pas exposé.mercredi 30 octobre 2024
Nouveau : Les musées fédéraux vont mieux informer leurs visiteurs
Voici un communiqué de presse de « La Ligue des Usagers Culturels » diffusé le 29 octobre 2024
En attendant l’élaboration d’un prochain gouvernement fédéral, l’asbl « La Ligue des Usagers Culturels» (L.U.C.) voit se concrétiser une promesse qui lui a été faite, à plusieurs reprises durant la dernière législature, par le secrétaire d’État Thomas Dermine.
Pour les musées fédéraux, il s’agit de la reprise de l’essentiel du « Code des Usagers Culturels ». Depuis dix-huit ans (2006), celui-ci doit être appliqué par plus de trois milles opérateurs culturels subsidiés par la Fédération Wallonie-Bruxelles ( par des musées mais aussi des salles de spectacles, des festivals, des bibliothèques, etc.).
Cette décision a été prise par le Comité de direction de la politique scientifique (BELSPO). Elle va avoir un impact non négligeable sur le quotidien du public culturel. Celui-ci sera obligatoirement mieux informé de ses droits.
Le 25 avril 2024, le cabinet du secrétaire d’État Dermine a expliqué à la L.U.C.: « Nos musées fédéraux savent bien indiquer les devoirs des visiteurs, mais moins leurs droits. Bien entendu, le droit général de la consommation s'applique également au public culturel, mais la question est de le préciser ».
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| Déjà en 2007, les Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique sont d’accord. |
En septembre 2007 déjà, Michel Draguet, à l’époque directeur général des Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique (MRBAB), avait marqué son accord par écrit pour reprendre les principes de ce Code.
Cependant il convenait que chaque musée fédéral y souscrive, ce qui a pris beaucoup de temps. C’est désormais le cas. Les sites internet du Musée Magritte, du Musée Oldmasters, du Musée des Instruments de Musique, du Musée D’Art et d’Histoire, etc. donnent depuis peu accès au « Règlement des visiteurs » (les devoirs du public) et à cette nouvelle « Charte des visiteurs » (les droits du public).
Exemples :
- MRBAB : https://fine-arts-museum.be/fr/votre-visite/planifier-sa-visite/reglement-du-visiteur
- Musée d’Art et d’Histoire : https://www.artandhistory.museum/sites/default/files/2024-09/charte_des_visiteurs_2_MRAH.pdf
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| À Liège, le Musée de La Boverie indique finalement très clairement (avec photos) à son accueil les œuvres qui ne sont pas momentanément exposées. |
Quatre exemples d’amélioration
Cette « Charte des visiteur » énumère de façon bien plus précise que par le passé toute une série de droits : indication « de tous les tarifs »; diffuser une information ciblée tout particulièrement pour les personnalités à mobilité réduites, malvoyantes ou malentendantes; recevoir dans le mois une réponse «de manière circonstanciée » aux plaintes écrites (donc pas un simple accusé de réception); etc.
En Fédération Wallonie-Bruxelles, divers exemples concrets ont déjà démontré l’utilité de cette mise par écrit des droits des visiteurs.
Suite à une plainte, l’Hôtel Solvay, un majestueux hôtel de maître Art Nouveau, a accepté d’indiquer à son futur public l’interdiction de photographier à l’intérieur de son bâtiment.
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| À l’intérieur de l’Hôtel Solvay, il est interdit de photographier. |
Au Musée des Beaux-Arts de Mons, il est, dans les faits, permis de photographier. Pourtant, au dos du ticket et sur le comptoir à l’accueil, il est indiqué le contraire. Sur le site internet, c’est le silence. Cet acteur culturel a été interpellé et a répondu par ces mots qu’il allait tenir compte de ladite plainte: «C’est aussi grâce aux retours visiteur comme le vôtre que nous pouvons nous améliorer ».
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| Au Musées des Beaux-Arts de Mons, sur le comptoir à l’accueil, il est indiqué qu’il est interdit de photographier. |
Plusieurs autres plaintes ont été adressées, avec effets constructifs, à des musées qui pratiquent la gratuité « pour tous » du premier dimanche du mois. Cet avantage n’apparaissait pas dans leur tarification. Or, le public doit être au courant de cette possibilité, avant toute visite, pour avoir le choix entre venir un jour payant ou un jour gratuit.
Ces dernières années, la réduction pour les seniors est passée progressivement d’un âge unique (les plus de 60 ans) à, soit le maintien de cet âge, soit à 65 ans, (ou même à 67 ans comme à BOZAR pendant plusieurs années, redescendu par la suite, grâce à une plainte, à 65 ans). Il convient donc de préciser désormais l’âge choisi par chaque opérateur dans les tarifications. Diverses remarques sur ce point, adressées à différents organisateurs dont un musée leur ont permis de mieux détailler la présentation de cette réduction.
Chefs d’œuvres en voyage
Les textes qui décrivent ces droits des usagers seront-ils interprétés de la même façon chez les opérateurs en Fédération Wallonie-Bruxelles que dans les musées fédéraux?
Qu’en sera-t-il pour le point suivant? « L’organisateur doit fournir aux usagers et usagères – avant le déroulement d’une activité envisagée – l’information la plus complète qui ne comporte pas d’indications ou de représentations susceptibles de les induire en erreur, notamment sur la nature, l’éventuel prix d’accès, la durée, le lieu et la date de l’activité demandée ».
À Liège, plusieurs œuvres maîtresses de Picasso, Gauguin, Ensor ou Chagall qui furent achetées lors de la vente d’art dit « dégénéré » de Lucerne en 1939 quittent régulièrement les cimaises pour être exposées un peu partout dans le monde.
Cette façon de faire est irréprochable, mais à condition d’en avertir les visiteurs avant qu’ils ne s’acquittent de leurs entrées. Ce n’était guère le cas jusqu’au moment où une plainte de la L.U.C. a été adressée à ce sujet au Musée de La Boverie en décembre 2022. Bien rapidement, l’institution a affiché au comptoir, dans son hall d’accueil, un panneau détaillant quelles toiles précises avaient été décrochées dans ses salles d’exposition permanente. Un travail informatif analogue a été réalisé sur son site internet.
Comment au niveau fédéral, le Musée Magritte appliquera-t-il à Bruxelles cette obligation puisqu’elle est reprise dans sa « Charte des visiteurs »?
À de très nombreuses reprises, l’une de ses œuvres parmi les plus médiatisées (catalogues, cartes postales, posters, médias), « L’Empire des Lumières », est retirée de ses cimaises pour rejoindre différentes expositions temporaires, et généralement durant plusieurs mois.
En 2018, du 19 mai au 28 octobre, elle est exposée au Moma de San Francisco sans que l’institution bruxelloise n’en informe ses futurs visiteurs.
Situation aggravante: comble de malchance, une campagne de promotion des musées bruxellois se déroule durant cette période dans les stations du métro (à De Brouckère, Rogier, Bourse, Comte de Flandre, etc.) avec, sur de grandes affiches lumineuses, une reproduction précisément de cette œuvre qui sert habituellement d’emblème au musée.
Un visiteur se verra rembourser son ticket après avoir déposé plainte au Médiateur fédéral.
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| Dans les métro, promotion avec « L’Empire des Lumières » alors que la toile n’était pas exposé au Musée Magritte. |
Hélas, le musée n’a pas vraiment tiré leçon de cet incident par la suite. Il est vrai qu’à l’époque, il ne devait pas encore appliquer les principes de cette « Charte des visiteurs ».
Aujourd’hui, la situation a changé. L’information au public va-t-elle s’améliorer, à propos du fait que le même « Empire des Lumières » n’est pas visible actuellement à Bruxelles puisqu’il se contemple jusqu’au 13 janvier 2025 dans l’exposition « Surréalisme » au Centre Pompidou à Paris?
Ce cas est loin d’être unique. Appartenant à une autre de nos institutions fédérales, le Musée d’Art et d’Histoire (anciennement Musée du Cinquantenaire), deux œuvres maîtresses ne furent pas accessibles dans le fond permanent pendant de longues périodes, et le public n’en fut pas informé avant l’achat de son ticket.
Il s’agit de la statuette péruvienne qui a inspiré la BD « L’Oreille cassée » de Hergé et une statue provenant de l’île de Pâques.
Heureusement, les voilà à nouveau exposées. Grâce à cette nouvelle « Charte des visiteurs », on espère que le public sera mieux informé à l’avenir si elles devaient à nouveau s’absenter.
Communiqué de presse de l’asbl « La Ligue des Usagers Culturels » (L.U.C.)
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| Deux « stars » du Musée d’Art et d’Histoire: la statuette péruvienne qui a inspiré la BD « L’Oreille cassée » de Hergé ainsi qu’une statue, bien plus grande, provenant de l’île de Pâques. |
lundi 10 décembre 2018
Le Musée Magritte: ceci n’est pas un musée!

«Près de six mois de pression ont finalement conduit Henri Simons, alors échevin de la culture de la ville de Bruxelles, à écrire à mon avocate, le 14 octobre 2002:
«C’est avec plaisir que je charge mes services de rembourser à votre client le montant de 6 €».
Cette somme correspond au prix de l’entrée (avec réduction) de l’exposition Rubens qui s’est tenue du 12 mars au 28 juillet 2002 à l’Hôtel de ville de Bruxelles.
Trois mois avant la fin de cette exposition, le Silène Rêvant , une toile souvent mise en évidence par la critique dans ses comptes-rendus, a été rapatriée à Vienne. Quelques jours plus tard, je viens visiter cette exposition. Sur le trottoir de la Grand Place, un panneau affichant un poster de cette œuvre prématurément décrochée était toujours disposé pour baliser l’entrée de l’exposition.
Dans la salle d’accueil, sur le comptoir où l’on paie sa dîme, une petite vitrine éclairée exposait un catalogue malencontreusement ouvert à la page qui reproduisait l’œuvre manquante! Aucun avis n’était affiché pour informer le visiteur de ce changement des toiles exposées, et le dépliant n’était pas plus loquace (…).
Ma lettre eut deux conséquences: le rangement du panneau litigieux qui se trouvait sur le trottoir et le changement de page du catalogue exposé. En revanche, aucun avertissement ne fut affiché, ce qui est inexcusable. Plus rien n’est faux mais l’évolution n’est toujours pas indiquée au visiteur. Une sorte de mensonge par omission.
Me faire rembourser mon ticket fut laborieux. Mes simples courriers d’usagers, même en envoi recommandé, n’aboutirent à aucun résultat concret.
Finalement, Mr Simons réagira positivement à la lettre envoyée le 2 octobre 2002 par l’avocate Isabelle Lohisse: «(...) Mon client n’entend actuellement qu’être remboursé du prix déboursé pour visiter cette exposition ne présentant pas l’un des tableaux de Rubens annoncés (...) À défaut de règlement amiable de ce litige, mon client ne manquera pas de faire valoir ses droits, se réservant expressément, en outre, de réclamer notamment des dommages et intérêts pour les désagréments que lui causerait votre attitude».
Sans doute que le revirement tardif de l’échevin sera aussi consécutif à plusieurs articles qui dénoncèrent le problème dans la presse écrite, dont une enquête signée par Guy Duplat qui s’était rendu sur les lieux pour constater les faits et avait titré en «une» de La Libre Belgique: «Combat: Ces tableaux que l’on n’a pas vus...», le développement en page intérieure s’intitulant «Une expo, cela peut tromper» (08/05/2002).
Contacté sur ce cas concret dès le 28 juin 2002, Charles Picqué, le Ministre des affaires économiques (qui avait en charge, notamment, la protection des droits des consommateurs), répondra le 29 octobre 2002. Sa lettre, dont voici quelques extraits, pose la base d’un droit à la protection des consommateurs culturels: «Un principe de droit exige qu’avant la conclusion de tout contrat, la partie «dominante» doive fournir à son futur cocontractant toutes les informations utiles à une prise de décision en connaissance de cause. Agir autrement enfreindrait la bonne foi. Les Cours et Tribunaux ont, depuis longtemps, en effet, reconnu l’existence d’une obligation générale de renseignements à charge des fabricants, vendeurs et prestataires de services professionnels. Ce principe juridique permet de sanctionner un comportement fautif au cours de la période précontractuelle. Dès lors, je suis également d’avis que la Ville de Bruxelles aurait dû faire le nécessaire afin que les visiteurs soient avertis de la disparition d’une œuvre maîtresse de l’exposition».
Mais combien de visiteurs osent ou peuvent se permettre pareille obstination? Une réglementation devrait donc s’élaborer, qui tienne davantage compte des droits du public. Que se pérennise un «mode d’emploi» pour les remboursements en cas de situation abusive, et que celui-ci soit, bien entendu, largement médiatisé».
samedi 19 juin 2021
Le musée Magritte améliore l’info pour ses visiteurs
Actuellement, le musée Magritte n’expose pas un nombre important de ses œuvres qui ont été prêtées au musée de l’Orangerie à Paris, pour l’exposition René Magritte « Le surréalisme en plein soleil » qui se déroule du 19 mai au 19 juillet 2021 :
https://www.musee-orangerie.fr/fr/evenement/magritte-renoir-le-surrealisme-en-plein-soleil
Ceci n’a rien d’exceptionnel et les échanges d’œuvres entre musées sont bien utiles pour que puissent s’élaborer des expositions temporaires qu’apprécie tellement le public.
Par contre, ce qui est novateur, c’est que les visiteurs seront avertis de ces absences sur les cimaises du musée bruxellois avant qu’ils ne se décident à acheter leur ticket, ce qui n’est en fait que l’application normale du Code civil. L’habitude fait que ce droit n’est le plus souvent, par habitude sans doute, pas appliqué dans le monde culturel, ce qui est particulièrement gênant notamment pour des visiteurs qui se déplacent pour contempler telle ou telle œuvre précise, par nécessité professionnelle ou universitaire, ou par simple préférence personnelle.
Cette évolution, qui aurait intérêt à inspirer les musées du monde entier, est le résultat d’un combat mené par le visiteur David H. et l’asbl « La Ligue des Usagers Culturels ». Il a démarré par le dépôt d’une plainte et la demande du remboursement d’un ticket, le 18 juillet 2018, il y a donc près de trois ans.
Pourquoi cette demande de remboursement?
En 2018, un grand nombre d’œuvres ne sont pas exposées au musée Magritte car elles sont prêtées du 19 mai au 28 octobre au MoMA de San Francisco dont trois parmi les plus renommées : Le Retour, Le Domaine d’Arnheim et L’Empire des Lumières.
Au même moment, à Bruxelles, aucune information en ce sens n’est fournie au visiteur avant qu’il n’achète son ticket au comptoir du musée Magritte. De plus, durant tout cet été 2018, s’est déroulée une importante campagne de communication dans le métro bruxellois (aux stations De Brouckère, Rogier, Bourse, Comte de Flandre, etc.) avec, sur de grandes affiches lumineuses, une reproduction justement de cette dernière œuvre qui sert habituellement d’emblème au musée, ce qui peut encore davantage induire en erreur les futurs visiteurs.
Outre une demande de remboursement de son ticket pour manque d’info lors de son achat, David H. suggère également avec insistance que le musée place un avis explicatif indiquant notamment le nombre d’œuvres non exposées et leurs titres au comptoir pour éviter à l’institution fédérale d’avoir affaire avec d’autres visiteurs mécontents. Sur la toile, on peut en effet découvrir plusieurs dizaines de plaintes analogues, comme « Déçu. Je m’attendais à voir les œuvres les plus connues de Magritte. Je les ai photographiées à la boutique. Un comble! » (lire d’autres plaintes en annexe 1).
Le musée Magritte préfère offrir un ticket gratuit
Le musée refuse le remboursement mais est prêt à offrir un ticket gratuit pour une visite ultérieure, ce que refuse énergiquement David H. : « Ce positionnement m’a paru inopportun. J’ai donc réécrit au musée pour réaffirmer ma volonté d’être remboursé en expliquant que son règlement (extrêmement détaillé) qu’il m’était possible de lire avant l’achat de mon ticket n’abordait pas ce cas précis. Malgré mon exigence à être remboursé, le musée, de façon autoritaire (la politique du fait accompli), m’adressa un courriel, le 15 octobre 2018, où il m’indiqua « Comme promis, nous vous avons envoyé un ticket combi gratuit » et me fit parvenir effectivement par la poste un ticket « All Museum Press » (alors que je ne suis pas journaliste… est-ce déontologique?). Comment, dans pareil cas, les MRBAB (les Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique dont le musée Magritte fait partie) peuvent-ils refuser le remboursement? Il me semble que les visiteurs doivent être traités de façon égale et qu’il serait bien sûr ahurissant de proposer un ticket combi plutôt qu’un remboursement à des visiteurs qui habitent à 100 ou 10.000 kilomètres ! ».
Il est vrai que le musée Magritte déclare lui-même, lorsqu’il fête ses dix ans en 2019, que son public est composé en moyenne de 67% d’étrangers (avant le début de la pandémie).
La sécurité… Quelle sécurité?
La raison principale donnée à plusieurs reprises par la chargée de communication du musée, outre le manque de moyens financiers et un personnel pas assez nombreux, est la sécurité « qui doit toujours être prioritaire ».
Dans ce débat fort instructif de BX1, la télé bruxelloise francophone, vous pouvez découvrir son argumentaire: https://bx1.be/categories/news/musee-visiteurs-insuffisamment-prevenus-oeuvres-pretees/?fbclid=IwAR3_bgJlkDJS_iGFCDwfHqJhfKNV4otLvuSZwad3dUfbXwe51cHcYZkniUQ
Pourtant, il y aura évolution. Dans un premier temps, un panneau au comptoir indiquera que « quelques œuvres » (mais une quinzaine de toiles, c’est, selon nous, « beaucoup de toiles ») ne sont pas visibles, sans préciser ni leur nombre, ni leurs titres.
Ensuite, quelques mois plus tard, alors qu’à nouveau 14 œuvres sont décrochées, cette fois-ci pour être prêtées au musée Dali en Floride, un panneau indique ce nombre de 14, mais ne mentionne toujours pas les titres des œuvres.
Le reportage de « Images à l’appui » de RTL TVi a filmé ce panneau :
https://www.facebook.com/imagesalappui/posts/2550633081620735
Plainte au Médiateur Fédéral
Le 5 novembre 2018, une plainte est déposée au Service de médiation fédéral pour dénoncer l’autoritarisme des MRBAB.
Texte complet de cette plainte:
http://la-luc.blogspot.com/2018/12/le-musee-magritte-ceci-nest-pas-un-musee.html
Le 9 juin 2020, les MRBAB effectueront un remboursement de 15 euros au visiteur plaignant, après avoir reçu en retour le ticket combi non utilisé par envoi postal.
Le Médiateur Fédéral argumente à partir des deux textes légaux suivants le changement d’attitude de la direction du musée Magritte :
- Un extrait du Code civil : « Le vendeur est tenu d'expliquer clairement ce à quoi il s'oblige. Tout pacte obscur ou ambigu s'interprète contre le vendeur ».
- Le texte d’une obligation administrative au niveau fédéral : « L'administration doit utiliser un langage clair et compréhensible, sa communication doit être efficace. Elle doit veiller à utiliser des canaux de communications diversifiés et adéquats pour toucher le plus grand nombre de citoyens concernés ».
Reste à tirer les leçons de ce remboursement parce qu’il est fréquent que de nombreuses toiles quittent les cimaises du musée Magritte et des autres institutions des MRBAB. Le Médiateur Fédéral explique ainsi sa décision datée du 14 avril 2021 : « (…) Pour l'avenir, les MRBAB ont pris des mesures pour améliorer l'information des visiteurs au sujet des œuvres exposées. Il est certes malheureusement paru très difficile, tant pour des raisons pratiques que d'organisation, que les musées informent en permanence les visiteurs (à l'accueil des musées et sur le site) des œuvres momentanément non exposées pour différentes raisons. Il est apparu par contre plus pratique et efficace d'appeler l'attention des visiteurs sur le fait que, de manière générale, toutes les œuvres possédées par les musées ne peuvent être exposées. C'est ainsi que des avis en ce sens figurent à l'accueil des musées comme sur la page de la billetterie en ligne.
Nous sommes d'avis que ces mesures sont susceptibles d'améliorer l'information des visiteurs et répondent ainsi à vos griefs même si elles ne rencontrent pas exactement les souhaits que vous formuliez. C'est là le résultat que nous avons obtenu suite à nos contacts réitérés avec les MRBAB au cours des derniers mois. Nous vous remercions de nous avoir fait part de vos préoccupations au sujet du fonctionnement des MRBAB et restons à votre écoute si vous deviez exprimer une nouvelle plainte à ce sujet ».
En 2021 : le musée annonce mieux le départ de 17 œuvres à Paris
Comment le musée Magritte tire-t-il la leçon de son « remboursement » à l’occasion du prêt de 17 œuvres, du 19 mai au 19 juillet 2021, au musée de l’Orangerie à Paris pour l’exposition René Magritte « Le surréalisme en plein soleil »?
Il l’indique clairement sur son site dans sa rubrique « Planifiez votre visite » :
https://fineartsmuseum.recreatex.be/Exhibitions/Overview?smallmenu=0/tickets.aspx
Cet avis figure également à l’accueil, dans les les locaux du musée.
La liste de chacune des œuvres en voyage, avec leur titre et une photo figure ici :
https://www.fine-arts-museum.be/uploads/news/files/musee_magritte_museum_travelling_art_works.pdf
Dans la « base de données » du musée, il est indiqué au bas des descriptions si l’œuvre est exposée ou non. L’exemple est probant avec « La moisson » de Magritte (exposée à l’Orangerie de Paris pour le moment) :
http://www.opac-fabritius.be/fr/F_database.htm
La Ligue des Usagers Culturels considère que si la consultation de la « base de données » pour savoir quelles œuvres sont exposées constitue une mesure adéquate pour un public attentif à une peinture ou une sculpture précise, il n’en est pas de même pour le reste du public et donc, il serait utile que l’absence de toute œuvre emblématique lui soit plus directement et clairement signalée. Au médiateur fédéral, la L.U.C. a proposé une définition de ce type d’œuvres : celles que l’institution met en valeur dans sa médiatisation. Par exemple, celles qui figurent sur des cartes postales ou dans les catalogues émis par l’institution.
Texte léonin?
De plus, dans le cadre de la résolution de cette plainte, le Médiateur Fédéral a signalé que les MRBAB avaient fait évoluer l’article 3 de leur « Règlement du visiteur » : « La fermeture momentanée de certaines salles ou l’absence ponctuelle de certaines œuvres d’art, en déplacement ou en réparation, ne donne droit, ni au remboursement, ni à une réduction du prix du billet d’entrée » :
https://www.fine-arts-museum.be/fr/votre-visite/planifier-sa-visite/reglement-du-visiteur#
L’avenir nous dira s’il s’agit là d’un texte léonin comme celui que l’on trouve encore trop régulièrement au dos de tickets de spectacles : « Ce ticket ne sera ni échangé, ni remboursé ».
Impossibilité d’admirer la statue de l’île de Pâques
En Fédération Wallonie-Bruxelles, cette problématique n’est plus sensée exister depuis 2006, année de la naissance du Code de respect des usagers culturels, dont les points 2 et 3 traitent de la présente thématique : « Fournir aux usagers avant le déroulement de l’activité culturelle envisagée une information la plus complète » et « Informer les usagers dans les plus brefs délais, en cas de modification substantielle de l’activité concernée. Prévoir au moins des modalités de remboursement des usagers » :
http://www.culture.be/index.php?id=5235
Michel Draguet, le responsable des MRBAB, avait signifié par écrit, le 3 septembre 2007, qu’il souscrivait à ces points, après analyse de son service technique.
Thomas Dermine (PS), le nouveau Secrétaire d’État qui est notamment chargé de la politique scientifique (dont les musées fédéraux) a écrit, le 10 novembre 2020, à La Ligue des Usagers Culturels : «Je fais miens à la fois les objectifs et les 15 premiers engagements du « Code du respect des usagers culturels » (les 3 derniers engagements étant, dans leur formulation, spécifiques à la Communauté française) :
http://la-luc.blogspot.com/2020/11/le-secretaire-detat-des-musees-nous.html
Alors, pour bientôt, un « Code » analogue au niveau fédéral pour éviter d’autres erreurs proches de celle des MRBAB?
Par exemple, le Musée d’Art et d’Histoire, sis au Cinquantenaire, qui oublia d’indiquer à ses visiteurs du fond permanent qu’ils ne pourraient pas admirer l’un des must, une gigantesque statue de l’île de Pâques, car visible pendant plusieurs mois uniquement sur présentation du ticket d’une exposition temporaire…
ANNEXE
Voici d’autres plaintes analogues, ce qui permet de constater qu’une partie non négligeable du public attache de l’importance à cette thématique. Et parfois ne manque pas d’humour.
- Nous sommes hyper déçus de notre visite! Déjà, il n’y avait plus aucun audioguide de disponible et zéro explication dans le musée (…). Résultat nous avons déambulé dans le musée sans savoir ce que nous regardions. Ensuite, on voit partout dans la ville des affiches avec les œuvres les plus connues de Magritte pour faire la promotion du musée. Problème? Il y en a AUCUNE dans le musée (elles sont toutes ou presque aux US). Bref, allez visiter les autres musées ou si vous aimez Magritte, allez visiter la boutique!
- Des œuvres majeures manquent.
- Un beau musée présentant une très belle collection des œuvres du peintre mais beaucoup de frustration car de nombreuses peintures ont été prêtées à New-York. Compréhensible mais nous aurions aimé en être informé. Ticket d’entrée à 10 euros.
- Navrant d’apprendre après paiement des tickets qu’une partie de la collection est absente pour prêt. Pièces manquantes remplacées par œuvres faites en 2018 par peintre contemporain. Impression de bouche trou.
- Déçu. Je m’attendais à voir les œuvres les plus connues de Magritte. Je les ai photographiées à la boutique. Un comble!
- Intéressant mais pas complet.
- Très beau musée mais l’entrée est un peu cher pour les œuvres de Magritte que nous voyons, certaines intéressantes, mais manquent les plus importantes (…).
- Musée sympa mais attention ne venez pas exprès pour les peintures les plus connues. Elles n’étaient pas là quand j’ai eu l’occasion de visiter le musée.
- Très beau musée, très aéré. Dommage, c’est après avoir franchi l’entrée que nous apprenons que des tableaux ont été prêtés aux USA… et qu’ils sont remplacés par un autre peintre. Visite très agréable malgré tout, avec une vraie volonté de décrire la vie de Magritte.
- Très déçu. Beaucoup d’œuvres majeures ne sont pas exposées car en déplacement à l’étranger. Le musée manque d’explications hors audioguide, ce n’est pas très ludique.
- Beau lieu, dommage qu’une partie des toiles étaient aux USA.
- Un peu décevant car les plus belles œuvres sont en prêt à San Francisco. Intéressant malgré tout.
- Ceci n’est pas un musée… Blague à part, nous avons appris après avoir payé les tickets d’entrée que, jusqu’en octobre 2018, toutes les œuvres intéressantes et connues de Magritte ne sont pas là mais à San Francisco. Leur absence a été remplacée par un autre peintre largement influencé par Magritte. Du coup, la visite a été beaucoup moins intéressante. J’aurais aimé être prévenu de l’absence de ses œuvres phares avant de payer l’entée… Mais le lieu est sympa…
- Magritte sans Magritte, il manque l’essentiel de l’œuvre remplacé par un sous produit « à la manière de »… sans talent. Seul, le prix d’entrée et le personnel restent inchangés, l’un en trop, les autres en pas assez.
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| La promotion de « L’Empire des Lumières » dans une station de métro bruxelloise, durant l'été 2018. |







