jeudi 29 janvier 2026

À fêter avant la fin 2026 !

 Le 3 février 2006, le « Code de respect des usagers culturels » est adopté par le gouvernement de la Communauté française (qu’on nommera par la suite Fédération Wallonie Bruxelles) grâce au travail de la ministre de la culture Fadila Laanan, de son cabinet et du ministère de la Communauté française de Belgique alors dirigé par Henri Ingberg, son Secrétaire général.

Ce dernier commentait ainsi cette initiative:  « Le rapport à l’usager culturel est un véritable enjeu. Jusqu’à présent, l’autorité publique n’a pas pris en compte cette problématique de manière systématique et organisée. Il y a là distorsion par rapport à une amplification des pratiques de loisirs par la collectivité. »

Grâce au point 2 du Code des usagers culturels, le musée de La Boverie de Liège a été obligé d’afficher à l’accueil où le visiteur achète son ticket une annonce qui explique que ses plus célèbres tableaux (Gauguin, Picasso, Ensor, etc.) ne sont pas exposés pendant près de quatre mois.


« 365 jours en 2026 »

Ce 3 février 2026, le vingtième anniversaire de cette « pratique » culturelle ne sera pas fêté, malgré les efforts de l’asbl « La Ligue des Usagers Culturels » (L.U.C.).

Cependant tout ne semble pas perdu!

En effet, ce 30 décembre 2025, le cabinet d’Élisabeth Degryse (Les Engagés), l’actuelle ministre de la culture, répond ainsi aux très nombreux courriels envoyés durant toute l’année 2025 sur ce sujet par la L.U.C. : « Heureusement, nous ne sommes pas encore en 2026. Heureusement, 2026 compte 365 jours ce qui laisse le temps, notamment, aux célébrations. Le 30 septembre dernier, vous avez été reçu et écouté. Nous avons bien pris note de l’importance du Code des usagers culturels et de l’anniversaire qui se profile ».

Ce Code détaille quinze droits des usagers culturels que doivent observer plus de quatre milles organisateurs aidés par la Fédération Wallonie Bruxelles : bibliothèques, festivals d’été, salles de spectacles, musées, cinémas, maisons de la culture, etc. 

En cas de non respect d’un de ces droits, les sanctions peuvent aller jusqu’à la suspension temporaire d’une partie ou de la totalité de la subvention accordée (ceci, qu’après un avertissement et un rappel à l’ordre).

Voici le texte de ces quinze droits : 

https://www.culture.be/index.php?eID=tx_nawsecuredl&u=0&g=0&hash=2572079553b7042061108dc113245b057db3f07c&file=fileadmin/sites/culture/upload/culture_super_editor/culture_editor/documents/Documents_utiles/Droits_des_usagers_et_publics_de_la_Culture/2025-06-codeusagers-FR.pdf

Extrait de l’article de Moustique intitulé « Les usagers culturels ont des droits : quel est ce Code que personne ne connait ? ».


Fêter pour réveiller

Pourquoi fêter ce vingtième anniversaire?

Parce que l’AGC (notre ministère de la culture) n’a pas fêté le dixième anniversaire… Et n’a guère communiqué sur ce Code auprès du public depuis plus d’une quinzaine d’années.

En fait, aujourd’hui, très peu d’usagers connaissent ces quinze droits et donc ne cherchent pas à les faire respecter. La plupart des organisateurs sont hélas dans le même cas. En fait, bien peu d’entre-eux appliquent cette obligation du point 1 du Code : « AFFICHER LE PRÉSENT CODE EN ÉVIDENCE, à l’entrée et à la sortie de tous les lieux où (l’organisateur) accueille les usagers, celui-ci doit être lisible et accessible par tous les usagers (conseil : format A3 minimum) ».

Si quelques organisateurs respectent en 2026 cette obligation d’affichage, c’est en partie parce que la L.U.C. a déposé plainte elle-même, de façon symbolique, pour leur non application de ce point 1 pendant des années: les musées de la ville de Liège, le Théâtre National ou le cinéma Le Palace à Bruxelles.

Ce dernier a eu droit d’ailleurs à deux plaintes complémentaires. La deuxième parce que son affichage mis en place après la plainte initiale était critiquable : une petite feuille A4 qui rendait impossible la lecture des différents points du Code, d’autant plus qu’elle était placée au bas de la porte d’entrée principale du cinéma . Gare au mal de dos, attention aux spectateurs qui entrent et sortent… et besoin d’une loupe. Le but n’est pas que cela soit affiché, mais que cela soit lu, ce qui est bien différent. 

Au cinéma Le Palace, impossible de lire les 15 droits du Code à cause d’une affiche bien trop petite (c’est un A4 alors qu’il est recommandé d’utiliser au moins un A3) et à cause du fait qu’elle est placée bien trop bas: gare au mal de dos !


Il y a près de vingt ans, l’AGC avait elle-même réalisé, imprimé et envoyé à chaque organisateur des lots d’affiches avec le texte détaillé des quinze droits.

À la L.U.C., les deux récents Administrateurs généraux de l’AGC, successivement Freddy Cabaraux et Jeanne Brunfaut, ont clairement indiqué qu’ils avaient l’intention de ne plus imprimer, ni d’envoyer les affiches car « Il n’est pas opportun de débloquer un budget qui ne serait, dès lors, pas consacré aux politiques de création» (et c’est donc à chacun de ces si nombreux organisateurs de prendre de le temps se débrouiller par eux-même).

La L.U.C. a réagi en ironisant: il faut débaptiser le ministère de la culture. Sa nouvelle appellation serait celle d’un ministère des artistes et des organisateurs. 

Le « détricotage » de ces droits du public a atteint son sommet lorsque la L.U.C. a réussi à prouver auprès de la ministre de la culture précédente, Bénédicte Linard (ECOLO), que l’AGC ne traitait pas certaines plaintes qui lui étaient envoyées, et pourtant à la bonne adresse, et parfois même en envoi recommandé.

Donc, la proposition de célébrer un vingtième anniversaire est un moyen pour compenser tant d’années de silence … et de bévues.

En 2023, l’hebdo Moustique a consacré trois pages à son enquête sur le Code des Usagers Culturels. Son titre: « Les usagers culturels ont des droits : quel est ce Code que personne ne connait ? »

https://www.moustique.be/notre-selection/2023/05/06/les-usagers-culturels-ont-des-droits-quel-est-ce-code-que-personne-ne-connait-XHRKCYPVYBA2HEXYDJZGLYKS6Y/

Extrait de l’article de Moustique intitulé « Les usagers culturels ont des droits : quel est ce Code que personne ne connait ? ».

Nos six partis démocratiques disent « oui »

Sur ce sujet, la L.U.C. a demandé aux six partis démocratiques de se positionner durant la campagne pour les dernière élections du 9 juin 2024.

ECOLO, DéFI, Les Engagés, le MR, le PS et le PTB ont marqué leur accord par écrit sur le point suivant: « Notre parti s’engage durant la prochaine législature à soutenir l’organisation festive du 20ème anniversaire du « Code des Usagers Culturels » par l’AGC, en veillant que celui-ci soit accompagné d’un travail d’élargissement de son contenu nécessité par l’évolution des pratiques économiques du monde culturel durant ces deux dernières décennies. Cette tâche coordonnée par l’AGC devra se réaliser avec la collaboration de représentants et d’experts des usagers culturels ».

En plus, plusieurs de ces partis ont complété ce positionnement. Côté majorité au pouvoir actuellement, le MR n’a pas proposé de remarque plus précise. Quant aux Engagés, le parti de notre ministre de la culture actuelle, ils ont ajouté : « Les Engagés partagent la volonté de profiter du 20e anniversaire pour mener une réflexion autour de l’évolution du contenu du Code des usagers culturels, en collaboration avec l’ « Observatoire des politiques culturelles », et pour en faire la promotion auprès des opérateurs concernés ».

Voici l’ensemble des réponses des différents partis à nos autres questions :

https://la-luc.blogspot.com/search?q=élection

Archive : l’affiche du Code diffusée par le ministère de la culture en 2006. Sa taille permet au public de bien lire la présentation de ses 15 droits. Rien à voir le … timbre poste utilisé par le cinéma Le Palace (voir une autre photo, plus haut).

Que la ministre Degryse sorte du bois

Non subsidiée, la L.U.C. a joué son rôle de lanceur d’alerte dans ce dossier. Pour elle, c’est désormais au cabinet d’Élisabeth Degryse de concrétiser son engagement pris, et donc avant la fin 2026.

Elle a indiqué à celui-ci deux éléments complémentaires:

  1. Lors d’un long entretien avec la L.U.C. qui s’est déroulé le 21 octobre 2024, Jeanne Brunfaut, l’Administratrice générale du ministère de la culture (AGC), a indiqué que l’AGC n’avait pas l’intention de fêter ce 20ème anniversaire du Code.

    À croire que, au-delà des belles paroles, l’AGC ne s’intéresse pas beaucoup aux droits du public culturel! De plus, au cours de cet entretien, il a été confirmé que les inspecteurs du ministère de la culture ne devaient pas vérifier si le Code était appliqué (et même pas donc son point 1).

  2. Le projet des Engagés de collaborer avec l’« Observatoire des politiques culturelles » est prometteur car cette asbl a publié en 2018 trois numéros de sa revue « Repères » (numéros 8, 9 et 10) consacrés entièrement au thème « Libertés culturelles & droits des usagers ». Ils ont publié une enquête de son directeur de recherche Roland de Bodt concernant le contenu du « Code de respect des usagers culturels », avec de multiples propositions pour le faire évoluer et l’actualiser.

    Ces trois revues sont téléchargeables :

    https://opc.cfwb.be/fileadmin/sites/opc/uploads/documents/Publications_OPC/Reperes/Reperes_N__8_BD.pdf


En plein travail, Roland de Bodt, le directeur de recherche chez «  L’Observatoire des politiques culturelles ».

Tout cela sert à quoi ?

Des plaintes, il y en a eu. Pas très nombreuses vu l’absence de médiatisation du Code.

Ont un intérêt bien concret certaines que la L.U.C. a découvertes car des usagers les lui ont transmises. En voici quelques unes. Et ce n’est sans doute qu’un sommet de l’iceberg. 

A: Plusieurs plaintes ont été adressées, avec effets constructifs, à des musées qui pratiquent la gratuité du premier dimanche du mois. Cet avantage «pour tous» n’apparaissait pas dans leur tarification. Or, le public doit être au courant de cette possibilité, avant toute visite, pour avoir le choix entre venir un jour payant ou un jour gratuit.

B: La réduction pour les seniors est passée progressivement d’un âge unique (les plus de 60 ans) à, soit au maintien à 60 ans, soit à 65 ans, (ou même à 67 ans pendant plusieurs années chez BOZAR, à Bruxelles).

Il convient donc de préciser désormais l’âge choisi par l’organisateur dans les tarifications. Ce n’était pas le cas ni dans un cinéma, ni dans un musée. Des plaintes sur ce point ont permis à ces deux lieux de mieux détailler leurs tarifications.

C: Une plainte a été adressée à un théâtre qui proposait une pièce où des comédiens fumaient sur scène, ce qui peut importuner physiquement une partie du public.

Que dit la législation belge? Il est interdit de fumer dans les lieux couverts. Cela devrait donc être, en terme de santé publique, aussi le cas des salles de spectacles mais une dérogation a été accordée par le Ministère des affaires économiques au niveau fédéral afin que des comédiens puissent pratiquer cet acte sur scène, mais à condition que le public en soit informé préalablement.

Une maison de la culture prise en défaut a tenu compte de la plainte qui lui a été adressée et s’est empressé d’indiquer sur son site, quelques jours avant l’événement : «Nous vous signalons que les interprètes fument sur scène pendant la représentation».

D: Dans tel lieu culturel, il est permis de photographier. Pourtant, au dos du ticket et sur le comptoir à l’accueil, il est indiqué le contraire. Sur le site internet, c’est le silence. 

L’acteur culturel a été interpellé et a répondu par ces mots qu’il allait tenir compte de ladite plainte: « C’est aussi grâce aux retours visiteur comme le vôtre que nous pouvons nous améliorer ».











mardi 28 octobre 2025

Comment découvrir un vol dans nos musées ?

 

 

Le public apprécie beaucoup « L’Empire des lumières » de Magritte.

À l’occasion du vol récent déjà qualifié « du siècle » au Musée du Louvre à Paris, nombre de médias belges ont tenté de dresser un bilan « sécurité des œuvres » en Belgique, le plus souvent en interrogeant les musées eux-mêmes. Certains parmi ceux-ci n’ont-ils pas parfois caché un peu de poussière sous le tapis? 

Comment savoir si une œuvre a été volée dans nos musées fédéraux

Il faut savoir que certaines listes des œuvres non exposées temporairement ne sont plus vraiment «gardées à jour ». 

BELSPO est l’organe qui gère la politique scientifique du gouvernement (dont les musées fédéraux). Le 9 juillet 2025, celui-ci confirme par écrit à l’asbl « La Ligue des Usagers Culturels » (L.U.C.) qu’autrefois, les musées fédéraux tenaient à jour la liste des œuvres qui ne sont pas présentées temporairement au public mais que ce n’est plus vraiment le cas aujourd’hui, précisément par les mots suivants :  « La plupart des musées disposait de cette liste dans le passé et en dispose encore parfois mais il est vrai qu’il est de plus en plus difficile de garder ces listes à jour. En effet, nos musées doivent malheureusement faire face à des contraintes importantes, tant en termes de budget que de ressources humaines ».

En visiteur actif des institutions culturelles fédérales depuis tant d’années, j’ai mon idée sur quels musées n’ont plus leur liste à jour. D’où ma question suivante adressée par écrit à BELSPO, le 19 juillet 2025 : « Vous indiquez que certains musées en disposent encore parfois (à l’heure actuelle). Puis-je savoir de quels musées il s’agit précisément? ».

Ma demande reste sans aucune réaction et, finalement après un rappel, BELSPO m’écrit, le 2 octobre 2025… pour ne pas me répondre sur le fond. Cette thématique « n’est pour l’instant plus abordée car les décisions budgétaires forcent d’autres discussions plus pressantes avec les musées. Merci pour votre compréhension. Bien à vous. ».

En 2008, lorsque le musée Magritte fut restauré, « L’Empire des lumières »
 fut choisi pour figurer sur la bâche qui en couvrait toute la façade.

Pas de liste mise à jour, c’est parfois une aubaine

L’argument financier si souvent invoqué pour justifier tout et n’importe quoi est parfois un alibi bien utile pour empêcher tout débat de fond ou toute évolution, même peu coûteuse. 

En fait, certains musées, dans ce cas-ci fédéraux, peuvent avoir intérêt à ce que ces listes des œuvres non exposées temporairement soient inexistantes ou officiellement pas « gardées à jour ». 

L’aveu feutré de BELSPO s’est fait au cours d’échanges concernant le fait que ses musées devraient obligatoirement indiquer clairement à leurs futurs visiteurs AVANT qu’ils n’achètent leur ticket par internet ou à l’accueil quelles salles sont provisoirement fermées ainsi qu’énumérer les titres des œuvres (au moins majeures) de leur patrimoine non exposées momentanément.

Bien entendu, il est impossible d’informer le public s’il n’y a plus de listes mises à jour des peintures, des photos ou des sculptures déposées en réserve provisoirement, ou parties pendant quelques temps en restauration, ou prêtées pour être exposées ailleurs.

Agissant ainsi, les musées fédéraux s’autorisent à ne pas respecter une obligation qui découle de la législation économique qui pourtant s’applique bien à eux puisqu’elle concerne tout ce qui se vend ou s’achète.

Par le passé, David H., un visiteur non averti de l’absence temporaire de « l’Empire des Lumières », avait demandé le remboursement de son ticket au Musée Magritte. Comme celui-ci le lui refusait, il fit appel au Médiateur Fédéral et, après de nombreux mois, il a finalement ainsi obtenu gain de cause.

Cette peinture peut être considérée comme majeure notamment parce que le musée en vend des reproductions sous forme de posters et de cartes postales dans son shop. Il la met en avant régulièrement dans ses publications… et, en 2008, lorsque le musée fut restauré, cette toile fut choisie pour figurer sur la bâche qui en couvrait toute la façade.

Après ce fait, les Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique (MRBAB) ajoutèrent le point suivant (toujours en vigueur en 2025) dans l’article 3 de leur « Règlement des visites » : « La fermeture momentanée de certaines salles ou l’absence ponctuelle de certaines œuvres d’art (en déplacement ou en restauration) ne donne aucunement droit à un quelconque remboursement ou réduction du prix ». Par contre, dans le même règlement, n’est indiqué nulle part que les musées doivent informer de ces faits précis les visiteurs avant achat de leur ticket.

S’en suit des avancées et des retours en arrière en vue d’une information précise de l’usager.

Ainsi, la reconnaissance par les MRBAB qu’il s’agit bien de donner ces informations aux visiteurs à leur accueil et que c’est matériellement possible.

Un reportage de trois minutes dans « Images à l’appui » diffusé le 21 juin 2021 sur RTL TVi le prouve. Un membre du personnel de l’institution s’y fait filmer pour montrer comment la personne à l’accueil peut prêter à tout moment au visiteur qui lui demande un feuille qui contient les titres des œuvres actuellement non exposées. Un avis placé sur le comptoir informe le public sur cette démarche.

Voici ce reportage diffusé par RTL : https://www.facebook.com/watch/?v=287572189455953

Extrait du reportage de RTL : Au comptoir, une membre du personnel
 donne la liste des œuvres non exposées au musée Magritte.


Hélas, cette solution ne sera pas appliquée bien longtemps. Retour donc à la non information des futurs visiteurs. Avant un nouveau coup de théâtre. 

Suite à une très longue pression de la L.U.C., Thomas Dermine (PS), alors ministre des musées fédéraux, impose à BELSPO, à côté des « Règlements des visiteurs » (dont le contenu définit surtout les devoirs plutôt que les droits de ceux-ci) la création d’une « Charte des visiteurs » (qui, elle, s’axe plutôt sur ces droits du public), avec une reprise des trois quarts des textes précis déjà formulés dans le « Code des Usagers Culturels » en 15 points que doivent appliquer depuis 2006 les près de 4.000 organisateurs culturels aidés par la Fédération Wallonie-Bruxelles

Pour être précis, le point 3 de cette « Charte des visiteurs » au fédéral est un copié-collé du point 3 du « Code des Usagers Culturels » de la Fédération W.B. : l’organisateur culturel ou le musée, selon les cas, doit « fournir aux usagers et usagères avant le déroulement de l’activité culturelle envisagée une information la plus complète qui ne comporte pas d’indications ou de représentations susceptibles de les induire en erreur, notamment sur la nature, l’éventuel prix d’accès, la durée et la date de l’activité ».

C’est grâce à ce droit précis que la L.U.C. a réussi à ce que le Musée de la Boverie soit obligé d’indiquer à son accueil les titres de ses œuvres les plus connues non exposées temporairement. Par exemple, ses célèbres peintures de Picasso, Gauguin, Chagall ou Ensor acquises par la ville de Liège lors de la vente dite « d’art dégénéré » de Lucerne en 1939


Fondation Vasarely à Aix-En-Provence : deux des sept salles 
abritant des œuvres monumentales dont une en restauration.

En ce qui concerne les salles fermées, la L.U.C. a également convaincu en 2022 à Aix-En-Provence, après sept mois alimentés par de nombreux échanges de courriers, la Fondation (privée) Vasarely à informer ses futur visiteurs sur son site internet et au comptoir, à son accueil, qu’une de ses sept salles abritant des œuvres monumentales était en restauration et donc inaccessible pendant de nombreux mois.

Grâce à la mise en application de cette nouvelle « Charte des visiteurs », la L.U.C. est revenue assez récemment à la charge auprès de BELSPO pour savoir si ses musées fédéraux allaient enfin respecter leur obligation d’information détaillée à l’usager imposée par la législation économique. Et c’est à ce moment-là que l’organisme fédéral s’est réfugié, pour ne pas répondre, dans son impossibilité à agir conformément vu qu’il ne disposait plus de listes des œuvres non exposées temporairement « gardées à jour ». 

Au musée d’Art et d’Histoire, 
la statue de l’Île de Pâques.

La nouvelle ministre est une « Engagée »

Il conviendrait donc que la nouvelle ministre des musées fédéraux Vanessa Matz (Les Engagés) s’enquière rapidement après de BELSPO pour savoir si , oui ou non, ses institutions disposent de listes actualisés des œuvres exposées. Et qu’elle soit également attentive à ce que les musées fédéraux respectent enfin le point 3 de leur nouvelle « Charte des visiteurs ». 

Des parlementaires pourraient-ils l’interroger à ce sujet? 

Il n’y a pas que les musées de la rue de la Régence (musée d’Art Ancien, Musée Magritte) qui sont à montrer du doigt. À plusieurs reprises, la célèbre statue de l’Île Pâques était manquante dans le fond permanent du Musée d’Art et d’Histoire, sans aucun avertissement aux futurs visiteurs. 

Et, actuellement, il faut conseiller aux futurs visiteurs, dont de nombreux touristes pour les prochaines fêtes de fin d’année, d’éventuellement éviter de rendre visite aux MRBAB s’ils aiment tout particulièrement Jacques Louis David.

Jusqu’au 26 janvier 2026, l’une de ses œuvres parmi les plus connues, « La mort de Marat », a été déménagée à Paris, pour une exposition se déroulant au Louvre. 


La baignoire de Marat est partie à Paris.


samedi 24 mai 2025

Nouvel horaire: pas 1 visiteur en 1 an

Voici résumé, en cinq dates, l’histoire d’un musée qui a tenté de mettre fin unilatéralement à l’accord qu’il a signé naguère avec un mécène donateur soucieux d’un avantage à offrir aux visiteurs.

Sur le présent blog, nous avons déjà narré le début de cette triste affaire

https://la-luc.blogspot.com/2024/04/un-musee-de-verviers-malmene-son-mecene.html

Le buste de l’artiste-mécène Simon-Jean Renier.

 
Voici aujourd’hui, un peu plus d’un an plus tard, comment elle se termine, et de façon fort critiquable.

  1. L’Arrêté royal du 23 janvier 1885 autorise le conseil communal de Verviers à accepter la donation de Jean-Simon-Jean Renier (soit un remarquable ensemble d’œuvres gravées des XVIème, XVIIème et XVIIIème siècles, des peintures, des céramiques et des sculptures) sous diverses conditions parmi lesquelles le fait que son musée « soit accessible au public, à titre gratuit, au moins deux fois par semaine »

  2. Avant les inondations de la mi-juillet 2021 qui l’ont dramatiquement endommagé, le Musée des Beaux-Arts de Verviers pratiquait, pour respecter cet accord, une gratuité chaque mercredi et dimanche de 13H00 à 17H00.
    Lors de sa réouverture, cet avantage disparait dans la présentation de la nouvelle tarification.

  3. Le 1er mars 2024, la Ligue des Usagers Culturels (L.U.C.) dépose plainte officiellement auprès du musée « pour non respect d’un avantage destiné aux visiteurs scellé avec le donateur Renier ».

  4. Le 22 mars 2024, sous entête « Verviers Musées », une lettre informe la L.U.C. que le Collège Communal en sa séance du 21 mars 2024 a pris en compte sa plainte et lui donne raison. La tarification va être réaménagée. Le musée sera accessible au public, à titre gratuit, au moins deux fois par semaine. Le texte n’est pas plus précis.

  5. Le 15 avril 2024, le musée renoue dans un nouvel horaire avec sa gratuité hebdomadaire « pour tous » telle que proposée par la « Commission administrative des musées » de Verviers et avalisée ensuite par le Collège Communal de Verviers: l’institution sera gratuite tous les lundis et mardis (non fériés) de 10H00 à 12H00, et sur réservation préalable 15 jours à l’avance via l’e-guichet de la ville de Verviers.

une œuvre du Musée des Beaux-Arts de Verviers

Un an plus tard

 

Transférer la gratuité hebdomadaire des mercredis et dimanches de 13H à 17H au nouvel horaire pose bien entendu problème, et encore davantage avec cette obligation d’effectuer une réservation deux semaines à l’avance. Mais comment le prouver!
 

Le mieux consiste à attendre les résultats en terme de fréquentation du nouvel horaire. Un an plus tard, voilà venu le temps d’un premier bilan et d’une nouvelle plainte écrite de la part de la L.U.C. envoyée le 5 mai 2025. Dix jours plus tard, Madame Caroline Henry, la directrice du musée des Beaux-Arts de Verviers, lui répond.

Pour tenter d’établir une bilan, lui étaient posées trois questions.

Pourriez-vous nous indiquer combien de visiteurs individuels (pas en groupe) ont utilisé cette gratuité hebdomadaire des lundis et mardis en un an?

Votre institution est-elle satisfaite de ce résultat?

Serait-il possible de comparer ces résultats avec ceux de la gratuité « pour tous » du premier dimanche du mois durant la même période?

Réponse : En un an, nous n’avons accueilli aucun visiteur. Il y a bien eu des réservations mais les personnes ne sont pas venues ou ont annulé. Durant cette période, nous avons accueilli 223 visiteurs le premier dimanche du mois. Il est clair que nous avons des visiteurs qui viennent spécifiquement ce jour-là et ce, grâce notamment à toute la communication qui est faite par l’asbl Art&Public.

Constat : la directrice ne répond pas à la question « Êtes-vous satisfaite du résultat ? ». Serait-il inimaginable de penser qu’elle voulait répondre « oui » mais qu’elle n’aurait pas osé? (humour très noir?).

 

Une nouvelle plainte

 

La nouvelle plainte de la L.U.C. constate que « ce 5 mai 2025, sur le site officiel de Verviers, cette gratuité pour tous les lundis et mardis n’est toujours pas mentionnée dans la tarification alors que d’autres gratuités ou réductions y sont indiquées ». (voir notre photo)
 

 

De là, les questions suivantes : « La promotion de cette gratuité est-elle faite autrement? Affichage au comptoir dans le hall d’entrée? Communiqué de presse? Dépliant? ».

« Cette absence de la tarification sur votre site ne respecte pas le point 2 du Code des Usagers Culturels que vous devez appliquer:

https://www.culture.be/index.php?eID=tx_nawsecuredl&u=0&g=0&hash=963128744e095fa84b188d01254d746b8b7b8e62&file=fileadmin/sites/culture/upload/culture_super_editor/culture_editor/documents/Documents_utiles/Droits_des_usagers_et_publics_de_la_Culture/202411-A3-codeusagers-web.pdf

Nous espérons que vous pourrez nous indiquer le plus rapidement possible quand votre institution fera évoluer le texte de sa tarification, au moins sur son site internet ».

Dans sa réponse du 15 mai 2025, Madame Caroline Henry réagit ainsi : « L’information de la gratuité les lundis et mardis a été communiquée dès que cette décision a été prise et se trouve sur le site de la Ville de Verviers dans la rubrique « démarche en ligne ». Depuis janvier 2024, nous n’avons pas refait de dépliants tarifaires. L’information se trouve à l’accueil du musée, en-dessous des autres tarifs. Comme il s’agit d’une réservation à faire en ligne, celle-ci est reprise sur le site de la Ville de Verviers, dans les démarches administratives, au même endroit que les réservations pour nos ateliers créatifs. Nous aurions dû penser à l’insérer également sur notre site officiel et c’est chose faite depuis ce lundi 12 mai 2025 ».

Effectivement, cette information a été ajoutée sur le site officiel. Lire ici la dernière ligne du paragraphe intitulé « Tarifs » : https://www.verviers.be/loisirs/culture/musees/les-informations-pratiques/informations-pratiques

Face à cet échec absolu en terme de fréquentation du nouvel horaire de sa double gratuité hebdomadaire, il est particulièrement dur de constater que le Musée des Beaux-Arts n’en tire leçon et n’annonce aucune évolution de l’horaire absurde. L’institution Verviétoise semble s’en accommoder. Après avoir voulu enterrer ce droit de gratuité du public, elle a été forcée de le restaurer… pour, ensuite, tenter de l’anéantir, elle a joué cyniquement avec les mots contenus dans le « contrat » qui la lie avec le mécène, trahissant l’esprit de ceux-ci.

Par contre, il est à souligner le franc parler de sa directrice pour répondre de façon détaillée et rapidement au courrier de la L.U.C. Ce n’est pas si fréquent!


Au Musée Wiertz à Ixelles, les horaires sont aussi mal choisis
qu’au Musée des Beaux-Arts de Verviers.

Deux autres exemples

 

Il existe d’autres exemples de mécènes d’institutions muséales qui sont soucieux de gratuités destinées à l’ensemble du public.


À Ixelles, c’est l’artiste qui est lui-même mécène et il négocie avec le pouvoir politique, à un niveau national.

L’atelier du peintre et sculpteur belge Antoine Wiertz devient musée d’État par une loi qui accepte le legs de l’artiste. Elle est adoptée par la Chambre des représentants le 18 mai 1866, et par le Sénat le 24 mai 1866.

Une condition exigée par Wiertz : « Y admettre le public gratuitement ». Est également prévu le fait que toutes les œuvres de celui-ci « doivent invariablement rester fixées aux murs de l’atelier ».

Comme à Verviers, c’est le choix de l’horaire précis, pas assez détaillé dans l’accord, qui permet au musée de respecter le moins possible la volonté du « donateur ».

Le Musée Antoine Wiertz est géré désormais par les Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique (avec le Musée Magritte, le Musée d’Art Ancien, le Musée Constantin Meunier, le Musée Fin de Siècle, fermé pour longtemps… et un Musée d’Art Moderne peut-être définitivement fermé).

Voilà plus d’une dizaine d’années que le Musée Wiertz est inaccessible à plus de la moitié de la population (travailleurs et étudiants) puisqu’il est fermé tous les week-ends et les jours fériés, et lorsqu’il est ouvert du mardi au vendredi de 10H00 à 17H00, il reste clos pendant le temps de midi. En vain jusqu’à présent, une pétition signée par plus de trois milles personnes demande une évolution de cet horaire.

Voici cette pétition qu’on peut continuer de signer :

https://www.change.org/p/michel-draguet-stop-à-l-asphyxie-de-musées-constantin-meunier-et-antoine-wiertz?lang=fr-FR

trois toiles (des 36 existants dans le monde) de Johannes Vermeer dans une des très nombreuses salles de la National Gallery of Art de Washington.


Par contre, aux USA, un mécène et le public peuvent être très reconnaissants.

En 1846, la Smithsonian Institution est créée avec les dons du scientifique britannique James Smithson qui lègue toute sa fortune aux États-Unis pour promouvoir le « savoir » à Washington.

Cette structure regroupe dans la capitale une vingtaine de musées et galeries, 142 millions d’objets et des centres de recherche.

Ces diverses institutions sont généralement ouvertes tous les jours (sauf le 25 décembre) et gratuites quotidiennement.

Leur fréquentation est très importante : National Museum of American History, National Air and Space Museum, National Portrait Gallery, National Museum of Natural History, etc.

Le Musée National de l’Air et de l’Espace, l’un des nombreux musées
de Washington dont l’accès est gratuit pour tous chaque jour.


samedi 1 mars 2025

Face à une information trompeuse !

 

Le 7 janvier 2025, le président de la L.U.C. (Ligue des Usagers Culturels) est allé vérifier si le Musée Royal de l’Armée de Bruxelles (MRA) avait bien commencé à appliquer l’annonce faite par la Ministre de la Défense Ludivine Dedonder (PS) à la députée fédérale Sarah Schlitz (ECOLO) au début du mois de novembre 2024: la possibilité pour les visiteurs de pouvoir également payer leurs entrée en cash dès la fin décembre 2024, ce qui n’était pas possible dans cette institution depuis le début du mois de janvier 2016.

Pour attendre cet objectif, le combat mené par l’association a donc duré près de neuf ans.
Voici son historique : https://www.asymptomatique.be/larmee-liquide-le-liquide-par-bernard-hennebert/ 

Ce 7 janvier 2025, le président de la L.U.C. a pu vérifier qu’il était possible de payer en liquide… mais comment savourer cette victoire lorsque, sur place, il a découvert un autre problème de taille? D’où une prise de photos pour prouver celui-ci, avec en mains un journal du jour: le quotidien « Libération » démarrant en couverture son dossier spécial à l’occasion de la commémoration des dix ans du massacre à Charlie Hebdo.
Muni de celui-ci, Bernard Hennebert pose devant l’indication en trois langues sur le grand écran à l’accueil : « Paiement uniquement par carte bancaire ». Nous apprendrons plus tard que le cash a été mis en place le 20 décembre 2024. Voilà donc plus de deux semaines que toutes les indications à l’accueil du musée indiquent le contraire. La L.U.C. dépose donc le 9 janvier 2025 une plainte par écrit sur ce nouveau sujet, ce qui permettra au Musée de découvrir son erreur.

 Texte de la plainte envoyée le 09/01/2025

 « Vous venez de mettre en place la possibilité technique de recevoir des paiements en liquide. Je l’ai constaté lors de ma visite, ce 7 janvier 2025.
Je vous en remercie chaleureusement. Cependant je suis obligé de déposer par la présente une nouvelle plainte à vos services.
Elle concerne un défaut d’information flagrant à l’égard de vos visiteurs, et de quatre façons complémentaires.

  1. Le 7 janvier 2025, j’ai constaté qu’alors que le paiement en liquide est désormais également admis, le grand panneau lumineux de la tarification qui se trouve dans le hall d’accueil indique en trois langues « Paiement uniquement par carte bancaire ».

  2. Si vous me répondez qu’il faut un certain temps pour faire évoluer le contenu de ce panneau, je vous répondrai qu’il existe une autre indication d’interdiction de paiement en cash, et là, en moins de 30 secondes, son rangement était possible. Il suffisait d’enlever le petit panneau d’interdiction qui trône sur votre comptoir, là où on paie l’entrée. Vous auriez, par exemple, pu le déposer dans l’armoire située juste derrière ce comptoir où, ce 7 janvier 2025, on voit que vous avez trouvé la place pour y ranger une couronne de la fête des rois qui s’est déroulée justement la veille de ma visite.

  3. Dans votre dépliant promotionnel valable jusque fin 2024, est indiqué : « Paiement uniquement par carte bancaire ou carte de crédit ». Sur votre comptoir, j’ai découvert le nouveau dépliant. Cette phrase y a été supprimée. Mais elle n’a pas été remplacée par un autre texte qui détaille la situation actuelle. C’est le silence désormais sur ce sujet. Vous changez votre habitude qui a perduré pendant huit ans. N’est-ce pas un droit minimum pour votre public d’en être averti? Manque donc sur votre nouveau dépliant la phrase « Paiement en liquide, par carte bancaire ou carte de crédit » (1).
     
  4. Sur votre site internet, manque également cette nouvelle information. Vous vous contentez d’un : « Paiement - À l’accueil du musée ». Sans indiquer de quelles manières on peut désormais y payer.

Voici deux questions. Pourriez-vous m’indiquer donc

  1. À quelle(s) date(s) précise(s), vous allez rectifier (le plus rapidement possible) chacun de ces éléments faux ou manquants?
     
  2. Que comptez-vous mettre en place pour éviter à l’avenir cet irrespect informatif de vos usagers qui m’apparait être structurel? 

Que pensez-vous de cette proposition concernant les autres musées fédéraux (dont vous ne faites pas partie mais cette proposition pourrait vous inspirer, si vous êtes de bonne volonté) ? Durant la dernière campagne électorale de 2024 au niveau fédéral, les six partis francophones démocratiques contactés par la L.U.C. l’ont accueillie favorablement? Voici cette proposition : « (Au sein de chaque musée), opter pour la création de la fonction d’une personne-ressource dont le travail consistera à défendre en interne les droits des usagers de façon transversale, dans tous les départements, y compris auprès de la direction. Si l’intérêt pour le public est évidemment dans toutes les pensées des membres du personnel de ces institutions, la surcharge du travail, la priorité prise désormais presque partout par le besoin de faire de la communication ainsi que la recherche, effrénée bien souvent, d’une rentabilité immédiate ne permettent plus vraiment de concrétiser, jour après jour, cet intérêt. Il convient donc de retrouver au sein des diverses institutions le moyen de rendre incontournable cette préoccupation ».

Plus de détails sur ces réponses : https://la-luc.blogspot.com/search?q=livre+d'or 

Une information fausse, et en trois langues!

Texte de la réponse du Musée de l’Armée

L’institution reconnaît son l’erreur et explique comment elle va y remédier dans sa réponse datée du 6 février 2025. Qu’elle en soit remerciée.

Par contre, elle fait l’impasse sur la deuxième question de cette plainte. C’est dommage. « Après consultation des différents services, je peux vous apporter les éléments de réponses suivants. Sur le fond du dossier, la mise en place du cash a suscité quelques aménagements qui n'ont pas été tous finalisés en décembre, le cash ayant été mis en place le 20 décembre 2024. L'essentiel étant la mise en place effective d'une caisse avec des procédures comptables et de mise en sécurité du personnel et des fonds, nous avons malheureusement négligé, à ce stade d'ôter les panneaux litigieux. Retirer la mention « pas de cash » aurait dû être simultané à la mise en service de cette offre. Les mentions ont été retirées début janvier par l'équipe d'accueil (qui en a pris conscience après votre passage) et, comme mentionné par la personne qui vous a reçu, nos graphistes étaient déjà en train de travailler sur des nouveaux visuels pour remplacer les anciens (l'impression de nouveaux stickers ne pouvant se faire que par marché public, ceci explique le délai de remplacement). Le fait de ne pas communiquer sur nos sites internet relève de l'importance que nous accordons à la sécurité de nos collaborateurs exposés, en plein milieu du Parc, à des risques de braquages et à ne pas attirer l’attention sur le fait que de l’argent liquide se trouve conservé à l’accueil. Il faut en effet savoir que le Parc du Cinquantenaire connait actuellement une flambée des actes de petites criminalités avec notamment des extorsions d’argent pratiquées à l’encontre de passants. Actions qui ont obligé la police à multiplier ses interventions les dernières semaines ».

Le petit panneau d’interdiction trône sur votre comptoir. Facile à ranger en moins d’une minute dans l’armoire, à la place de la galette des rois !

 

Notre réaction finale

Il existe parfois plusieurs raisons qui expliquent la position d’une organisation culturelle telle que ce musée, mais il se peut que le public n’en soit informé que d’une seule.
Ainsi, oserions-nous émettre ici une hypothèse complémentaire à  ces risques de braquages invoqués par l’institution militaire ?

N’oublions pas que le cash nécessite davantage de travail pour le personnel : veiller tous les jours à disposer d’assez de monnaie pour faire le change (en 2025, la tarification étant de 12 ou 9 euros, cela demande pas mal de monnaie à avoir en réserve), devoir faire un bilan spécifique de cette caisse en fin de service, rapatrier l’argent reçu vers un coffre, etc.

Alors, finalement, c’est ouvert ou fermé ?

Au niveau fédéral, ce n’est pas la première fois que le public est ainsi mal informé. D’où l’utilité pour les visiteurs d’observer attentivement si ses droits sont ou non respectés. Et de réagir pour mettre rapidement fin à de pareilles négligences.

Voici un autre exemple particulièrement significatif.

Depuis une vingtaine d’années, à Ixelles, le Musée Antoine Wiertz et le Musée Constantin Meunier, qui dépendent tous deux des Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique (avec le Musée d’Art Ancien, le Musée Magritte, etc.), sont inaccessibles à la population active car fermés chaque week-end et tous les jours de congés légaux. Et lorsqu’ils sont ouverts du mardi au vendredi, de 10H à 17H… ils sont également clos pendant le temps de midi !

Chacun peut encore actuellement signer une pétition qui a été initiée sur ce sujet pointu en octobre 2016, et qui a recueilli jusqu’à présent plus de trois mille signatures. Texte de la pétition : https://www.change.org/p/michel-draguet-stop-à-l-asphyxie-de-musées-constantin-meunier-et-antoine-wiertz?fbclid=IwAR3K-S3_CjrYig826XFwNGv8iIJDc5W59qYKzZ35kdVnji8e9qSpbrcAzMA

En 2019, un bus touristique passe deux fois, chaque dimanche, devant ce Musée Meunier à Ixelles, pour montrer à ses passagers qu’il est fermé tous les week-ends. C’est le TURPITOUR, le « Tour des turpitudes bruxelloises », animé par le comédien Jean-Michel Briou. Son objectif est de montrer ce qui ne va pas dans la capitale européenne, et le Musée Meunier en est un des exemples sélectionnés.

Le 8 avril 2023, une petite indiscrétion publiée par Julie Huon dans Le Soir (aucun autre média ne relaiera cette information) annonce, en moins de cinq lignes, que ces deux musées vont ouvrir leurs portes les samedis et dimanches de 11 à 13H et de 13H45 à 18H. Mesure temporaire ou définitive ? Jusqu’à quand ? Il est impossible de le savoir.

Le dimanche 9 avril 2023, jour de Pâques, la président de la L.U.C. rend visite aux deux institutions pour s’assurer que l’information du Soir est exacte. C’est bien le cas.
Mais au Musée Meunier, à l’extérieur de cette maison où habitait et travaillait le sculpteur, notre «Rodin » belge, aucune modification n’a été faite à la plaque qui indique toujours que le musée est fermé chaque week-end aux visites individuelles. Et la porte d’entrée n’est même pas entrouverte!



La situation est pire encore, ce dimanche-là, au Musée Wiertz, institution dont une photo illustra la couverture d’un dossier spécial de la revue « Géo » consacré aux musées en Europe. Elle le considérait comme étant particulièrement « kitch ».

Sur la partie gauche de la grille à l’entrée, il y a une plaque qui détaille les anciens horaires devenus caducs, et sur la partie droite, un panneau d’affichage qui aurait pu accueillir les nouveaux horaires. Mais rien. Même pas une simple feuille où la bonne nouvelle aurait pu être écrite à la main, puisque l’institution semble manquer tellement de moyens.
À deux groupes de passants, le président de la L.U.C. a signalé que le musée était bien ouvert. Ils n’ont pas voulu le croire et puis, finalement, après hésitation, ils furent ravis d’y entrer. Ce qui va faire grimper fortement la fréquentation (généralement en berne) de cette institution.


Il a fallu que la L.U.C. adresse plusieurs plaintes aux Musées Royaux (qui n’ont pas répondu), au Médiateur Fédéral, à la direction de BELSPO et au cabinet du ministre Dermine en charge des musées fédéraux… pour que, plusieurs semaines plus tard, des avis soient enfin placés aux entrées pour indiquer que le Wiertz et le Meunier étaient ouverts chaque week-end.

À partir de juillet 2023, le Meunier et le Wiertz, sans aucune explication, ont repris leur mauvaise habitude d’être fermés aux visiteurs individuels chaque week-end. Des visites guidées pour les groupes sont par contre autorisées, mais il faut réserver et c’est cher.


 

(1) Chat échaudé craint l’eau froide! Ce point 3 a été inspiré par la mésaventure suivante : En décembre 2018, après travaux, le Musée de l’Afrique Centrale (dit musée de Tervueren) réouvre sous l’appellation « Africa Museum ». La presse couvre de façon conséquente cet événement et ne mentionne pas que cette institution a, dans sa nouvelle tarification, discrètement mis fin à sa gratuité du premier mercredi du mois qui existait depuis plus de vingt ans. Lors de sa réouverture, dans ses tarifications, ce musée a simplement supprimé l’indication de la gratuité. Ce n’est pas clair, ni suffisant pour un public fidèle. L’institution aurait dû y signaler de façon explicite, par une phrase, la fin de cet avantage. Résultat : plusieurs plaintes parvenues à la L.U.C. Des visiteurs surtout bruxellois se sont sentis piégés. Pour ceux qui ne connaissent pas ce musée, il faut savoir qu’il est situé dans la périphérie lointaine du centre de la capitale, à Tervueren. Pour certains, c’est une véritable expédition (notamment en tram). S’étant rendu sur place, certains usagers qui venaient ce jour-là à cause de la gratuité mensuelle pour tous se sont résolus à payer leur ticket, ayant l’impression que, faute d’une communication simplement honnête et détaillée, on leur forçait un peu la main. Notamment grâce à ce cas concret, on constate que le public est bien mieux averti par les médias de la mise en place d’une nouvelle gratuité… plutôt que de son abandon. Or, les deux informations lui sont utiles. Est-il normal que les services de presse des institutions culturelles fassent ainsi de la rétention auprès des médias des annonces de certaines de leurs évolutions qui pourraient ne pas plaire aux visiteurs? Confondent-ils information à destination des journalistes et communication ?

 

Dans le Musée Meunier, de nombreux signataires de la pétition « Non à l’asphyxie des musées Constantin Meunier et Antoine Wiertz » ne sont pas entendus, lors de la présentation des premiers résultats de celle-ci à la direction des MRBAB (Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique). En 2025, ce pétionnement se poursuit avec plus de 3.000 signature sur un sujet particulièrement pointu et non sensationnel, ce qui est donc un résultat très significatif. À quand, enfin, un respect pour les visiteurs qui bossent en semaine?

 

jeudi 28 novembre 2024

Deux femmes et notre musée de l’Armée

la Ministre de la Défense Ludivine Dedonder
 

En janvier 2016, le Musée Royal de l’Armée de Bruxelles (MRA) abandonne sa gratuité quotidienne et fixe son entrée à 5 €.

Une simple feuille de papier est affichée sur la porte d’entrée de cette institution : «Cher visiteur, les paiements au comptoir d’accueil se font uniquement par carte bancaire. Cette mesure a été introduite en 2016 pour des raisons de sécurité. Ne disposant pas de caisses enregistreuses, le personnel d’accueil n’est pas en mesure d’accepter de l’argent liquide».

Huit ans de combat

Les visiteurs sont refoulés s’ils ne peuvent présenter une carte bancaire à l’entrée. Lors d’une de nos visites, le préposé à la caisse nous a confirmé un pourcentage de 15 à 20% des visiteurs à qui cette situation posait problème. Ceux qui soutiennent les droits au respect du public trouvent cette situation intolérable. Mais ceux qui défendent les intérêts de l’institution devraient être du même avis puisque cette aberration économique engendre une diminution de la fréquentation ainsi que des rentrées financières.

En haut lieu, la situation est connue. Une question parlementaire est posée par Gautier Calomne (MR) début 2017 au ministre Didier Reynders (MR), ministre de la Défense. Elle n’a abouti hélas à aucune évolution concrète.

Plutôt Kafka que surréaliste! La bureaucratie atteint un sommet «historique» quand le visiteur découvre, à moins de quinze pas du guichet «argent liquide interdit», dans le vaste hall du MRA, l’entrée du shop... où tout (sauf le ticket d’entrée) peut s’acheter en liquide.

Enfin, on peut parler du désintérêt flagrant pour une information utile des visiteurs de la part du service de communication du MRA. Depuis que le musée a introduit son entrée payante début 2016, il a distribué un peu partout en Belgique son dépliant de présentation plutôt luxueux où sa tarification est clairement détaillée mais où ne figure pas l’indication qu’il est indispensable de se munir d’une carte bancaire pour pouvoir admirer ses galeries d’armes anciennes, ses avions ou monter par ascenseur au sommet des Arcades du Cinquantenaire pour y découvrir l’un des plus beaux panoramas de la capitale. Cette information fallacieuse du public a duré plusieurs années jusqu’à ce qu’un nouveau dépliant tienne enfin compte de notre plainte faite à ce sujet.

Plus d’infos : http://la-luc.blogspot.com/2022/04/le-musee-de-larmee-refuse-votre-monnaie.html


Bientôt, du changement ?

La Ligue des Usagers Culturels a déposé, au fil des années, des plaintes auprès de diverses instances concernées, sans aucun changement jusqu’à présent.

Pour faire part du gel de cette situation, l’asbl a contacté à la mi-octobre 2024 la députée fédérale Sarah Schlitz (ECOLO) qui a décidé d’interroger sur ce thème, au début du mois de novembre 2024, la Ministre de la Défense Ludivine Dedonder (PS) :

 

La députée fédérale Sarah Schlitz

Voici la question parlementaire de la députée fédérale Sarah Schlitz (ECOLO):

« Madame la Ministre, depuis le 1er janvier 2016, l’accès au Musée Royal de l’Armée (MRA) est devenu payant tous les jours, sans que les visiteurs puissent régler leur entrée en liquide à l’accueil. Des acteurs culturels ont multiplié les démarches et déposé plusieurs plaintes auprès du Médiateur Fédéral et du Service de la Protection des Consommateurs pour que ce mode de paiement soit accepté, en vain.

Pourtant, une nouvelle législation, entrée en vigueur le 31 mars 2024, impose désormais aux établissements d’accepter les paiements en liquide. Pourtant, plus de six mois après l’adoption de cette loi, le Musée Royal de l’Armée reste en infraction.

Madame la Ministre, comment le gouvernement s’assure-t-il de l’application de cette loi?

Quelles actions concrètes comptez-vous entreprendre ou avez-vous entrepris pour garantir que cette obligation légale soit respectée au sein des institutions publiques ? Un courrier leur a-t-il été envoyé?

Dans quel délai les visiteurs du Musée Royal de l’Armée pourront-ils enfin payer leur ticket en liquide?

Je vous remercie pour vos réponses ».


Voici la réponse de la Ministre de la Défense Ludivine Dedonder (PS) :

« Madame Schlitz, le MRA a bien pris connaissance tant des plaintes que de la loi du 31 mars 2024 et a immédiatement entamé l’examen d’un processus qui permet de concilier la possibilité de payer en argent liquide avec les problématiques liées à la manipulation et à la conservation dudit argent ainsi qu’à la sécurité du personnel.

Dans un premier temps, pour la fin de l’année, il travaillera avec une caisse. Une autre solution identifiée est l’acquisition d’un monnayeur automatique. Il s’agit d’un investissement important pour lequel des moyens devront être dégagés.

Ceci ne sera possible que dans le courant de l’année 2025. Cette option sera proposée au conseil d’administration qui est compétent pour prendre cette décision ».


Voici la réplique de Sarah Schlitz :

Madame la ministre, je vous remercie pour votre réponse. Je trouve dommage qu’on soit obligé d’en arriver à une question parlementaire pour régler ce genre de choses.

Il y a eu une période d’entrée en vigueur de la loi durant laquelle le musée était en mesure de se mettre en conformité. Ce musée ayant eu l’habitude de recevoir des paiements en cash auparavant, il est assez aberrant que cela prenne aujourd’hui autant de temps pour se mettre en conformité avec une loi qui, par ailleurs, ne devrait même pas exister. Le paiement en liquide devrait en effet rester une possibilité partout. C’est essentiel, en particulier pour les personnes en situation de fracture numérique. Même s’il n’y avait pas d’obligation légale,

mercredi 30 octobre 2024

Nouveau : Les musées fédéraux vont mieux informer leurs visiteurs

Voici un communiqué de presse de « La Ligue des Usagers Culturels » diffusé le 29 octobre 2024

En attendant l’élaboration d’un prochain gouvernement fédéral, l’asbl « La Ligue des Usagers Culturels» (L.U.C.) voit se concrétiser une promesse qui lui a été faite, à plusieurs reprises durant la dernière législature, par le secrétaire d’État Thomas Dermine.

Pour les musées fédéraux, il s’agit de la reprise de l’essentiel du « Code des Usagers Culturels ». Depuis dix-huit ans (2006), celui-ci doit être appliqué par plus de trois milles opérateurs culturels subsidiés par la Fédération Wallonie-Bruxelles ( par des musées mais aussi des salles de spectacles, des festivals, des bibliothèques, etc.).

Cette décision a été prise par le Comité de direction de la politique scientifique (BELSPO). Elle va avoir un impact non négligeable sur le quotidien du public culturel. Celui-ci  sera obligatoirement mieux informé de ses droits.

Le 25 avril 2024, le cabinet du secrétaire d’État Dermine a expliqué à la L.U.C.: « Nos musées fédéraux savent bien indiquer les devoirs des visiteurs, mais moins leurs droits. Bien entendu, le droit général de la consommation s'applique également au public culturel, mais la question est de le préciser ».


Déjà en 2007, les Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique sont d’accord.

En septembre 2007 déjà, Michel Draguet, à l’époque directeur général des Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique (MRBAB), avait marqué son accord par écrit pour reprendre les principes de ce Code.

Cependant il convenait que chaque musée fédéral y souscrive, ce qui a pris beaucoup de temps. C’est désormais le cas. Les sites internet du Musée Magritte, du Musée Oldmasters, du Musée des Instruments de Musique, du Musée D’Art et d’Histoire, etc. donnent depuis peu accès au « Règlement des visiteurs » (les devoirs du public) et à cette nouvelle « Charte des visiteurs » (les droits du public).

Exemples :


À Liège, le Musée de La Boverie indique finalement très clairement (avec photos) à son accueil les œuvres qui ne sont pas momentanément exposées.

Quatre exemples d’amélioration

Cette « Charte des visiteur » énumère de façon bien plus précise que par le passé toute une série de droits : indication « de tous les tarifs »; diffuser une information ciblée tout particulièrement pour les personnalités à mobilité réduites, malvoyantes ou malentendantes; recevoir dans le mois une réponse «de manière circonstanciée » aux plaintes écrites (donc pas un simple accusé de réception); etc.

En Fédération Wallonie-Bruxelles, divers exemples concrets ont déjà démontré l’utilité de cette mise par écrit des droits des visiteurs.

Suite à une plainte, l’Hôtel Solvay, un majestueux hôtel de maître Art Nouveau, a accepté d’indiquer à son futur public l’interdiction de photographier à l’intérieur de son bâtiment.

À l’intérieur de l’Hôtel Solvay, il est interdit de photographier.

Au Musée des Beaux-Arts de Mons, il est, dans les faits, permis de photographier. Pourtant, au dos du ticket et sur le comptoir à l’accueil, il est indiqué le contraire. Sur le site internet, c’est le silence. Cet acteur culturel a été interpellé et a répondu par ces mots qu’il allait tenir compte de ladite plainte: «C’est aussi grâce aux retours visiteur comme le vôtre que nous pouvons nous améliorer ».

Au Musées des Beaux-Arts de Mons, sur le comptoir à l’accueil, il est indiqué qu’il est interdit de photographier.


Plusieurs autres plaintes ont été adressées, avec effets constructifs, à des musées qui pratiquent la gratuité « pour tous » du premier dimanche du mois. Cet avantage n’apparaissait pas dans leur tarification. Or, le public doit être au courant de cette possibilité, avant toute visite, pour avoir le choix entre venir un jour payant ou un jour gratuit.

Ces dernières années, la réduction pour les seniors est passée progressivement d’un âge unique (les plus de 60 ans) à, soit le maintien de cet âge, soit à 65 ans, (ou même à 67 ans comme à BOZAR pendant plusieurs années, redescendu par la suite, grâce à une plainte, à 65 ans). Il convient donc de préciser désormais l’âge choisi par chaque opérateur dans les tarifications. Diverses remarques sur ce point, adressées à différents organisateurs dont un musée leur ont permis de mieux détailler la présentation de cette réduction.

Chefs d’œuvres en voyage

Les textes qui décrivent ces droits des usagers seront-ils interprétés de la même façon chez les opérateurs en Fédération Wallonie-Bruxelles que dans les musées fédéraux?

Qu’en sera-t-il pour le point suivant? « L’organisateur doit fournir aux usagers et usagères – avant le déroulement d’une activité envisagée – l’information la plus complète qui ne comporte pas d’indications ou de représentations susceptibles de les induire en erreur, notamment sur la nature, l’éventuel prix d’accès, la durée, le lieu et la date de l’activité demandée ».

À Liège, plusieurs œuvres maîtresses de Picasso, Gauguin, Ensor ou Chagall qui furent achetées lors de la vente d’art dit « dégénéré » de Lucerne en 1939 quittent régulièrement les cimaises pour être exposées un peu partout dans le monde.

Cette façon de faire est irréprochable, mais à condition d’en avertir les visiteurs avant qu’ils ne s’acquittent de leurs entrées. Ce n’était guère le cas jusqu’au moment où une plainte de la L.U.C. a été adressée à ce sujet au Musée de La Boverie en décembre 2022. Bien rapidement, l’institution a affiché au comptoir, dans son hall d’accueil, un panneau détaillant quelles toiles précises avaient été décrochées dans ses salles d’exposition permanente. Un travail informatif analogue a été réalisé sur son site internet.

Comment au niveau fédéral, le Musée Magritte appliquera-t-il à Bruxelles cette obligation puisqu’elle est reprise dans sa « Charte des visiteurs »?

À de très nombreuses reprises, l’une de ses œuvres parmi les plus médiatisées (catalogues, cartes postales, posters, médias), « L’Empire des Lumières », est retirée de ses cimaises pour rejoindre différentes expositions temporaires, et généralement durant plusieurs mois.

En 2018, du 19 mai au 28 octobre, elle est exposée au Moma de San Francisco sans que l’institution bruxelloise n’en informe ses futurs visiteurs.

Situation aggravante: comble de malchance, une campagne de promotion des musées bruxellois se déroule durant cette période dans les stations du métro (à De Brouckère, Rogier, Bourse, Comte de Flandre, etc.) avec, sur de grandes affiches lumineuses, une reproduction précisément de cette œuvre qui sert habituellement d’emblème au musée.

Un visiteur se verra rembourser son ticket après avoir déposé plainte au Médiateur fédéral.

Dans les métro, promotion avec « L’Empire des Lumières » alors que la toile n’était pas exposé au Musée Magritte.

Hélas, le musée n’a pas vraiment tiré leçon de cet incident par la suite. Il est vrai qu’à l’époque, il ne devait pas encore appliquer les principes de cette « Charte des visiteurs ».

Aujourd’hui, la situation a changé. L’information au public va-t-elle s’améliorer, à propos du fait que le même « Empire des Lumières » n’est pas visible actuellement à Bruxelles puisqu’il se contemple jusqu’au 13 janvier 2025 dans l’exposition « Surréalisme » au Centre Pompidou à Paris?

Ce cas est loin d’être unique. Appartenant à une autre de nos institutions fédérales, le Musée d’Art et d’Histoire (anciennement Musée du Cinquantenaire), deux œuvres maîtresses ne furent pas accessibles dans le fond permanent pendant de longues périodes, et le public n’en fut pas informé avant l’achat de son ticket.

Il s’agit de la statuette péruvienne qui a inspiré la BD « L’Oreille cassée » de Hergé et une statue provenant de l’île de Pâques.

Heureusement, les voilà à nouveau exposées. Grâce à cette nouvelle « Charte des visiteurs », on espère que le public sera mieux informé à l’avenir si elles devaient à nouveau s’absenter.


Communiqué de presse de l’asbl « La Ligue des Usagers Culturels » (L.U.C.)


Deux « stars » du Musée d’Art et d’Histoire: la statuette péruvienne qui a inspiré la BD « L’Oreille cassée » de Hergé ainsi qu’une statue, bien plus grande, provenant de l’île de Pâques.