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mercredi 30 octobre 2024

Nouveau : Les musées fédéraux vont mieux informer leurs visiteurs

Voici un communiqué de presse de « La Ligue des Usagers Culturels » diffusé le 29 octobre 2024

En attendant l’élaboration d’un prochain gouvernement fédéral, l’asbl « La Ligue des Usagers Culturels» (L.U.C.) voit se concrétiser une promesse qui lui a été faite, à plusieurs reprises durant la dernière législature, par le secrétaire d’État Thomas Dermine.

Pour les musées fédéraux, il s’agit de la reprise de l’essentiel du « Code des Usagers Culturels ». Depuis dix-huit ans (2006), celui-ci doit être appliqué par plus de trois milles opérateurs culturels subsidiés par la Fédération Wallonie-Bruxelles ( par des musées mais aussi des salles de spectacles, des festivals, des bibliothèques, etc.).

Cette décision a été prise par le Comité de direction de la politique scientifique (BELSPO). Elle va avoir un impact non négligeable sur le quotidien du public culturel. Celui-ci  sera obligatoirement mieux informé de ses droits.

Le 25 avril 2024, le cabinet du secrétaire d’État Dermine a expliqué à la L.U.C.: « Nos musées fédéraux savent bien indiquer les devoirs des visiteurs, mais moins leurs droits. Bien entendu, le droit général de la consommation s'applique également au public culturel, mais la question est de le préciser ».


Déjà en 2007, les Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique sont d’accord.

En septembre 2007 déjà, Michel Draguet, à l’époque directeur général des Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique (MRBAB), avait marqué son accord par écrit pour reprendre les principes de ce Code.

Cependant il convenait que chaque musée fédéral y souscrive, ce qui a pris beaucoup de temps. C’est désormais le cas. Les sites internet du Musée Magritte, du Musée Oldmasters, du Musée des Instruments de Musique, du Musée D’Art et d’Histoire, etc. donnent depuis peu accès au « Règlement des visiteurs » (les devoirs du public) et à cette nouvelle « Charte des visiteurs » (les droits du public).

Exemples :


À Liège, le Musée de La Boverie indique finalement très clairement (avec photos) à son accueil les œuvres qui ne sont pas momentanément exposées.

Quatre exemples d’amélioration

Cette « Charte des visiteur » énumère de façon bien plus précise que par le passé toute une série de droits : indication « de tous les tarifs »; diffuser une information ciblée tout particulièrement pour les personnalités à mobilité réduites, malvoyantes ou malentendantes; recevoir dans le mois une réponse «de manière circonstanciée » aux plaintes écrites (donc pas un simple accusé de réception); etc.

En Fédération Wallonie-Bruxelles, divers exemples concrets ont déjà démontré l’utilité de cette mise par écrit des droits des visiteurs.

Suite à une plainte, l’Hôtel Solvay, un majestueux hôtel de maître Art Nouveau, a accepté d’indiquer à son futur public l’interdiction de photographier à l’intérieur de son bâtiment.

À l’intérieur de l’Hôtel Solvay, il est interdit de photographier.

Au Musée des Beaux-Arts de Mons, il est, dans les faits, permis de photographier. Pourtant, au dos du ticket et sur le comptoir à l’accueil, il est indiqué le contraire. Sur le site internet, c’est le silence. Cet acteur culturel a été interpellé et a répondu par ces mots qu’il allait tenir compte de ladite plainte: «C’est aussi grâce aux retours visiteur comme le vôtre que nous pouvons nous améliorer ».

Au Musées des Beaux-Arts de Mons, sur le comptoir à l’accueil, il est indiqué qu’il est interdit de photographier.


Plusieurs autres plaintes ont été adressées, avec effets constructifs, à des musées qui pratiquent la gratuité « pour tous » du premier dimanche du mois. Cet avantage n’apparaissait pas dans leur tarification. Or, le public doit être au courant de cette possibilité, avant toute visite, pour avoir le choix entre venir un jour payant ou un jour gratuit.

Ces dernières années, la réduction pour les seniors est passée progressivement d’un âge unique (les plus de 60 ans) à, soit le maintien de cet âge, soit à 65 ans, (ou même à 67 ans comme à BOZAR pendant plusieurs années, redescendu par la suite, grâce à une plainte, à 65 ans). Il convient donc de préciser désormais l’âge choisi par chaque opérateur dans les tarifications. Diverses remarques sur ce point, adressées à différents organisateurs dont un musée leur ont permis de mieux détailler la présentation de cette réduction.

Chefs d’œuvres en voyage

Les textes qui décrivent ces droits des usagers seront-ils interprétés de la même façon chez les opérateurs en Fédération Wallonie-Bruxelles que dans les musées fédéraux?

Qu’en sera-t-il pour le point suivant? « L’organisateur doit fournir aux usagers et usagères – avant le déroulement d’une activité envisagée – l’information la plus complète qui ne comporte pas d’indications ou de représentations susceptibles de les induire en erreur, notamment sur la nature, l’éventuel prix d’accès, la durée, le lieu et la date de l’activité demandée ».

À Liège, plusieurs œuvres maîtresses de Picasso, Gauguin, Ensor ou Chagall qui furent achetées lors de la vente d’art dit « dégénéré » de Lucerne en 1939 quittent régulièrement les cimaises pour être exposées un peu partout dans le monde.

Cette façon de faire est irréprochable, mais à condition d’en avertir les visiteurs avant qu’ils ne s’acquittent de leurs entrées. Ce n’était guère le cas jusqu’au moment où une plainte de la L.U.C. a été adressée à ce sujet au Musée de La Boverie en décembre 2022. Bien rapidement, l’institution a affiché au comptoir, dans son hall d’accueil, un panneau détaillant quelles toiles précises avaient été décrochées dans ses salles d’exposition permanente. Un travail informatif analogue a été réalisé sur son site internet.

Comment au niveau fédéral, le Musée Magritte appliquera-t-il à Bruxelles cette obligation puisqu’elle est reprise dans sa « Charte des visiteurs »?

À de très nombreuses reprises, l’une de ses œuvres parmi les plus médiatisées (catalogues, cartes postales, posters, médias), « L’Empire des Lumières », est retirée de ses cimaises pour rejoindre différentes expositions temporaires, et généralement durant plusieurs mois.

En 2018, du 19 mai au 28 octobre, elle est exposée au Moma de San Francisco sans que l’institution bruxelloise n’en informe ses futurs visiteurs.

Situation aggravante: comble de malchance, une campagne de promotion des musées bruxellois se déroule durant cette période dans les stations du métro (à De Brouckère, Rogier, Bourse, Comte de Flandre, etc.) avec, sur de grandes affiches lumineuses, une reproduction précisément de cette œuvre qui sert habituellement d’emblème au musée.

Un visiteur se verra rembourser son ticket après avoir déposé plainte au Médiateur fédéral.

Dans les métro, promotion avec « L’Empire des Lumières » alors que la toile n’était pas exposé au Musée Magritte.

Hélas, le musée n’a pas vraiment tiré leçon de cet incident par la suite. Il est vrai qu’à l’époque, il ne devait pas encore appliquer les principes de cette « Charte des visiteurs ».

Aujourd’hui, la situation a changé. L’information au public va-t-elle s’améliorer, à propos du fait que le même « Empire des Lumières » n’est pas visible actuellement à Bruxelles puisqu’il se contemple jusqu’au 13 janvier 2025 dans l’exposition « Surréalisme » au Centre Pompidou à Paris?

Ce cas est loin d’être unique. Appartenant à une autre de nos institutions fédérales, le Musée d’Art et d’Histoire (anciennement Musée du Cinquantenaire), deux œuvres maîtresses ne furent pas accessibles dans le fond permanent pendant de longues périodes, et le public n’en fut pas informé avant l’achat de son ticket.

Il s’agit de la statuette péruvienne qui a inspiré la BD « L’Oreille cassée » de Hergé et une statue provenant de l’île de Pâques.

Heureusement, les voilà à nouveau exposées. Grâce à cette nouvelle « Charte des visiteurs », on espère que le public sera mieux informé à l’avenir si elles devaient à nouveau s’absenter.


Communiqué de presse de l’asbl « La Ligue des Usagers Culturels » (L.U.C.)


Deux « stars » du Musée d’Art et d’Histoire: la statuette péruvienne qui a inspiré la BD « L’Oreille cassée » de Hergé ainsi qu’une statue, bien plus grande, provenant de l’île de Pâques.

samedi 19 juin 2021

Le musée Magritte améliore l’info pour ses visiteurs

Actuellement, le musée Magritte n’expose pas un nombre important de ses œuvres qui ont été prêtées au musée de l’Orangerie à Paris, pour l’exposition René Magritte « Le surréalisme en plein soleil » qui se déroule du 19 mai au 19 juillet 2021 :

https://www.musee-orangerie.fr/fr/evenement/magritte-renoir-le-surrealisme-en-plein-soleil

Ceci n’a rien d’exceptionnel et les échanges d’œuvres entre musées sont bien utiles pour que puissent s’élaborer des expositions temporaires qu’apprécie tellement le public.
Par contre, ce qui est novateur, c’est que les visiteurs seront avertis de ces absences sur les cimaises du musée bruxellois avant qu’ils ne se décident à acheter leur ticket, ce qui n’est en fait que l’application normale du Code civil. L’habitude fait que ce droit n’est le plus souvent, par habitude sans doute, pas appliqué dans le monde culturel, ce qui est particulièrement gênant notamment pour des visiteurs qui se déplacent pour contempler telle ou telle œuvre précise, par nécessité professionnelle ou universitaire, ou par simple préférence personnelle.

Cette évolution, qui aurait intérêt à inspirer les musées du monde entier, est le résultat d’un combat mené par le visiteur David H. et l’asbl « La Ligue des Usagers Culturels ». Il a démarré par le dépôt d’une plainte et la demande du remboursement d’un ticket, le 18 juillet 2018, il y a donc près de trois ans.

Pourquoi cette demande de remboursement?

En 2018, un grand nombre d’œuvres ne sont pas exposées au musée Magritte car elles sont prêtées du 19 mai au 28 octobre au MoMA de San Francisco dont trois parmi les plus renommées : Le Retour, Le Domaine d’Arnheim et L’Empire des Lumières.

Au même moment, à Bruxelles, aucune information en ce sens n’est fournie au visiteur avant qu’il n’achète son ticket au comptoir du musée Magritte. De plus, durant tout cet été 2018, s’est déroulée une importante campagne de communication dans le métro bruxellois (aux stations De Brouckère, Rogier, Bourse, Comte de Flandre, etc.) avec, sur de grandes affiches lumineuses, une reproduction justement de cette dernière œuvre qui sert habituellement d’emblème au musée, ce qui peut encore davantage induire en erreur les futurs visiteurs.

Outre une demande de remboursement de son ticket pour manque d’info lors de son achat, David H. suggère également avec insistance que le musée place un avis explicatif indiquant notamment le nombre d’œuvres non exposées et leurs titres au comptoir pour éviter à l’institution fédérale d’avoir affaire avec d’autres visiteurs mécontents. Sur la toile, on peut en effet découvrir plusieurs dizaines de plaintes analogues, comme « Déçu. Je m’attendais à voir les œuvres les plus connues de Magritte. Je les ai photographiées à la boutique. Un comble! » (lire d’autres plaintes en annexe 1).

Le musée Magritte préfère offrir un ticket gratuit

Le musée refuse le remboursement mais est prêt à offrir un ticket gratuit pour une visite ultérieure, ce que refuse énergiquement David H. : « Ce positionnement m’a paru inopportun. J’ai donc réécrit au musée pour réaffirmer ma volonté d’être remboursé en expliquant que son règlement (extrêmement détaillé) qu’il m’était possible de lire avant l’achat de mon ticket n’abordait pas ce cas précis. Malgré mon exigence à être remboursé, le musée, de façon autoritaire (la politique du fait accompli), m’adressa un courriel, le 15 octobre 2018, où il m’indiqua « Comme promis, nous vous avons envoyé un ticket combi gratuit » et me fit parvenir effectivement par la poste un ticket « All Museum Press » (alors que je ne suis pas journaliste… est-ce déontologique?). Comment, dans pareil cas, les MRBAB (les Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique dont le musée Magritte fait partie) peuvent-ils refuser le remboursement? Il me semble que les visiteurs doivent être traités de façon égale et qu’il serait bien sûr ahurissant de proposer un ticket combi plutôt qu’un remboursement à des visiteurs qui habitent à 100 ou 10.000 kilomètres ! ».
Il est vrai que le musée Magritte déclare lui-même, lorsqu’il fête ses dix ans en 2019, que son public est composé en moyenne de 67% d’étrangers (avant le début de la pandémie).

La sécurité… Quelle sécurité?

La raison principale donnée à plusieurs reprises par la chargée de communication du musée, outre le manque de moyens financiers et un personnel pas assez nombreux, est la sécurité « qui doit toujours être prioritaire ».
Dans ce débat fort instructif de BX1, la télé bruxelloise francophone, vous pouvez découvrir son argumentaire: https://bx1.be/categories/news/musee-visiteurs-insuffisamment-prevenus-oeuvres-pretees/?fbclid=IwAR3_bgJlkDJS_iGFCDwfHqJhfKNV4otLvuSZwad3dUfbXwe51cHcYZkniUQ

Pourtant, il y aura évolution. Dans un premier temps, un panneau au comptoir indiquera que « quelques œuvres » (mais une quinzaine de toiles, c’est, selon nous, « beaucoup de toiles ») ne sont pas visibles, sans préciser ni leur nombre, ni leurs titres.
Ensuite, quelques mois plus tard, alors qu’à nouveau 14 œuvres sont décrochées, cette fois-ci pour être prêtées au musée Dali en Floride, un panneau indique ce nombre de 14, mais ne mentionne toujours pas les titres des œuvres.
Le reportage de « Images à l’appui » de RTL TVi a filmé ce panneau :
https://www.facebook.com/imagesalappui/posts/2550633081620735

Plainte au Médiateur Fédéral

Le 5 novembre 2018, une plainte est déposée au Service de médiation fédéral pour dénoncer l’autoritarisme des MRBAB.
Texte complet de cette plainte:
http://la-luc.blogspot.com/2018/12/le-musee-magritte-ceci-nest-pas-un-musee.html

Le 9 juin 2020, les MRBAB effectueront un remboursement de 15 euros au visiteur plaignant, après avoir reçu en retour le ticket combi non utilisé par envoi postal.

Le Médiateur Fédéral argumente à partir des deux textes légaux suivants le changement d’attitude de la direction du musée Magritte :

  1. Un extrait du Code civil : « Le vendeur est tenu d'expliquer clairement ce à quoi il s'oblige. Tout pacte obscur ou ambigu s'interprète contre le vendeur ».

  2. Le texte d’une obligation administrative au niveau fédéral : « L'administration doit utiliser un langage clair et compréhensible, sa communication doit être efficace. Elle doit veiller à utiliser des canaux de communications diversifiés et adéquats pour toucher le plus grand nombre de citoyens concernés ».

Reste à tirer les leçons de ce remboursement parce qu’il est fréquent que de nombreuses toiles quittent les cimaises du musée Magritte et des autres institutions des MRBAB. Le Médiateur Fédéral explique ainsi sa décision datée du 14 avril 2021 : «  (…) Pour l'avenir, les MRBAB ont pris des mesures pour améliorer l'information des visiteurs au sujet des œuvres exposées. Il est certes malheureusement paru très difficile, tant pour des raisons pratiques que d'organisation, que les musées informent en permanence les visiteurs (à l'accueil des musées et sur le site) des œuvres momentanément non exposées pour différentes raisons. Il est apparu par contre plus pratique et efficace d'appeler l'attention des visiteurs sur le fait que, de manière générale, toutes les œuvres possédées par les musées ne peuvent être exposées. C'est ainsi que des avis en ce sens figurent à l'accueil des musées comme sur la page de la billetterie en ligne.

Nous sommes d'avis que ces mesures sont susceptibles d'améliorer l'information des visiteurs et répondent ainsi à vos griefs même si elles ne rencontrent pas exactement les souhaits que vous formuliez. C'est là le résultat que nous avons obtenu suite à nos contacts réitérés avec les MRBAB au cours des derniers mois. Nous vous remercions de nous avoir fait part de vos préoccupations au sujet du fonctionnement des MRBAB et restons à votre écoute si vous deviez exprimer une nouvelle plainte à ce sujet ».

En 2021 : le musée annonce mieux le départ de 17 œuvres à Paris

Comment le musée Magritte tire-t-il la leçon de son « remboursement » à l’occasion du prêt de 17 œuvres, du 19 mai au 19 juillet 2021, au musée de l’Orangerie à Paris pour l’exposition René Magritte « Le surréalisme en plein soleil »?

Il l’indique clairement sur son site dans sa rubrique « Planifiez votre visite » :
https://fineartsmuseum.recreatex.be/Exhibitions/Overview?smallmenu=0/tickets.aspx

Cet avis figure également à l’accueil, dans les les locaux du musée.
La liste de chacune des œuvres en voyage, avec leur titre et une photo figure ici :
https://www.fine-arts-museum.be/uploads/news/files/musee_magritte_museum_travelling_art_works.pdf

Dans la « base de données » du musée, il est indiqué au bas des descriptions si l’œuvre est exposée ou non. L’exemple est probant avec « La moisson » de Magritte (exposée à l’Orangerie de Paris pour le moment) :
http://www.opac-fabritius.be/fr/F_database.htm

La Ligue des Usagers Culturels considère que si la consultation de la « base de données » pour savoir quelles œuvres sont exposées constitue une mesure adéquate pour un public attentif à une peinture ou une sculpture précise, il n’en est pas de même pour le reste du public et donc, il serait utile que l’absence de toute œuvre emblématique lui soit plus directement et clairement signalée. Au médiateur fédéral, la L.U.C. a proposé une définition de ce type d’œuvres : celles que l’institution met en valeur dans sa médiatisation. Par exemple, celles qui figurent sur des cartes postales ou dans les catalogues émis par l’institution.

Texte léonin?

De plus, dans le cadre de la résolution de cette plainte, le Médiateur Fédéral a signalé que les MRBAB avaient fait évoluer l’article 3 de leur « Règlement du visiteur » : « La fermeture momentanée de certaines salles ou l’absence ponctuelle de certaines œuvres d’art, en déplacement ou en réparation, ne donne droit, ni au remboursement, ni à une réduction du prix du billet d’entrée » :
https://www.fine-arts-museum.be/fr/votre-visite/planifier-sa-visite/reglement-du-visiteur#

L’avenir nous dira s’il s’agit là d’un texte léonin comme celui que l’on trouve encore trop régulièrement au dos de tickets de spectacles : « Ce ticket ne sera ni échangé, ni remboursé ».

Impossibilité d’admirer la statue de l’île de Pâques

En Fédération Wallonie-Bruxelles, cette problématique n’est plus sensée exister depuis 2006, année de la naissance du Code de respect des usagers culturels, dont les points 2 et 3 traitent de la présente thématique : « Fournir aux usagers avant le déroulement de l’activité culturelle envisagée une information la plus complète » et « Informer les usagers dans les plus brefs délais, en cas de modification substantielle de l’activité concernée. Prévoir au moins des modalités de remboursement des usagers » :
http://www.culture.be/index.php?id=5235

Michel Draguet, le responsable des MRBAB, avait signifié par écrit, le 3 septembre 2007, qu’il souscrivait à ces points, après analyse de son service technique.

Thomas Dermine (PS), le nouveau Secrétaire d’État qui est notamment chargé de la politique scientifique (dont les musées fédéraux) a écrit, le 10 novembre 2020, à La Ligue des Usagers Culturels : «Je fais miens à la fois les objectifs et les 15 premiers engagements du « Code du respect des usagers culturels » (les 3 derniers engagements étant, dans leur formulation, spécifiques à la Communauté française) :
http://la-luc.blogspot.com/2020/11/le-secretaire-detat-des-musees-nous.html

Alors, pour bientôt, un « Code » analogue au niveau fédéral pour éviter d’autres erreurs proches de celle des MRBAB?
Par exemple, le Musée d’Art et d’Histoire, sis au Cinquantenaire, qui oublia d’indiquer à ses visiteurs du fond permanent qu’ils ne pourraient pas admirer l’un des must, une gigantesque statue de l’île de Pâques, car visible pendant plusieurs mois uniquement sur présentation du ticket d’une exposition temporaire…

ANNEXE

Voici d’autres plaintes analogues, ce qui permet de constater qu’une partie non négligeable du public attache de l’importance à cette thématique. Et parfois ne manque pas d’humour. 

  •  Nous sommes hyper déçus de notre visite! Déjà, il n’y avait plus aucun audioguide de disponible et zéro explication dans le musée (…). Résultat nous avons déambulé dans le musée sans savoir ce que nous regardions. Ensuite, on voit partout dans la ville des affiches avec les œuvres les plus connues de Magritte pour faire la promotion du musée. Problème? Il y en a AUCUNE dans le musée (elles sont toutes ou presque aux US). Bref, allez visiter les autres musées ou si vous aimez Magritte, allez visiter la boutique!

  • Des œuvres majeures manquent.

  • Un beau musée présentant une très belle collection des œuvres du peintre mais beaucoup de frustration car de nombreuses peintures ont été prêtées à New-York. Compréhensible mais nous aurions aimé en être informé. Ticket d’entrée à 10 euros.

  • Navrant d’apprendre après paiement des tickets qu’une partie de la collection est absente pour prêt. Pièces manquantes remplacées par œuvres faites en 2018 par peintre contemporain. Impression de bouche trou.

  • Déçu. Je m’attendais à voir les œuvres les plus connues de Magritte. Je les ai photographiées à la boutique. Un comble!

  • Intéressant mais pas complet.
     
  • Très beau musée mais l’entrée est un peu cher pour les œuvres de Magritte que nous voyons, certaines intéressantes, mais manquent les plus importantes (…).

  • Musée sympa mais attention ne venez pas exprès pour les peintures les plus connues. Elles n’étaient pas là quand j’ai eu l’occasion de visiter le musée.

  • Très beau musée, très aéré. Dommage, c’est après avoir franchi l’entrée que nous apprenons que des tableaux ont été prêtés aux USA… et qu’ils sont remplacés par un autre peintre. Visite très agréable malgré tout, avec une vraie volonté de décrire la vie de Magritte.

  • Très déçu. Beaucoup d’œuvres majeures ne sont pas exposées car en déplacement à l’étranger. Le musée manque d’explications hors audioguide, ce n’est pas très ludique.

  • Beau lieu, dommage qu’une partie des toiles étaient aux USA.

  • Un peu décevant car les plus belles œuvres sont en prêt à San Francisco. Intéressant malgré tout.

  • Ceci n’est pas un musée… Blague à part, nous avons appris après avoir payé les tickets d’entrée que, jusqu’en octobre 2018, toutes les œuvres intéressantes et connues de Magritte ne sont pas là mais à San Francisco. Leur absence a été remplacée par un autre peintre largement influencé par Magritte. Du coup, la visite a été beaucoup moins intéressante. J’aurais aimé être prévenu de l’absence de ses œuvres phares avant de payer l’entée… Mais le lieu est sympa…

  • Magritte sans Magritte, il manque l’essentiel de l’œuvre remplacé par un sous produit « à la manière de »… sans talent. Seul, le prix d’entrée et le personnel restent inchangés, l’un en trop, les autres en pas assez.

 

La promotion de « L’Empire des Lumières »
dans une station de métro bruxelloise, durant l'été 2018.

jeudi 23 mai 2019

Deux affiches pouvant tromper !

Voici les échanges de la L.U.C. avec le « Conseil bruxellois des Musées », à propos de deux affiches qui pouvaient tromper les passants dans des stations du métro.
Une critique et des explications… pour évoluer, à l’avenir? 

LA LETTRE DE LA L.U.C.

(…) Nous nous adressons à vous parce que le logo de votre association est en exergue dans une campagne d’affiches qui revient régulièrement dans nos métro bruxellois et propose en illustration des œuvres maîtresses des musées de notre capitale.

Cette campagne a eu récemment au moins deux effets négatifs. 
Nous voulons vous en avertir et nous espérons que vous pourrez nous donner une explication et trouver des solutions pour qu’à l’avenir cela ne se reproduise plus d’une façon ou d’une autre. 

1 : Tout d’abord, durant tout l’été 2018, les visiteurs potentiels du Musée Magritte ont été trompé par votre illustration de L’Empire des Lumières qui n’était pas exposé.
L’absence de cette toile (et donc indirectement votre promotion) a provoqué sur la toile de nombreuses réactions qui ne sont vraiment pas bonnes pour le tourisme et nos musées de façon globale :

2 : D’autre part, vous trouverez, ci-dessous, une  photo prise le 22 janvier 2019 dans une station de métro du centre ville.
Elle propose une œuvre du Musée d’Ixelles… qui est fermé pendant plusieurs années pour sa restauration complète.
C’est à nouveau une ambiguïté qui peut avoir des effets négatifs sur le public. Par exemple, l’inciter à trouver porte close puisque je suppose que le but de votre opération est de donner envie au public d’aller visiter. 
C’est d’autant plus contreproductif que tant d’autres musées bruxellois n’ont pas droit à cette campagne et pourraient en profiter utilement si cette opération n’était pas organisée avec tant d’irrespect pour une information du visiteur. 

Nous avons attendu de découvrir un second exemple pour vous avertir et surtout pour vous demander comment vous comptez remédier à cette carence. Le public a droit de découvrir des œuvres… qu’il peut voir s’il se déplace (…).

 
 
LA RÉPONSE DE PIETER VAN DER GHEYNST 

Pieter Van der Gheynst, Directeur adjoint & chargé de mission Brussels Card : 

(…) Je vous remercie pour votre mail concernant les panneaux d’affichage dans les stations de métro.

Il est vrai que depuis plus d’un an et demi JCDecaux nous donne des emplacements d’affichage dans les stations de métro, ce qui nous enchante car ces campagnes donnent une très belle visibilité à nos musées bruxellois vers un grand public utilisateur des transports en commun. Outre cette opportunité de visibilité, il est vrai aussi que la campagne a provoqué de la confusion auprès de ce même public, notamment pour le Musée Magritte et le Musée d’Ixelles.

Pour vous clarifier au mieux la situation, il faut que vous sachiez que cette campagne était une suite de notre projet “100 masters”, une campagne pour les chefs-d’oeuvre dans les musées de Bruxelles, que nous avons fait du 18 mai à fin août 2016. JCDecaux nous a contacté en mars 2017 pour nous proposer une campagne dans les stations de métro avec des visuels de 4 chefs-d’oeuvre: le Chimu du MRAH, L’Empire des Lumières au Musée Magritte, Déjeuner sur l’Herbe du Musée d’Ixelles et les dinosaures au Muséum des Sciences naturelles.
Nous nous sommes mis d’accord que JCDecaux prenne en compte l’impression des affiches et leur distribution dans les stations de métro, au début prévue uniquement en avril/mai 2017 pour remplir des places vides dans leurs cadres (avec une communication positive et esthétique sur les musées).
Or, après cette première campagne dans les stations, JCDecaux en a fait d’autres, sans doute parce qu’ils avaient des périodes creuses dans leur réseau, toutefois sans nous prévenir à l’avance de quand les affiches seraient mises.
Nous avons découvert chaque fois les affiches quand elles étaient déjà dans les stations. 

C’est ainsi que nous avons dû arrêter les affiches du Musée d’Ixelles, car le musée venait de fermer ses portes et le public (+ le musée) se plaignaient de la confusion que cela amenait. JCDecaux a enlevé les affiches peu après, mais apparemment, comme je vois dans votre mail, il y en a encore qui traînent ça et là. Je verrai avec JCDecaux pour enlever au plus vite ces affiches.
Pour le Musée Magritte, nous n’étions pas au courant du fait que le chef-d’oeuvre en question ne se trouvait plus au musée, donc nous n’avons pas pu prévenir JCDecaux d’enlever les affiches. 

De toute façon, depuis plusieurs mois, nous avons demandé à JCDecaux de connaître le planning pour les affichages, ainsi que s’ils comptaient encore prolonger la campagne pour beaucoup de temps.
Comme vous le dites, continuer trop longtemps la même campagne avec les mêmes 3 ou 4 musées devient trop répétitif et met trop en avant ces 3-4 musées par rapport aux autres musées.
C’est pourquoi nous voulions arrêter la campagne telle qu’elle est et la remplacer par une autre, présentant d’autres musées ou passant un autre message (…). Cela ne change rien à la confusion que la campagne a créé, et je m’en excuse de tout coeur! Notre ambition à nous aussi est d’être claire et donner une image positive des musées, c’est là vraie mission de Brussels Museums.

Je vais me renseigner aussi avec le Musée Magritte concernant l’Empire des Lumières et faire enlever les affiches s’il faut.

Je vous tiendrai au courant de la suite (…).

LA RÉACTION DE LA L.U.C.

« Je vous remercie pour votre réponse instructive. 

Chat échaudé, peut-être que pour une prochaine campagne médiatique analogue dans le métro, il faudrait éviter d’illustrer les affiches par des œuvres (susceptibles pour des raisons parfois imprévisibles longtemps à l’avance de ne pas être exposées) et plutôt opter pour du « dur » : par exemple, la façade d’un musée, son hall d’accueil, un couloir, etc. (…).
 

 

mardi 15 janvier 2019

Liste complète des propositions pour les Prix LUC & FLOP 2018


Le 16 janvier 2019, dès 19H, le jury siège pour décerner les Prix LUC & FLOP 2018 aux meilleures et moins bonnes « pratiques » cultuelles constatées en Belgique au cours de l’année 2018. 

Il devra choisir parmi les propositions suivantes qui  sont classées chronologiquement en fonction de leur découverte au fil de l’année 2018.

A : 22 propositions pour le Prix LUC

– 1 CINÉMA
Le ciné Gedinne dans le Namurois a lancé un appel à obligation auprès des spectateurs pour se rénover: «pour cent balles, on restaure un cinoche de village».

– 2 MUSÉE
Élargir à un public jeune de plus en plus vaste la gratuité quotidienne.
À Bruxelles, l’accès est désormais gratuit aux moins de 18 ans à KANAL-Pompidou et aux musées fédéraux: Magritte, Musée d’Art et d’Histoire, Musée des Instruments de musique, etc. Jusqu’il y a peu, cette réduction quotidienne n’était destinée qu’aux moins de 6 ans (comme c’est, hélas, toujours le cas pour le Musée des Sciences Naturelles de Bruxelles).
Les musées à mettre particulièrement sur le podium sont ceux appartenant à la Ville de Liège qui ont adopté, eux, la gratuité quotidienne non pas uniquement pour les moins de 18 ans, mais bien pour les moins de 26 ans.

– 3 SPECTACLE
L’habitude d’indiquer les prix sur les affiches a largement disparu. Elle permettrait pourtant en rue de comparer facilement les prix, ce qui ne plait pas beaucoup à ceux qui pratiquent les prix les plus élevés. En 2018, quelques organisateurs vont à contre-courant: par exemple, le festival Brossella Folk et Jazz de Bruxelles ou le spectacle «Gospel Celebration» donné au Théâtre 140 à Bruxelles.

– 4 THÉÂTRE
Durant sa saison 2017-2018, le Théâtre National de Bruxelles a réussi à surtitrer tous ses spectacles en anglais (et parfois en néerlandais). Selon son directeur Fabrice Murgia: «(…) Ainsi plusieurs représentations ont attiré plus de 30% de spectateurs non francophones».

– 5 SPECTACLE
Le 11 juin 2018, la «Commission Infrastructure» du Parlement bruxellois a voté à l’unanimité la proposition de résolution de Marc Loewenstein (DéFI) qui oblige les organisateurs d’activités payantes (notamment culturelles) dans la capitale et touchant plus d’un millier de personnes à accorder la gratuité des transports en commun grâce à l’ «Event Pass» (un code est prévu sur les tickets). Il s’agit d’un accès gratuit à tout le réseau de la STIB durant la journée de l’événement, réseau de nuit Noctis inclus. Avant cette décision politique, certains organisateurs pratiquaient déjà cet «Event pass» de façon volontariste: l’AB, Forest-National, le Théâtre National, etc. Pour «Couleur Café», sur les 60.000 entrées, on compte environ 10% d’usagers qui ont utilisé cet avantage pour leur transport.

– 6 LIVRE
La Foire du Livre de Bruxelles a permis d’asseoir pour l’avenir sa gratuité quotidienne (avant l’entrée était payante), d’étoffer son public (70.000 visiteurs en 4 jours) et surtout - fait nouveau - de développer le nombre de ses exposants (de 198 à 235) notamment en instaurant des frais de location plus attractifs pour les petits éditeurs.

– 7 MUSIQUE
Enfin, la Wallonie s’apprête à mettre en place des mesures contre le son trop amplifié dans les salles de concerts et les festivals pour prémunir le public d’un risque de lésion auditive irréversible. Une mesure similaire est entrée en vigueur à Bruxelles en 2018, et en Flandre en 2012.

– 8 MUSÉE
«Toerisme Vlaanderen» s’oppose par lettre et clip à la censure artistique sur Facebook (notamment des nus de Rubens !).

– 9 MUSÉE
Deux fois par an, le Musée d’Ixelles fait voyager dix toiles de sa réserve pour s’exposer gratuitement chez des habitants d’un même quartier. Ceux-ci «mettent en scène» chez eux l’œuvre qu’ils ont choisie et la présentent à leurs proches le samedi, et à tout le public, le dimanche. Cette activité est réalisée en collaboration avec «Patrimoine à roulettes» et le personnel du musée apporte un soutien logistique aux dix citoyens qui participent à cette action de démocratisation de la culture.

– 10 MUSÉE
Le 21 mars 2018, a été adopté, à l’unanimité en commission, une résolution initiée par Fabien Maingain, député bruxellois (DéFI), qui demande au Parlement Bruxellois de considérer désormais que les diverses gratuités des musées dans la capitale (musées gratuits tous les jours, gratuité du 1er mercredi du mois, gratuité du 1er dimanche du mois) soient considérées comme un argument utile au tourisme et de mettre en place une promotion récurrente de celles-ci.

– 11 FESTIVAL
Pour entrer c’est 3 piles usagées ou 3 euros au «Festival Absolument Gratuit 2018» (3 et 4 août 2018) à Genk. Les bénéfices de l’opération servent à planter des arbres.

– 12 FESTIVAL
La ville de Gand a décidé d’interdire les gobelets jetables lors de ses célèbres Gentse Feesten. Il s’agit d’un mouvement qui se développe en Wallonie aussi: après La Semo, voici les Francos, Esperanzah!, Ronquières, Verdur Rock.
Hélas, il reste encore chaque année dans les festivals près d’un milliard de gobelets jetés et des prairies dévastées car jonchées de gobelets écrasés, enfouis sous plusieurs couches de terre ou mélangés à la boue. Comme c’est parfois la commune ou la ville qui se charge de ramasser les déchets, certains organisateurs n’ont pas intérêt économiquement à passer au réutilisable, d’où l’importance de l’initiative de Gand.

– 13 FESTIVAL
L'ASBL Be WaPP a sensibilisé les festivaliers à la pollution occasionnée par les mégots de cigarettes en distribuant des cendriers de poche. Rappelons qu’un filtre à cigarette abandonné se dégrade seulement au bout de douze à quinze ans.

– 14 LIVRE
Régulièrement le quotidien L’Avenir (édition pour le Luxembourg) consacre deux pages (avec annonce en «une») à la présentation de nouveaux livres tout en faisant une promotion intelligente des librairies. Les animateurs de celles-ci commentent leurs trois sorties préférées et une photo les présentent. Une librairie par ville: Marche, Bastogne, La Roche, Libramont, Neufchâteau, Virton, Vielsalm. Et pour Arlon, deux librairies.

– 15 LOCATION DVD
Les loueurs de DVD ont la vie particulièrement dure mais ce ne sont peut-être pas les plus commerciaux qui auront la vie sauve! À l’inverse de ceux-ci, «Vidéo Express» (de St Gilles, Bruxelles), qui sélectionne plutôt la qualité et la diversité, déploie petit à petit son public en demandant à des personnalités de sélectionner 80 de leurs œuvres chéries ou trouvailles. Les jaquettes de ces DVD sont placées en vitrine et mis en location durant un trimestre. Ceci permet d’attirer de nouveaux clients mais l’initiative aiguise souvent aussi la curiosité du public qui fréquente déjà l’officine. L’asbl «Les amis de Vidéo Express» a récolté des financements d’usagers sympathisants et achète les DVD sélectionnés s’ils ne font pas déjà partie du patrimoine du loueur.

– 16 BIBLIOTHÈQUE
Contrairement à ce que certains pourraient imaginer, les bibliothèques en Fédération Wallonie-Bruxelles se portent plutôt bien. En presque dix années, on constate une fréquentation en légère hausse et une prise en compte de l’évolution des besoins des usagers (moins de prêts de livres et davantage d’animations, développement d’espaces numériques, présence accrue d’adolescents cherchant un lieu calme pour étudier, etc.).

– 17 LIVRE
Popularisation par «Rent a Book» de la location du livre scolaire. Acheté par son destinataire à 100% du prix, le retour du livre rapporte à celui-ci en fin d’année scolaire s’il n’a pas été abîmé 65% du prix qui lui est remboursé. Un ouvrage peut s’offrir quatre vies. L’association traite ainsi près de 100.000 livres en une année surtout en Brabant wallon et Hainaut.
Une restriction, peut-être...: l’enfant ou l’ado ne découvre plus le chemin qui l’aurait mené au libraire grâce à cet achat scolaire à faire mais l’avenir du livre pour une nouvelle génération n’est-il pas d’apprendre à bien utiliser internet?

– 18 CINÉMA
«L’Écran des possibles» propose en Wallonie des mallettes dans lesquelles il y a deux DVD (un long et un court métrage) de type «positifs» (comme le film «Demain») axés sur l’agriculture et l’alimentation, l’éducation, la mobilité, l’énergie, les déchets, etc.
Celles-ci sont acheminées vers ceux qui organisent des projections (de la salle de cinéma à la prison ou à la maison médicale!) via l’infrastructure de PointCulture ou par la poste. Il y a également des fiches pour documenter un accompagnement du film et la possibilité d’inviter des experts-conférenciers. L’opération est gratuite car financée (pour un an) par le Ministère Wallon de la Transition Écologique.

– 19 FESTIVAL
Des tonnes de matériel en bon état (tentes, sacs de couchage, bâches, etc.) sont abandonnés sur les sites des festivals d’été. Plutôt que de jeter tout ceci (ce qui ne coûte souvent pas à l’organisateur mais à la ville ou à la commune), L’After festival RECUP récupère et diffuse ce qui est récupérable, après nettoyage, pour les moins nantis (cette opération s’est déroulée notamment au Tomorrowland).

– 20 ENQUÊTE
L’Observatoire des politiques culturelles de la Fédération Wallonie-Bruxelles publie une enquête menée par le directeur de recherche Roland de Bodt dans trois numéros de la revue «Repères» (octobre, novembre et décembre 2018) sur «Libertés culturelles & droits des usagers». Michel Guérin, le directeur-coordinateur de l’Observatoire, dans l’avant-propos, espère que cette somme deviendra «un réel instrument de travail pour progresser dans la connaissance et les débats relatifs à la mise en œuvre concrète des droits de toutes celles et de tous ceux qui participent à la vie culturelle, leur vie culturelle». L’enquête est présentée gratuitement sous une version numérique à télécharger: www.opc.cfwb.be (une version imprimée est également annoncée).

PROPOSITIONS COMPLÉMENTAIRES POUR LE PRIX LUC
(Jusqu’au 4/1/019, chacun pouvait émettre d’autres propositions)

21 : THÉÂTRE : Pour les fêtes de fin d’année 2018, le Théâtre de Poche a proposé un « Pass Cadeau » qui permet au public de jeter des ponts entre plusieurs disciplines : pour 35 euros, trois places de théâtre + une place de cinéma + une entrée dans un musée + de la lecture avec un numéro surprise de la revue « Médor ». 

22 : MUSEES : Le « MuseumPASSmusées » permet de visiter plus de 120 musées belges pour 50 euros pendant un an. Son prix est réduit à 10 euros pour quelques associations d’aide aux plus démunis. 

Il ne s’agit donc pas d’une gratuité muséale pour tous (quotidienne ou mensuelle) mais d’une opération collective de réduction. La gratuité est un droit acquis du public qui existe depuis plusieurs siècles dans de nombreux pays et ce serait donc un recul pour les usagers d’ignorer ceci.
En Belgique, la « marche arrière » est déjà fort regrettable : dans les plus grands établissements, on est passé de la gratuité quotidienne à un jour de gratuité par mois pas pour tous (le 1er mercredi du mois) ou pour tous (le 1er dimanche du mois). Nouveau recul : l’Africa museum de Tervueren a supprimé en 2019 sa gratuité du premier mercredi du mois.

Ce qui est intéressant dans ce MuseumPASSmusées, c’est qu’il constitue pour les personnes qui vont déjà régulièrement aux musées une aubaine économique qui peut les pousser à aller plus souvent dans des institutions qu’ils ne connaissent pas encore et revenir régulièrement dans celles qui leur sont déjà familières ou proches, par exemple pour retrouver souvent une oeuvre qu’ils apprécient particulièrement. 
Si cette réduction sera sans doute lourde à digérer (l’institution participante recevra 60% du prix du ticket) et à gérer pour certains musées (quitte à augmenter la tarification habituelle?), il est vrai également que, n’ayant plus à payer pour entrer dans l’institution le jour de sa visite, des visiteurs seront davantage en situation psychologique d’ouvrir leur porte-feuille pour se faire un plaisir supplémentaire : payer le ticket de l’expo temporaire, fréquenter le shop ou le café-restaurant. 

Cette initiative permettra-t-elle de trouver de nouveaux publics sur le long terme? Ce pari n’est peut-être pas gagné. Il faut souligner qu’il faudra bien souvent payer en plus pour découvrir les expositions temporaires ( pour le vaste public, souvent bien plus attractives que les fonds permanents si peu médiatisés). Alors, si vous n’êtes pas riche, que les musées ne sont pas (encore) votre tasse de thé, que vous n’avez pas de voiture et que vous habitez une ville comme Bruxelles où il y a beaucoup de musées participants, c’est peut-être encore jouable. Mais si vous habitez par exemple à Arlon ou Coxyde, et tant d’autres villes ou villages, il devient sans doute plus aléatoire que cette offre à réduction vous tente.


B : 14 propositions pour le Prix FLOP

– 1 CINÉMA
La ville de Mons (propriétaire des murs) et le conseil d’administration du cinéma Plaza Art sont incapables de prendre leurs responsabilités par rapport à la déliquescence de l’infrastructure de la salle, ce qui a mené à sa fermeture qu’on espère que provisoire. «Un arbre qu’on coupe en pleine vie» a constaté l’un des «frères» cinéastes, Jean-Pierre Dardenne.

– 2 CINÉMA
Contre les distributeurs de films qui ne prévoient pas de vision de presse ou qui programment celle-ci pour que les articles dans la presse écrite ne puissent sortir à temps.
Régulièrement, en France, l’hebdomadaire Télérama signale minutieusement chacun de ces cas à ses lecteurs. C’est moins souvent le cas chez nous. Avec des exceptions. Exemple: comme le film «15H17» de Clint Eastwood est sorti en France avant la Belgique, Fabienne Bradfer l’a vu en salle à Paris et publie sa critique bien à temps dans «Le Soir» du 9 février 2018 en notant: «En France, le film n’a pas été montré en amont à la presse. En Belgique, la vision réservée aux journalistes est programmée la veille du 22 février après-midi. Pourtant ce film est très attendu. La stratégie du secret est souvent mauvais signe...».

– 3 MUSÉE
Le nouveau musée bruxellois KANAL-Centre Pompidou largement subsidié et pratiquant quotidiennement une tarification parmi les plus élevées de Bruxelles ne prévoit aucune journée de gratuité mensuelle, alors que pareil avantage destiné à tout le public est devenue une pratique normale dans nos institutions muséales.

– 4 CINÉMA
L’augmentation du ticket du complexe Kinepolis de Bruxelles est plus importante que le niveau général des prix estimé par l’indice des prix. Il est vrai que les salles de cinéma ont dû financer de lourds investissements en matériel de projections mais dans ce complexe cinématographique cette évolution de la tarification se double d’un prix très élevé pour la nourriture et les boissons: «19,60 euros pour un Coca, 400 grammes de bonbons et deux petits sachets de pop-corn».

– 5 MUSÉE
De façon générale, est-il préférable que l’audio guide soit facultatif et se loue en supplément au prix du ticket? Oui, parce qu’une partie non négligeable de visiteurs préfère la visite d’un musée sans audio guide.Mais il y a quelques exceptions où pratiquer l’inverse est préférable, lorsque l’audioguide est vraiment indispensable à la visite comme par exemple au Musée Hergé de Louvain-la-Neuve ou à la Maison de l’Europe à Bruxelles. C’est également le cas du Musée des Instruments de Musique de Bruxelles (MIM). L’audioguide permet d’ «écouter» les très nombreux instruments exposés dans les vitrines. Une visite passée à uniquement les regarder serait fort réductrice.
Jusqu’en 2017, le ticket du MIM comprenant l’usage de l’audioguide coûtait 8 euros. En 2018, l’usage de l’audioguide est devenu facultatif et sa location coûte 2 euros (à ajouter au nouveau prix de 10 euros du ticket).
Rendre facultatif l’audioguide alors qu’il a toujours été considéré comme indispensable nous semble être une faute grave. Il faut savoir que la maxime du MIM mise en exergue sur son site a été retirée en 2017. C’était «Vous allez voir ce que vous allez entendre». La responsabilité de cette faute est à attribuer non pas au musée lui-même mais à la ministre de la Politique Scientifique (à l’époque NVA) qui fixe la tarification des musées fédéraux.
La bonne volonté du service de communication du MIM lui-même se concrétise par le fait qu’il a ajouté, lors d’une réimpression de ses flyers, à côté du mot « audioguide » l’expression « conseillé - aanbevolen - advised ».

– 6 FESTIVAL
Il faudrait inscrire dans les dictionnaires une définition précise du mot «senior». Par exemple, personnes âgées de 60 ans et plus. Au fil des années, les activités socio-culturelles dévoient les droits de cette catégorie d’usagers en leur réservant des avantages comme une réduction non plus aux plus de 60 ans comme c’était de tradition, mais aux plus de 65 ans (Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique) ou même aux plus de 68 ans (BOZAR). De même, en 2018, les Francofolies de Spa ont fait passer de 65 à 70 ans l’âge à partir duquel un avantage (entrée gratuite dans une grande partie du site) était octroyé aux Spadois pour compenser les inconvénients qu’ils devaient affronter dans leur quotidien dû à l’affluence de ces festivités: bruits, rues barrées, passage non autorisé de voitures, etc.

– 7 CINÉMA
Les amateurs de salles d’art et d’essai bruxellois ne peuvent admettre un régime de faveur outrancier, discriminatoire économiquement parlant, mis en place par les autorités politiques pour une nouvelle salle, Le Palace (inaugurée fin février 2018), qui risque de mener à la faillite d’autres salles qui vivent difficilement, bien qu’elles aient réussi à se fidéliser un public, année après année, avec des aides sans commune mesure à celle accordée à la nouvelle venue. Il s’agit du Nova, du cinéma Galeries, de l’Actor Studio, etc. En 2018, la ministre Greoli (CDH) «trouve tout-à-coup 110.000 euros d’une enveloppe inconnue (pour Le Palace) alors que les Galeries voient leurs subsides réduits de 15.000 euros» (La Libre, 18 janvier 2018). Et le Nova connaît un problème analogue. Couper le ruban d’une nouvelle salle est merveilleux mais cela ne doit pas signifier le risque d’envoyer trois autres expériences qui n’ont pas démérité à l’abattoir. Quelques mois après l’ouverture du Palace, l’Actor Studio a dû fermer ses portes (pour plusieurs raisons dont sans doute celle-ci).

– 8 MUSÉE
Depuis l’été 2018, de nombreuses toiles majeures habituellement exposées à ses cimaises ont été prêtées par le Musée Magritte Muséum de Bruxelles au SFMOMA de San Francisco.
Cet acte n’a rien de répréhensible. Il fait partie de l’activité muséale, sauf que la direction du musée a organisé sa communication afin que le public ne puisse pas savoir combien de toiles seraient absentes à Bruxelles, et n’a pas divulgué les titres de celles-ci.
Au même moment, se déroulait une campagne de promotion de grande ampleur dans le métro bruxellois où l’on voyait une reproduction de grande taille de «L’Empire des lumières», l’emblème du musée, émigré aux USA! De quoi induire en erreur les futurs visiteurs. Sans doute le musée ne pouvait pas interrompre cette campagne qui se déroulait à une période malencontreuse. Mais raison de plus pour indiquer au comptoir, au 3 rue de la Régence (où s’achètent beaucoup de tickets) le nombre d’œuvres non exposées et les titres de celles-ci, en guise d’avertissement. Ce qui n’a pas été le cas. De plus, le musée a refusé de rembourser le ticket d’un visiteur irrité par ce fait. Plainte a été déposé au Médiateur fédéral (la décision de ce dernier est attendue).

– 9 CINÉMA
La moitié des cinémas en Wallonie imposent la version française doublée des films en langue étrangère. 12 sur les 22 salles les plus importantes (d’Arlon à Mouscron) programment celle-ci au public. Le Soir (30 mai 2018): «(...) Les cinéphiles migrent désormais vers Bruxelles (...) Dommage que nos cinémas n’aident pas la Belgique à casser son image de cancre en langue étrangère».

– 10 EXPOS
BOZAR trompe? «Klimt, et surtout les autres à Bozar»: ce titre de l’article de L'Avenir (24 septembre 2018) est explicite, surtout quand la journaliste Marie-Françoise Gihousse détaille: «Un thème un peu trompeur. L'exposition met en avant par son titre Beyond Klimt, et son affiche, un artiste connu du grand public. C'est de bonne guerre mais, autant savoir, il y a très peu d'œuvres de Klimt, de Schiele ou encore de Mucha à Bruxelles». Ce n’est pas la première fois que Bozar utilise ce procédé pour «vendre» ses expos.

PROPOSITIONS COMPLÉMENTAIRES POUR LE PRIX FLOP
(Jusqu’au 4/1/019, chacun pouvait émettre d’autres propositions)

11 : EXPOSITION : Des expositions qui sont accessibles en semaine seulement jusqu’à une heure où il est impossible pour la population active de s’y rendre et qui pratiquent durant les week-ends un tarif plus élevé qu’en semaine font de la discrimination à l’égard de plus de la moitié de la population : les travailleurs et les étudiants qui d’ailleurs ont parfois, voire souvent, bien du mal à boucler leur fin de mois. 
C’est le cas depuis le 22 septembre 2018 et jusqu’au 2 juin 2019 à Liège pour l’exposition  « Gereration 80 expérience » d’Europa Expo dans le cadre de la gare de Calatrava.
C’est également d’actualité du 10 octobre 2018 et jusqu’au 27 janvier 2019  pour l’exposition « Van Gogh : The Immersive Experience » dans les locaux de la Bourse, à Bruxelles. 

12 : TARIFICATION : S’il est regrettable mais sans doute justifié que l’âge auquel la réduction « senior » s’adapte à cause de l’évolution de l’espérance de vie, les excès de zèle en cette matière sont inadmissibles. Alors qu’un certain nombre d’acteurs culturels sont passés de 60 à 65 ans, il est très regrettable que BOZAR ose faire cavalier seul en pratiquant le « + de 67 ans ». 

13 : EXPOSITION : Plusieurs visiteurs sont irritées par la tarification de l’exposition « Van Gogh : The Immersive Experience » qui se déroule dans les locaux de la Bourse, à Bruxelles, du 10 octobre 2018 et jusqu’au 27 janvier 2019. Le tarif plein y est fixé à 14 euros 50 en semaine, et à 16 euros 50 en week-end. 

14 : EXPOSITION : Le présent point est sans doute à ajouter au point 8 (qui aborde la même thématique à propos du musée Magritte museum).

Du 21 décembre 2018 au 18 août 2019 se tient à La Boverie de Liège l’exposition temporaire « Liège. Chefs-d’oeuvres » qui se définit comme un voyage inédit à travers «  (…) 200 oeuvres-phares » de la collection du musée des Beaux-Arts de Liège.
La promotion (dépliants, affiches, site), propose une liste d’une vingtaine de noms de famille d’artistes exposés, en lettres majuscules. Ceux-ci ne sont pas présentés par ordre alphabétique mais apparemment par ordre d’importance. Le nom de PICASSO figure en deuxième position (après INGRES, et suivi par ENSOR, MONET, GAUGUIN et LÉGER dont les oeuvres constituent depuis longtemps les « oeuvres-phares » de l’institution).

Est bien exposée une toute petite toile, un nouveau prêt, de Picasso, « Deux têtes », pas mise en évidence puisque placée tout en haut d’un panneau, quasi invisible pour les visiteurs qui font moins de 1m70…
Il ne s’agit bien entendu pas de la fameuse oeuvre de Picasso détenue par le musée, l’un de ses « must » célébré depuis son acquisition en 1939 dans tous les guides touristiques : « La Famille Soler ». L’une des toiles maîtresses de l’historique acquisition de la Ville de Liège lors de la vente d’art « dégénéré » (selon les nazis) à Lucerne : https://www.laboverie.com/les-collections/le-musee-des-beaux-arts/historique-des-acquisitions-de-la-ville-de-liege/les-acquisitions-de-la-ville-de-liege

En fait, cette toile n’est pas exposée, du moins durant les premiers mois de l’exposition « Liège. Chefs-d’oeuvres » car ce tableau imposant qui est classé « trésor » par la Fédération Wallonie-Bruxelles a été prêté au Musée d’Orsay de Paris pour son exposition « Picasso. Bleu et rose »   (du 18/09/2018 au 06/01/2019).

Il ne s’agit pas ici de critiquer cette absence mais de dénoncer le fait que l’affichage et les dépliants peuvent laisser imaginer que « La Famille Soler » est bien exposée. Plusieurs gardiens de La Boverie ont d’ailleurs confirmé à un visiteur que plusieurs personnes leur avaient demandé où était placée cette toile et avaient regretté son absence.

Ce n’est pas respecter le visiteur que de ne pas placer un avis précis sur cette absence, notamment sur le comptoir à l’entrée, ce qui permet au public d’avoir connaissance du contenu de l’exposition avant d’acheter son ticket. 

La direction actuelle du ce musée qui est situé dans le Parc de la Boverie semble avoir oublié que lorsque leur institution se dénommait « Musée d’Art Moderne et d’Art Contemporain » (MAMAC), la toile « La famille Soler » (1903) avait déjà beaucoup circulé et fut notamment présentée à l’exposition « Picasso et les Maîtres » du 8 octobre 2008 au 2 février 2009 aux Galeries Nationales du Grand Palais à Paris. À un visiteur irrité de n’avoir pas été informé en temps utile (avant l’achat de son ticket) de cette absence des cimaises liégeoises, la conservatrice de l’époque, Françoise Safin Crahay, avait répondu le 16 juillet 2009 :  «  (…) Je retiens votre idée de signaler l’absence d’œuvres (du moins celles qui sont dans le dépliant), au comptoir d’entrée, afin d’éviter toute surprise au visiteur ».